OSMANLI

Chapitre sept

 

Sur les conseils aux pirates concernant les affaires de la mer et de la flotte

 

Conseil : Ce n’est pas un secret que le plus grand soutien de l’État Ottoman est les affaires de la mer et qu’il faut lui accorder une importance prioritaire. C’est parce que la splendeur et le titre d’un état dont les fortunes s’améliorent sont de gouverner les deux terres et les deux mers. En dehors de cela, la plupart du pays ottoman est composé d’îles et de rivages, et surtout, la mer est le bienfaiteur d’Istanbul qui est le siège du gouvernement, il n’y a aucun doute à ce sujet. Ensuite, les Musulmans sont récemment entrés en Europe, soit le quart du monde, et ils s’y sont intéressés. Les anciens Sultans ne purent s’emparer de la Roumanie, de la Bosnie et de la Hongrie que par des guerres et des mesures prolongées. Les endroits que nous avons mentionnés sont des parties de l’Europe. Comme maintenir ces gains et les garder dépendait du contrôle des mers, ils déployèrent de grands efforts à cet égard. Aujourd’hui, l’important est aussi d’éviter l’insouciance et de faire le maximum d’efforts. Qu’Allah Exalté accorde le succès. Laissez-nous donnez des conseils maintenant.

 

Le premier conseil est que si le capitaine en personne n’est pas un pirate, alors il devrait consulter les pirates à propos de la mer et des guerres navales et il ne doit pas agir seul sur la base de sa propre décision. La plupart de ceux qui ne firent que ce qu’ils pensaient être la bonne chose le regrettèrent. C’est particulièrement vrai parce que s’il fait une erreur en faisant quelque chose, alors les préjudices subséquents ne seront pas seulement pour lui-même.

 

Le deuxième conseil est que les navires de la flotte devraient être construits dans le chantier naval de l’état autant que possible. De cette façon, ils peuvent être terminés en temps et construit rapidement et le fardeau sera aussi beaucoup moindre pour les sujets.

 

Le troisième conseil est que l’équipement et tous les approvisionnements nécessaires des navires devraient être complètement achevés sans aucune déficience. On devrait commencer chaque tâche en temps et il ne devrait avoir aucune place pour la négligence.

 

Le quatrième conseil est qu’une sentinelle devrait être présente après la sortie de la flotte dans les Dardanelles. En naviguant, deux galiotes devraient naviguer trois milles en avant de la flotte et ils devraient attendre deux-trois milles de la flotte quand la flotte est dans un port. Deux navires begs devraient partir une heure après la flotte et recueillir le reste des soldats.

 

Le cinquième conseil est que si la flotte est composée de deux cents navires alors il devrait y avoir deux groupes. Cent d’entre eux devraient partir un jour devant le Bacha de Rhodes. C’est parce que chaque port ne peut pas gérer deux cents navires. C’est ainsi que l’on faisait autrefois. De tels ports sont peu nombreux. Il est possible de rester de chaque côté des îles. Partout où le vent souffle, ils passent de l’autre côté. Le rivage n’est pas ainsi.

 

Le sixième conseil est que si la flotte atteint un port autour des rivages de Roumélie et d’Anatolie parmi les îles, alors elle ne devrait pas laisser passer l’occasion d’y rester basée sur la pensée qu’il pourrait y avoir un autre port au-delà de celui-ci parce qu’il y a beaucoup de possibilités. Un vent défavorable peut souffler ou la nuit peut arriver bientôt et la situation peut devenir trop difficile. Il est incorrect de partir et de chercher un autre endroit dans la mer.

 

Le septième conseil est qu’après avoir quitté les Dardanelles, la flotte ne doit pas prendre la mer avant de prier la prière de l’aube.

 

Le huitième conseil est que les capitaines de la bastarda devraient être parmi ceux qui ont été dans les îles et devraient avoir des années d’expérience de piraterie dans la mer parce que la navigation et l’arrêt de la flotte dépendent d’eux.

 

Le neuvième conseil est que lorsque la flotte prend la mer, les rameurs de la bastarda doivent ramer comme une aile d’aigle, ce qui signifie qu’ils doivent ramer lentement, pas rapidement comme le navire de messager. Il est bien connu que lorsque les capitaines espagnols nous critiquèrent en disant « vos navires ne sont pas rapides, » nos pirates expérimentés répondirent « nos navires ne chassent pas ceux qui fuient et ne fuient pas ceux qui nous chassent, » ce qui les rendit silencieux.

 

Le dixième conseil est que les navires begs vont toujours devant la bastarda. Ils ne devraient pas faire attention à son lest pour la rapidité car la bastarda n’a pas besoin d’être rapide. Il ne devrait pas dépasser les navires des Begs. Si c’est le cas, il aura implicitement permis aux galériens de se révolter et de s’emparer du navire.

