OSMANLI

La conquête de Ténès

 

Quand Kheireddine Beg voulut prendre ce château au printemps, le souverain du château demanda l’aide de l’Espagne. Quinze barges lui furent envoyées pour l’aider. Kheireddine Beg envoya dix-huit navires et il combattit lui-même sur terre et prit le château. Les barges rencontrèrent les navires, coulèrent cinq d’entre eux et cinq d’entre eux s’échappèrent. Kheireddine Beg revint à Alger.

 

Le meurtre des prisonniers infidèle à Alger

 

Un jour, un vent contraire souffla et cent dix vaisseaux des mécréants d’Espagne arrivèrent dans le port pendant que les navires de l’armada restaient à Alger. Les mécréants se battirent et furent vaincus. Dans cette défaite, trente-six capitaines furent pris prisonniers, à l’exception de trois mille mécréants. L’un d’entre eux, nommé Ferdinand, était le chef de ces capitaines. Il était blessé, sa barge s’était échouée et il l’avait alors abandonnée. Il sortit avec six cents mécréants et tous furent pris prisonniers. Quelques prisons souterraines étaient remplies de prisonniers et elles étaient également distribuées à la population locale, de sorte que la ville d’Alger se remplie de prisonniers. Certains d’entre eux tentèrent de s’échapper et la rumeur se répandit. Quelques envoyés vinrent d’Espagne et offrirent de payer cent mille pièces d’or pour les trente-six capitaines. Les savants islamiques refusèrent de donner un édit religieux autorisant l’échange de prisonniers contre de l’argent et ne l’autorisèrent pas sur le motif que ces gens étaient utiles et d’habiles marins. Par conséquent, ils restèrent. L’Espagne continua d’offrir un double montant d’argent mais sans succès. Kheireddine Beg chercha une excuse pour tuer ces gens. Quand ils essayèrent de s’échapper, il les tua tous sur la base de cette tentative. Les parents du capitaine Ferdinand vinrent et offrirent sept mille pièces d’or pour obtenir son corps mais il fut dit qu’il n’était pas permis de vendre un cadavre en Islam, alors ils jetèrent son corps dans un puits profond.

Le sermon du vendredi donné au nom du Sultan Ottoman en Algérie

 

Alors Kheireddine Beg dit au peuple d’Alger : « Je vous ai protégé jusqu’à maintenant, j’ai réparé le château et placé quatre cents canons. Après cela, j’irai dans un autre pays, vous pourrez nommer qui vous voulez gouverneur ou souverain. » Ils le supplièrent tous de ne pas les quitter. Alors Kheireddine Beg déclara : « Les souverains de Tunisie et de Tlemcen sont tous mes ennemis, je ne resterai que si la Khoutbah est lue au nom du Sultan Ottoman, » et ils l’acceptèrent. Kheireddine envoya une pétition collective au Sultan Ottoman et il fournit quatre navires. Il envoya quatre capitaines informateurs des mécréants et quarante jeunes hommes utiles parmi les prisonniers et divers cadeaux au Sultan Salim Khan. Le Sultan les accepta et envoya quelqu’un nommé Hajji Hüseyin avec une épée, une robe d’honneur et un drapeau. Sur le chemin, huit galères vénitiennes se frayèrent un passage en haute mer, capturèrent le navire et firent martyrs tous les hommes de Kheireddine Beg. Hajji Hüseyin et trois hommes s’échappèrent et se rendirent à Moton. Il se rendit aux officiels de l’état qui lui donnèrent des navires avec un document de l’ambassadeur puis se dirigea vers Alger. Kheireddine Beg le rencontra, prit le cheval, la robe d’honneur et le drapeau que le Sultan de l’Islam lui avait envoyé pendant qu’il exaltait le nom du Sultan et convoquait un conseil. Ils envoyèrent des hérauts pour annoncer au public que la province appartenait au Sultan. Ils organisèrent un banquet pour l’envoyé (Hajji Hüseyin) et l’accueillirent somptueusement avant d’être renvoyé au bureau de l’état.

 

Les Agitation des Begs de Tunisie et de Tlemcen

 

Les Begs de Tunisie et de Tlemcen voulurent provoquer le désordre ensemble pour cette raison. Ils essayèrent de convaincre Mehmed Beg et Kadioğlu qui étaient parmi les hommes utiles de Kheireddine Beg à se joindre à eux et finalement ils réussirent. Ils donnèrent beaucoup d’argent aux Arabes et les firent attaquer Alger. Cependant Kheireddine Beg défendit la ville pendant un moment et ne fut pas vaincu.

 

La conquête du château de Mostaganem

 

Deux des frères du Beg de Tlemcen s’étaient déjà rendu chez le Sultan du Maroc et demandé de l’aide. Puis ils revinrent avec des soldats et assiégèrent Tlemcen. Cependant, puisque les Arabes l’empêchaient de sortir, chacun d’entre eux alla à Wahran et Mesud se rendit chez Kheireddine Beg. Son frère alla à Wahran. Kheireddine l’accueillit, envoya des lettres aux Arabes et les convainquit d’être du côté de Mesud. Mesud arriva avec ses forces militaires, kidnappa son frère et prit le contrôle du fort. Après un certain temps, il trahit Kheireddine Beg et fit cause commune avec les mécréants. Alors Kheireddine Beg aida son frère qui était à Wahran et sur sa demande, lui envoya vingt-huit navires et des soldats au château de Mostaganem qui était près de Wahran. Ils attaquèrent le château et le saisirent. Les navires arrivèrent du côté des mécréants et prirent beaucoup de butin. Après avoir embarqués les Musulmans qu’ils trouvèrent en Andalousie, ils retournèrent à Alger.

