OSMANLI

La campagne militaire de Haydar Ağazade

 

Le troisième jour du mois de Shawwal 1059 (10 octobre 1649), Haydar Ağazade Mehmed Bacha devint le capitaine. Comme il était originaire du corps des janissaires, il fut envoyé en Crète avec Sekbanbaşi Kör (aveugle) Hassan Aga. Ils partirent avec deux galères le huit de ce mois (15 octobre 1649) et arrivèrent le vingt-huitième de Dzoul Qi’dah (3 décembre 1649). Après quelques jours, il prit les navires de la flotte royale à l’Arsenal. Le douzième de Rabi’ al-Akhir 1060 (14 avril 1650), les mécréants, puissent-ils être détruits, arrivèrent aux Dardanelles avec vingt galions, huit galliots et deux galéasses. ‘Ankabout Ahmed Bacha, qui était l’un des Vizirs, fut envoyé pour la protection. Le 5 Joumada al-Oula (6 mai 1650), le capitaine Bacha quitta Istanbul et entra dans les Dardanelles. Il ne put pas trouver un moyen de sortir et de la terre, ils tirèrent des obus sur les navires des mécréants. La plupart d’entre eux ne leur firent pas de mal et ils s’approchèrent du château et tirèrent beaucoup d’obus. Quelques janissaires et autres soldats supplémentaires furent envoyés d’Istanbul et ils arrivèrent par voie terrestre. ‘Abd ar-Rahman Bacha arriva d’Anatolie et ils forcèrent les navires des mécréants sur l’une des rives. Cependant, les soldats de la marine se dispersèrent et la plupart des navires furent désorganisés. Vingt-cinq galères furent complétées et ils crièrent « partez, » mais ils ne firent pas d’effort pour sortir et restèrent sur place. Finalement, ils abandonnèrent l’idée de sortir des Dardanelles. Le capitaine Bacha descendit du navire et embarqua depuis la terre dans les navires du Beg en Rajab (juin-juillet 1650). Il obtint autant d’armes et de fournitures que possible et alla ensuite en Crète. Il y arriva et juste au moment où ils déchargeaient les soldats, la nourriture et les provisions, ils virent quelques navires des mécréants, alors ils mirent le cap vers la mer. En conséquence, certains soldats restèrent dans le navire. Ceux qui étaient sortis du bateau ne purent pas obtenir la nourriture et les provisions. Il alla dans l’île de Chios. Les moyens de faire sortir une flotte entièrement équipée au printemps fut envisagée. Un édit impérial fut publié le 23 Rajab (22 juillet 1650) pour la construction de vingt-trente galions et de bertones. Des jetées furent également construites. Un envoyé vint de Crète et annonça que les mécréants avaient soudainement attaqué le château de Todori. Le 11 de Shawwal (7 octobre 1650), le capitaine Haydar Ağazada fut renvoyé de son travail et son poste fut confié à ‘Ali Bacha, le fils de Houssam Beg, qui était le Beg de Rhodes.

 

La campagne militaire de ‘Ali Bacha

 

Le 8 de Dzoul Qi’dah 1060 (2 novembre 1650), mille soldats furent recrutés sous la condition de protéger la Crète pendant trois ans. Environ quatre mille soldats composés des divers régiments des janissaires, des marins, des sergents et des soldats envoyés par les détenteurs de fief furent fournis et comme le soutien était requis pour l’hiver, le capitaine Bacha prit ces soldats et embarqua à bord de son navire le dix-huitième de ce mois. (12 novembre 1650). Il mit les voiles pour la Méditerranée avec dix-huit galères. En route, des Begs le rejoignirent et il arriva à Chios, puis en Crète le 9 Mouharram (2 janvier 1651). Ils approchèrent un port appelé Ayakasra en milieu d’après-midi et les soldats débarquèrent jusqu’au soir. Qu’ils soient revenus sain et sauf fut considéré comme une grande bénédiction. En fait, ce fut sans précédent qu’une telle flotte puisse sortir en cinq à dix jours, Allah Exalté le facilita.

 

L’incident du Galion

 

Le Grand Vizir Malik Ahmed Bacha avait commencé la construction d’un grand galion à Bahchekapi. Ils eurent du mal à construire ce bateau et, comme c’était sur le chemin, les gens lui donnèrent le mauvais œil. Ils commencèrent à dire des absurdités à ce sujet en disant « un si grand galion n’a pas été vu auparavant. » Il fut achevé le vingt-cinquième de Joumada al-Oula (16 mai 1651). Tandis que les notables et les hauts fonctionnaires le lâchaient dans la mer avec une cérémonie, il tomba de ses deux côtés car il y avait quelques défauts. Plus de la moitié laissait passer l’eau. Les navires tentèrent d’attacher des cordes sur les côtés et de les soulever mais finalement ils ne réussirent pas à le faire. Finalement, ils ne laissèrent que la coque du navire et le reste fut brisé en morceaux. Les gens répandirent beaucoup de rumeurs au sujet de cet incident et le considérèrent comme un mauvais présage.