 

Le onzième avis est que les navires devraient être divisés en deux groupes au moment de l’espalme. Quand un groupe est espalmé, l’autre groupe doit les protéger et s’espalmer après eux. Les ennemis attaquèrent une fois les navires pendant qu’ils étaient espalmés et causèrent beaucoup de dégâts.

 

Le douzième conseil est que quand la flotte arrive à Avarin, deux galliots devraient être envoyés sur les rives des mécréants afin de capturer des prisonniers d’entre eux (pour les utiliser comme informateurs). Si les mécréants attendent autour de Messine, alors les rivages devraient être protégés et la flotte ne devrait pas mettre la voile.

 

Le treizième conseil est que si la flotte des mécréants n’est pas à Messine et que les capitaines veulent se rendre sur les rives des mécréants ou en haute mer, alors ils doivent désemparer quinze navires. C’est-à-dire, qu’ils devraient enlever leurs rameurs et leurs combattants, y laisser les navires faibles et choisir des rameurs et des combattants robustes et forts (et les emmener) avec eux.

 

Le quatorzième conseil est que lorsqu’il est nécessaire d’aller en haute mer d’Avarin, l’eau suffisante pour quinze jours devrait être commandée pour les tonneaux. Ils devraient quitter le port après la prière du coucher du soleil et les sujets à Avarin devraient garder un feu brûlant dans un endroit élevé pendant un jour et une nuit de sorte que si une tempête apparaît et que la flotte est obligée de revenir, ils pourront trouver le port. Peut-être qu’un homme devrait être laissé avec les sujets là pour cette tâche.

 

Le quinzième conseil est que si l’intention est faite de naviguer pour la haute mer, les équipages devraient être ordonnés d’allumer leurs lanternes si une tempête éclate la nuit. S’ils n’ont pas de lanterne, ils devraient en trouver une et l’accrocher afin que les navires ne se trompent pas et n’entrent pas en collision les uns avec les autres.

 

Le seizième conseil est que la flotte ne devrait pas beaucoup naviguer autour des îles. Il devrait naviguer principalement autour des rivages de Roumélie et d’Anatolie car c’est peu profond autour des îles et il y a des tourbillons dans ces zones. Si un vent souffle, il peut faire perdre sa direction à un navire, il est impossible de s’approcher d’un endroit désiré. Chaque île a un tourbillon différent et elles ont beaucoup de récifs. De nombreux navires coulèrent là-bas en peu de temps. Ils disent « adalar arasi donanma kanarasi, » ce qui signifie que la zone autour des îles a été (la cause de) la destruction des navires.

 

Le dix-septième conseil est que lorsque la flotte se rend sur les rives de Roumélie ou d’Anatolie, dix galliots devraient protéger la zone autour des îles.

 

Le dix-huitième conseil est que, s’il (le temps) devient brumeux, alors ils devraient mouiller immédiatement s’ils rencontrent une rive. Ils ne devraient pas bouger tant que le brouillard n’aura pas disparu. S’ils sont en haute mer, l’orchestre militaire devrait jouer depuis la bastarda du Bacha. Les autres devraient aussi jouer et ne devraient pas s’arrêter jusqu’à ce que le brouillard soit dégagé de sorte que les navires ne soient pas dispersés.

 

Le dix-neuvième conseil est que les capitaines devraient donner beaucoup d’importance à connaître la science de la navigation. Ils ne devraient pas ignorer comment utiliser une boussole ou une carte, et ils devraient également montrer un grand respect à ceux qui savent comment les utiliser. Ceux qui ne les connaissent pas devraient s’y intéresser et les apprendre.

 

Le vingtième conseil est que le capitaine Bacha devrait les tester comme Dervish Bacha. Dervish Bacha plaça une boussole et une carte au moment de la distribution des salaires et assigna une personne nommée Mouslou Chavoush comme superviseur. Il testa les capitaines et les autres marins en attachant l’aussière (l’épreuve était sur la façon d’attacher la corde de haussière à la terre et aussi si les marins savaient de quel côté le navire devait être lié à la terre en fonction du vent [ndt]) puis il leur donna leur salaire. Ensuite, ceux qui ne savaient pas devinrent enthousiastes à l’idée d’apprendre.

 

Le vingt et unième conseil est que si notre flotte traverse la flotte des mécréants, et que notre flotte est proche de la Roumélie ou des rives anatoliennes, et la flotte des mécréants est absente de la rive, alors notre flotte ne devrait pas tenter d’attaquer. Peut-être devraient-ils faire semblant de ne pas les voir. Cependant, si nos navires sont éloignés du rivage et si les mécréants sont près du rivage, ou si les rivages appartiennent aux mécréants, ou si les deux flottes sont en haute mer, dans tous ces trois cas notre flotte devrait les attaquer. Les raisons de ceci ont été expliquées dans le chapitre sur la guerre.

 

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