OSMANLI

Kheireddine Beg arrive en présence du Sultan


Ce jour-là, au milieu de l’année 940 (novembre 1533-février 1534), ses navires s’ancrèrent devant Galata. Le lendemain, il entra dans la maison du capitaine Ahmed Beg, qui lui avait été assignée, à Maydan. Le jour du Divan (assemblée du conseil des ministres), il eut l’honneur d’y arriver avec dix-huit de ses collègues capitaines et ses grands présents, et d’embrasser la main du Sultan ou il reçut beaucoup de compliments. Ces capitaines entrèrent aussi en présence du Sultan avec lui et lui embrassèrent la main. Ils reçurent des robes d’honneur et des salaires furent alloués à chacun d’entre eux. Alors l’honorable Sultan déclara que le chantier naval était à son service et qu’il pouvait faire construire les navires comme il le voulait.

 

 

Le départ de Kheireddine Beg à Alep
 
Le Sultan Ottoman, combattant de l’Islam, voulut lancer une campagne militaire en Irak (les deux pays d’Irak, l’Irak et l’Iran), ce qui serait sa sixième campagne, et en octobre-novembre 1533, il envoya préalablement son Grand Vizir Ibrahim Bacha au quartier d’hiver à Alep. Le commandant Ibrahim Bacha envoya une lettre à Kheireddine Beg, l’invita à Alep et demanda également la permission du Sultan. Le Sultan, qui est le refuge du monde, lui laissa la direction de la décision en disant que les questions des troupes terrestres et maritimes avaient été données de ce côté-là, donc il demanda de se rencontrer et de discuter de questions et qu’il pourrait ensuite se retirer s’il le désirait. Kheireddine Beg se prépara dans le pays et ensuite atteignit Alep. Quand ils se rencontrèrent, le Vizir réunit une assemblée avec son administration et fit préparer une grande cérémonie pour le rencontrer et l’accueillir. Kheireddine Beg embrassa sa main comme c’était la tradition puis, il s’assit après qu’on lui ai montré une place près des Begs et des Bachas. Le lendemain, il fut invité et reçut le grade de gouverneur général d’Algérie et il fut revêtu de la robe d’honneur de ce grade. Il fut invité à siéger avec les autres gouverneurs généraux et il y eut des cérémonies pendant plusieurs jours. Après les avoir consultés sur certaines questions, il fut envoyé à Istanbul, puis il retourna vingt-deux jours après et reprit son service dans son nouveau grade.

 

 

 

Chapitre trois

Les événements sous la captivité de Kheireddine Bacha

 

Le troisième chapitre traite des affaires maritimes qui se déroulèrent sous le commandement de Kheireddine Bacha. Après le retour du Bacha d’Alep, il fit construire soixante et une bastardas (galères vénitienne) et galères. Il eut également dix-huit navires venus d’Algérie. Avec les cinq navires supplémentaires volontaires, il reçut l’ordre de naviguer avec un total de quatre-vingt-quatre navires.


La première campagne militaire de Kheireddine Bacha

Avec ces quatre-vingt-quatre navires mentionnés ci-dessus, il prit la mer en temps approprié, débarqua sur les côtes de Messine et détruisit le château de Rice, qui avait été évacué par les mécréants. Il passa la nuit près du phare et demanda des conseils divins. Comme il fit un rêve favorable, il se leva pendant la nuit et se rendit au château de Santalocito qu’il bombarda jusqu’à l’après-midi et fit piller. Sept mille huit cents prisonniers furent pris et le château fut détruit. Cette nuit-là, il se rendit et arriva au fort de Qitros. Il envoya ses soldats pour attaquer, conquit aussi ce château et prit ses gens prisonniers. Ils y trouvèrent dix-huit galères et les brûlèrent tous ensemble avec les maisons du fort. Puis ils repartirent en mer, prirent une forteresse sur le rivage d’Anambo et capturèrent son peuple. Puis ils continuèrent et naviguèrent tout un autre jour et une autre nuit et attaquèrent la forteresse d’Ispirlonka. Il y prit dix mille prisonniers et brûla le château jusqu’au sol. Puis ils passèrent à l’île de Sardaigne pour attaquer et piller mais ensuite, alors qu’ils allaient en Algérie, un vent les précipita du côté arabe. Quand ils atteignirent le château de Benzert, son seigneur alla informer le Sultan tunisien Hassan de la famille Hafs.

 

La longue bataille, l’attaque  et la saisie du château de Tunis par les mécréants

 

