OSMANLI

De l’arrivée de la tribu Oghouz dans le Sultanat de Roum ou l’Anatolie

 

Le Sheikh Ahmad Da’ij rapporte :

« Effrayés par la menace de la terreur mongole qui ravageait les terres du Turkestan et les pays Au-delà du Fleuve (mawara nahar ou la Transoxiane), les tribus turcs musulmanes d’enfuirent. Les Turques ne sont pas une seule nation comme ceux de la Turquie actuelle mais une multitude de nations différentes. L’une d’entre ces tribus musulmanes appelée Qayyi (Qaï) s’enfuit donc au loin pour échapper à une fin certaine devant l’avancée des Mongols et s’établit en Anatolie plus communément appelée la Turquie de nos jours.

Alors qu’il voyageait avec sa tribu et qu’il se trouvait proche d’Arzanjan en Anatolie, Souleyman Shah le chef de la tribu, tomba sur la bataille de Yassi Jaman entre deux armées, celle du Seljouk Kaykoubad al-Awwal Ibn Khousrou al-Awwal et du Khwarizmi Jalal ad-Din Minkobarti. Lorsque Souleyman Shah vit que la bataille tournait en faveur du Khwarizmi, il entra avec ses hommes pour soutenir l’armée en difficulté de Kaykoubad bien qu’il n’ait aucun rapport ni ne connaissait les armées en question.

 

Avec l’arrivée de Souleyman Shah et de ses hommes, la bataille tourna en faveur du Seljouk qui finalement remporta la bataille sur ses ennemis. La reconnaissance de Kaykoubad envers Souleyman Shah et ses hommes fut à la hauteur de sa personnalité et pour les récompenser, en plus des robes d’honneurs qui leur offrit, il leur alloua un territoire entre son Sultanat et l’Empire Byzantin. Quant à Souleyman Shah, selon certains historiens, il mourut en 651 et selon toujours certains historiens la superficie du territoire que la tribu Ghouzz reçut s’élevait à 2000 km². »

Fin de citation.

 

La majorité des historiens, mentionne que c’est son fils Artoughroul qui entra dans la bataille et non pas Souleyman Shah, un simple berger qui n’entretenait de relation avec personne, qui en 612 de l’Hégire quitta le Kurdistan près de l’Iraq avec sa tribu ou il s’était établit vers l’Anatolie ou il arriva au environ d’Akhlat en 617 de l’Hégire et resta quelque temps. Selon certains historiens, alors qu’il voulait revenir sur les terres de ses ancêtres de Jourjan près de la Mer Caspienne, il tomba de son cheval dans l’Euphrate et se noya en 628 de l’Hégire.

Lorsqu’il décéda, son fils Artoughroul reprit la marche avec sa tribu de 1000 individus et de plus de 400 cavaliers et tandis qu’il se dirigeait vers l’Ouest de Anatolie, il entendit un grand tumulte près d’Arzanjan et des cris. Il se rendit sur les lieux pour voir ce qui se passait et tomba nez à nez dans une féroce bataille entre les Musulmans Seljouks et les Tatars qui avaient le dessus. Lorsqu’il vit les Musulmans sur le point d’être massacrés, Artoughroul décida d’entrer dans la bataille et avec les cavaliers en sa compagnie et transforma la défaire certaine en victoire.

 

Selon certain autre auteurs c’est Goundouz Alep, le fils d’Artoughroul Ibn Souleyman Shah qui à la tête de l’avant-garde des Oghouz avec ses 444 soldats arriva lors de la bataille et soutint le Sultan Seljouk, ‘Ala’ ad-Din Kaykoubad I contre l’armée des Mongols qui furent stupéfaits par la nouvelle attaque et se sauvèrent en laissant un grand nombre de cadavres sur le champ de bataille. La vérité est que c’est Artoughroul en personne qui entra dans la bataille et à qui ‘Ala’ ad-Din accorda par la suite un territoire près d’Angora (Ankara) pour le récompenser.

