OSMANLI

Chapitre Six

 

De la quantité d’armement et de moyens une flotte exige et combien est dépensé du trésor

 

Les coques des navires : D’abord, s’il est nécessaire de donner tout le bois du trésor d’état pour les mâts et les rames de la taxe gouvernementale des revenus, puis cinquante-six mille aspers sont donnés. Une bastarda vaut autant que trois galères, et une galéasse vaut autant que deux galères. En outre, chaque navire a un petit bateau en bois. Le bois pour une galère est composé de quatre cents pièces dont chacune est de douze mètres et elles sont faites de pins. Il est préférable qu’ils soient faits de pièces sèches et robustes. C’est la loi qu’il a deux cents eges (une sorte de bois) pour vingt-cinq aspers. Ceux qui les coupent dans les montagnes et les apportent reçoivent cinq aspers. Deux cent cinquante eges sont remplis dans les espaces vides et trente sont utilisés pour koğush tabani (une poutre carrée de bois supportant le sol) et ceux de seize yards chacun sont utilisés pour la ceinture et la quille. Vingt-cinq morceaux de bois de pin longs de seize coudées sont utilisés pour allégés les quartiers et il y a deux heaumes, dont un en réserve. Ils sont faits de frêne. Il y a deux mâts et trois mâts de charge, dont l’un est attaché et deux conservés en tant que pièces de rechange sous l’aile. Il y a soixante-quinze avirons, cinquante d’entre eux sont montés et vingt-cinq sont conservés comme pièces de rechange dans la cale.

 

Domaines de forêt : Chaque année, mille sapins sont coupés dans la province de Kocaili. En dehors de cela, trois charges de bois et de chaux sont apportées chaque année à des fins de réparation dans les domaines. Ceux-ci sont obtenus de ce sancak et des comtés (kaza, c’est-à-dire les districts de juge) des sancaks de Bursa, qui sont douze : Sapanca, Ada, Akyazi, Yörükan-i Akyazi, Ab-i Safi, Sariçayir, Geyve, Akhisar, Yalakabad et Iznik.

 

Clous variés : Une galère nécessite une centaine de kantars de clous. On dit que si on est économe, on peut aussi faire avec quatre-vingts d’entre eux. Le plus robuste et le plus parfait, le meilleur. Trois cent quatre-vingt-douze kantars de clous sont dépensés pour des galéasses et cinq cents kantars sont dépensés pour les bastardes. Le nom qu’ils donnent à mismar est clou. Selon le prix officiellement fixé du marché, un kantar d’entre eux coute six cent seize aspers sur la base de quatorze aspers pour un okka. Sa valeur est connue en conséquence.

 

Remplacement de l’ancre d’un navire : Une galère nécessite cinq ancres. Celles-ci sont faites de sept, huit, neuf ou dix kantars. Une galéasse nécessite deux ancres avec deux crochets. Ils pèsent seize kantars chacun. De plus, quatre ancrages avec quatre crochets sont requis. Ils pèsent chacun douze kantars. La même chose est requise pour les bastarda. Le fer pour ceux-ci est acheté en utilisant le revenu de l’impôt du gouvernement. Une ancre ne s’use pas sauf que si une corde se coupe et elle peut rester au fond de la mer. Sa valeur peut être déterminée en regardant le clou.

 

Cordes : Une galère reçoit un total de vingt-sept bobines de corde composé de haubans, d’élingues, de yalki kazi, d’üyürdek, de « bradone » et de « tartila » pour la voile supérieure et la grande voile. La bobine est le nom donné aux cercles rassemblés (des cordes). L’Uyürdek et la bradone pèsent quatre kantars chacun. Le reste est mince. Cinq câbles de corde sont nécessaires pour attacher les ancres et chacun d’eux a une longueur de quatre-vingt brasses (155m). Quand ils atteignent neuf kantars de sept, ils sont pesés. Quatre cordes kaynak (différents noms étaient donnés aux différents types de cordes utilisées dans les navires à ce moment-là) sont également nécessaires pour attacher au côté de l’ancre, et chacune d’elle pèse trois kantars. Quatre autres aussières sont nécessaires pour attacher un navire à la terre et chacune d’elles a soixante brasses de long (109m) et pèse quatre kantars. Cependant l’ancre de la corde d’une galéasse exige quinze kantars et son crochet exige douze kantars. C’est la même chose pour un bastarda.

