OSMANLI

L’Algérien Gazi Hassan Bacha se rendit à la forteresse de Seddulbahir avec les 1070 marins qui retirés de la marine. ‘Ali Bacha était également censé envoyer les 2000 soldats rassemblés par les seigneurs féodaux de la région de Canakkale tels que Cihanoglu et Sepetoglu. Mais après que Hassan Bacha ait attendu sept jours à Seddulbahir et les débats avec le Grand Amiral Ja’far Bacha, il rendit visite à ‘Ali Bacha pour l’informer que les soldats promis n’étaient pas encore arrivés. Sur cette information, ‘Ali Bacha contacta les seigneurs féodaux et leur ordonna de préparer ces soldats et de les envoyer.

 

Les seigneurs féodaux l’informèrent que les soldats seraient préparés immédiatement et se rendraient à Seddulbahir sur des bateaux trois heures après le lever de l’aube. L’Algérien Gazi Hassan Bacha arriva à Seddulbahir et embarqua les marins sur des bateaux.

Voyant que les forces qui lui avaient été promises n’arrivaient pas, il décida de partir avec les marins du galion en main. Parce que le dernier informateur avait informé que la forteresse de Lemnos était sur le point de tomber. Quelques galères et frégates de la marine accompagnaient ces bateaux et navires composés de 23 pièces.

 

Les bateaux partirent dans la nuit du 5 Joumada ath-Thani (5/6 octobre) et déployèrent leurs voiles grâce aux vents qui se mirent à souffler et après avoir navigué vers le nord de la Péninsule de Gallipoli, ils changèrent de cap et naviguèrent près des côtes sud des Imbros. Alors qu’ils naviguaient près du cap de Komur Burnu, les vents tournèrent en rafales. Les capitaines des frégates signalèrent que la poursuite de la navigation pourrait comporter des risques. Mais l’Algérien Gazi Hassan Bacha n’avait rien d’autre en tête que de sauver la forteresse et donc n’accorda pas beaucoup de crédit à ces mots. Le 15 (6 octobre), au matin, ils passèrent par les caps de Plako et Soteri au nord de l’île de Lemnos et entrèrent dans le port de Yuzbasi.

 

Le Comte Orlov avait en effet appris en octobre la mobilisation des troupes turques pour le sauvetage de Lemnos. Il avertit le Capitaine Edmund Shrieve du navire Vestal de faire attention à cette possibilité.

Le Vestal n’était en fait pas un navire de combat mais il avait été acheté à la marine britannique après son armement. Mais il manquait de personnel suffisant. La plupart d’entre eux étaient malades et il n’y avait que 20 marins qui pouvaient faire leur travail sur le navire. Mais comme il n’y avait pas assez de nourriture, ceux-ci devinrent également très faibles. Les demandes de soutien du personnel du capitaine ne purent être satisfaites correctement et il n’y avait pas de personnel pour lever l’ancre, remplir les voiles ou pour naviguer.

 

Le journal de l’officier britannique contient les informations suivantes sur le navire Vestal :

«  Le 5 octobre tôt le matin, les marins du Vestal virent cinq navires s’approcher de l’île de Lemnos par le nord-est, puis le nombre de navires passa à 13. De toute évidence, l’équipage à bord du Vestal pensa que ces navires allaient aider les Turcs à Lemnos.

 

À l’époque, le Capitaine Edmund Shrieve était malade et alité à cause d’une forte diarrhée. Lorsqu’il fut informé que des navires ennemis avaient été aperçus, il ordonna à l’équipage de se rendre à l’arrière du navire. Parce qu’ils n’avaient jamais négocié sur la reddition potentielle du navire à l’ennemi. Il ordonna que les drapeaux russes soient hissés sur les mâts et les canons remplis de grenades. Dans l’intervalle, les entrepôts étaient gardés sous des cages et fermés à clé, pour assurer la meilleure défense. Mais comme il n’y avait pas assez d’hommes à bord pour lever l’ancre, ils conservèrent leurs positions antérieures.

 

Lorsque le Capitaine s’effondra, il fut conduit en bas dans sa cabine. D’un autre côté, l’équipage s’accrochait toujours à son courage. Ils firent le vœu de se battre jusqu’à leur mort et s’ils étaient battus de se venger contre les Turcs en incendiant leurs munitions au feu plutôt que de leur demander de faire preuve de miséricorde.

 

Mais les Turcs ne dépassèrent pas le Vestal et furent hors de la vision de son équipage après un certain temps. Finalement, à une heure de l’après-midi, les Turcs débarquèrent sans affronter de résistance, renvoyèrent les navires avec lesquels ils étaient venus en Anatolie et se dirigèrent vers le nord-ouest de l’île.

 

Là, ils trouvèrent deux gros bateaux laissés par les Grecs qui s’étaient enfuis, brûlèrent l’un d’eux et étaient sur le point de brûler l’autre. À ce moment-là, ils étaient à portée du Vestal. Et quand le Vestal commença à tirer sur eux, ils partirent simplement au lieu de sauter dans le bateau et d’attaquer le Vestal.

 

Puisque les Turcs suivirent la côte et retournèrent à la citadelle, une partie du personnel du Vestal navigua très rapidement vers la côte et ramena le bateau que les Turcs étaient sur le point de brûler. Si l’aide demandée par le Capitaine Edmund Shrieve était arrivée à temps, il aurait coulé la moitié des bateaux turcs et les auraient forcés à revenir avec la moitié restante. Parce que les bateaux qui amenèrent les troupes sur l’île étaient soit trop petits, soit trop faibles. »

 

L’Algérien Gazi Hassan Bacha débarqua immédiatement 110 marins, contrôla les collines qui surplombaient le port et distribua les munitions aux marins débarqués. La route de ce point à la forteresse de Lemnos prendrait neuf heures. La première pause était après cinq heures et demie de marche. Ils se reposèrent pendant une heure et demie puis reprirent la marche et arrivèrent à Kronos près de la forteresse de Lemnos. Ils firent une longue pause et reçurent des informations sur l’état de la forteresse.

