OSMANLI

Le vaste concept d’adoration comprend de nombreux actes et actions ; certains de ces actes peuvent être accomplis individuellement, tandis que d’autres ne peuvent être accomplis que dans un État Islamique. Ces significations sublimes étaient évidentes dans l’esprit du fondateur de l’État Ottoman, quand il recommanda son fils et le prince Orkhan ce conseil : « Ô fils, prends garde de ne t’occuper de quelque chose qu’Allah n’a pas commandé. »

 

Ces conseils d’Uthman à son fils, qui allait être le Chef de l’État, contenait les deux significations fondamentales du culte :

Premièrement, personne ne devrait être adoré sauf Allah.

Deuxièmement, qu’Allah Exalté devrait être adoré avec ce qu’Il a commandé et légiféré.

 

Il ne fait aucun doute que l’État Ottoman était très soucieux de protéger ces deux principes de base, en s’opposant à tous les actes d’idolâtrie et de polythéisme au sein de sa société et de ses institutions.

Le Chef Ottoman et les savants qui l’entouraient étaient très désireux d’établir le véritable culte d’Allah d’une manière qui Lui convenait, et de protéger la religion de toute idéologie étrangère trompeuse.

 

« Si tu rencontres un problème dans ton commandement, alors consulte l’opinion des savants islamiques »

Allah, Exalté et Loué soit-Il, a enjoint le système de Shourah (consultation), ayant une profonde sagesse, de grands objectifs et d’énormes avantages. C’est pour cette raison que ‘Uthman le Premier ordonna à son fils d’établir un conseil d’érudits pour la consultation sur ses affaires, comme ordonné par Allah Exalté :

« C’est par quelque miséricorde de la part d’Allah que tu (Muhammad) as été si doux envers eux ! Mais si tu étais rude, au cœur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage. Pardonne-leur donc, et implore pour eux le pardon (d’Allah). Et consulte-les à propos des affaires ; puis une fois que tu t’es décidé, confie-toi donc à Allah, Allah aime, en vérité, ceux qui Lui font confiance. » (Qur’an 3: 159)

 

Sayyid Qutb, que la miséricorde d’Allah soit sur lui, a dit : « Dans ce texte catégorique (« … Et consulte-les à propos des affaires. »), l’Islam recommande ce principe dans le système de gouvernement, et même Muhammad, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), devait l’adopter. Il s’agit d’un texte définitif qui ne laisse aucun doute à la Nation Islamique sur le fait que la « consultation » est un principe nécessaire pour la mise en place d’un Système Islamique.

 

Allah Exalté dit :

« …qui répondent à l’appel de leur Seigneur, accomplissent la Ṣalāt, se consultent entre eux à propos de leurs affaires, dépensent de ce que Nous leur attribuons… » (Qur’an 42: 38)

Le Professeur ‘Abd al-Qadir ‘Awdah, que la miséricorde d’Allah soit sur lui, déclara :

« La consultation est l’un des fondements de la foi et l’un des attributs les plus distingués des Musulmans. Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, l’a égalé à la Salat et au don de charité, quand Il dit : « …qui répondent à l’appel de leur Seigneur, accomplissent la Ṣalāt, se consultent entre eux à propos de leurs affaires, dépensent de ce que Nous leur attribuons… »

 

Allah, Exalté et Loué soit-Il, montre que leur réponse se manifeste dans leur établissement de Salat, leur consultation mutuelle de leurs affaires et leurs dépenses en charité. Si le Shourah fait partie de la foi, alors les gens qui la négligent n’ont pas achevé leur foi et en sont donc déficient. Il faut observer correctement la Shourah afin d’être un bon Musulman. La Shourah est une obligation islamique à la fois pour les dirigeants et leurs sujets. Un dirigeant doit consulter au sujet de toutes les affaires de son gouvernement et de son administration, des politiques, des législations et de tout ce qui concerne le bénéfice des individus, ainsi que le bien-être public ; tandis que les sujets devraient exprimer leurs opinions sur toutes les questions, que le dirigeant les ait consultés ou non. On peut donc remarquer que l’Émir ‘Uthman précéda de nombreux érudits et intellectuels contemporains lorsqu’il considéra le principe de Shourah comme une obligation, en ordonnant à son fils de suivre l’opinion des savants, qui ne commandent que ce qui est bon.

La Shourah contribua grandement à l’établissement de l’État Ottoman et au lien entre le dirigeant et ses sujets. Cela renforca également l’autorité de l’état sur la politique et le Jihad.

Le concept de Shourah fut développé dans l’État Ottoman dans la mesure où un dirigeant fut nommé pour chaque région, portant le titre de « Basha » à la tête d’un conseil de consultants pour discuter de toutes les affaires de l’état.

 

« Ô fils, je te recommande de bien traiter les érudits de la Oummah et de les honorer. »

‘Uthman eut une relation solide avec des érudits éminents et des personnages pieux pendant son règne. Il s’assit souvent pendant des heures dans leurs réunions pour recevoir leurs conseils, apprendre de leurs vastes connaissances et les consulter sur les affaires de l’état.

