OSMANLI

Chapitre Six

 

Ce chapitre traite des combats dans la voie d’Allah des deux ‘Ali Bacha

 

La campagne militaire d’Ejderhan

 

Auparavant, le capitaine Piyale Bacha était devenu un Vizir du Conseil et Mouezzinzade ‘Ali Bacha, qui avait servi pendant qu’il était le commandant en chef des janissaires de Zigetvar, était devenu le capitaine après l’ascension du Sultan Salim Khan au trône. En 975 (1568) il continua à exercer le métier de protecteur des rives et en 976 (1568/1569)  partit pour les campagnes militaires d’Ejderhan, de Kafa et d’Azov. La raison de cette campagne était la suivante : Sous le règne du Sultan Mahmoud Ghazan de la famille Jingiz, un groupe de Tatars ayant eu l’honneur de devenir musulmans, il y eut des guerres dans cette région qu’ils adoptèrent comme leur patrie et devinrent connu sous le nom de Tatars de Kazan. Après la chute de l’État de Ghazan, ils tombèrent sous la pénible domination des mécréants russes. Maintenant, leur demande était arrivée dans les bureaux du Sultan, qui est le refuge du monde, et ils suggérèrent l’idée de creuser l’espace entre les deux rivières et de les joindre. Khoja Mehmed Bacha disait qu’avant toutes les expéditions perses, l’important est de fournir des céréales et des fournitures pour les soldats et penserait aux moyens d’y parvenir. Les deux rivières, dont l’une était l’eau de Tan qui coulait vers la Mer Noire et l’autre, la rivière Itil qui se jetait dans la Mer de Chirvan, se rapprochaient presque l’une de l’autre pour s’unir à un moment donné puis s’écartaient de nouveau l’une de l’autre. Si ce point est creusé et que les deux rivières convergent, il serait facile de fournir de la nourriture, de la boisson et de l’aide aux soldats à Demirkapi, à Chirvan par la mer et les soldats pourraient trouver un chemin vers les côtes de Gilan et Tabaristan. Certaines personnes instruites dirent également que cette tâche était facile compte tenu de l’influence et de l’aide du Sultan. Par conséquent, comme Cherkez Qasim Beg, qui était le trésorier de Shikki Sani, connaissait cette région, il reçut la province de Kafa et fut envoyé en avant. Il envoya des hommes fiables et fit mesurer la zone. Comme la distance entre les deux rivières était de six milles, il en informa les bureaux du gouvernement. Le Vizir fit tout ce qu’il pouvait et envoya des excavatrices, des pelles et d’autres armes et approvisionnements à la flotte. Ils fournirent aux Tatars Khan et au Bacha de Kafa des janissaires et des soldats en nombre suffisant. Ils atteignirent la ville en ruine d’Ejderhan et commencèrent à creuser. Les Tatars Nogay vinrent également et après trois mois, ils n’avaient creusé qu’un tiers. Brusquement, une rumeur circula parmi les soldats que l’hiver dans cette région serait très dur. Ils n’enterrèrent même pas les pioches et les pelles et ils partirent simplement. Certains dirent que les Tatars Khan les avaient effrayés, qu’il ne voulait pas que ce travail soit fait. Ainsi, toutes les dépenses qui furent faites à cet effet furent gaspillées.

 

La morale de l’histoire est que, ce n’est pas juste de commencer un grand projet avec un petit homme. Chaque tâche nécessite un leader approprié. Si le Sultan était arrivé et avait commencé la tâche mentionnée au moment opportun, il aurait pu la surmonter. De telles tâches sont l’œuvre d’un Sultan influent et non pas de Vizirs et de commandants.
En 999 (1591), Sinan Bacha décida également de creuser la rivière Sakarya et de la laisser couler jusqu’au lac de Sapanca. Cela ne fonctionna pas parce que le Sultan est responsable de vérifier que ce travail est nécessaire et d’initier le travail ; s’il ne le comprend pas et ne le surveille pas, cela ne marchera pas.

 

La campagne militaire pour la conquête de Chypre

 

Cette île était entre les mains des Vénitiens depuis très longtemps, il y avait eu la paix avec eux et nos relations étaient bonnes. Cependant, les pèlerins et les navires de commerce allant en Egypte étaient soumis à des exactions causées par les pirates de cette île. Lorsqu’on les questionnait, ils le niaient et disaient que ceux qui pillaient dans les mers étaient les navires de Messine et de Malte. En attendant, quand il est devint évident qu’ils avaient saisi et pillé son bateau pendant le voyage du trésorier d’Egypte, il devint nécessaire de mener une campagne militaire contre eux. Quand ils demandèrent une Fatwa (édit religieux) du Sheikh de l’Islam Abou Soud Efendi, la Fatwa suivante fut délivrée :

 

Le problème : Si auparavant une province appartenait à un pays islamique, mais après un certain temps les mécréants, puissent-ils être détruits, la saisissent, détruisent ses madrassas (écoles) et mosquées et la remplissent complètement de traditions mécréantes : s’ils méprisent la Religion Islamique et répandent leurs sales comportements à travers le monde, et si le Sultan, qui est le refuge de la religion, essaie de saisir ce pays des mains de ces maudits mécréants conformément au zèle islamique, et qu’aussi si la province mentionnée apparaît dans l’accord entre leurs mains quand la paix fut faite avec d’autres provinces, qui étaient auparavant dans les mains de ces mécréants, cette pure Shari’ah (Loi Islamique) empêcherait-elle leurs efforts pour mettre fin à l’accord mentionné ?