 

La deuxième conquête de Tlemcen

 

‘Abdallah, qui était le frère de Mesud, quitta Wahran avec les soldats de Kheireddine Beg et arriva à Tlemcen. Mesud répondit et après s’être combattus, Mesud perdit la bataille à Wahran. Ils s’enfermèrent dans le fort et ‘Abdallah et ses hommes assiégèrent le château vingt jours plus tard. Finalement, deux cents soldats entrèrent de nuit dans le château par une échelle et ouvrirent la porte. Mesud était dans le château intérieur. Il sortit et s’enfuit avec deux cents cavaliers. Les hérauts de la ville furent envoyés pour annoncer au public que « la province appartenait au Sultan Souleyman » et le public se calma. Sur l’ordre de Kheireddine Beg, ‘Abdallah mentionné ci-dessus fut nommé Beg, la Khoutbah fut donnée au nom du Sultan Ottoman et des pièces de monnaie furent également frappées en son nom. Il assigna cent cinquante soldats pour la protection de ce château. Plus tard, Mesud assiégea ce fort après le départ de Kheireddine Bacha. Il fut vaincu avec l’aide de Kheireddine Beg, prit prisonnier et mourut en prison.

 

La Révolte d’Ibn Qadi

 

Kadioğlu, qui était le Beg de Tunis, se révolta et agita les Arabes contre Kheireddine Beg puis vinrent assiéger Alger. Les mécréants de l’île attaquaient occasionnellement la ville. Kheireddine Beg les combattit pendant six mois, puis l’hiver arriva, alors Kadioğlu fit la paix à contrecœur et partit pour la Tunisie d’où, il envoya son frère à Alger avec des soldats. Quand Kheireddine Beg répondit et qu’ils se combattirent, ils furent vaincus. Il envoya Kara Hassan à leur poursuite avec des soldats. Il  arriva et reprit les châteaux qui étaient liés à Tunis puis ensuite, Kadioğlu le fit changer de camp. Personne ne fut laissé aux côtés de Kheireddine, sauf les Algériens qui commencèrent également à changer de camp. Il entendit de Sheikhs bédouins qu’ils voulaient quitter la ville et il rassembla ses hommes. La porte principale du palais s’ouvrait sur une intersection. Alors que deux cents d’entre eux attaquaient le palais, les gens de Kheireddine sortirent, les combattirent et les vainquirent. Ils attrapèrent la plupart d’entre eux et les enfermèrent. Ils dirent : « Tuons tous les habitants de la ville, » mais Kheireddine ne fut pas d’accord. Le lendemain, il rassembla les gens de la ville dans la mosquée et leur parla raisonnablement. Il prit une centaine d’agitateurs parmi eux et les envoya en prison puis donna congé aux autres. Il élimina les vingt-cinq personnes qui étaient la source de l’agitation et il maintint de bonnes relations avec les gens de la ville pendant deux ans en faisant ce qu’ils voulaient.

 

L’émigration des Kheireddine Beg à Cicelye

 

La froideur apparue dans les relations entre le peuple d’Alger et Kheireddine Beg, ses soldats s’étaient détournés des gens de la ville et les détestaient. Depuis qu’il était sorti et que des gens venant de l’extérieur s’étaient arrêtés, il était resté dans la ville comme un prisonnier, aussi Kheireddine Beg eut l’intention d’émigrer et de partir de là. Cependant, comme il était indécis de prendre toutes ses affaires avec lui, il décida de faire la prière d’Istikhara et de demander conseil à Allah Exalté (cette prière est faite avant d’exécuter une quelconque action en demandant conseils à Allah et non pas avant d’aller se coucher pour voir la volonté ou la direction d’Allah à travers un rêve). Dans un rêve, il vit que le maître des deux mondes (c.-à-d. le Prophète Muhammad (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) faisait l’effort de charger les outils et les effets personnels de ce vétéran de guerre sur le navire. Comme un signe de la sagesse divine, la nouvelle arriva à ce moment-là qui disait allons chercher Kara Hassan et le délivrer. Alors il vida le palais avec l’excuse qu’il partait pour l’assiéger. Dans la matinée, il chargea tous ses biens et sa famille sur neuf navires. Les notables de la ville et l’homme de Kadioğlu venu pour la paix apportèrent la clé du château et la laissèrent devant lui. Il dit : « Oh agitateurs ! Vous êtes responsable de ces Musulmans » et il monta à cheval et se rendit au navire. Il resta au quai ce soir-là et les habitants d’Alger pleurèrent son départ. Leurs adultes et leurs enfants vinrent lui dire au revoir, pleurèrent et lui demandèrent conseil. Kheireddine Beg dit : « Patientez pendant trois ans, puis allez où vous voulez, » et il partit pour Cicelye.

 

 

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