OSMANLI

La campagne militaire de l’île de Chios

 

Au printemps 973 (1566) Capitaine Piyale Bacha navigua vers la Méditerranée avec soixante-dix galères. Auparavant, le Sultan Souleyman Khan avait ordonné lors de sa campagne militaire à Zigetvar que « même si les mécréants, qui vivent dans la forteresse de l’île de Chios, qui se trouve sur la route des pèlerins allant en Egypte et qui est proche de la côte, paient des frais de protection, ils ont de bonnes relations avec les combattants mécréants et ils les informent constamment sur les problèmes du gouvernement. Je sais qu’ils notifient quand la Marine Royale sort, combien il y a de navires, où ils vont et ils ne retiennent pas les petits navires musulmans. Peu importe comment, essayez de saisir cette île. » En conséquence, le Bacha susmentionné atteignit l’endroit appelé Cheshme, à travers cette île. Quand les Begs de Chios envoyèrent de nombreux cadeaux à des hommes respectés, il ne les regardèrent même pas. Afin de les gronder et de les réprimander, il répondit comme suit : « En tant que capitaine et commandant du prospère Sultan, je viens aux îles de la Marine Royale, est-ce l’obéissance et les bonnes manières qu’ils ne me rencontrent pas eux-mêmes, mais m’envoient des mécréants avec des identités inconnues et quelques petites choses comme cadeaux ? Leurs positions est claire et il est clair qu’ils sont agités et rebelles. J’espère que lorsque je reviendrai de cette expédition et atteindrai la patrie du Sultanat, c’est ce que je présenterai d’abord devant la présence du Sultan. » Il leur rendit leurs cadeaux en disant : « Ils devraient savoir clairement que je reviendrai au printemps, avec des navires qui sont très utiles pour endommager et détruire les châteaux. »

 

La capture des Begs de Chios

 

A l’époque, douze hommes génois comme les Begs vénitiens, gouvernaient l’île. Quand cette terrible nouvelle leur parvint, ils eurent très peur. En pensant, « nous avons manqué de glorifier le capitaine, à moins que nous allions tous nous excuser pour notre arrogance et lui plaire, il est sûr de nous attaquer au printemps et de nous arracher le château. » Ils préparèrent de nouveau beaucoup de cadeaux. Ils équipèrent de gros bateaux et ils se rendirent tous à la bastarda du capitaine Bacha mais Piyale Bacha leur dit que l’édit impérial de notre prospère Sultan était : « Vous allez tous à Istanbul et le château de Chios avec les lieux connectés sera saisi par le Sultanat, » et il les fit donc détenir. Il envoya les soldats et les Begs de la marine avec le capitaine ‘Ali Portouk, qui était le Beg de Kocaeli, et, arrivés là, ils combattirent et s’emparèrent du château. Alors le Bacha partit avec la flotte et arrivé là. Il entra dans le port de Chios et captura toute l’île. Il installa un fort protecteur, des soldats de forteresse et un général de division. Il prépara et compléta tous les armements et les provisions nécessaires. Il transforma la grande église en mosquée et envoya les Begs aux bureaux du gouvernement en tant que prisonniers. Il se rendit lui-même sur les côtes de Pulya avec la Marine Royale. Le long de ces côtes, il attaqua les villes et certains châteaux des mécréants, les pilla et revint sain et sauf avec satisfaction.

 

En 974 (1567), le nouveau Sultan, Sultan Salim Khan entra dans l’Arsenal, avant d’entrer à Istanbul à son retour de Bagdad, un jour de novembre. Après l’accession au trône du Sultan, Son Excellence, qui est le refuge du monde, donna à Piyale Bacha le titre de Vizir du Conseil lors de sa première assemblée parce que le glorieux capitaine était le gendre du Sultan. Il accordé le capitanat à Mouezzinzade ‘Ali Aga, qui était le commandant en chef des janissaires qui avaient servi à Zigetvar. Un grand nombre d’ebced furent écrits pour la conquête de Chios, et le plus célèbre fut le suivant :

Ehl-i küfrün Sakiz’in yekti Piyale

Piyale tira le Sakiz des mécréants. (Il y a un jeu de mots dans ces vers parce que le nom de l’île de Chios en Turc est « Sakiz » qui signifie chewing-gum [ndt]).

 

Un autre est :

Fem-i Islam’a nasib oldu Sakiz

Sakiz fut accordé à la bouche des Musulmans.

 

La campagne militaire vers les îles arabes irakiennes

 

Puisque ce livre est lié aux guerres et aux expéditions en mer avec des navires, mentionner les campagnes militaires qui eurent lieu sur les fleuves, en dehors des mers, ne seront pas hors de propos. Cela peut-être utile un jour.