 

La bataille de Yassi Jaman, située entre Ahlat et Erzurum (Qazwini, Athar al-Bilad wa Akhbar al-‘Ibad), eut lieu en fait entre le Sultan ‘Ala’ ad-Din Kaykoubad et les Mongols (Tartares) en 621 de l’Hégire et non pas entre le Sultan Seljouk et Jalal ad-Din Minkobarti Khwarizm Shah qui n’entra dans les terres d’Iraq et du Khouzistan qu’en l’an 622 de l’Hégire comme le rapporte Ibn Athir. La réelle bataille entre ces deux hommes n’eut lieu que six ans plus tard en 627 (1230), à Arzanjan, au cours de laquelle al-Malik al-Ashraf al-Ayyoubi (et non pas Souleyman Shah) vint en aide au sultan Seljouk. (Ibn Athir, Al-Kamil fit-Tarikh).

 

Un certain nombre de savants musulmans rapportent aussi que la bataille eut lieu entre les Seljouks et les Byzantins quand la majorité des savants rapportent qu’il s’agissait plutôt des Mongols.

 

Après s’être s’établit dans les terres qui lui avait été allouées par le Sultan Seljouk, Artoughroul entreprit l’expansion de son territoire au dépend de ses voisins byzantins et son territoire atteignit 4000 km² durant son règne avant de décéder en l’an 687 de l’Hégire et d’être succédé par son fils ‘Uthman qui naquit en l’an 657 (1258), le même jour de la chute de Baghdad après la traitrise de ‘Alqami, le ministre shiite du calife abbasside al-Mou’tassim Billah, qui livra la ville à Houlakou en échange d’un vil prix comme allait exactement le faire son descendant Sistani, malédictions d’Allah sur eux, aux Américains lors de la seconde guerre d’Iraq.

Deux ans après la naissance de ‘Uthman eut lieu la fameuse bataille de ‘Ayn Jalout qui mit fin à l’expansionnisme tatar et leur réputation d’invincibilité. 

 

 

Le Dr ‘Abd as-Salam ‘Abd al-‘Aziz al-Fahmi dans Sultan Muhammad al-Fatih Fatih al-Constantiniyah wa Qahir ar-Roum a rapporté :

 

Le Sultan Muhammad al-Fatih fut le plus grand des Sultans des Bani ‘Uthman (Ottomans) et il est le noble et grand prince respectable et le plus grand roi en matière de Jihad. Les Sultans Ottomans arrivèrent à une époque où l’Islam subissait un certain nombre de défaites militaires. Houlakou Khan, le petit fils de Gengis Khan le boucher mongol, réussit à prendre Baghdad et mettre fin à la dynastie abbasside qui n’était plus qu’un symbole de l’ancienne gloire et l’ombre des Premiers Califes.

Au treizième siècle, les Mongols entrèrent dans Baghdad dévastateurs et destructeurs et transformèrent la Civilisation Islamique, la ville d’al-Mansour et la capitale des Abbassides en un tas de ruines. A l’heure où les armées de l’Islam étaient sur le point de se désintégrer et de disparaitre dans le Proche et Moyen orient, les armées musulmanes en Andalousie reculaient pas à pas devant les forces chrétiennes enragées.  

Ainsi les populations musulmanes se retrouvèrent face à deux menaces majeures à l’Ouest et à l’Est : Des Tatars venues des confins de l’Asie qui ruinèrent devant eux la glorieuse Civilisation Islamique et anéantirent plusieurs millions de musulmans et des Croisés d’Europe qui firent de même. Mais, heureusement pour l’Islam et les Musulmans, les plus puissantes entités de l’époque ne purent parvenir à un accord entre elles car chacune d’entre elles s’était fixé la destruction de la maison de l’Islam de sa propre manière.

Les Mongols quant à eux recherchaient le pouvoir et le contrôle des peuples de la terre, quelle que soit leur culture, patrimoine et religion tandis que les croisés d’Europe cherchaient simplement à anéantir l’Islam et la croyance islamique pour s’en débarrasser.