 

La loi de remplacement : La corde d’une ancre est aussi appelée gomana ou dorditse. Dans chaque galère, il reste deux cordes sur cinq et les trois autres sont remplacées chaque année. Sur les quatre aussières et les quatre kaynaks, deux restent et les deux autres sont remplacés. L’Uyürdek est renouvelé chaque année. Les haubans et les autres petites cordes sont remplacés tous les deux ans.

 

Domaines de chanvre : Sept mille kantars de chanvre de Samsun sont définis. Trente kantars d’Ahta-bolu et un peu de fil et de chanvre d’Izmir sont amenés. Il y a des domaines de chanvre à Menemen, Mihalich, Inebolu, Salonique, Misivri et Bartin.

 

Les types de voiles : Dans le passé, ils utilisaient trois voiles pour une galère.

La Grande Voile, qui est appellée Cankurtaran (sauveuse de vie), est déployée pour soulever le navire sur le sable afin que le sable ne les domine pas. Elle a soixante-quinze fois laizes et faite de mille quatre cents coudées (640m) de tissu. Cette voile semblait inutile, donc Chalabi ‘Ali Bacha l’a fit enlever quand il fut le capitaine.

La Voile du milieu est faite de mille deux cents coudées (548m) de tissu. Elle est utilisée tout le temps.

La petite voile est faite de huit cents coudées (365m) de tissu. Elle est appelé tourmentin, la voile de la tempête et est utilisée dans les tempêtes. Celles-ci ont une forme triangulaire.

La Misaine est une autre voile requise par chaque galère. C’est la voile la plus haute et elle a une forme rectangulaire. Il est fait de six cents coudées (274m) de tissu et est toujours utilisé.

Les Auvents : Chaque galère nécessite deux auvents. Chacun d’eux est fait de soixante morceaux de tissu épais et chaque pièce a quinze coudées (6.8m) de longueur. Si cela devient nécessaire pendant la pluie, ils les tirent l’un sur l’autre. Les auvents et les voiles des galéasses et des bastarda sont différentes de celle décrite ici.

La loi de remplacement : Une voile est remplacée tous les trois-quatre ans. Des deux auvents, l’un reste et l’autre est remplacé.

 

Domaines de Tissu : La plupart des tissus mentionnés ci-dessus sont fabriqués à Livadya et certains d’entre eux sont tissés à Menemen. Le tissu pour les auvents est traité dans la plaine d’Ece, car c’est le domaine réservé. Les tisserands à Istanbul peuvent aussi le faire quand c’est nécessaire. Le tissu de la voile d’Egypte est orné et joli mais il arrive rarement ici. Cependant, la doublure pour couvrir le tissu à la poupe vient d’Egypte.

 

Tentes : La couverture pour la poupe s’appelle une tente. Elle est faite de soixante-dix coudées (32m) de drap de bonne qualité pour chaque galère. Elle est remplacée tous les deux ans. Les tentes de la bastarda des Bachas étaient faites de brocart à l’époque de Cigaloğlu. Puis ils la firent de velours vert puis rouge. Plus tard, ils décidèrent pour la popeline rouge. Avec son installation, elle coûte environ une charge d’aspers (100 000 aspers) et elle est renouvelée chaque année. L’anciennne est donné aux servants.

