OSMANLI

Les dégâts du côté des Ottomans furent estimés entre 11000 et 5000. Si l’on considère le personnel des galions et des navires plus petits, le nombre total de marins combattant à Chisma pour la flotte ottomane était d’environ 10000.

Mais le fait qu’une partie du personnel avait déjà débarqué de leurs navires et s’était déployé sur la côte, que les navires de type galère et d’autres petits voiliers s’étaient approchés de la côte, de nombreux marins abandonnèrent leurs navires après la première explosion, et la distance des navires qui était d’environ moins de 200 verges suggéraient une perte du côté ottoman à peine autour des 5000. Parmi les martyrs, il y avait aussi le Vice-amiral ‘Ali Bey du navire amiral Humayun, et quelques autres capitaines de galions. Puisse Allah Exalté leur faire miséricorde.

 

Gazi Hassan Bacha Cezayirli écrivit dans ses notes sur l’incendie de la flotte à Chisma :

« Deux jours après la bataille de Chisma, les Russes apportèrent la bombarde et les gros galions et les laissèrent ancrés à l’embouchure du port. À cinq heures du matin (heure de la prière), ils commencèrent à tirer des boulets de canon et des grenades.

Le mât principal du galion où le capitaine crétois ‘Ali était de garde, reçut un coup de feu et prit feu. Il ne put pas être éteint et les flammes étaient partout. Finalement, il explosa avec les munitions à l’intérieur. Cela provoqua également l’incendie d’autres navires à l’intérieur du port. Cela détruisit toute la flotte et bien qu’il y ait eu quelques marins qui purent sauver leur vie, la plupart devinrent des martyrs pendant cette bataille. Le reste débarqua à Chisma.

 

Le livre intitulé Guerre ottomane-russe de 1768 à 1774, imprimé par le Sous-bureau de l’État-major Turc, IX 1768 à 1774, contient les explications suivantes :

« Une partie du personnel du navire débarqua à terre la veille pour assumer la responsabilité des batteries tant au niveau tactique que matériel. Une partie du personnel qui resta sur les navires fut débarqué en utilisant les canots de sauvetage. La majorité d’entre eux sautèrent dans l’eau et nagèrent jusqu’au rivage. Certains essayèrent de nager très fort pour se sauver. Les galions turcs brûlèrent jusqu’au lendemain matin, répandant le feu.

Lorsque le feu entra en contact avec les munitions, elles tombèrent en morceaux par de terribles explosions. Les navires russes qui étaient positionnés à l’embouchure du port maintinrent le bombardement pour empêcher d’éventuels efforts d’extinction jusqu’à ce qu’ils soient certains que tous les navires avaient pris feu.

 

L’incendie qui commença une heure à partir de minuit dura jusqu’à six heures du matin. Au matin du 19 Rabi’ al-Awwal (7 juillet 1770), il y avait un galion turc avec 64 canons, quelques galères et 20 rames.

Le galion qui était sous le commandement du Capitaine Maliki et qui fut abandonné par son équipage est maintenant en possession des Russes avec les autres navires abandonnés. »

 

Par contre sur la base des notes de Gazi Hassan Bacha Cezayirli sur le galion que les Russes prirent en leur possession on comprend que le galion sur lequel Hajji Maliki Bey était l’officier de marine en charge fut intentionnellement endommagé par le personnel avant qu’il ne tombe entre les mains de l’ennemi.

 

Toutes les ressources étrangères prétendent que le galion ottoman que les Russes prirent en leur possession était le Rodos. Mais l’inventaire de la flotte ottomane montre clairement que ce galion n’existe pas dans la flotte. Cela fut évalué car les Russes ont probablement vu quelque part sur le navire un panneau indiquant Rodos. Sur cette base, ils pensèrent que c’était le nom du navire.

Les Russes lui donnèrent le nom de leur navire Yevstafiy qui coula dans la bataille du Détroit de Chios et voulurent l’emmener en Russie comme butin. Mais comme son calfeutrage ne put pas être fait correctement car il y avait trop de fuites. Trois mois plus tard, il échoua sur la Péninsule du Péloponnèse et fut détruit.

