OSMANLI

Pendant ce temps, l’ennemi se rendit dans le port de Chisma, mais en raison de la panique et du chaos, certains navires se sont peut-être échoués. Plus tard, ils positionnèrent trois de leurs navires, en particulier ceux de Ja’far Bey à l’embouchure très étroite du port. »

 

Un autre officier britannique qui  écrivit ses mémoires de guerre dans son livre rapporta les événements comme suit :

« L’amiral Spiridov lanca son navire directement sur le navire de l’Amiral ‘Ali Bey, qui était armé de 100 canons. En approchant, il fut soumis à quatre autres tirs de navires turcs en plus de celui-là parce qu’il se retrouva en position T. En très peu de temps, 100 personnes furent tuées sur le navire à cause des tirs mais l’Amiral ne riposta pas sur l’ennemi tant qu’il n’était pas à portée de tir. Quand il fut à portée, le tir sur l’ennemi commença et il fut répété une fois de plus. Lorsque les Turcs commencèrent à riposter, la plupart des gréements du navire russe furent abattus par les boulets de canon turcs.

 

Lorsque l’amiral russe se retrouva dans une situation aussi problématique, il fut contraint de quitter la zone de combat pour réparer les gréements du navire. Cette retraite ne fut pas d’une grande aide lorsqu’un boulet de canon turc frappa et coupa le gréement au croisillon tribord de la voile principale. Le deuxième boulet malheureusement heurta l’écoute latérale sous le vent de la voile principale et la coupa en deux.

 

Le navire de l’Amiral Spiridov ne pouvait plus être piloté et ce fut un autre échec de ne pas avoir ancré car il était face au vent et avait glissé donc cers le navire de l’Amiral Hassan Bacha. Maintenant que les marins des deux navires étaient face à face, ils se battirent avec un double effort.

Les Russes se glissèrent côte à côte des navires turcs et firent tomber leurs drapeaux, le navire turc allait être saisi et c’était pour honorer l’Amiral russe. Mais le navire russe prit feu. Les officiers travaillèrent très dur. Lorsque le navire attaqua l’ennemi, le Premier lieutenant de l’Amiral Monsieur Fort, qui était un gentleman français, fut touché par un boulet de canon et il perdit une joue. Mais il ne voulut pas abandonner la bataille et continua à soutenir ses hommes. Un peu plus tard, un deuxième boulet de canon frappa son bras droit, et il le perdit. Il se ressaisit et se leva mais malheureusement un troisième boulet coupa son corps en deux. (Ça sent le baratin corps et âme !)

 

En raison du combat entre ces deux navires, l’attention des deux flottes était sur eux. Les Turcs et les Russes se battirent très étroitement et intensément pendant quinze minutes, après quoi une fumée dense et des flammes s’élevèrent dans le ciel depuis son navire. Tout d’un coup, ce fut chaos et même les plus forts de ces navires tremblèrent. Les flammes augmentèrent chaque minute et personne ne put les arrêter. Ils brûlèrent les gréements, les cordages et les mâts du navire de l’Amiral Spiridov.

 

Comme les marins des deux navires étaient menacés de la même manière, ils oublièrent les hostilités pendant un moment et arrêtèrent de tirer. La seule chose à laquelle ils pensèrent à ce moment était d’échapper au feu et à la mer. La plupart sautèrent dans la mer dans l’espoir de sauver leur vie. Ceux qui eurent peur restèrent sous le choc et attendirent leur fin.

 

Un peu plus tard, comme une grosse colonne de feu, le mât principal du navire du Bacha tomba sur le navire de l’Amiral russe et les munitions du navire russe prirent feu à ce moment et explosèrent avec tout le monde à l’intérieur. Alors de là, nous vîmes une scène terrible dans l’air.

 

Maintenant, le navire turc était également complètement en flammes. Il risquait également de brûler les autres navires turcs car il se trouvait du côté du vent. La flotte entière était dans un état de chaos et de panique. Tous les capitaines essayèrent de sauver leurs propres navires seulement et le danger semblait dix fois plus grand dans cette panique.

 

En ce moment, ils commirent une très grosse erreur en coupant leurs chaînes et en entrant dans le port de Chisma par le côté sous le vent. »

 

L’écrivain du livre The British Officer commença à aider à recueillir les marins blessés dans la mer par un bateau de sauvetage. L’écrivain écrivit la situation de vie et de mort en mer et sa confrontation avec Gazi Hassan Bacha Cezayirli comme suit :

« Étant donné que les Turcs devinrent très en colère et voulaient se venger d’eux, ils commencèrent à tirer sur les canots de sauvetage depuis le rivage et à s’assurer que ceux qui essayaient de sauver leur vie en sautant à la mer ne restaient pas en vie. Parce qu’ils savaient que si les canots de sauvetage ne venaient pas les sauver, ils mourraient de toute façon. Cette fois, les officiers russes à l’intérieur des canots de sauvetage décidèrent de ne pas prendre les Turcs qui se débattaient dans la mer. Ils tirèrent sur eux avec des pistolets ou des fusils ou les frappaient sur la tête avec les rames. Les Russes n’obéirent à aucune règle contre le camp battu et ils tuèrent chacun des Turcs trouvés dans la mer, quel que soit leur rang ou leur position. (Ici on trouve un prétexte pour justifier la barbarie mécréante)

 

Le capitaine inquiet mais pauvre du navire amiral turc fut le dernier homme à abandonner son navire et il agit avec persévérance et préoccupé entre ce désastre et le malheur. Je ne pourrais jamais oublier l’horrible avenir de ce Turc. Et si j’écris ces lignes dans mon livre pour lui maintenant, je ne le regrette pas, et je ne veux faire d’excuses à personne.

