OSMANLI

La destruction d’Halkulvad

 

Cette forteresse était une petite forteresse en face de la ville de Tunis dont la tranchée était adjacente à la mer. Sa largeur était de trente coudées et sa profondeur de dix coudées, et il avait une citadelle intérieure que l’Espagne avait essayé de renforcer pendant quarante-trois ans. On disait qu’il serait possible de conquérir tout la côte arabe avec. Elle était unique en matière de robustesse et difficile à emporter ; cependant, puisqu’il y avait un accord sur le fait qu’il serait absolument dangereux de la laisser tel quel, des tunnels furent creusés sous ses tours. L’intérieur fut vidé et il fut incendié après que les navires de la flotte aient été envoyés au large. Avec un grand tremblement et un grand bruit, les pièces du château éclatèrent dans l’air et aucun signe de la structure ne resta là.

 

La conquête et la saisie de la province de Tunisie

 

Après ceci, le commandant et le capitaine se rendirent dans les forteresses faites par les mécréants, appelés bastion, qui étaient près de la Tunisie. Ils assiégèrent chacun d’elles pendant plusieurs jours et après les combats, ils conquirent les deux. Ils prirent prisonniers les mécréants qui avaient échappé à l’épée et les enchaînèrent. Puis Ramadan Bacha fut nommé gouverneur de la Tunisie. Après avoir fourni aux villes et aux châteaux l’armement et les suppléments nécessaires, ils rentrèrent sains et saufs au début du mois béni de Rajab (17-26 octobre 1574) et entrèrent dans l’Arsenal. En retour de leur travail, le commandant et le capitaine reçurent de nombreux éloges du Sultan.

 

La conquête de Tunis et de Goulette par les Ottomans en 981 (1578)

 

Basha’ir ahl al-imane Bi Futuhati ali-‘Othman

Heureuse nouvelles pour les gens de la foi concernant les victoires de la dynastie de ‘Uthman

Abou ʻAbdAllah Houssayn Khwajah

 

Cette expédition, l’une des plus importantes jamais entreprises par les Ottomans, fut couronnée de la victoire la plus mémorable qu’ils aient jamais remportée. Les événements relatés dans les pages qui suivent se déroulèrent sous le règne du grand souverain ottoman, l’empereur Salim Khan, second de ce nom. (Qu’Allah lui accorde Sa miséricorde et Son pardon)

 

Lorsque les rois de Tunis des Bani Hafs virent leur pouvoir décliner et que la discorde s’éleva au milieu d’eux, de nombreux membres de cette tribu se réfugièrent auprès des croisés, pour revenir peu après dans leur pays accompagnés des troupes mécréantes, qu’ils devaient aider à prendre possession de Tunis. Leur intention était de lutter avec eux contre les croyants chargés de la défense de cette ville, de massacrer l’ensemble de ces derniers, de prendre en esclavage leurs malheureuses épouses, d’ériger de nouvelles forteresses dans diverses parties du royaume, et ainsi d’atteindre avec ces mêmes troupes croisées le cœur même du pays appartenant à l’Islam.

De plus, leur but en se réfugiant auprès des rois croisés, était de demander qu’un des membres de la dynastie des Bani Hafs (les souverains de ce royaume jusqu’au jour où il tomba entre les mains des croisés) soit replacé sur le trône de Tunis.

 

La Goulette, près de la ville de Tunis, tomba entre les mains des croisés et ceux-ci, se hâtèrent d’y construire une forteresse, qui fut bientôt en état de recevoir une nombreuse garnison, et une quantité considérable de matériel pour l’artillerie, suffisante pour repousser tout acte d’agression de la part de l’ennemi.

La position des Musulmans devint de plus en plus malheureuse et critique. Aucune pitié ne leur serait faite si le destin les jetait entre les mains des croisés. La mort, la captivité ou la dépossession serait leur sort. Le mal s’accentua et la méchanceté des adorateurs de la croix acquit de plus en plus de force et d’amertume.

Une nouvelle expédition contre Tunis fut ordonnée par le roi des chrétiens, aujourd’hui maître de la ville de Séville, en Andalousie, (qu’Allah en fasse à nouveau la demeure de l’Islam) Muhammad Ibn Moulay Hassan al-Hafsi (qu’Allah l’Éternel le détruise pour ses iniquités), accorda son aide et son soutien pour assurer le succès du projet.