 

Après la bataille, les Russes et les Grecs qui se rendirent sur le rivage commencèrent à piller Chisma, tuèrent les habitants et ils dépensèrent également de gros efforts pour transporter les canons à l’intérieur de la forteresse et sur le rivage jusqu’à leurs navires.

 

Elphinstone écrivit dans son journal à ce sujet :

« Les Grecs et les Albanais de la flotte pillèrent la ville, ils incendièrent également la ville par la suite, mais ils ne purent pas causer de dommages aux bâtiments construits en pierres. Vingt-huit pièces de canons en laiton furent transportées sur nos navires. À la suite de nos calculs, le fond du port devrait contenir environ 1200 pièces de canons en laiton. Le samedi 5 juillet était l’anniversaire de la bataille de Pultawa, le lendemain était l’anniversaire de l’inauguration de l’Impératrice, le lendemain était annoncé jour férié en hommage au nom du Grand-duc. Dimanche, puisque nous célébrerons notre victoire, ce sera le jour d’Action de grâces. »

 

Les moines grecs et le peuple grec contribuèrent à la cérémonie de prière où les Russes célébrèrent leurs victoires sur les navires avec leurs bateaux en naviguant autour des navires russes.

 

Dans l’après-midi, un cargo commercial arriva au port de Chisma, rempli de biscuits. Ce fut aussi un grand butin pour les Russes. L’Impératrice Catherine récompensa plus tard généreusement les participants de la bataille de Chisma.

Le contre-amiral Elphinstone fut notamment exclu de ces récompenses et médaillons. Suite à l’insistance du Comte A.G. Orlov, l’affectation d’Elphinstone pour la flotte russe fut terminée.

 

Il y a quelques divergences sur le succès des navires après leur entrée dans le port de Chisma dans les sources britanniques et russes. Les Britanniques ont affirmé que le Capitaine Mackenzie avait réussi, et les Russes ont affirmé que le Capitaine Ilyin avait réussi. En bref, de toute évidence, les deux côtés glorifiaient la personne de leur propre nation. Une preuve supplémentaire de ne pas prendre leurs rapports pour argent comptant.

 

L’Amiral Houssam ad-Din Bacha fut blâmé de ne pas avoir réagi comme il le devait contre la flotte russe et d’être resté passif. Mais sur la base d’une lettre qu’il écrivit à un ami, il avait constaté que la flotte était partie non préparée de la Corne d’Or et que dans ces conditions, il n’avait pas compté sur la flotte car il savait que les navires n’étaient pas préparés pour une telle bataille.

De plus, certaines sources ottomanes affirmèrent que la défaite de Chisma fut liée aux décisions erronées prises par Ja’far Bey après la bataille de Chios. Sur la base des affirmations, Ja’far Bey qui craignait que le feu ne se propage dans leurs navires s’enfuit avec sa flotte du port de Chisma contrairement aux ordres qui lui avait été donnés par Gazi Hassan Bacha Cezayirli et cet échec aboutit à l’arrivée d’autres navires ottomans. À quel genre de discussion se livrèrent Gazi Hassan Bacha Cezayirli et Ja’far Bey quand leur navire coula et qu’ils luttaient pour leur vie doit encore trouver une réponse.

 

Le seul navire à avoir échappé à la catastrophe fut la galère de Houssam ad-Din Bacha. Après l’invasion Houssam ad-Din Basha, Gazi Hassan Bacha Cezayirli et Ja’far Bey se rendirent à Izmir.

 

Selon l’historien Vasif, Houssam ad-Din Basha et Gazi Hassan Bacha Cezayirli furent blessés. Basé sur ce que Fevzi Kurtoglu écrivit « Gazi Hassan Bacha Cezayirli sauta dans l’eau avec une épée entre ses dents dès lors il fut appelé « L’Homme Alligator. »

 

Le Sultan promut ensuite Ja’far Bey et le nomma Grand Amiral. Gazi Hassan Bacha Cezayirli fut soigné pendant un mois à Izmir pour ses blessures puis arriva à Canakkale avec la frégate d’Alaiye. Houssam ad-Din Bacha arriva à Gallipoli et décéda peu de temps après.

Bien que Ja’far Bey ait été blessé, il ne perdit pas son temps à Izmir mais planifia une contre-attaque contre les Russes avec l’aide du personnel qui échappa aux navires en feu à Chisma et se rendit à Izmir.

 

 

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