OSMANLI

Le lundi 23 Safar (18 juin), toute la flotte leva l’ancre. À six heures, ils arrivèrent dans le Golfe de Korent. Les ruines d’Athènes pouvaient être vues de l’endroit où elles se trouvaient.

Le mercredi 15 Safar (20 juin 1770), Elphinstone reçut un message du Comte Tedor Orlov à minuit. Le Comte écrivit que Navarin avait complètement explosé. Le Comte Orlov voulait les rejoindre avec sa flotte et savoir s’il pouvait conduire la flotte jusqu’à l’île de Paros.

Le jeudi 26 Safar (21 juin), Elphinstone donna de nouveau ordre à sa flotte et définit la route vers l’île de Paros.

 

Un bateau grec qui apportait auparavant des informations aux Russes, s’approcha du navire amiral. Le capitaine informa que les Russes avaient quitté Navarin dans la panique. En outre, ils avaient laissé tous leurs biens et provisions à l’intérieur de la forteresse et sur le rivage aux Turcs, ils avaient également fait sauter la forteresse la nuit sans même informer leurs propres troupes. Entre-temps, 30 de leurs artilleurs moururent avec 80 Grecs. Les Turcs prirent également 8 canons de 24 livres placés par le Commodore Greig à l’intérieur de la forteresse.

 

Lorsque les navires russes approchèrent de Navarin pour l’évacuation de la forteresse, ces canons commencèrent à tirer sur les Russes. L’une de ces boulets détruisit le mât principal du navire du Comte Alexeï Orlov et les cabines des officiers à la poupe furent également détruites. Celles-ci furent vérifiées par le docteur britannique Blair qui accompagnait le Comte Alexeï Orlov. (Le docteur Blair devint le docteur en chef de la marine britannique en 1798).

Les Russes quittèrent Navarin en laissant également 700 tonnes de fournitures et de nourriture qui sont arrivées avec quatre cargos et des galions. Ce qui était suffisant pour toutes les flottes pendant deux ans et valait 70000 livres sterling. Une quantité importante de pain et trois navires pleins de farine figuraient également parmi les provisions qui restaient.

 

Pendant ce temps, la flotte ottomane sous le commandement de Houssam ad-Din Bacha navigua d’abord en direction de l’île de Samos, puis la contourna à son sud et s’amarra finalement dans le Détroit de Samos le 14 Safar (9 juin 1770). Là, la flotte se reposa pendant 12 jours et leva l’ancre le 26 Safar (21 juin) pour naviguer en direction du nord avant de s’amarrés près de Sigacik devant Cayagzi.

Après avoir passé la nuit là-bas, ils levèrent l’ancre à nouveau et entrèrent dans le Détroit de Chios et s’amarrèrent à l’est de Chios à l’entrée du port.

 

Le 27 Safar (22 juin), la flotte d’Elphinstone était à deux milles de l’île de Falconera quand ils virent cinq navires s’approcher d’eux. À l’approche des navires, ils virent que l’un des galions avait un fanion différent hissé sur le mât principal. C’était un fanion du Kaiser que seul le Commandant des forces navales russes avait hissé.

Puisqu’il devait être en Russie à l’époque, très rapidement il fut compris qu’il était utilisé par le Comte Alexeï Orlov. En fait, le Comte Orlov avait utilisé ce fanion lorsqu’il avait pris Navarin.

 

Dans l’après-midi, l’Amiral Spiridov salua le Comte Orlov à bord du navire du Commodore Greig avec 13 salves de tirs. Le Comte le salua de nouveau avec 13 salves. Quelques instants plus tard, l’amiral Elphinstone fit de même et reçut la même réponse du Comte.

 

Les navires sous le commandement du Comte Orlov étaient le Tri lyerarha avec 66 canons sous le Commodore Greig, Rostivlav avec 66 canons sous le Lieutenant Lupandin, une bombarde, un navire de fret britannique et un danois.

 

Pour la première fois, tous les navires russes se rassemblèrent sur l’île de Paros. Avec le Kaiser Pennant hissé, ce fut la fin des arguments sur les ordres à suivre. Elphinstone dit au Comte Orlov qu’il était content que le fanion du Kaiser ait été hissé. Il lui dit également qu’il pouvait venir sur son navire, Svytoslav, et commander à partir de là jusqu’à la fin de l’opération s’il le souhaitait.

 

Le Comte Orlov écrivit une lettre à l’Impératrice le 1er juillet 1770 :

« Suite à de nombreux écarts et conflits, j’ai décidé d’éviter le chaos, les troubles et le malheur dans les deux flottes, et d’établir une discipline pour que les deux flottes agissent conformément à notre objectif, et avec l’approbation de tous, je leur ai demandé de suivre mes ordres. Pour ce faire, j’ai pris le relais du Fanion Kaiser et du commandement des deux flottes. Nous battrons la flotte ennemie avec l’aide de Dieu. Ensuite, nous nous unirons aux minorités à l’intérieur de l’état turc et agirons ensemble et profiterons de toutes les possibilités. Si notre flotte gagne cette guerre, nous n’aurons pas besoin d’argent supplémentaire, car nous dominerons toutes les îles, ce qui finira par affamer Constantinople. Dans le cas où nous échouerions dans la guerre maritime ou si les Turcs sont dans une meilleure condition que nous ne pouvions prévoir, je ne peux espérer passer l’hiver sur les îles et je serai forcé de retourner en Méditerranée. »

 

Le lendemain, le Comte Orlov et le Prince Dalgarousky, blessé dans le Péloponnèse, montèrent à bord du Svyatoslav. Le Comte fut très impressionné de voir la propreté des planches et les préparatifs d’Elphinstone. Il demanda à Elphinstone de continuer et de commander la flotte et qu’il continuerait à rester sur Tri Iyerarha jusqu’à ce qu’ils atteignent un port. Puis, il reçut les instructions sur l’ordre de guerre donné par Elphinstone et quitta le navire.