A l’époque de cette période historique sombre de l’Histoire de l’Islam apparut une jeune force d’une lucidité exceptionnelle qui s’appliqua à ramener de nouveau la gloire de l’Islam et accueillir les savants et les écrivains chassés ainsi que les soldats en fuite et les tribus errantes.

 

Cette nouvelle force fut celle des Turcs Seljouks, des Mamalik d’Egypte et du Maghrib al-Aqsa. Ces forces étaient les plus puissantes mais celle qui défendit le mieux la Maison de l’Islam et qui était la plus jeune est celle des Seljouks d’Anatolie, ces nouveaux jeunes turcs musulmans, pour la prodigieuse quantité de ressources humaines (de force) qu’ils fournirent après qu’ils eurent remportés une magnifique victoire et qu’ils entrèrent en guerre contre l’état byzantin dont ils rongèrent petit à petit le territoire jusqu’à ce qu’ils deviennent maitre de l’Asie Mineure et l’habitent, proche de Constantinople.

 

La branche (ou les descendants des) Seljouk qui contrôla l’Asie Mineure durant trois siècles avec son courage et sa compétence politique réussit à défaire l’Empereur Byzantin jusqu’à ce qu’arrive dans le pays (l’Anatolie ou l’Asie Mineure) une autre tribu turque, fuyant devant les forces mongoles, dont une partie se détacha et allait fonder, très peu de temps après, la dynastie ottomane.

 

Les Ottomans sont les fils de la tribu Qayyi Khan, de la tribu Khazar des Ghouzz qui commencèrent à se déplacer vers l’Ouest quand les Tatars sous le commandement de Jinkiz Khan dévastèrent l’Iran au début du septième siècle de l’Hégire et chaque fois qu’ils avancèrent vers l’occident, les Turcs s’éloignèrent un peu plus d’eux et se rapprochèrent de la Maison de l’Islam. Parmi ces tribus se trouvait celle de Qayyi Khan commandée par Souleyman Shah qui se rendit à Kirman et se joignit au Sultan Jalal ad-Din al-Minkobarti Khawarizm Shah dans sa guerre contre les Mongols.

 

Lorsque les évènements se retournèrent contre Khawarizm Shah, Souleyman Shah se tourna vers le Kurdistan avant de se rendre à Arzanjan ou il s’établit avec sa tribu dans une plaine verdoyante loin des champs de bataille durant un certain nombre d’année jusqu’à ce que lui parviennent les nouvelles de la mort de Jinkiz Khan. Pensant que la menace et le fléau mongol avait disparu, Souleyman Shah eut la nostalgie et voulut retourner sur ses terres ancestrales avec sa tribu d’environ 5000 individus.

Ainsi Souleyman Shah voulut retourner en Asie Centrale après la tempête mongole et leur retour dans leur capitale de Kara Karoun pour porter allégeance au successeur de Jinkiz Khan cependant avant d’avoir pu atteindre sa destination, alors qu’il se trouvait près de la forteresse de Ja’bar à Halab, il se noya en voulant traverser l’Euphrate en l’an 629 de l’Hégire (1231). Sa tombe se trouve toujours à l’endroit appelé Mazari Turk (un commando spécial de l’armée turque a récemment rapatrié sa dépouille en Turquie).

 

Il semble que les enfants de Souleyman Shah n’étaient pas tous du même avis que leur père de retourner au Khorasan, puis de là au Turkestan en Asie centrale. Ils ne tardèrent pas à se diviser peu de temps après sa mort et les deux enfants ainés décidèrent de poursuivre la volonté de leur père suivit par la majorité de leur tribu tandis que les plus jeune enfants, Artoughroul et son jeune frère Dindar, ainsi qu’environ 400 membres de la tribu qui restèrent avec eux revinrent sur leur pas et retournèrent de nouveau en Asie Mineure. Alors qu’ils approchaient de la frontière de l’État Seljouk Roum, ils virent deux armées inégales se livrer bataille. Artoughroul et ses hommes rejoignirent l’armée sur le point d’être vaincue et leur permit de remporter la victoire sur une armée tatare commandée par Ouktaï Ibn (fils de) Jinkiz (Gengis) Khan à qui avait été confié la conquête de l’Asie Mineure.

