OSMANLI

Le vingt-deuxième conseil est que si le bateau des mécréants est un galion, alors on ne devrait pas être enthousiaste pour l’attaquer. Il est préférable de tirer des obus de loin et de l’approcher et de l’attaquer après que sa barre et son mât soient brisés. S’il y a beaucoup de vent, alors il devrait être chassé avec la voile de bord et on devrait attendre que le vent tombe et que la mer devienne plus calme.

 

Le vingt-troisième conseil est que dans la guerre, les galères devraient être alignées d’une manière ordonnée. Le navire du capitaine (c.-à-d. Le capitaine Bacha, le grand amiral de la marine) devrait rester derrière et cinq navires devraient l’accompagner. Trois d’entre eux devraient être derrière et deux d’entre eux devraient être devant lui.

 

Le vingt-quatrième conseil est que le capitaine Bacha et le commandant devraient rester dans leurs navires et ils ne devraient pas les quitter pendant une guerre en pensant à faire quelque chose. Ils devraient envoyer leurs Agas (c.-à-d. officiers janissaire) pour diriger les soldats. Dans une telle situation, il est contre la loi et inapproprié pour un commandant d’être sur un petit bateau.

 

Le vingt-cinquième conseil est que le capitaine Bacha devrait rester à sa place. Il ne devrait pas essayer d’aller attaquer l’ennemi lui-même. C’est parce que quand la tête est partie que les pieds ne restent pas. Beaucoup de dommages furent observés dans de tels cas. La chose utile que les commandants peuvent faire c’est de rester à leur place.

 

Le vingt-sixième conseil est que cent mécréants (ici, les prisonniers pris à l’ennemi qui sont utilisés comme rameurs dans les navires) devraient être retirés des navires begs et ils devraient être remplacés par des Turcs. Ceux qui agissent à l’encontre de cela devraient être punis parce que souvent ces galériens se sont déchaînés pendant une guerre et ont repris les navires dans lesquels ils travaillaient.

 

Le vingt-septième conseil est que les rameurs des navires devraient être un mélange de Turcs et de galériens pris à l’ennemi. Les vieux capitaines choisissaient le meilleur des rameurs et plaçaient trois galériens et trois Turcs pour les rames de la bastarda. Il faut être très prudent avec les galériens. Il ne faut pas déployer beaucoup de mécréants dans les bateaux d’Istanbul et les marins mécréants qui sont engagés avec l’argent du trésor devraient être distribués aux navires et ils devraient être enregistrés. Les capitaines consentent à (la présence de) cinquante mécréants dans un navire. Il vaut mieux que les Turcs pratiquent l’aviron autant qu’ils le savent. On ne devrait pas être avide de l’habileté des galériens. Les navires que les galériens prirent et emportèrent avec eux sont innombrables jusqu’à maintenant.

 

Le vingt-huitième conseil est que quand la flotte navigue en dehors (des Dardanelles), un galliot devrait être envoyé pour capturer un prisonnier des mécréants pour l’employer en tant qu’informateur. Dans le passé, ils avaient l’habitude d’aller sur les rives des mécréants pour cela ; maintenant ce n’est plus nécessaire.

 

Le vingt-neuvième conseil est que si un navire est touché par des canons et des fusils lors d’une bataille et qu’une partie de son équipage est martyrisé et blessé, ils doivent immédiatement être mis dans la soute. Si les gens du vaisseau les voient, cela engendre de la misère alors les gens deviennent consternés ou effrayés.

 

Le trentième conseil est que lorsque la capture d’un navire est accomplie, ils devraient d’abord examiner ses canons et les clouer si nécessaire. Ils ne devraient pas commencer à piller le butin avant que la saisie du navire ne soit terminée (et la victoire assurée).

 

Le trente et unième conseil est que si un obus frappe un navire dans la partie sous l’eau, et s’il n’est pas possible de boucher immédiatement la brèche, Il faut laisser tomber certaines choses comme de longs chiffons, des serviettes ou des turbans dans la mer afin que le courant puisse les attirer et fermer l’orifice. Certains navires furent sauvés du naufrage en faisant ceci.

 

Le trente-deuxième conseil est que les canonniers devraient être habiles dans leur profession et enseigner aux inexpérimentés. Un canonnier habile devrait être trouvé pour chaque canon sur un navire.

 

Le trente-troisième conseil est que la poudre à canon doit avoir été vitrifiée (c.-à-d. que l’humidité de celle-ci doit avoir été enlevée). La plus grande partie de la poudre provient d’Egypte et il a été jugé approprié pour elle d’y être vitrifiée. Un ordre à cet effet fut envoyé par Salih Bacha dans les vieux jours. Les canons des mécréants ne sont que de douze travées, mais ils tirent des obus à de plus grandes distances en raison de la puissance de leur poudre.

 

Le trente-quatrième conseil est que l’importance devrait être attachée aux bombes, aux flèches et aux outils pour brûler les voiles des navires des mécréants. De plus, les outils de défense ne devraient pas être négligés.

 

Le trente-cinquième conseil est que, comme il y a des soldats qui ont conquis les provinces depuis l’ancien temps, il ne faut pas être enthousiaste de recruter des marins (des Turcs sur les rives des îles non-musulmanes). Il faut penser aux moyens appropriés d’utiliser les soldats à la place.

 

Le trente-sixième conseil est qu’après qu’un galion ait sorti la flotte des Dardanelles, il ne devrait pas sortir avec eux. Ce n’est pas bien d’être un obstacle pour eux. Au contraire, il est peut-être nuisible.

 

Le trente-septième conseil est que la flotte devrait être légère et rapide dans la mer. De cette façon, les mécréants peuvent être vaincus parce que leurs galiotes ne peuvent pas quitter les galères et aller à la même vitesse avec nos navires. La navigation des galions dépend du vent.

 

Le trente-huitième Conseil est que l’on devrait faire des efforts pour piller l’île de la Baie et construire des châteaux sur les rives afin que les mécréants puissent être affaiblis par cela.

 

Le trente-neuvième conseil est que la conquête des châteaux de Corfou et de Zadra ne devrait pas être considéré comme facile, et si leur conquête est prévue, alors beaucoup de préparations et de mesures devraient être exécutées avant de l’entreprendre. La conquête du château de Lépante par le regretté Sultan Bayazid Khan fut due à de grands efforts.

 

Le quarantième conseil est que les campagnes militaires et les conquêtes des anciens Sultans, les récits et les écrits sur les campagnes militaires et les guerres des capitaines devraient être vues, des leçons devraient être tirées de ceux-ci et on ne devrait pas être insouciant.

 

 

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