OSMANLI

La défaite des Français en Tunisie

 

Depuis que le capitaine Kheireddine apparut avec succès sur la scène, les mécréants tombèrent dans une période difficile dans la mer et sur les rivages. Ils n’avaient plus de patience ni de pouvoir. Les Français firent un effort en envoyant trente navires et trente-trois galéasses à Tunis. Ils atteignirent le port de Benzert (Bizerte) à Tunis ou se trouvait Kurdoğlu qui mit ses marins dans ses navires et se rendit au château. Les mécréants attaquèrent et capturèrent quatre de ses navires. Alors qu’ils s’apprêtaient à attaquer le château, les combattants de Tunis ripostèrent à leur attaque et repoussèrent les mécréants après une féroce bataille et forcèrent leurs navires à s’enfuir. Six de leurs navires restèrent dans le port car ils ne purent pas les déplacer. Ils furent vaincus, partirent en haute mer et atteignirent Halkulvad. Le capitaine Kheireddine était là et il attendait l’arrivée des maudits mécréants. Il leur résista courageusement et les empêcha de débarquer en les combattants. À la fin, ils partirent sans espoir et sans gain. Pendant ce temps, le Sultan Salim Khan avait conquis l’Egypte. Le Kurdoğlu arriva en présence du Sultan, lui déclara sa soumission comme un sujet et il lui parla de la guerre avec les Français. Le capitaine Kheireddine plaça des canons et cinq cents soldats dans chacun dans quatre navires et les envoya en Algérie avec son frère aîné Ishaq. Il resta à Tunis pour l’hiver.

 

L’attaque des navires des Mécréants et des tribus arabes dans le château d’Alger

 

Quand les tribus arabes et les mécréants découvrirent que le capitaine ‘Arouj avait fait irruption et était entré dans Alger, ils équipèrent quarante galliots, cent-quarante barges et ils envoyèrent quinze mille combattants mécréants à Alger. Les soldats arabes se mobilisèrent également sur terre et atteignirent la zone autour d’Alger avant les mécréants. Le capitaine ‘Arouj était prêt pour la guerre avec ses hommes alors, il marcha vers les soldats arabes qui étaient sur le côté terrestre, se battit férocement contre eux et remporta la bataille avec l’aide d’Allah et vainquit les Arabes. Il les força à laisser douze mille de leurs chameaux, puis ils furent submergés et s’enfuirent. Après cela, l’armada des mécréants se rapprocha et mouilla dans un endroit proche du château. Certains de leurs soldats débarquèrent, tirèrent avec leurs canons et assiégèrent le château. Le château était dans un état faible, ce qui le rendait vulnérable à la destruction. Tandis que le capitaine ‘Arouj essayait de réparer les brèches dans le château, les mécréants l’assaillirent et brandirent leur drapeau. Le capitaine ‘Arouj attaqua avec ses combattants et marcha vers les mécréants. Ils livrèrent une grande bataille et les Musulmans triomphèrent. Le drapeau des mécréants fut détruit et les soldats mécréants qui étaient à l’extérieur s’enfuirent vers leurs navires. Les combattants algériens les poursuivirent jusqu’au rivage et les tuèrent, ainsi, sur les milliers d’mécréants, un millier seulement pu s’échapper. Après cela, les mécréants ne purent éviter d’être vaincus et le capitaine ‘Arouj s’installa à Alger. Il écrivit une fetihname (une lettre décrivant une conquête) à son frère Kheireddine et l’envoya à Cicelye. Alors le capitaine Kheireddine arriva à Cicelye et obtint le Sheikh al-Balad sur la recommandation d’Arouj Beg et le fit s’engager à lui donner le tribut qu’il donnait annuellement aux mécréants. Puis il partit rendre visite à son frère, le capitaine ‘Arouj.