 

Pour ses efforts déployés dans la bataille, ‘Ala’ ad-Din as-Saljouqi, le Sultan de Konya, donna une vaste terre à Artoughroul pour le récompenser et lui avoir permis de vaincre son ennemi et fit de lui un émir sur la province d’Asky Shahr et lui donna le titre de Sultan Ouny ou le Sultan de l’Avant-Garde. Le nouveau émir prit le symbole du Croissant pour les étendards de son maître Seljouk, un symbole toujours présent sur le drapeau Turk et ceux de certains pays musulmans.

En l’an 656 de l’Hégire (1258), ‘Uthman le fils d’Artoughroul succéda à son père et ‘Uthman est le père de la dynastie des Ottomans. Lorsque ‘Uthman prit la forteresse de Qouraja Hissar et ce qu’il y avait derrière du territoire byzantin, ‘Ala’ ad-Din Thalith (III) as-Saljouqi le sultan de Konya le récompensa et le promut au rang de prince, lui envoya un étendard blanc et des instruments martiaux (tambours et autre fanfare pour l’armée).

 

Alors que ‘Uthman Shah étendait ses conquêtes dans le nord de l’Asie Mineure et partageait le territoire conquit sur les Byzantins entre ses descendants et son peuple, les Mongols sous le commandement de Ghazan Khan entrèrent de nouveau en Asie Mineure en l’an 699 de l’Hégire (1300). Le dernier sultan Seljouk s’enfuit devant eux et se réfugia chez l’empereur byzantin Andronic II Paléologue qui le trahit et le tua. ‘Uthman Ibn Artoughroul saisit l’occasion pour prendre son palais tandis que ses enfants joignirent leurs royaumes aux autres émirats turcs qui virent le jour après l’invasion mongole.

 

‘Uthman prit pour capitale Askishahar près de Konya et l’ensemble des habitants du Royaume furent appelés les Osmanli (Ottomans), la monnaie fut frappée au nom de ‘Uthman, la Khoutbah fut lue en son nom. Il reçut alors du Sheikh Adbali, Sheikh de l’ordre soufi, les régions du Jihad du fait qu’il était un Ghazi ou combattant dans la voie d’Allah. Puis il prit Yani Shahr ou la Ville Nouvelle pour capitale et ‘Uthman se nomma Badshah al-i ‘Uthman ou Sultan des Ottomans.

Et cela devint une habitude et une tradition pour les Sultans Ottomans après la conquête de Constantinople de recevoir le Sabre d’allégeance et l’allégeance devant la tombe de l’Imam Abou Ayyoub al-Ansari (radhiyallahou ‘anhou), martyr lors de la première tentative de conquête de la ville sous la royauté de Mou’awiyyah Ibn Soufyan (radhiyallahou ‘anhoum. Voir notre Abrégé de l’Histoire des Omeyyades).

‘Uthman (Osman) entreprit de mettre en ordre son territoire et de l’élargir jusqu’à ce que ses conquêtes atteignent la Mer Noire et la Mer de Marmara. Puis il commença à réduire le territoire byzantin jusqu’à ce qu’il ne reste plus que devant lui la ville de Broussa (Bursa) que son fils Orkhan conquit avant son décès et un très long siège. La ville devint alors la métropole de l’état et dans celle-ci fut enterré ‘Uthman dans un large tombeau après son décès, puisse Allah Exalté lui faire miséricorde. »

Fin de citation

 

C’est ce qui a été rapporté sur l’entrée de la tribu Ghouzz (Oghouz) en Anatolie d’après les sources que nous avons consulté et ce que nous en avons déduit mais Seul Allah Exalté sait l’exacte vérité. Place maintenant aux acteurs.

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