Il avait l’habitude d’assister au rassemblement du Cheikh Mawla Adib ‘Ali (Iddah Bali, Edebali), et épousa également sa fille, à la suite d’une vision qu’il eut autrefois lors d’une nuit qu’il passa chez le Cheikh où il vit une lune sortir du corps du Cheikh et entrer dans sa propre poitrine. Puis un grand arbre grandit et ses branches couvrirent le ciel. Sous l’arbre, il y avait de grandes montagnes avec des rivières qui coulaient vers l’extérieur, et les gens bénéficiaient des arbres, à la fois pour eux et pour leurs animaux. Lorsqu’il rapporta sa vision au Cheikh, ce dernier dit : « Bonne nouvelle pour toi car tu as acquis le statut de Sultan ; les Musulmans bénéficieront de toi, de tes enfants et je te marierai avec ma fille.

 

Certains auteurs ont rapporté cette vision comme un mythe et non comme une réalité, bien qu’elle soit mentionnée dans un livre important intitulé: Shaqa’iq Nou’maniya fi Dawla al-‘Uthmaniyah qui nous donne des références importantes sur les savants de l’État Ottoman sur de longues périodes.

Cette vision ne s’oppose pas à l’intellect ni aux textes écrits. ‘Uthman al-Awwal, que la miséricorde d’Allah soit sur lui, était un homme très pieux, qui possédait une bonne vision avec le respect et l’amour des gens. Allah, Exalté et Loué soit-Il, dit :

 « En vérité, les bien-aimés d’Allah seront à l’abri de toute crainte, et ils ne seront point affligés, ceux qui croient et qui craignent [Allah]. Il y a pour eux une bonne annonce dans la vie d’ici-bas tout comme dans la vie ultime. Il n’y aura pas de changement aux paroles d’Allah. Voilà l’énorme succès ! » (Qur’an 12: 62-64)

 

La bonne nouvelle dans ce monde est ce qu’Allah Exalté a donné aux croyants pieux, comme exprimé dans de nombreux versets du Qur’an. Le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) a également dit : « La vision pieuse vient d’Allah. » Sahih al-Boukhari.

 

Le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) a également dit :

« La vision pieuse est l’une des quarante sixièmes parties de la Prophétie. » Sahih al-Boukhari.

 

Abou Dar (radhiyallahou ‘anhou) a dit : « J’ai demandé au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) : Un homme fait une bonne action (pour Allah) et les gens le louent, alors il (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) répondit : « C’est une bonne nouvelle pour un croyant. » Sahih Mouslim.

 

Allah, Exalté et Loué soit-Il, accorda à ‘Uthman al-Awwal, que la miséricorde d’Allah soit sur lui, de recevoir l’amour de tous les Musulmans, pour son Jihad, sa piété et sa justice.

 

Le testament de ‘Uthman à son fils est devenu un système qui fut suivi par les dirigeants de l’État Ottoman, ce qui prouve que les Ottomans observaient la Shari’ah d’Allah, parce que la Shari’ah donne un statut aux savants, sur la base de ce qui suit :

– Obéir aux savants est considéré comme une obéissance à Allah, Exalté et Loué soit-Il, et à Son Messager (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ; c’est donc une obligation de respecter leurs ordres.

– Leur obéissance n’a pas pour but d’être exclusif, mais fait suite à l’obéissance à Allah, Exalté et Loué soit-Il, et à Son Messager (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

 

Il y a beaucoup de preuves concernant le grand statut des savants dans la Shari’ah :

Un ; Allah, Exalté et Loué soit-Il, dit :

« Ô les croyants ! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le commandement. » (Qur’an 4 : 59).

Ibn ‘Abbas (radhiyallahou ‘anhou) a dit : « Ceux qui sont chargés de l’autorité parmi vous sont ceux qui ont des connaissances islamiques ; les gens qui obéissent à Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, et enseignent aux autres la signification de leur religion ; ils leur commandent de faire le bien et leur interdisent de faire le mal ; c’est pourquoi Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, nous a ordonné de leur obéir. »

 

Les dirigeants doivent être obéis si ce qu’ils commandent est soutenu par la connaissance islamique ; leur obéissance est conforme à l’obéissance des savants. L’obéissance a lieu dans ce qui est bon et recommandé par la connaissance islamique. Tout comme obéir aux savants est dans l’observance d’obéir au Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), obéir aux dirigeants devrait être conforme à l’obéissance aux savants. Puisque l’Islam a été établi par ces deux factions : les savants et les dirigeants, les gens ordinaires qui sont leurs disciples, alors le niveau de bonté dans le monde dépend du niveau de droiture de ces deux, et sa corruption est due à leur corruption.

 

Deux ; Allah, Exalté et Loué soit-Il, a ordonné que nous nous tournions vers eux et que nous les interrogions sur toute question difficile. Il, Exalté et Loué soit-Il, dit :

« Demandez donc aux érudits du Livre, si vous ne savez pas. » (Qur’an 4 : 7)

 

Dans ce verset, le respect doit être montré aux personnes de connaissance, et le type de connaissance le plus élevé est celui de la Révélation. Allah, Exalté et Loué soit-Il, a ordonné à quiconque sans connaissance de consulter les savants dans toutes leurs affaires.

 

Pendant le règne de l’État Ottoman, les savants furent consultés par tous les Sultans lors des épreuves et des tribulations ; ils possédaient une grande capacité à rassembler les gens sous la bannière du Jihad pour Allah et à établir le système de la Shari’ah pour gouverner la vie des gens. Ils ne permirent jamais aux Sultans de transgresser au-delà des lois de la Shari’ah. Les commandements des savants étaient dérivés du Qur’an et de la Sounnah.

 

 

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