 

La deuxième campagne militaire de ‘Ali Basha

 

En Joumada al-Akhir 1060(mai – juin 1651), les armements et les approvisionnements nécessaires des navires furent achevés. Huit cents janissaires des groupes Boulouk (un groupe spécial au sein des janissaires) et des janissaires de vingt-quatre groupes Oda (une autre sous-division des janissaires), Ahmed Bacha, qui était le gouverneur général d’Anatolie, avec ses soldats, et d’autres les Bachas et les Begs qui étaient affectés à ce travail vinrent tous prendre place dans les galions. Le vingt-troisième jour de ce mois (13 juin 1651), le capitaine Bacha se dirigea vers Beşiktaş avec trente galions, trente-huit galères et six galéasses puis partit pour la Méditerranée. Comme il n’y avait pas de navires des mécréants dans les Dardanelles à ce moment, ils atteignirent Chios en Rajab (juin-juillet 1651). Les navires begs et les autres se rassemblèrent au même endroit, de sorte qu’une grande flotte composée de cent cinquante navires partit pour la Crète le 12 novembre 1651.

 

La bataille de Naxos

 

Un vent favorable souffla et les Musulmans prirent la mer avec les bateaux. Quand ils s’approchèrent de l’île de Santorin, près de la Crète, les navires des mécréants, puissent-ils être détruits, apparurent. Ils luttèrent longtemps avec des canons et des fusils ce jour-là. Les soldats musulmans semblaient l’emporter et les mécréants allaient être vaincus. Quand le soir arriva, ils arrêtèrent de se battre. La Crète était à une centaine de kilomètres de cet endroit. Les Musulmans se rendirent aux îles de Naxos dans la matinée en pensant « s’il y a une bataille, nous n’aurons pas assez d’eau, alors nous devons avoir de l’eau. » Mais les mécréants les suivirent et lorsque les navires des Musulmans entrèrent dans le port, les mécréants s’approchèrent du rivage. Les gens de la flotte (musulmane) trouvèrent de l’eau et commencèrent à sortir, un par un ou en petits groupes, alors, les mécréants, puissent-ils être détruits, attaquèrent les navires des Musulmans. Le capitaine Bacha se battit beaucoup avec sa bastarda, le Beg et les galiotes durent regarder parce qu’il était difficile de venir à son aide. Les galères laissèrent donc les galions qui les accompagnaient et quittèrent le port. Certains d’entre eux restèrent et luttèrent. La capitaine Bacha était entouré par les mécréants et juste au moment où il était épuisé par les combats, son fils vint l’aider. Il prit la bastarda avec lui et le sorti de là. Ils furent donc vaincus là-bas et ils quittèrent la zone. Comme il n’y avait pas de vent, les galions restants restèrent là et les mécréants les encerclèrent. Ahmed Basha, qui était le gouverneur général d’Anatolie, qui était dans l’un de ces navires, combattit dans son galion et y devint martyr. Le galion fut brûlé. Les mécréants vainquirent les soldats de six galions et d’une galère et prirent le contrôle des navires. Quelques autres galions se trouvaient près du rivage, si bien que les gens qui s’y trouvaient débarquèrent et les navires furent brûlés. Après tous ces dégâts et pertes, les mécréants partirent en Crète. Ils envisagèrent de céder le château de Candia, mais quand ils passèrent devant le château avec des drapeaux renversés et jetèrent l’ancre dans l’île d’Istandiya ou ils capturèrent beaucoup de munitions, quatre cents canons, des armes et des provisions, alors ils se sentirent plus fort et abandonnèrent cette idée. Le capitaine Bacha attendit un moment à Rhodes, puis arriva en Crète et se rendit au bureau de l’état pour présenter ses excuses.

 

La troisième campagne militaire de ‘Ali Bacha

 

Il se dirigea vers la Méditerranée avec la Flotte Royale pour la troisième fois au début de Joumada al-Akhir 1062 (10-19-1952 mai). Comme les navires des mécréants étant arrivés dans les Dardanelles, ils ne sortirent pas de là et le capitaine Bacha envoya huit galères à l’extérieur. Dans une nuit noire, ils passèrent comme s’ils étaient une caravane de chameaux tandis que les mécréants attendaient près des rivages anatoliens. Le capitaine Bacha se rendit par terre et arriva à l’endroit à travers l’île de Lesbos et embarqua alors dans un navire. Il alla à Chios et partit pour piller l’île de Tinos. Cependant, les mécréants attaquèrent alors il retourna à Chios. Comme Karabatak Beg était à l’arrière, il avait été fait prisonnier par les mécréants de Malte. Alors un des grands parmi les prisonniers mécréants fut remis en échange et il fut libéré. Au début de cette année (décembre 1651-mars 1652), le Grand Vizir Gurcu (géorgien) Mehmed Bacha recruta deux mille personnes comme cavaliers et les envoya avec sept navires pour les aider. Après consultation, il fut admis qu’il était nécessaire de construire deux autres châteaux afin d’empêcher l’entrée des navires des mécréants de l’extérieur cependant, cette idée fut abandonnée à cause de l’objection que s’ils étaient construits, leurs canons pourraient difficilement les atteindre et cela n’empêcherait pas leur entrée. Puis le capitaine Bacha reçut le sancak du Péloponnèse et Dervish Mehmed Bacha devint capitaine à sa place le vingt-neuvième jour du mois Shawwal (3 octobre 1652). Au moment où il se préparait à faire des préparatifs, il fut nommé Grand Vizir le vingt de Rabi’ al-Akhir 1063 (20 mars 1653). Puis le poste de Capitaine Bacha fut donné à Chavoushzade Mehmed Bacha, qui avait quitté la province de Sivas.

 

 

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