À l’époque, le pays de la Tunisie était sous la domination de la famille Hafs et le vingtième roi de cette génération, Hassan, régnait. Auparavant, son frère Rashid s’était rendu aux bureaux du gouvernement avec Kheireddine Bacha et il avait été nommé à un poste. Comme la ville de Tunis, et en outre, le château de Halkulvad, étaient des quartiers qui convenaient à la flotte pour passer l’hiver, Kheireddine Bacha, pensant qu’il serait important de l’annexer à l’Empire Ottoman. Il se rendit devant la présence du Sultan et reçut l’ordre de la conquête. Les Tunisiens, qui n’étaient pas satisfait du Sultan Hassan, s’opposèrent quand Kheireddine Bacha atteignit ce quartier et, avec Rashid à ses côtés, l’amenèrent à Halkulvad. En fait, Rashid était à Istanbul. Hassan s’enfuit et Kheireddine Bacha entra dans la ville de Tunis, qui était à neuf milles à l’intérieur du château de Halkulvad. Lorsque des membres de la famille Hafs attaquèrent les hommes d’Kheireddine Bacha, il les rassembla tous et les enferma dans la tour, tuant certains de leurs Sheikhs. Quand Hassan attaqua de l’extérieur, les hommes de Kheireddine Bacha sortirent par les portes et ils livrèrent une bataille massive. Trois cents Arabes furent tués et Hassan s’enfuit dans la défaite. Kheireddine Bacha conquit la Tunisie et envoya des lettres aux Sheikhs bédouins et aux gens autour. Il essaya de capturer Hassan. Il amena un certain nombre de soldats d’Algérie et enregistra les sujets (de l’état). Quand les Tunisiens se rendirent compte que Rashid n’était pas avec lui, il se détournèrent de Kheireddine Bacha, ils brisèrent la résistance des leaders et se soumirent. Hassan se rassembla à Kairouan et vint avec les soldats arabes. Kheireddine Bacha envoya environ dix mille soldats et trente voitures à canon avec les navires et partit de Tunis pour le désert. Lorsque la bataille commença et que les canons commencèrent à tirer, les soldats arabes s’enfuirent car ils ne pouvaient pas affronter les canons et les fusils. Hassan fut vaincu et les Sheikhs arabes vinrent se rendre à Kheireddine Bacha. Comme le frère d’Hassan, Abdel-Mou’min, était parti à Tripoli et que le Sultan Souleyman était à la frontière perse, le Pape saisit « la porte ouverte » pour provoquer le roi espagnol Charles et parvint à un accord avec le Portugal. Alors qu’il s’apprêtait à placer vingt-quatre mille hommes armés sur environ trois cents barges et galères et à appareiller, Hassan envoya un homme et l’invita à dire : « J’ai capturé Barbarossa en Tunisie avec des soldats arabes, venez vite. » Puis, pensant, « Nous allons conquérir la Tunisie et passer notre chemin, » ils se présentèrent le septième jour. Ils entrèrent dans le port en face de Sulubursh près d’Halkulvad et débarquèrent. Quand les Tunisiens virent les mécréants, ils allèrent près de Kheireddine Bacha et comme le château d’Halkulvad était étroit, ils creusèrent des tranchées autour d’eux, les fortifièrent, se préparèrent avec les troupes et mirent des canons en place. Les soldats mécréants dressèrent des tentes à l’extérieur et se battirent pendant plusieurs jours des deux côtés. Plus de six mille mécréants furent écrasés. Cependant, comme le soutien continu continuait d’arriver, ils attaquèrent et se battirent à plusieurs reprises. Ils établirent des tranchées, retirèrent cent vingt canons des navires, bombardèrent la forteresse pendant trente-deux jours et firent taire leurs canons. Les Musulmans attaquèrent les tranchées à trois reprises et détruisirent de nombreux mécréants. Cependant, comme ils se battirent férocement, attendre-là n’était pas utile, ils partirent pour Tunis. Les mécréants conquirent Halkulvad. Alors le Sultan Hassan vint avec des Arabes, se mélangea avec l’armée des mécréants et envoya des lettres à ses connaissances à Tunis, en faisant des promesses. Sur les quatre escadres tunisiennes, une était composée des habitants de la forteresse et trois étaient des escadrons de Marash. Kheireddine Bacha les rassembla et dit : « Les mécréants vous ont envoyé une lettre, qu’en pensez-vous ? Je vais sortir et me battre, restez dans la ville. »
Ils dirent : « Jamais ! » Et projetèrent de sortir ensemble. Au total, neuf mille sept cents soldats sortirent ensemble, comme l’un des escadrons étant attaché de l’autre côté, ils sortirent ensemble involontairement. Lorsque les mécréants se dirigèrent vers la forteresse, Kheireddine Bacha se leva contre eux et se battit. Quand quelques Algériens apparurent de l’arrière, les mécréants se retournèrent et les suivirent. Un certain nombre de mécréants avaient été tués. L’escadre, qui cherchait des moyens de s’échapper, s’enfuit en même temps vers la forteresse. Kheireddine Bacha envoya des hommes pour les ramener. Ne trouvant pas d’autres solutions, les autres furent de nouveau sur le point de revenir et le Bacha dirigea les canons vers la forteresse. Les mécréants revinrent en disant : « Les Turcs ont fui. » Ils combattirent pendant un certain temps, puis la nuit tomba et ils rentrèrent dans leurs tentes. Le jour suivant, Kheireddine Bacha fit creuser des tranchées devant la forteresse et envoya les soldats algériens à la bataille. Il plaça un nommé Cafer (Jafar) Aga dans la ville et lui-même les suivit. Ayant soif et désespérée de la chaleur, les mécréants pensèrent à partir. Pendant ce temps, les Tunisiens évacuèrent la ville et s’enfuirent. Cependant, il y avait quatre mille prisonniers galériens qui se libérèrent et fermèrent les portes. Certains disent que ce Cafer revint et les libéra. Après cela, la défaite fut complète et Kheireddine Bacha, avec environ deux cents hommes, s’en prit aux Tunisiens qui avaient fui et, au quartier militaire de Hassan, ils se tournèrent vers la route de la Bicaye. À la demande de Hassan, ils prirent le château d’Halkulvad et y déployèrent quatre mille soldats. Ce groupe répugnant avait causé la défaite et était resté dans le château. Les accusant d’être des partisans de Rashid, ils tuèrent la plupart d’entre eux.

 

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