Maintenant, le Tigre, après avoir traversé Bagdad, se confond avec l’Euphrate et descend jusqu’à Basra et parfois s’étend comme la mer, et entoure de nombreuses îles dans le district de Wassit jusqu’à ce qu’il atteigne la Mer Arabe. Elles sont appelées les îles de Shatt al-‘Arab et les Arabes y vivent. Actuellement, Ibn ‘Oulyan, qui avait été le capitaine et le commandant des Arabes, alternait entre l’obéissance et la rébellion, et après que le Sultan Salim Khan eut accédé au trône, il démontra sa rébellion. Comme Circassien Iskandar Bacha, qui avait été le gouverneur général de Diyarbakir pendant quinze ans, était habile et utile, il lui fut donné la province de Bagdad et nommé commandant de la terre. La province de Shahr Zour fut donnée à Mouzaffar Bacha et il fut ordonné de le rejoindre avec les soldats kurdes et un édit impérial fut émis que Canpolad Beg, qui avait été élevé dans le palais du Sultan Souleyman Khan et qui était le Beg de Kilis qui était un domaine familial, avait été nommé comme capitaine et qu’il devait préparer cinq cent cinquante navires à Birecik, qui était le passage de l’Euphrate et deux cents canonniers des bureaux du gouvernement arrivèrent là-bas. Le Beg mentionné ci-dessus recruta autour six mille soldats arabes et kurdes des environs d’Alep. Il les mit dans les vaisseaux avec l’équipement de guerre et le quatrième jour de Mouharram 975 (11 juillet 1567) il les fit partir de Birecik. Ils atteignirent le château de Balis, qui était la province de son fils et s’y reposèrent pendant quelques jours. Puis ils allèrent à Cabere, Rakka, Siffin, Rahbe, Ane, Hadise, Hit et Falloujah ou ils restèrent pendant quelques jours. Puis ils attendirent à Hille pendant deux mois jusqu’à ce qu’il fasse froid. Lorsque les  jours chauds passèrent, les soldats fournit partirent de Baghdad avec Iskandar Bacha et la flotte partit de Hille, s’arrêtèrent dans les régions d’Emacine et de Semave et atteignirent le détroit d’Abou Kalbayn puis, ils atteignirent Sadrou ad-Dar, qui était l’île principale à l’endroit où le Tigre et l’Euphrate fusionnaient. Les Arabes avaient déjà construit des tranchées à des fins défensives. Cependant, quand la flotte approcha, ils les abandonnèrent. Elles furent facilement capturées et les îles Cheltiklik étaient entre les mains de bandits arabes. De là, ils descendirent et la flotte rencontra Iskandar Bacha près du château appelé Zartourk. Cent cinquante navires de la flotte de Bagdad s’y rassemblèrent. Avec l’accord de tous, ils retournèrent à Sadrou ad-Dar et ils construisirent deux autres châteaux les uns à côté des autres, un de chaque côté de l’eau. Puis ils passèrent et atteignirent la bien connue et célèbre île appelée Sadrou al-Bahran. Les soldats arabes s’étaient rassemblés là et avaient creusé des tranchées. Quand ils commencèrent la bataille sans attendre, Canpolad Beg et les soldats débarquèrent à terre, les attaquèrent puis après une bataille extraordinaire, ils gagnèrent et les soldats arabes furent vaincus et beaucoup d’hommes furent tués. Beaucoup de soldats célèbres et habiles des soldats du capitaine tombèrent également et après la défaite totale, la construction des deux châteaux sur les deux banques fut commencée. Cependant, il y avait des batailles continues et des combats avec les Arabes. Comme les Arabes vivaient de dattiers et de jardins, ces arbres furent tous coupés. Pour cette raison, ils semblèrent obéissants. Cependant, en supposant qu’ils ne tiendraient pas parole, ils furent attaqués des deux côtés et il y a eu de grandes batailles. Les soldats arabes furent vaincus et la plupart d’entre eux passés par l’épée. Après que les châteaux furent achevés (ces châteaux étaient faits de troncs de palmiers cours et coupés. Il n’y avait pas d’hiver dans cette région. Les châteaux et les maisons étaient fabriqués à partir de terre), comme Ibn ‘Oulyan était sur le point d’y arriver, il demanda la paix et envoya le fils de son frère et le Mufti nommé Muhammad Harith vint demander pardon au conseil d’Iskandar Bacha, alors il fut habillé d’une robe d’honneur. Puis, à la seconde assemblée, on lui dit qu’il devait envoyer quinze mille pièces d’or au trésor de Bassora et laisser quelques-uns des fils des Sheikhs au château de Basra pour prouver que son allégeance au Sultan était réel. Les envoyés acceptèrent et partirent tous. Toutes les îles furent saisies et ils quittèrent cet endroit. Quand la flotte atteignit un endroit appelé Saibe, le frère d’Ibn ‘Oulyan, Mir Sultan, vint avec cinquante navires et manifesta son dévouement et son obéissance. A ce moment, ‘Ali Bacha arriva avec neuf bateaux de pirates et rencontra la flotte de Bassora. Ils descendirent au château de Fethiye. De la terre, le commandant vint et les Sheikhs et les commandants des îles dans la région vinrent en présence du Bacha, donnèrent des prisonniers et montrèrent leur obéissance. Cependant, à travers le château Rahmaniye, les Arabes de la Rivière de Tavil étaient pleins de vilénie et de désordre, et quand leur commandant Fadl fut appelé, il ne vint pas. Alors, ils attaquèrent les Arabes avec des soldats musulmans et après avoir lutté continuellement pendant cinq jours, de nombreux Arabes furent tués. Alors que les autres se dispersaient, les soldats pillèrent leurs familles et leurs propriétés et incendièrent leurs villages. Les palmiers dattiers furent coupés. Un autre château fut construit à l’endroit où trois rivières se rencontraient et leur eau fut coupée. La province de Bawab fut donnée à Mir Sultan et au début de Ramadan  (29 février – 9 mars 1568), la flotte retourna à Bagdad et les soldats reçurent un congé.

 

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