 

Lanternes : Il y a trois lanternes à la poupe d’une bastarda et le navire du Sultan. Ceux de la bastarda des mécréants sont installés le long du navire, de sorte qu’ils sont installés le long de la largeur du navire pour la distinguer des navires mécréants. Au sommet des mâts, ils mettent parfois des drapeaux et parfois des lanternes. Chaque année, plusieurs boîtes de cire sont allouées par le gouvernement à partir des recettes fiscales. D’autres capitaines avec des lanternes reçoivent un okka pour deux. Vingt-cinq morceaux de cire jaune sont donnés pour qu’ils brûlent et voguent devant les bateaux qui n’ont pas de lanternes. Une galère reçoit également deux kantars d’huile de lin chaque année à brûler au sommet des quartiers et qui est consumée en trois endroits.

 

Canons : Chaque galère reçoit trois canons. L’un d’eux est le canon principal. Il est de quatorze-quinze empans ; il tire des boulets de douze okkas. S’il y en plus, il n’y a pas de mal à cela. Ces canons ne peuvent être inférieurs à quarante kantars. Les canons des deux côtés sont nécessaires, tout comme les canons pivotants de dix empans. S’ils sont plus longs, c’est mieux. Cependant les canons d’une galéasse sont deux canons de quartier. Ils pèsent seize okkas chacun. Quatre canons pivotants sont placés sur la poutre temporaire et deux sont placés sur les côtés. Deux canons sont installés du côté de la poupe au-dessus de la barre et deux sont placés du côté de l’étrave. En outre, il y a six canons de tir de baisse chacun. Certains d’entre eux sont des canons pivotants. Ils sont installés des deux côtés sur les ailes. Ensemble avec ces douze canons, il y a un total de vingt-quatre canons.

 

Poudre à canon : Chaque galère reçoit vingt kantars de poudre ; le montant exact est déterminé en fonction du besoin. La majeure partie de la poudre est apportée d’Egypte. Cependant, comme elle n’est pas traitée, elle ne peut pas tirer des obus sur de longues distances et elle désactive la décharge d’une arme à feu.

 

Bombarderies : Dans le passé, chaque navire recevait des bombes et d’autres équipements de guerre. Ils devraient être aussi donnés aujourd’hui.

 

Fanions et drapeaux : Les fanions, les drapeaux (pour la poupe) et les drapeaux de vent sont donnés à la bastarda des Bachas et au navire du Chambellan de l’Arsenal du revenu des impôts du gouvernement. Les autres navires reçoivent un drapeau rouge et jaune pour la poupe des recettes fiscales du gouvernement et le reste des drapeaux et des fanions sont préparés en utilisant leurs propres revenus. Les fanions et drapeaux d’un navire sont en soie et coûtent au moins deux cents piastres (kouroush). Tous les capitaines reçoivent tout ce dont ils ont besoin en termes d’armement et d’équipement s nécessaires provenant des sources de l’état. Les capitaines des navires reçoivent quinze mille aspers comme allocation pour les provisions des navires.

 

Biscuits durs et tonneaux : Dans les galères, un tonneau est donné pour chaque homme et de l’eau est fournie. Un demi-okka de biscuits durs est attribué à partir des recettes fiscales du gouvernement pour chaque marin et rameur. Dans les vaisseaux des Bachas, ceux-ci sont aussi donnés aux guerriers mais ils ne leur sont pas donnés dans les autres navires.

 

Calfeutrage et huile : Quand la coque du navire est construite, ils la brûlent d’abord avec des buissons puis la sèche. Dans le premier calfatage d’une galère, ils utilisaient douze kantars de laine nettoyante et vingt-cinq kantars de goudron. Chalabi ‘Ali Bacha décida de retirer cinq d’entre eux, de sorte qu’ils utilisent aujourd’hui vingt kantars (de goudron). Dans chaque espalmage, quatre kantars de suif sont utilisés et il l’enduise autant que nécessaire. Cependant, il est habituel d’espalmer trois fois les navires. L’un est fait au chantier naval et les deux autres à l’extérieur. À l’extérieur, deux navires sont côte à côte et six personnes les espalment et les calfeutrent. Chaque navire a un chaudron de goudron, un chaudron d’huile, une écumoire et une louche.

