OSMANLI

Les combats dans la voie d’Allah de Kheireddine Beg à Cicelye

 

Lorsque Kheireddine Beg arriva à Cicelye et s’y installa, le fort de Cicelye était sur la côte du Maghreb et il y avait pénurie. Il alla en mer avec sept navires, attaqua un groupe de vaisseaux de neuf navires chargés de blé et coula l’un d’entre eux. Quand il ramena huit de ces navires, les choses devinrent moins chères à Cicelye et les gens prièrent pour lui. Ils trouvèrent sept cents mécréants sur ces navires. Ensuite, il obtint une bastarda (galère vénitienne) de vingt-sept places faite pour lui et se livra à la chasse (aux navires) autour de Tunis avec neuf navires. Il captura ces Tunisiens qui lui étaient opposés et brûla leurs navires. Quand ils virent un groupe de six barges chargés de blé au détroit de Gênes, ils rendirent les navires. Il les prit et les envoya à Djerba. Puis il arriva et les distribua aux gens. Les capitaines Aydin et Sha’aban de Tunis entendirent l’appel de Kheireddine et ils se rassemblèrent avec douze capitaines et quarante navires puis partirent pour les rives des mécréants. Ils attaquèrent les villes sur la côte, pillèrent et prirent avec eux beaucoup de prisonniers et des marchandises qui les satisfirent. Ils revinrent et la plupart d’entre eux passèrent l’hiver à Cicelye.

 

La défaite d’Ibn Qadi

 

Quand la puissance politique de Kheireddine Beg était grande, Kadioğlu avait très peur de lui et il avait l’habitude de lui rendre service à cause de cela et Kheireddine Beg ne répondait pas à ses flatteries. Le peuple d’Alger voulait le voir revenir. Une fois que leurs navires amenèrent des Musulmans d’Espagne et s’arrêtèrent à Alger par coïncidence, le député de Kadioğlu ne les autorisa pas à rester et ils se rendirent à Cicelye. Puis les Meddecels (Musulmans qui vivaient sous la domination chrétienne en Espagne après sa reconquête ou dans un autre pays chrétien) se plaignirent à Kheireddine Beg et se rendre à Alger avait été indiqué à Kheireddine dans un rêve. Il quitta donc Cicelye et envoya d’abord des documents aux Sheikhs d’Alger. Ils les acceptèrent et vinrent le trouver. Kadioğlu entendit cela, rassembla vingt mille soldats et vint faire la guerre à Kheireddine Beg. Il déploya un bataillon de soldats devant une montagne. Quand il commença à se battre, il fut vaincu et quatre mille Arabes moururent. Il s’échappa lui-même dans un endroit très escarpé et se réfugié là. Kheireddine Beg le pourchassa et Kadioğlu fut tué dans les combats. Certains de ses soldats s’enfuirent et certains restèrent. Il n’avait que mille huit cents arquebusiers. Alors les Sheiks bédouins vinrent de partout et lui portèrent allégeance. Kheireddine Beg se réconcilia avec eux et reprit ses provinces. Quand cette nouvelle parvint à Kara Hassan, il s’enfuit à Cherchell et quand Kheireddine Beg attaqua, ses soldats se révoltèrent et le tuèrent.

 

Le retour de Kheireddine Beg à Alger

 

Quand Kheireddine Beg quitta Alger, il leur avait dit « attendez trois ans. » Quand trois années furent écoulées, il retourna à Alger et y entra. Ce combattant de l’Islam mentionné ici avait l’habitude de faire Istikhara pour toutes ses affaires. Il avait l’habitude de voir dans ses rêves les choses qui se passeraient dans les batailles. Cette fois, les Sheikhs bédouins prirent son parti, les gens avaient la sécurité et l’ordre et ils devinrent rassurés. Cependant, ‘Abdallah, qui était le chef de Tlemcen, refusa pendant six ans de payer les dix mille pièces d’or qu’il s’était engagé à faire et fit cause commune avec les mécréants. Il avait aussi fait donner la Khoutbah en son nom. Kheireddine Beg lui envoya une lettre dans laquelle il lui donna un bon conseil et quand ‘Abdallah refusa de l’écouter, les deux parties se préparèrent pour la guerre.

