OSMANLI

La capacité de construction navale pendant les périodes du Sultan Salim I (Le Brave) et du Sultan Souleyman I (Le Magnifique) était d’environ 200 navires de différentes tailles par an. Cette capacité atteignit un total de 300 navires par an avec la création des chantiers navals supplémentaires. Outre le chantier naval de Gallipoli, qui fut construit pendant la période de fondation, les installations centrales de construction navale de la période montante étaient le chantier naval d’Istanbul (200 cellules de construction avec cales) et les chantiers de construction navale à Sinop, Samsun, Kefken, Tuna (Ruscuk), Suez et Birecik.

 

Bien que la construction et l’entretien des navires soient liés à la puissance économique générale et à l’industrie du pays, ainsi qu’à la capacité des chantiers navals, ces chantiers navals n’agirent pas selon un certain plan et programme. Le Sultan était le seul commandant des chantiers navals.

Selon la loi, l’objectif était la construction d’au moins 40 nouveaux navires dans les chantiers navals ottomans chaque année, mais personne n’était en mesure de démarrer quoi que ce soit ou de produire quoi que ce soit, à moins que le Sultan ne l’ordonne.

 

Les Ottomans apprécièrent particulièrement la construction de galions, compte tenu de leur capacité à utiliser à la fois des voiles et des rames pour la propulsion. Les états chrétiens construisirent également des galions, et ils installèrent quelques couches de cuivre sur ces navires pour produire une sorte de bateaux blindés et aussi afin qu’ils puissent transporter plus de troupes et de munitions.

 

Les Occidentaux apprécièrent également les voiliers construits des galions et virent que leurs navires étaient dans les mers toute l’année. Lorsque la flotte ottomane revenait à Istanbul à l’automne, les flottes chrétiennes prenaient le large et naviguaient avec de grands voiliers puis attaquaient leurs cibles sur les côtes et les îles. Les forteresses sur le littoral et les îles étaient défendues par les militaires mais la marine ne se présentait qu’au printemps. De cette façon, la marine ottomane dominait la Méditerranée entre le printemps et l’automne tandis que les flottes chrétiennes naviguaient sans égal dans les mers en hiver. Les Ottomans ne se soucièrent jamais d’une présence dans les mers en hiver et cela dura jusqu’à la chute de l’empire.

 

La période de déclin de l’Empire Ottoman qui vraisemblablement commença avec le traité de Karlowitz ou Karlovci, le premier traité où pour la première fois l’Empire perdit un territoire, ne se refléta pas sur la marine jusqu’à la bataille de Chisma en 1184 (1770), en raison des mesures prises par Mezomorto Hussein Bacha et l’organisation de la flotte de galions.

 

Mezomorto Hussein Bacha reçut l’approbation du gouvernement pour fonder une flotte composée de quarante galions, et s’assura même que la seule façon dont ses commandants étaient nommés était par la loi dont voici les principaux articles :

  1. – Toutes les questions concernant la Mer Méditerranée seront de la responsabilité du Kaptan Bacha.

 

  1. – Tous les apanages et commanderies du personnel affecté à la navigation avec le Kaptan Bacha, mais qui ne l’ont pas fait, ou sont morts pendant la navigation, ainsi que les apanages et commanderies des unités Sanjak de Biga, Gallipoli, Kocaeli, Sugla (Chisma) possédant des apanages et des commanderies feront l’objet d’exclusion. Parmi ceux-ci, les fils des fiefs, le cas échéant, recevront cinq mille aspers pour un seul fils, quatre mille pour le second. Un seul fils de l’apanage recevra trois mille aspers. Les fils des martyrs seront payés en excédant. Les fils nés après la mort de leurs pères ne seront pas payés.

 

  1. – Aucune part ne sera prélevée sur la somme des inscriptions pour payer quelqu’un d’autre.

 

  1. – Aucun personnel étranger ne sera recruté pour la marine.

 

  1. – Les apanages et commanderies, qui n’ont pas de fils, doivent être présentés avec une lettre au gouvernement, par Kaptan Bacha, à condition qu’ils naviguent sous le pavillon de leur propre capitaine.

 

  1. – Le nombre de galions à construire sera de quarante en finissant les deux galions qui sont en construction, et en en construisant de nouveaux, en plus des vingt-cinq qui étaient précédemment terminés, à la fin des années 1009 (1600), les munitions et le personnel de ceux-ci seront tels que définis dans le livre, et cela ne sera pas changé.

 

  1. – Suite à l’achèvement de la construction de quarante galions, aucun relâchement ni négligence ne sera toléré, au contraire le bois sera transporté des entrepôts de bois aux chantiers navals, et de nouveaux galions seront construits pour remplacer les vieux.