Les croisés n’eurent pas longtemps à attendre avant de voir le succès couronner leur entreprise. Tunis tomba en leur pouvoir et un grand nombre de ses défenseurs payèrent de leur vie leur courage héroïque tandis que leurs femmes et leurs enfants baignaient de leurs larmes dans les chaînes de l’esclavage. Muhammad al-Hafsi, ce traître vit ses jours marqués dans l’histoire du sceau de la réprobation universelle.

La haine profonde et justement méritée qui lui fut montré par les Musulmans serait difficile à décrire.

Sa vie est souillée de honte et d’infamie, car il fit alliance avec les croisés mécréants contre l’Islam en appelant dans ce pays, les adorateurs de la croix et des idoles et aussi parce qu’il craignait de ne pas couvrir de disgrâce la noble ville de Tunis, la glorieuse demeure de la Vraie Foi, en conduisant lui-même l’impie, au lieu d’espérer et de faire confiance au Seigneur Éternel, le Tout Puissant, le Très Haut. Mais il n’y a ni force ni puissance, sauf en Allah, le Très Haut, le Tout Puissant.

 

Les détails de cet événement désastreux se répandirent bientôt, et la connaissance ne tarda pas à atteindre le roi des rois de l’Islam, celui qui possède l’empire du monde d’est en ouest, le Sultan Salim Khan, fils du Sultan Souleyman Khan (qu’Allah leur fasse miséricorde et que l’empire reste à avec sa postérité jusqu’à la fin de temps).

Lorsque ce prince apprit la triste nouvelle, il fut aussitôt rempli d’indignation et de colère. Son honneur, profondément blessé, fut choqué et le désir de vengeance s’empara de lui. Une forte émotion le saisit et il se leva de son trône. Sa voix tonna et se brisa menaçante et terrible. S’adressant à ses ministres, il s’exclama : « Qui parmi vous, puis-je charger de voler à la défense de la foi, d’aller abattre et humilier l’orgueil présomptueux et téméraire des adorateurs de la croix et délivrer les Musulmans du joug des croisés impies ? »

Au même instant, l’assemblée vit se lever de son siège le généreux guerrier, le lion redouté, celui qui maniait avec une égale habileté l’épée et la plume, le conquérant du Yémen, Sinan Bacha. Répondant à l’appel du Souverain, il dit : « J’assumera ce devoir. Je vais laver cette tache honteuse. J’ouvrirai ce qui est fermé. Je relèverai ce qui est détruit ; en un mot, je réparerai cette calamité publique. L’Empire Ottoman nous a préservés et nourris, seulement pour que nous puissions être libres dans sa cause avec nos vies, nos richesses et nos enfants dans des moments aussi fâcheux que celui-ci, où il est nécessaire de délivrer les Musulmans des souffrances qu’ils supportent. J’accomplirai alors seulement un devoir sacré. »

Le Sultan accueillit avec une grande satisfaction ces nobles paroles de Sinan Bacha. Il l’honora d’un Firman impérial qui l’éleva au rang de Commandant en chef des armées victorieuses et lui confia le devoir de conquérir et de soumettre les croisés impies. Pour aider Sinan Bacha dans cette entreprise, à maintenir une discipline stricte parmi les troupes et à surveiller la gestion des navires, il nomma pour l’accompagner l’Amiral de la Sublime Porte, le lion de la mer, l’émir des émirs, Kilij ‘Ali, Kapudan-Bacha.

 

La flotte composée de deux cents galères, toutes de grande vitesse et équipées d’une artillerie nombreuse et excellente, et de plusieurs navires de transport, dans lesquels une grande quantité de matériel de guerre fut stockée, quitta Islamboul le premier jour de Rabi’ al-Awwal de l’année 981 de l’Hégire (1573). Peu de temps après son départ, Sinan Bacha atteignit Port Navarin en Morée, où il fit un court séjour. Lorsqu’il reprit la mer, il navigua vers les côtes de la République vénitienne, et le jeudi 5 Rabi’ al-Awwal, il jeta l’ancre dans le port d’Anjari. Le lendemain, l’escadron repartit avec un vent frais et favorable et poursuivit son voyage tantôt à l’aide de voiles, tantôt à l’aide d’avirons. Les montagnes de Calabre se montrèrent bientôt au loin, et le neuvième jour après son départ d’Islamboul, la flotte arriva à midi en face de la citadelle de Tibarq, un lieu sur la côte bien fortifié aux mains des croisés.