Réponse : Il n’y a aucun moyen qui l’empêcherait. Si le Sultan des Musulmans fait la paix avec les mécréants, cela devrait alors être en accord avec la Shari’ah afin que cela soit bénéfique à tous les Musulmans. Sinon, la paix ne sera jamais conforme à la Shari’ah. Si cela est considéré comme bénéfique, elle devient permanente ou temporaire. S’il est jugé nécessaire de le résilier au besoin, bien entendu, il devrait être résilié.

Dans la sixième année de l’Hégire (628), le Prophète d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) fit un accord pour dix ans, notre maître ‘Ali, puisse Allah l’élever, écrivit un accord solide et après l’accord fut finalisé. L’année d’après, il pensa qu’il était plus utile de le terminer et, dans la huitième année de l’Hégire (630), il ordonna qu’ils attaquent et conquièrent la Mecque. Le Calife d’Allah de l’univers (c.-à-d. le Sultan Ottoman) s’est conformé à la Noble Sounnah du Noble Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

La personne qui a écrit ceci est l’infime serviteur d’Allah, Abou Soud.

 

Maintenant, conformément à l’édit du Sultan, les navires furent construits et tous les armements et provisions nécessaires furent préparés. Beaucoup de nourriture fut accumulée sur les piliers du pays ottoman. Parmi les Vizirs, le cinquième Vizir Lala Mustafa Bacha devint le commandant de tous les soldats. Les soldats du gouverneur général anatolien Iskandar Bacha et du gouverneur général de Karaman Hassan Bacha ainsi que le gouverneur général de Sivas Bahram Bacha, le gouverneur de Marash Mustafa Bacha, le gouverneur général d’Alep Dervish Bacha, l’ancien gouverneur général de Shahr Zour Mouzaffar Basha et des Begs de Roumélie, les Begs de Tirhala, de Yanya, du Péloponnèse, d’Ilbasan et de Prezirin ainsi que cinq mille janissaires, leur chambellan appelé Yahya et des armuriers, des canonniers et d’autres troupes parmi les janissaires se consacrèrent à ce travail. Afin de protéger la côte, le troisième vizir Piyale Bacha reçut également l’ordre de partir. Cent quatre-vingt galères, dix galéasses et cent soixante-dix barges et karamürsel, avec un total de trois cent soixante navires, le capitaine ‘Ali Bacha mit les voiles de Beşiktaş vers la Méditerranée au milieu de Dzoul Hijjah 977 (16-26 mai 1570). Le précieux Sultan regarda également le départ des soldats musulmans jusqu’à Yedikule dans son bateau. La flotte royale atteignit Fenike, mais comme les soldats anatoliens n’étaient pas encore arrivés, ils y restèrent pendant vingt jours et partirent à l’aventure. Le vingtième jour de Safar 978 (24 juillet 1570), ils jetèrent l’ancre sur les rives de Tuzla, au sud de l’île de Chypre. Piyale Bacha obéit et n’alla pas à l’encontre du commissionnaire, bien qu’il fût à la fois le gendre du Sultan et le troisième Vizir. Sur sa commande, il débarqua d’abord sur l’île et installa le pavillon du commandant. Les autres Bachas prirent le commandant de gloire et d’honneur et l’emmenèrent dans son pavillon et Piyale Basha revint aux navires de la flotte et prit sa position.

 

Le siège de Nicosie

 

A cette étape, ils se consultèrent et les principaux officiels décidèrent par consensus de donner priorité à la saisie du château de Nicosie, qui était auparavant la capitale située au centre de l’île. Le gouverneur général de Sivas, Bahram Bacha, resta dans le port de Tuzla afin de protéger les vivres et les munitions. Les navires de la flotte et Piyale Bacha reçurent l’ordre d’empêcher les mécréants de venir de la mer et d’emmener les soldats d’Alep et de Damas dans l’île. Comme le capitaine Ali Bacha était très habile et enthousiaste, il fut affecté au siège du château. Lorsque les Begs de Kirshehir et Akshehir arrivèrent au front avec le pavillon et que les mécréants sortirent et commencèrent la bataille, Hassan Basha, le gouverneur général de Karaman les rattrapa par derrière puis attaqua et les mécréants se dispersèrent et s’enfuirent vers la forteresse. Le jour suivant, le célèbre capitaine arriva et débarqua avec de grands régiments. Les emplacements des tranchées furent immédiatement examinés et les avides soldats du commandant d’une part, les janissaires d’un autre côté, Iskandar Basha et le capitaine ‘Ali Basha de directions différentes et le gouverneur d’Alep Dervish Bacha d’une autre direction, les Begs de Roumélie et Mouzaffar Bacha qui avait été démis de ses fonctions et Hassan Bacha qui était le gouverneur général de Karaman d’un autre côté entrèrent dans les tranchées, après quoi les canons furent installés sur quatre côtés. Le même jour, le gouverneur général de Marash Mustafa Bacha fut envoyé au siège du château de Famagouste avec ses soldats provinciaux. Le trente et unième jour du siège de Nicosie, à savoir le 13 Rabi’ al-Awwal (15 août 1570), à midi, les mécréants du château attaquèrent les soldats Karamanides. Les combattants musulmans étaient prêts, et ils se battirent sans pitié. Beaucoup de mécréants furent tués et pris au cours de cette bataille, le reste s’enfuit vers le château.

 

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