 

  1. – Le Kaptan Bacha est le commandant de tous les beys marins, capitaines, skippers et autres dignitaires de la marine, et tous ceux-ci doivent se conformer aux déclarations et aux ordres du Kaptan Bacha, et toute l’organisation des conditions des divisions sera sous la responsabilité de ce dernier.

 

  1. – Les Beys Marins doivent garder 160 guerriers et entre cinq à six galions-esclaves par galion présents, selon leurs propres règlements et annuaires. Ils doivent également garder les munitions et les outils des navires d’une manière excellente, et quand ils doivent rejoindre la flotte en cas de guerre, ils seront inspectés par le Kaptan Bacha, et ceux qui seront trouvés en faute, doivent d’abord être avertis, et alors leurs navires seront pris en charge, et le gouvernement en sera informé.

 

  1. – Tous les travailleurs acharnés de chaque classe doivent être récompensés et encouragés par des récompenses, ceux qui sont reconnus coupables doivent être mis en gardes et formés, et ceux qui osent s’impliquer dans la trahison ou le mal doivent être signalés au gouvernement pour la punition.

 

  1. – Le Kaptan Bacha, les amiraux, vice-amiraux, arrière-amiraux et autres capitaines et skippers ne peuvent être licenciés sans leur implication dans une activité qui justifierait leur licenciement.

 

  1. – Quand et si le Kaptan Bacha part ou s’il est contraint de partir pour cause de mort, de meurtre, de trahison ou pour toute autre raison de licenciement, ce poste ne sera pas occupé par l’un des maréchaux de terre incompétent ou ne connaît pas les questions maritimes, au contraire, le poste doit être occupé par un amiral. Le poste d’amiral doit être occupé par le vice-amiral et le poste de vice-amiral doit être occupé par le contre-amiral.

 

  1. – Si la personne qui n’est pas un amiral apte à devenir Kaptan Bacha, un vice ou un contre-amiral doit être élu en fonction de l’aptitude et d’un commun accord de l’ensemble des commandants de la marine, et être présenté au Grand Vizir pour son approbation. Mais s’il possède les qualités nécessaires pour remplir les fonctions d’amiral, il ne sera pas lésé.

 

  1. – De cette manière, le plus approprié des capitaines de galion sera nommé pour le devoir d’arrière-amirauté par le Kaptan Bacha et les commandants navals ; non seulement l’ancienneté, mais aussi l’expérience et l’intégrité feront également partie des critères importants de sélection, et le gouvernement sera informé de la question.

 

  1. – Le Kaptan Bacha naviguera traditionnellement dans la Bastarda en temps de paix et dans le galion avec les trois ponts de canons en temps de guerre. Le navire doit être hissé de trois pavillons et éclairé par trois lanternes. L’ancien amiral sera appelé le deuxième amiral, et il en sera responsable.

 

À la suite de la mort de Mezomorto Hussein Bacha 1112 (1701) qui décréta la transformation des navires de la marine turque en galions, l’amiral sera nommé à son poste conformément au règlement qu’il légiféra, mais les nominations qui contredisaient cet article ne tardèrent pas. La nomination de personnel, qui n’avait aucune expérience maritime, au poste de Capitaine de la marine reprit cependant, depuis que la Marine mit en œuvre les autres articles du règlement, la capacité de combat augmenta très rapidement.

 

En 1119 (1707), le Kaptan Hajji Muhammad, qui commandait la flotte en Méditerranée, s’embarqua pour l’Espagne et Majorque avec une flotte de vingt galions et débarqua ses troupes à Messine sur le chemin du retour, pour s’emparer de deux forteresses qu’il détruisit complètement avant de revenir avec des captifs.

 

En 1122 (1710), la marine ottomane débuta une campagne contre la Russie où elle attaqua avec une flotte composée de 360 navires et environ 35000 marins ; 1 galère réale transportant 3.300 marins et 22 pièces cektiri du Commandant ; 27 galions transportant 16000 marins ; 30 galères avec 225 marins ; 60 frégates avec 80 marins ; 120 caboteurs pour le transport de grains, de munitions avec 30 marins ; 100 broliks avec 7 marins chacun.

 

Cela fut suivi par une période en Europe où l’adaptation des Ottomans devint extrêmement difficile. Entre-temps, la Marine Ottomane naviguait chaque année en Méditerranée, mais aucune activité sérieuse n’était entreprise à l’exception de la confiscation et de la saisie de deux bateaux pirates. Le code de Mezomorto Hussein Bacha fut abandonné tandis que la flotte et les navires tombèrent sous le commandement de personnes incompétentes.

 

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