OSMANLI

Sur les événements du 27 Joumada ath-Thani (18 octobre), l’officier britannique écrivit dans son journal :

« La flotte russe se rendit dans le port de Moudros après avoir levé le siège de la forteresse de Lemnos. Là, il construisit des fours à pain pour nourrir les soldats. Mais les 700 Turcs qui  quittèrent temporairement la citadelle les incendièrent tous ainsi que tous les approvisionnements sous les yeux de la flotte russe et revinrent à la citadelle sans obstruction ou même sans faire tuer un seul soldat par les Russes.

« Si » les troupes avaient quittés les navires à l’heure et s’étaient alignés contre les Turcs qui avaient quitté la citadelle alors les Turcs auraient été punis très durement pour une action aussi audacieuse en envahissant la citadelle et toute l’île. Mais les Russes ratèrent cette opportunité. Les Turcs étaient conscients du danger et se retirèrent rapidement. Bien que certains Grecs aient eu le courage de les poursuivre et de tuer une soixantaine de personnes, ils se retirèrent alors que personne ne venait les aider. »

 

La bataille fut ainsi définie dans Gazavati Hassan Bacha :

« 150 personnes décédèrent et devinrent des martyrs ; 101 furent blessées au cours de cette bataille. Cela pris cinq heures et demie et les Russes perdirent complètement leurs espoirs sur l’île de Lemnos. Ils partirent pour les îles Paros-Noxos. L’Algérien Gazi Hassan Bacha échangea quelques-uns des esclaves qu’il prit avec ceux asservi par les Russes dans la forteresse de Lemnos, et de cette manière il les sauva. »

 

Après cela, l’Amiral Spiridov comprit que leurs attaques contre les forces de l’Algérien Gazi Hassan Bacha seraient sans résultat, et le 28 Joumada ath-Thani (18 octobre), il quitta Lemnos et arriva à Thasos le 10 Rajab (30 octobre). De nombreux navires y étaient rassemblés dont 5 galions, 3 frégates et d’autres de différentes tailles.

 

La nouvelle de la sauvegarde de l’île de Lemnos rendit le Sultan Mustafa 3 très heureux dans la deuxième année de la guerre où il y avait surtout des défaites sur terre et en mer. Il promut l’Algérien Gazi Hassan Bacha au poste de Grand Amiral en lui donnant le grade de Vizir avec trois Plumes. Le Sultan lui donna également un manteau de fourrure de zibeline et un vêtement d’or, en plus de ceux qu’il lui donna, il lui remit quatre cents vêtements et cinq mille piastres à distribuer aux soldats qui combattirent courageusement. Les lettres qui furent envoyées à Hassan Bacha par la suite portaient le titre : Vétéran de guerre. Hassan Bacha corrigea la situation sur l’île de Lemnos et retourna à Canakkale.

 

L’opération de la flotte méditerranéenne russe 1771-1774

 

Après la levée du siège de Lemnos, le Comte Orlov demanda aux navires de la flotte de l’Amiral Elphinstone, au nom de l’Impératrice russe, d’être soumis aux ordres de l’Amiral Spiridov, en levant et en hissant un groupe spécial de fanions de signalisation sur le mât principal du navire amiral. Mais l’Amiral Elphinstone, ne pouvait accepter qu’un ordre impérial signé par l’Impératrice, et il ne pouvait être que l’Amiral indépendant de sa propre flotte et ne pouvait accepter l’offre d’un commandement commun que dans les circonstances où cela pourrait servir le but d’une attaque combinée contre l’ennemi avec la flotte de Spiridov et dans des conditions plus appropriées.

D’abord Elphinstone, puis le 17 Sha’ban 1184 (6 décembre 1770), les flottes de Spiridov quittèrent Thassos et se rencontrèrent dans le port de Naussa le 26 Sha’ban (15 décembre). Le 10 Ramadan (28 décembre), tous les membres d’équipage de nationalité britannique demandèrent l’autorisation de se rendre à Livourne.

 

Le 24 Ramadan 1184 (11 janvier 1771), Elphinstone et tous les marins britanniques partirent pour Livourne. L’Amiral Spiridov craignait que les Turcs ne soient encouragés à entendre que l’Amiral Elphinstone partait et demanda à l’Amiral de dire à tout le monde qu’il partait en patrouille. Le Comte Orlov demanda également à l’Amiral Elphinstone de ne pas se présenter à son arrivée à Livourne jusqu’à la fin de la période requise pour être incognito. L’Amiral Elphinstone obéit aux ordres du Comte Orlov. Il se présenta et ses fils comme les Howard.

 

La vraie raison du renvoi de l’Amiral Elphinstone en Russie sans explication n’est pas claire. Même l’Impératrice russe montra les réactions similaires de l’Amiral Spiridov et du Comte Orlov de haine et de jalousie contre lui. Les salaires et récompenses que le gouvernement russe avait précédemment promis à l’Amiral britannique ne furent pas exactement payés.

L’arrière-petit-fils d’Elphinstone allait donc faire appel au gouvernement russe et dépenser ses efforts pour obtenir les revenus de son arrière-grand-père.