 

Plomb : Mis à part les deux okkas de plomb qui sont mis aux poignées de toutes les rames, deux dalles de plomb sont données à chaque navire pour fermer les évents.

 

Fathomètre : Chaque navire en possède un afin d’examiner la profondeur de la mer. Une ficelle aussi large qu’un doigt et aussi longue que soixante-dix-huit brasses (142m) est prise et six plombs horizontaux sont attachés à la pointe comme une boule de romaine. Les pièces de plomb pèsent trois okkas. Quand cela est nécessaire, ils étendent du suif sur cette pièce horizontale et ils attachent la ficelle à la poupe et ils la lancent dès le début. Un homme le tient de la poupe et il l’enlève et le vérifie après qu’il a touché le fond. S’il y a des roches au fond, on peut voir des entailles sur le suif. Si c’est du sable, alors il reste coincé dessus. Si c’est adéquat pour la mousse, ils peuvent aussi le dire. Chaque type d’endroit a un signe, ainsi ils peuvent leur indiquer par les signes.

 

Carte et boussole : Une carte est un morceau de cuir sur lequel un dessin de la mer a été fait et les vents ont été écrits. Une boussole est un outil avec un pendule qui est dans une boîte et est similaire à un outil qui montre la direction de la prière (La Mecque). En utilisant une carte, on peut trouver les étoiles et la navigation peut être planifiée en calculant quels vents soufflent où donc ils naviguent en conséquence. Ils utilisent des vents autres que les deux qui soufflent à travers eux. S’ils naviguent la nuit, ils allument une lampe à huile et regardent l’horloge. S’ils voient des récifs ou une situation désavantageuse sur le chemin, ils tournent la barre et passent à côté d’eux. C’est parce qu’un navire est semblable à une pierre et un œuf. Si le vent est défavorable et qu’une tempête éclate et qu’ils sont traînés au mauvais endroit, ils continuent à naviguer en regardant (leurs outils). Il y a deux capitaines dans chaque navire à cette fin. Si l’un d’eux est incapable de faire son devoir, alors l’autre le remplace. Les navires de capitaine ont aussi des jumelles. Ils les utilisent quand c’est nécessaire. Tout cet équipement et les outils sont mis dans une petite remise après qu’ils sont apportés et sont enregistrés.

 

Lest et stockage : Les ballasts composés de cailloux sont placés dans chaque navire dans une quantité qu’il peut porter. Ils sont déchargés si nécessaire et des charges sont mises et empilées à leur place. Certains navires peuvent naviguer directement ; d’autres peuvent naviguer si le côté de la poupe est plus bas, mais pas si le côté de l’étrave est plus bas, donc ils les empilent en conséquence. Cependant, il n’est pas nécessaire de suivre ces règles dans les bastarda des Bachas ; ils les empilent comme nécessaire. C’est parce que la bastarda n’a pas besoin d’être rapide.

Toutes ces armes et équipements sont approximativement les suivants : les outils, l’armement et les équipements des galéasses et de cinquante galères, les salaires des rameurs et des cordonniers, les provisions, le coût des biscuits durs réservés à la flotte royale, coûtent environ mille six cents bourses d’aspers y compris tout ce que nous avons mentionné. Six cent vingt et un de ces montants sont prélevés sur les successions d’ocaklik avariz (les places données aux contribuables qui sont responsables des impôts avariz dans le système iltizam) données par le Sultan pour les rameurs et quatre-vingt-cinq charges d’aspers sont pour les biscuits durs. Le montant d’argent dépensé pour une flotte en partance est calculé, plus ou moins, en fonction de ces paramètres.

 

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