Ici, le premier engagement eut lieu. Dès que la flotte fut assez près de la forteresse, la garnison croisée ouvrit sur elle un feu puissant et bien soutenu mais cet acte d’hostilité, au lieu de terrifier et fléchir le cœur des troupes victorieuses, ne servit qu’à éveiller et exciter davantage leur courage noble et guerrier. Ils attaquèrent bientôt l’ennemi à leur tour avec tant de férocité et d’obstination, qu’il fut contraint d’abandonner sa position et de se réfugier dans une autre citadelle appelée Bakhabah.

Les Musulmans le suivirent là-bas, et une nouvelle action, non moins sévère, commença bientôt. De nombreux Musulmans trouvèrent le martyr dans cette bataille. Parmi ceux-ci, le Kapudan Khoja ‘Ali Muhammad Bey, qui débarqua à la tête de ses soldats fut atteint à la tête par une balle de l’ennemi. Il fut aussitôt embarqué à bord de son navire, où, après cinq jours, il respira son dernier souffle. « Ne pense pas que ceux qui ont été tués dans la voie d’Allah, soient morts. Au contraire, ils sont vivants, auprès de leur Seigneur, bien pourvus et joyeux de la faveur qu’Allah leur a accordée. » Il mourut martyr et passa dans un monde meilleur. L’heure du Maghrib étant arrivée, un canon fut tiré pour donner à l’armée le signal de réembarquer à bord des navires.

 

L’ordre de se préparer fut transmis aux vaisseaux de l’escadre et le voyage se poursuivit. Le quatorzième jour, la flotte arriva devant l’île de Messine. Après un court séjour, l’escadre reprit la mer et arriva bientôt devant la forteresse de Syracuse, où un vent violent dispersa les navires, de sorte qu’ils ne purent se rallier que la nuit suivante, à un endroit appelé Kin. La Citadelle de Ban étant proche, la flotte s’y rendit, et il ne fallut pas longtemps avant qu’elle y arrive et jette l’ancre. La citadelle fut aussitôt attaquée avec tant de vigueur et de bravoure, qu’elle se rendit presque aussitôt.

 

L’endroit fut rasé et la garnison passée par l’épée. Cette petite expédition terminée, les troupes rentrèrent à bord des navires. Chaque jour, l’armée débarquait sur la côte de la Sicile pour prendre de nouvelles provisions d’eau, et chaque fois qu’une occasion de le faire se présentait, elle attaquait vigoureusement l’ennemi, tuant, pillant et détruisant tout ce qui tombait à portée de leurs coups. Les villages, les maisons et les champs témoignèrent bientôt, par leur destruction complète, de la victoire remportée par les troupes ottomanes.

 

Le 16 Rabi’ al-Awwal, la flotte captura un navire chrétien chargé de maïs et à destination de quelques forteresses des impies. Cette capture fut de bon augure pour l’expédition pour le reste de leur voyage.

Le 18, l’armée arriva devant un fort en ruine sur le territoire tunisien, près de la citadelle d’Iqlibiyah et à dix-huit milles de Tunis. Les vaisseaux et les galères étaient ornés d’un grand nombre de drapeaux de différentes couleurs en signe de joie. Le 24, la flotte jeta l’ancre devant la Goulette, et le débarquement des troupes eut lieu aussitôt, celui de l’artillerie et du matériel de guerre. Le camp fut dressé et les tentes du Vizir et du Kapudan Bacha furent érigées à un endroit hors de portée des canons de la Goulette.

L’armée se mit au travail et s’occupa sans perte de temps à ériger des retranchements, en empilant tout autour du camp de grandes quantités de terre, et en l’entourant de grands fossés, afin de le protéger de l’artillerie ennemie.

Plusieurs batteries furent érigées à la hâte sur place, d’où elles pouvaient le plus efficacement pilonner les forts de la Goulette ; plusieurs catapultes furent ajoutées aux pièces d’artillerie.

 

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