 

La conquête de Ténès

 

Plus tôt, le frère du souverain de Tlemcen de la tribu des Bani Hafs était parti en Espagne et avait demandé de l’aide. Puis les Espagnols vinrent avec leurs soldats, conquirent le château de Ténès et déployèrent quatre navires et des soldats dans les environs. Les habitants de la région demandèrent l’aide du capitaine ‘Arouj, qui envoya alors son frère, le capitaine Kheireddine. Quand le capitaine Kheireddine arriva, les mécréants qui étaient dans les navires entrèrent dans le château. Alors le capitaine Kheireddine captura les navires et débarqua ses soldats sur la rive. Il assiégea le château pendant deux jours et au moment où il s’apprêtait à le saisir, les mécréants se rendirent. Le frère du chef de Tlemcen des Bani Hafs, mentionné plus haut, quitta le château avec l’excuse qu’il allait parler au capitaine Kheireddine et s’enfuit. Le capitaine Kheireddine entra dans le château et trouva environ quatre cents Arabes mécréants (apostats) qu’il voulut emmener avec lui. Cependant les habitants intercédèrent pour eux et supplièrent qu’on leur permette de rester, alors il les laissa et retourna à Alger avec beaucoup de butin de guerre. Puis il partagea les dix châteaux qui étaient liés à Alger et à Bicaye, et qui étaient à l’est et à l’ouest d’Alger (cinq à l’est d’Alger et cinq à l’ouest) avec son frère ‘Arouj Beg. Ils écrivirent que la province telle à l’est était réservée à Kheireddine Beg et que l’ouest était réservé à ‘Arouj Beg. (Signifiant qu’ils mirent par écrit qui vivait là, quels types d’emplois ils avaient et le type d’impôts qu’ils étaient supposés payer).

 

La conquête de Tlemcen et la longue guerre

 

À l’époque, le souverain de Tlemcen donnait chaque année dix mille pièces d’or, quatorze serviteurs noirs et dix mille boisseaux de blé au roi d’Espagne, et il lui obéissait. Après que ‘Arouj et Kheireddine Beg aient attaqué ces terres et les aient conquis, il s’offensa et fit cause commune avec l’Espagne afin d’enlever Kheireddine de cette terre. ‘Arouj Beg savait que l’armada des mécréants attaquerait depuis la mer et que le chef de Tlemcen attaquerait de la terre. Il plaça donc son frère à Alger et lui-même alla à Tlemcen avec un groupe de soldats. Les habitants de Tlemcen désapprouvèrent que leur souverain fasse cause commune avec les mécréants et se détournèrent donc de lui. Les érudits islamiques émirent une Fatwa autorisant le meurtre du souverain de Tlemcen à cause de ce qu’il avait fait, alors quand ‘Arouj Beg s’approcha, les notables et les gens l’accueillirent et prirent son parti. Lorsque le dirigeant de Tlemcen le découvrit, il s’enfuit. Il avait déjà précédemment emprisonné deux de ses frères qui trouvèrent une opportunité à ce moment-là, se rendirent au Maroc et y restèrent avec un certain salaire. Le souverain de Tlemcen atteignit Wahran (Oran), qui était le quai de Tlemcen, et se réfugia chez les mécréants. Bien que Wahran était entre les mains des mécréants, ils ne reçurent aucune livraison de nourriture, tombèrent en difficulté et demandèrent l’aide de l’Espagne. Les Espagnols les aidèrent avec beaucoup de marchandises et de soldats. Il rassembla quinze mille soldats arabes, quitta Wahran avec mille cinq cents mécréants qui étaient des arquebusiers et il arriva à Qal’a al-Qila. Quand Kheireddine Beg découvrit cela, il nomma son frère Ishaq commandant et l’envoya à l’aide. Il vint avec ses soldats et entra dans le château. Quand les mécréants assiégèrent le château, ‘Arouj Beg sortit une nuit du château et les attaqua par surprise. Ils en tuèrent sept cents avec des épées et en chassèrent une centaine. Les autres s’enfuirent vers leur château. Une fois de plus, dix mille mécréants et vingt mille Arabes se rassemblèrent et assiégèrent le château. Les combats se poursuivirent pendant six mois sans interruption. Il attaqua les mécréants plusieurs fois, mirent des canons sur les routes et causèrent beaucoup de dégâts. À la fin, ils atteignirent le bord du château et détruisirent les tours avec des tunnels souterrains qu’ils utilisèrent pour les explosions. Les deux parties devinrent faibles et dans l’impasse. Finalement, les mécréants voulurent faire la paix et ils acceptèrent à contrecœur. Ils acceptèrent de quitter le château à la condition que les biens qu’ils pourraient transporter dans leurs mains ne soient pas touchés. Cependant, avant même qu’ils ne soient sortis, les mécréants essayèrent d’utiliser leurs armes, alors Ishaq tira son épée et tua un grand nombre de mécréants. Ishaq en personne et Iskandar, qui était le chambellan de Kheireddine Beg, devinrent martyrs à ce moment. Le reste des hommes d’Ishaq commencèrent ​​également à se battre et devinrent martyrs. Puis, les soldats mécréants se dirigèrent vers Tlemcen et au moment où ils s’apprêtaient à l’assiéger, les habitants de la ville se rendirent. Alors ‘Arouj Beg et ses hommes se fortifièrent dans la citadelle interne. Les combats durèrent sept mois et quand ils perdirent l’espoir de protéger le château, il sortit avec ses hommes et attaqua l’armée mécréante. Ils combattirent et lui et tous ses hommes tombèrent martyrs en combattant les mécréants.