 

La bataille et la paix de ‘Abdallah

 

Le souverain de Tlemcen envoya les soldats arabes et Kheireddine Beg quitta Alger. Il gagna la bataille et ‘Abdallah fut forcé de partir. Huit mille chameaux furent laissés derrière, ce fut donc une grande quantité de butin de guerre pour les soldats de Kheireddine Beg. Abdallah envoyé un messager et demanda la paix. Ils feraient la paix à la condition que la Khoutbah et les pièces de monnaie soient au nom du Sultan Ottoman et que ‘Abdallah paye vingt mille pièces d’or par an et dix mille pièces d’or chaque six ans. Le frère de Kadioğlu s’était également révolté. Kheireddine Beg l’attaqua et le força à payer trente charges d’argent, puis il enleva les autres causes de désordre dans la région et captura l’île qui était en face d’Alger par précaution.

 

A propos du fort de l’Île d’Alger

 

Précédemment, les mécréants avait trouvé le moyen de s’emparer du puissant fort qui avait été construit sur une île en face de la ville d’Alger et qui était si près de la ville que l’on pouvait l’atteindre avec une flèche. Depuis que Kheireddine Beg avait pris Alger, les mécréants l’avaient rempli d’armes et fortifié dans une large mesure. Ainsi, ils avaient précédemment l’habitude d’extorquer le tribut des habitants de la ville du fait de ce fort. Chaque fois que l’Adhan (appel à la prière) était lancé, ils avaient l’habitude de bombarder la ville et de l’endommager. Dès que Kheireddine Beg arriva, ils commencèrent à supplier en disant : « S’il vous plaît, laissez-nous rester dans notre château, et nous ne mettrons pas les pieds dans votre ville. » Kheireddine Beg refusa la paix avec eux et ils firent de grands préparatifs pour la guerre. Leurs relations durèrent ainsi quatorze années.

 

La prise en charge du château

 

Kheireddine Beg assiégea ce château et le roi d’Espagne était sur le point de venir en aide, puis il les bombarda pendant une semaine, nuit et jour, et les affaiblis. Alors ils voulurent se rendre mais il n’accepta pas et prit le contrôle du château. En dehors des mécréants qui furent tués, cinq cents prisonniers furent capturés. Kheireddine Beg leur ordonna de détruire le château et de remplir les passes pour l’atteindre. Donc la zone au milieu du château est devenue un port. Le port d’Alger actuel est ce port. Ensuite, il fit construire par les mécréants les parties de la ville qui avaient été détruites à cause des bombardements et il tua leur Beg (chef). Neuf vaisseaux arrivèrent d’Espagne et ne trouvant pas le château, ils se mirent à fuir après quoi Kheireddine Beg vint avec quinze galères et les captura tous après des combats et revint à Alger. En dehors de ceux qui furent tués pendant la bataille, il y avait deux mille sept cents prisonniers.
La morale de l’histoire est qu’une barge peut être capturée avec une galère plus petite s’il y a une personne renommée (qui la commande).

 

Le combat dans la voie d’Allah du capitaine Aydin


Puisque le capitaine capturé sur les navires mentionnés ci-dessus les informa que « le roi d’Espagne était allé à Gênes, » Kheireddine Beg nomma le capitaine Aydin commandant, lui donna quelques navires et l’envoya là. Ce capitaine se rendit sur les rives des mécréants, pilla la côte de Marseille et emmena un grand nombre de Meddecel. Tout comme une quinzaine de navires avaient quitté l’Espagne et venaient protéger ces voisinages, le capitaine Aydin le découvrit et voulut les attaquer. Alors qu’il séjournait dans une île détruite, ces navires attaquèrent ses forces et un grand combat s’ensuivit. Lorsque le capitaine Aydin captura le navire-mouche (navire du capitaine), ils abandonnèrent le reste. Il fit vider trois de leurs navires qu’il coula et il en brûla trois. Il apporta le reste à Alger. Kheireddine Beg écrivit cette conquête et en informa la Sublime Porte.