 

Nous étions dans notre bateau et à proximité du navire turc qui brûlait et nous avons compté environ 30 marins à bord. Pendant ce temps, nous avons vu un navire grec qui s’approchait du navire. Ce navire grec tira à coups de grappes et de bombes à fragmentation contre ceux de la côte et les dispersèrent. De cette façon, les Turcs ne purent pas riposter depuis la côte.

 

À ce moment, le Lieutenant Mackenzie arriva dans son bateau. Il m’informa qu’ils avaient sauvé un Turc de la mer, qu’il avait dit qu’il était le Capitaine du navire amiral turc, que les Russes étaient sur le point de le jeter à la mer pour le laisser se noyer. Quand j’ai entendu cela, j’ai supplié le Lieutenant de me le laisser. Le Lieutenant dit que le Comte Orlov avait ordonné de tuer tous les Turcs.

J’ai dit au Lieutenant Mackenzie que cela devait être un gros malentendu, que le Comte Orlov était un homme honorable, un brave soldat et un libéral. Par conséquent, il n’aurait pas pu donner un ordre aussi inhumain. Et que l’Amiral Elphinstone avait donné l’ordre de sauver tout le monde possible.

Quand nous nous disputions avec le Lieutenant, j’ai tourné mon regard pour regarder ce monsieur malchanceux. Il savait que cette discussion portait sur lui-même.

Il avait des blessures par balle à la jambe gauche et au bras droit et avait été asservi par son ennemi. Mais même dans une telle situation, il fit preuve de noblesse et de courage. Et il regardait tellement au-dessus de tout le monde autour de lui, que j’ai compris qu’il était une personne respectueuse.

Il avait l’air très intéressé par notre discussion et même quand il remarqua un geste, il se tourna vers moi et eut le pressentiment que j’essayais de lui sauver la vie.

 

Mais, oh mon Dieu, non, toute ma résistance, mes supplications ne furent pour rien. Parce que le Lieutenant McKenzie eut un moment de miséricorde et était sur le point de me livrer le prisonnier, un bateau rempli de Grecs s’approcha de nous. L’un d’eux comprit qu’il était turc en regardant sa coupe de cheveux. Il sauta dans le bateau de l’Amiral, le poussa dans l’eau et lui tira dessus. La balle le blessa à l’épaule. J’eus le cœur brisé de voir cette barbarie (Zerma !).

Je me suis immédiatement éloigné d’eux.

 

Pendant ce temps, je criais en français au Capitaine turc de s’approcher de mon bateau et que j’allais le sauver. Mes paroles lui donnèrent de la force. Il sortit son bras droit de l’eau et me montra son appréciation en mettant sa main à sa bouche comme pour embrasser sa main puis avec toute la puissance qui lui restait commença à nager vers nous. Mes bateliers essayèrent de l’approcher avec des rames, et j’ai couru vers l’avant pour le tirer dans le bateau.

Mais dès que je lui ai tenu la main, le lâche lieutenant qui n’avait rien appris sur l’humanité ordonna à ses hommes de lui tirer dessus. J’ai forcé cet homme en lui faisant peur avec mon épée pendant les moments les plus féroces de la bataille à retourner à sa position quand il se cachait sur le pont principal derrière le cabestan.

La balle de l’arme tirée heureusement ne toucha pas son corps mais frôla son cou et le rata. Son visage était alors très optimiste et heureux au début mais il retira soudain sa main et replongea dans les vagues de la mer.

 

Cette action toucha vraiment mon âme très profondément. Ce qui m’a le plus frappé, c’est qu’il pensa que j’étais un traître et que j’essayais de le faire tuer. Mais j’ai surmonté ce sentiment très vite. Cette fois, je l’ai vu à la surface de la mer et je ne pouvais pas bouger les yeux ailleurs. Il porta à nouveau sa main à ses lèvres et montra qu’il l’appréciait.

Puis il se retourna et autant que j’ai pu comprendre, il commença à nager vers la côte. J’ai ordonné aux rameurs de commencer à ramer pour regagner notre bateau.

 

Un autre point intéressant ici était qu’un officier français de France qui avait de bonnes relations à l’époque avec les Ottomans était en service dans le Yevstafiy. Par conséquent, la bataille qui était connue pour être entre les flottes russes et ottomanes était en fait entre une sorte de bataille entre une flotte chrétienne et la flotte ottomane.

Il est probablement normal d’appeler cette flotte la flotte des croisés où tous les pilotes des navires, amiraux et commodores et autres officiers de service étaient britanniques, français, grecs et danois. »

 

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