 

L’attaque des mécréants vers le château d’Alger

 

Après que ‘Arouj Beg fut tué et que les mécréants gagnèrent la bataille à Tlemcen, ils préparèrent cent soixante-dix navires et arrivèrent à Wahran avec vingt mille soldats au printemps. Trois mille sept cents mécréants qui s’y trouvaient les rejoignirent. Puis ils s’approchèrent d’Alger de la mer et le Beg de Tlemcen par la terre. Alors, Kheireddine Beg rassembla ses hommes et dit aux gens : « Rencontrez le Beg de Tlemcen. » Alors ils le rencontrèrent, le protégèrent et l’empêchèrent d’être blessé. Kheireddine Beg avait environ six cents hommes et vingt mille soldats arabes s’étaient rangés de son côté. Les navires des mécréants vinrent de la mer et jetèrent l’ancre devant l’île. Ils envoyèrent un messager et exigèrent la ville d’Alger. Kheireddine Beg dû donc défendre la ville. Quand les mécréants débarquèrent sur le rivage et attaquèrent, Kheireddine Beg se jeta sur eux et tua beaucoup d’entre eux. Il les vainquit et captura leurs navires. Quand le soir arriva, il bombarda deux cents de leurs navires avec des canons de sorte que, les combattants musulmans revinrent et entrèrent dans la ville. Ils se battirent ainsi pendant deux jours et le troisième jour, les mécréants retirèrent leurs canons. Alors qu’ils étaient sans espoir et étaient sur le point de partir les mains vides, Kheireddine Beg les attaqua et tua un grand nombre d’entre eux. Sur les vingt mille mécréants, seul cinq à six mille réussissent à s’échapper et purent rejoindre leurs navires. De ce qui restait du butin, Kheireddine Beg donna quelques chevaux et les armes nécessaires à Hassan, qui était le commandant de Tlemcen, avec sept cents personnes. Il le nomma commandant sur deux mille Arabes et l’envoya à Tlemcen.
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La conquête de Tlemcen par Hassan

 

Alors que le commandant mentionné ci-dessus était sur son chemin, les soldats arabes qui le virent, le rejoignirent et leur nombre s’éleva à vingt mille. Le Beg de Tlemcen entendit cela, et au moment où il allait fuir, Hassan arriva et lui prit le château. Sur les trois mille sept cents mécréants du château, seulement sept cents s’échappèrent et le reste fut tué. Ils retournèrent à Tunis.

 

 

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