 

Le galion ottoman qui fut saisit à Chisma fut conduit à terre dans la Péninsule du Péloponnèse en raison d’une fuite extrême, mais ne put être sauvé et coula. La perte du navire Rodos déprima plus les Russes que de voir le Svyatoslav couler. C’était le seul navire turc qu’ils purent saisir et était le souvenir de la brillante victoire sur Les Turcs. Ils voulurent l’emmener au port de Saint-Pétersbourg et le montrer à leur Tsarine et au peuple.

 

Entre-temps, l’Amiral danois Arf, au service de la Russie, arriva dans le port de Naussa avec deux galions, une frégate et quatorze navires de marchandises le 18 Ramadan 1184 (5 janvier 1771). Les 12 navires britanniques parmi les navires de fret transportaient des fournitures, des munitions et 3000 soldats.

 

La flotte russe qui passa l’hiver dans les îles de Paros et Patmos voulut être active dès le printemps 1771. Entre-temps, l’Algérien Gazi Hassan Bacha fit réparer et préparer une flotte de dix navires après qu’il devint Grand Amiral. Dix autres navires allaient arriver d’Istanbul. Après Bar et Ulgun, 6 navires venus des environs de la Péninsule du Péloponnèse et 4 navires algériens rompirent le blocus russe, entrèrent dans le détroit et rejoignirent la flotte.

 

De cette manière, la marine ottomane sous le commandement de l’Algérien Gazi Hassan Bacha se composait d’un total de 30 navires. A cette date, huit galions devaient être construits, dont 2 dans chacun des chantiers navals d’Istanbul, Sinop, Midilli et Rhodes.

 

Les Russes voulaient une victoire avant que cette flotte ne reçoive un soutien et leur compétence au combat augmentée, ils devaient les forcer à sortir du détroit de Canakkale et gagner la bataille comme ils l’avaient fait à Chisma. Le Comte Orlov se retenait en fait d’attaquer à nouveau Lemnos parce qu’il savait que cet endroit était en fait soutenu par les forces de l’Algérien Gazi Hassan Bacha. Il savait qu’il pouvait attaquer et s’emparer de Lesbos et espérer pouvoir piéger la flotte ottomane qui commençait tout juste à récupérer.

 

Bien que la flotte russe ait perdu deux galions et une frégate à Chisma en 1184 (1770), et que le nombre de leurs navires diminua à 7 galions et trois frégates, elle était encore plus forte puisqu’ils avaient saisi sept navires et reçut une aide importante de la Russie. Au début de 1771, les Russes avaient sept galions, huit frégates et quelques navires armés dans la Mer Égée.

 

Le 20 Rabi’ ath-Thani 1185 (2 août 1771), la flotte russe se réunit au sud-est de Paros (10 galions, 9 frégates, une bombarde et un cargo). Orlov arriva de Livourne à l’île de Paros et reprit de nouveau le commandement.

 

Le 6 Joumada al-Oula 1185 (17 août 1771), le frère du Comte Alekseï Orlov, le Comte Fyodor Orlov, arriva à Rhodes avec un galion et deux frégates et commença à se battre, mais face à la résistance qu’il affronta, il fut obligé de se retirer dans les trois jours.

 

Le 16 Joumada al-Oula 1185 (27 août 1771), les flottes unies de Spiridov et d’Arf, débarquèrent des troupes sur Eubée et combattirent, mais la forte résistance de l’ennemi les obligea à regagner leurs navires.

 

Le 6 Rajab 1185 (15 octobre 1771), toute la flotte russe se rassembla à nouveau devant le détroit de Canakkale et partit pour Lesbos. Le 3 Sha’ban (11 novembre), ils se retrouvèrent devant la forteresse de Lesbos et la bombardèrent.

 

Le 5 Sha’ban (13 novembre), les Russes débarquèrent mais firent face à une résistance similaire qu’ils avaient rencontrés sur les autres îles. Les Russes purent tenir pendant deux jours et le 7 Sha’ban (15 novembre), ils embarquèrent de nouveau leurs troupes sur les navires et partirent pour Naussa le lendemain.

 

Selon Hassan Bacha, l’opération de Lesbos des Russes aboutit à ceci :

« Les Russes brûlèrent le galion et deux galères qui étaient construits à terre à l’intérieur des chantiers navals. Tout comme il courut chercher de l’aide à Lemnos, l’Algérien Gazi Hassan Bacha poursuivit les actions des Russes et il pensait qu’il était de son devoir de sauver Lesbos. Il réussit à mobiliser les petites forces qu’il avait préparées sur de petits bateaux à partir de l’endroit appelé Cakmak sur le Rives anatoliennes jusqu’à l’île de Lesbos et attaqua les Russes qui maintenaient l’île en état de siège. Il les vainquit et les força à lever le siège.

 

Dans l’intervalle, un galion de la flotte russe qui ne put pas quitter le port, fut saisi avec son équipage de 25 personnes. Le galion fut brûlé plus tard, et ce fut la vengeance du galion turc qui avait été incendié.

 

Après les préparatifs nécessaires pour la défense de Lesbos, l’Algérien Gazi Hassan Bacha retourna à Canakkale.

 

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