 

Les navires russes se rassemblèrent dans l’île de Paros. Seul le navire de marchandises avec six canons appelé St. Paul sous le commandement du Capitaine britannique Preston fut perdu pendant quatre jours. Les autres navires complétèrent les fournitures et l’eau manquantes, et se préparèrent pour la campagne.

 

La flotte ottomane, qui se réunie avec une bastarda et douze galères précédemment laissées à Chios, se rendit dans le port de Chisma entre la fin du Mois de Safar et le début de Rabi’ al-Awwal (24/25 juin 1770) et s’y amarra. Houssam ad-Din appela tous ses capitaines à bord du navire amiral et réunit le Conseil de guerre. Son objectif était de demander l’avis de chacun sur l’opération à venir.

Comme il eut le tour de s’exprimer, Hassan Bacha dit au Grand Amiral : « Puisque tu n’es pas disposé à combattre la marine ennemie, alors reste à Canakkale ou dans la Forteresse d’Izmir d’une manière déshonorante afin de ne pas affronter l’ennemi ici et là. »

 

Peut-être que l’intention de Hassan Bacha Cezayirli était de provoquer le Grand Amiral pour le forcer à se battre avec l’ennemi. Mais le Grand Amiral attendait depuis longtemps d’entendre une telle suggestion et ordonna immédiatement, de partir pour Canakkale.

 

Suit la formation de combat de la flotte russe donnée par Elphinstone au Comte Orlov :

1 nom du navire, 2 nombre de canons et nom du Commandant :

January, 66, Bexasoff ; Ne Tron Menya, 66, Besanchoff ; Tri lerarchov, 66, Teinitifsky ; Saratov, 66, Polivanoff ; Tri lyerarha, 66, Greig Comte Orlov ; Svyatoslav, 66, Roxborough et Amiral Elphinstone ; Europe, 66, Koleachoff ; Rostislav, 66, Lupandin ; Afrique, 32, Cleopin ; Yevstafy, 66, Kruse ; Amiral Spiridov ; Nadezhda, 32, Steliphanoff ; Saint-Nicolas, 36, Polikochin ; Bombe Grom, 8 ; Pastellion, 16 ; Comte Panin, Bodie ; Comte Orlov, Arnold ; Comte Chernichew, Dishington. Soit 19 Navires totalisant 718 canons.

 

Formation de combat de la flotte russe

 

Le Comte rassembla le conseil de guerre le 4 Rabi’ al-Awwal (28 juin 1770). Le Comte Orlov, le Contre-amiral Elphinstone, le Major général Prince Dolgarousky, le Major général Hannibal, le Commodore Greig et le Commodore Spiridov étaient dans cette assemblée.

Le fait intéressant était que l’Amiral Spiridov portait son uniforme pour la première fois depuis qu’il avait quitté Saint-Pétersbourg, qu’il avait quitté son navire et qu’il avait quitté sa cabine pour la troisième fois depuis le début de la campagne.

 

Au conseil, le Comte Orlov demanda à Elphinstone ce qu’ils devaient faire. Depuis qu’Elphinstone s’était retenu d’affirmer ses idées dans les conseils de guerre, il mentionna que ces conseils étaient en fait, faits pour l’affirmation de ne pas se battre, et s’ils voulaient son opinion, leur devoir était de chasser l’ennemi, trouver l’ennemi et détruire l’ennemi.

Sur cet avis, le Comte demanda si un plan pour attaquer l’ennemi existait ou non. Elphinstone lui répondit un peu cyniquement : « Si vous pouviez nous dire l’emplacement de l’ennemi, son statut, notre position à ce moment-là ainsi que l’état du vent, alors je pourrais vous expliquer notre plan, mais sans tout cela, il n’est pas possible de dire quelque chose. »

Et de nouveau, il dit directement à Orlov : « En tant qu’officier qui a toujours combattu à terre, pourriez-vous planifier une attaque dans un endroit que vous n’avez jamais vu auparavant ? » et l’affaire fut définitivement close sans autre question.

 

Plus tard, Elphinstone, s’adressant au Comte et aux autres membres du conseil, déclara que, selon les instructions signées de la Tsarine, aucun officier de l’armée russe n’avait le pouvoir de lui donner des ordres et qu’il avait toute l’autorité de commandement, donc le Fanion Kaiser hissé par le Comte Orlov ne l’affecterait pas, il était d’ailleurs content de voir cela et espérait que les codes à donner à l’avenir seraient également respectés.

 

Dans l’intervalle, la flotte ottomane fut confrontée comme il déclara, et d’autres affrontements étaient également inévitables et il risquerait en fait tout pour que cela se produise. Mais il ne pouvait pas accepter de travailler sous l’Amiral Spiridov.

Elphinstone avait l’intention d’expliquer tous les événements qu’il avait vécus dans le passé.

Il continua son discours et ajouta qu’il commandait toute la flotte jusqu’à ce moment, mais il avait découvert que bien que le Comte Alekseï Orlov avait précédemment promis qu’il hisserait le fanion du Kaiser sur son navire, il changea d’avis car il était dérangé de voir que ses ordres n’étaient pas obéis. Il ne voulait pas le déshonneur dû aux échecs et aux pertes dues aux désobéissances des autres et il exigea également que le Comte Alekseï Orlov devienne le commandant de la flotte entière en tant qu’officier de l’armée, et il insista sur cela.

 

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