 

L’émergence d’Andrea Doria et le raid de Kheireddine Beg

 

Quand les mécréants n’eurent plus le pouvoir de naviguer dans la mer et qu’il n’était plus en sécurité sur leurs côtes, le roi d’Espagne rassembla ses aides et leur demanda : « Que devrions-nous faire à propos de Barbarossa ? » On appelait Kheireddine « Barbarossa » qui signifiait « Barbe rousse. » Andrea Doria (Andrea Doria était le souverain de la région d’Oria à Gênes, il s’appela Doria par rapport à cette région), qui était l’un des commandants les plus formidables de l’Espagne, prit son chapeau à la main et dit : « Si vous me remettez vingt pièces parmi les galères du roi de France, j’espère pouvoir m’en occuper. » Ils avaient fait la paix avec la France récemment. Ils envoyèrent un messager et demandèrent pour leurs navires. Comme le roi de France voulait bien s’entendre avec eux, il envoya ses galères. Le roi d’Espagne donna à Andrea Doria son armada et ces navires français. Andrea Doria se dirigea vers Alger avec ses navires entièrement équipés de soldats. Kheireddine Beg équipa trente-cinq navires à Alger et appela le capitaine Sinan de Djerba qui fournit également fourni sept navires et suivit Kheireddine Beg. Kheireddine Beg prévu de rencontrer Andrea Doria à Majorque et avait précédemment fortifié le fort de Cherchell et l’avait rempli de Meddecels. Cependant, Andrea agit rapidement et arriva un matin avec quarante galères et débarqua ses soldats sur le rivage. Alors qu’ils étaient sur le point de piller de tout ce qu’ils trouvaient à l’extérieur, les Musulmans sortirent du fort et tuèrent les mécréants après un combat acharné. Jusqu’à ce qu’ils purent atteindre leurs navires, mille quatre cents mécréants furent passés par les épées et six cents d’entre pris prisonniers. Le reste sauta sur leurs navires et s’échappa. Kheireddine Beg arriva et mit les prisonniers au travail d’esclave de rameurs. Le chambellan d’Andrea devint prisonnier qui les informa qu’Andrea devait se rendre à Gênes pour avoir des combattants. Alors Kheireddine Beg se rendit là-bas. Il prit quelques prisonniers pour les utiliser comme informateurs près de Marseille et découvrit qu’Andrea était récemment passé par là. Il se rendit dans une île à des kilomètres de Marseille et y attendit dix jours. Pendant qu’un iğrip passait, ils le capturèrent. Il était plein de fromage et venait de Majorque. Il fut vu du château de Toulon, qui était un quai célèbre et un port des Français près de Marseille, que ce navire avait été capturé. Alors, son capitaine partit avec quatre galères. Alors qu’ils tendaient une embuscade aux bons combattants que Kheireddine Beg avait placés là et partaient ensemble avec le navire, ils rencontrèrent le capitaine et en informèrent Kheireddine Beg. Alors le capitaine fit demi-tour et retourna dans la tour. Kheireddine Beg débarqua sur le rivage à Gênes et se rendit dans le château à l’aube. Il fit un raid par surprise et emprisonna son peuple. Il trouva vingt-deux navires dans le port et les brûla. Il brûla le château et il était en route pour Gênes quand une tempête le ramena au premier château dans lequel il était resté. Lui et ceux de son groupe y restèrent jusqu’à ce que la tempête soit passée.

 

Views: 0