 

L’Algérien Gazi Hassan Bacha avait entendu dire que les Turcs avaient d’abord accepté l’offre de rendre la forteresse assiégée, mais se détendirent lorsqu’il apprit que les Russes n’étaient pas encore arrivés dans la forteresse. Il paya aux Chrétiens locaux quelques pièces d’or pour transmettre ce message : « Allez dire au commandant russe que je suis venu ici avec douze mille soldats en excellent état. »

 

L’Amiral Spiridov craignait d’affronter une armée turque plus nombreuse qu’il ne l’avait prévu, les Russes pensèrent que les forces turques qui débarquaient sur l’île étaient douze mille personnes.

 

Après avoir reçu cette information, le Comte Orlov déplaça ses soldats vers les navires qui étaient amarrés dans le port de Bacha, également connu sous le nom de Kandiya, à 5 à 10 milles marins au sud de l’île de Lemnos. Il laissa plus tard deux galions, deux frégates, une bombarde et un navire de fret armé ainsi que le commandement de la flotte à l’Amiral Spiridov le 23 Joumada ath-Thani (14 octobre 1770), qui resta à Lemnos et se rendit sur l’île de Paros.

 

Après la levée du siège de la forteresse de Lemnos, le galion appelé Svyatoslav fut incendié par les Russes pour ne pas laisser les Turcs l’utiliser. Selon Gazavat Hassan Bacha « En plus d’un galion ennemi qui fut détruit, un autre de leurs navires fut submergé avec toutes ses munitions entre Lemnos et Tenedos. » Mais cette question ne fut pas mentionnée dans les sources russes. C’était probablement l’un des navires loués aux Grecs.

 

L’Algérien Gazi Hassan Bacha ne s’arrêta pas après avoir sauvé la forteresse de Lemnos, il installa le quartier général à l’extérieur de la forteresse. Les personnes assiégées pendant de nombreux mois ne pouvaient pas s’acquitter de leurs tâches quotidiennes et ne pouvaient pas travailler dans leurs champs ni prendre soin de leurs animaux. Après le bombardement par les Russes, la forteresse devint ruine. Les gens manquèrent de nourriture et d’eau et les munitions devinrent très rares.

 

Les gens commencèrent à remplir leurs stocks aussitôt, ceux qui pouvaient utiliser des armes furent appelés au service actif pour remplacer les disparus. Les troupes furent réorganisées. Quelque temps plus tard, l’Amiral Spiridov comprit que les Turcs qui avaient débarqués sur l’île après la défaite n’étaient pas très nombreux.

 

Et le 26 Joumadah ath-Thani (17 octobre 1770), il prévoyait à nouveau de débarquer des troupes sur le port de Moudros et défier l’Algérien Gazi Hassan Bacha.

 

L’Algérien Gazi Hassan Bacha apprit que les troupes ennemies débarquaient dans le port de Moudros et avec le soutien de la population locale, il partit à minuit. Dans la matinée du 27 Joumada ath-Thani (18 octobre), il fit un violent raid sur les Russes, les battit et les força à se réfugier sur leurs navires.

 

L’Algérien Gazi Hassan Bacha exécuta les tactiques de combat telles que la recherche minutieuse, la planification, le déguisement, le raid, la propagande et l’humiliation qui sont encore utilisées aujourd’hui et qui dépendaient des courageux hommes des galions et risqua sa propre vie pour remporter la victoire. Ses qualités sont en bref :

  1. Il n’hésita même pas un instant à se rendre à la forteresse bien qu’il n’avait qu’un tiers des soldats du nombre initialement prévu.
  2. Bien que les gens qui l’entouraient fussent contre son plan, il ne changea pas d’avis et dépendit toujours du courage et de la bravoure de ses soldats.
  3. C’était un excellent marin qui savait en fait que les rafales de vent et la mer lourde étaient à son avantage et qu’il savait que les Russes ne navigueraient pas dans des conditions aussi difficiles.
  4. Après avoir débarqué à Lemnos, il renvoya tous les vaisseaux qui les avaient amenés disant à ses hommes qu’ils n’avaient d’autre chance que de réussir. Puisqu’il n’y avait aucun autre navire sur la côte qui les attendait, les troupes durent se battre jusqu’à ce qu’elles aient un résultat.
  5. Il dit à ses soldats que la raison de renvoyer les navires était de faire venir de nouvelles forces. De cette façon, ils allaient savoir qu’ils ne seraient pas seuls et se sentiraient assurés.
  6. Il avait une autre raison pour renvoyer les navires. Si les Russes voyaient ces navires, ils sauraient combien de soldats avaient effectivement été amenés.
  7. Le nombre de soldats qu’il amena sur l’île était en fait inférieur au nombre de soldats de l’ennemi, de cette façon il bluffait manifestement, c’était un peu similaire à la propagande du présent.
  8. Il étudia à fond les ports et les routes qui étaient moins utilisés en faisant une expédition à l’avance.

Finalement, il choisit un port et la route du nord qui n’étaient pas fréquemment empruntés par les Russes et arriva à la forteresse sans se faire remarquer.

  1. Le moment choisit pour une attaque contre la forteresse était excellent et le plan de raid fut exécuté avec succès.
  2.  
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