OSMANLI

La bataille du capitaine Bourak

 

Lorsque la flotte royale passa devant Moton, Avarin et arriva à l’île de Bourak, la flotte des mécréants rencontra de nouveau les navires des combattants musulmans. Les mécréants avaient été précédemment en grande partie blessés par le capitaine Kemal et ils avaient une rancune extrême contre lui. Kemal Beg, qui était le Beg de Yenişehir, était dans le bateau du capitaine Bourak. Ils pensèrent que c’était le navire sous le commandement du capitaine Kemal et l’attaquèrent. Beaucoup de gens des deux côtés sont tombés dans la mer et se sont noyés. Les mécréants avaient deux cogues / gökes avec un millier de mécréants dans chacun, une galéasse et une barge avec cinq cents mécréants dans chacun. Ils abordèrent de deux côtés le navire du capitaine Bourak. D’abord, la galéasse et la barge ne purent supporter le bombardement des canons et elles coulèrent. La plupart des maudits qui s’y trouvaient se noyèrent et ils hissèrent, ceux qui essayaient d’échapper à la noyade, en utilisant des crochets et les prirent prisonniers. Quand ces deux cogues ne laissèrent pas partir celui du capitaine Bourak et que l’affront se prolongea, le capitaine Bourak mit le feu à ses navires en utilisant du kérosène. Bien qu’il ait essayé d’éloigner son propre navire du feu, ce ne fut pas possible et à la fin son navire brûla également avec les autres navires. Kemal Beg, le capitaine Bourak et Kara Hassan devinrent des martyrs avec cinq cents héros dans cette situation dangereuse. Les guerriers qui tombèrent de ce navire dans la mer furent recueillis avec des chaloupes et ainsi sept cents personnes furent sauvées. Les deux cogues des mécréants brûlèrent et les mécréants qui s’y trouvaient se noyèrent et brûlèrent, et sept cents d’entre eux qui luttaient à la surface de la mer furent tués. Un galion qui vint pour aider ces deux cogues fut capturé et les mécréants qu’il contenait furent ligotés. Le nom de l’île où cette bataille eu lieu fut changé en l’île de Bourak. Cent cinquante navires des Européens prirent position à l’entrée de la Baie de Lépante, déployèrent des canons dans le détroit et se préparèrent à barrer la route aux guerriers. Lorsque les navires musulmans arrivèrent et se préparèrent à traverser la baie, ils les bombardèrent avec ces canons. Beaucoup de gens célèbres furent aussi martyrisés ici aussi. En bref, Allah Exalté les guida vers le succès contre les mécréants quand ils quittèrent le port près des îles de Moton et Bourak et (aussi) quand ils entrèrent dans la Baie de Lépante dans laquelle ils livrèrent de grandes batailles. Allah Exalté était le compagnon des soldats musulmans et les navires des mécréants furent vaincus. Puis la Flotte Royale passa les navires ennemis, alla dans la zone en face de Lépante et les navires musulmans assiégèrent également le château du côté de la mer. Quand plusieurs hommes courageux sortirent et hissèrent les drapeaux sur sa tour, les gens assiégés envoyèrent les clés à Mustafa Bacha conformément à leur ancienne promesse. En 905 (1500), ils partirent. Les autorités de l’état furent informées de la conquête du château. Ahmed Bacha reçut l’ordre de quitter le navire et la Flotte Royale de passer l’hiver dans le port d’Umur Beg près de Germe. L’armée royale retourna à la caserne d’Edirne.

 

Les campagnes militaires de Moton et Coron

 

La majeure partie de l’île du Péloponnèse avait été saisie à l’époque du Sultan Muhammad Khan II, mais les châteaux de Moton et de Coron sur la côte étaient restés aux mains des mécréants. Mustafa Beg, qui était le Beg de Préveza, reçut l’ordre de préparer quarante navires jusqu’au printemps et de les ajouter à la flotte pour les conquérir. Mustafa Beg reçut alors vingt galéasses construites au milieu de l’été mais les navires des mécréants vinrent à l’improviste lors d’une nuit sombre et les brûlèrent tous. Mustafa Beg essaya alors d’achever les navires incomplets. Pendant ce temps, il avait été transmis aux autorités ottomanes que les Hongrois, les Polonais et les Tchèques de la terre et les Européens de la mer s’étaient rassemblés pour attaquer les pays Ottomans. Yaqoub Bacha et des Begs célèbres furent envoyés pour aider à la réparation des navires qui passaient l’hiver à Lépante avec dix mille fantassins et vingt mille cavaliers. Ils reçurent l’ordre d’aller à Moton avec la flotte au printemps. Le Sultan quitta Edirne et arriva au Péloponnèse au début du mois sacré de Ramadan 905 (31 mars au 9 avril 1500). Quand l’état fut informé que Yaqoub Bacha était arrivé à Moton avec les navires, ils se reposèrent à Londar pendant dix-huit jours et arrivèrent devant le château de Moton. Les soldats assiégèrent la région par terre et mer et ils détruisirent leurs tours et leurs murs avec le bombardement des canons. Au moment où l’assaut était imminent, la flotte des mécréants arriva et commença à se battre. Les soldats musulmans capturèrent deux des navires des Européens et pendirent les mécréants devant le château. Ils coulèrent une de leurs galères et incendièrent un grand nombre de leurs navires. Au moment même où ils s’apprêtaient à s’emparer du château, quatre galères arrivèrent de Venise, ils passèrent parmi les navires musulmans avec leurs armes et leurs outils de guerre ainsi que quelques milliers d’arquebusiers européens et laissèrent ceux-ci à l’intérieur du château avant de brûler ces quatre galères. Lorsque l’État Ottoman fut informé de cela, le Sultan en colère, leur ordonna de marcher vers le château alors qu’ils essayaient de transporter tous les outils et les armes qui étaient arrivés. Certains des soldats escaladèrent les tours avec des échelles en utilisant la brèche ouverte par Sinan Bacha, qui était le gouverneur général d’Anatolie, et les autres soldats attaquèrent également. Ils se battirent du milieu de l’après-midi jusqu’à l’approche du coucher du soleil. Ce fut un tel combat qu’aucun similaire n’avait été vu auparavant. Quand le feu tomba sur le château et que mécréants furent confondus, l’armée musulmane saisie le château et passa les passa par l’épée. Cette conquête eut lieu le 14 Mouharram 906 (10 août 1500). Pour la conquête de Coron, ‘Ali Bacha fut envoyé par terre et le capitaine Bacha (le Grand Amiral, commandant en chef de la marine) par mer. ‘Ali Bacha assiégea d’abord Navarin et les habitants du château le rendirent à la condition qu’ils soient autorisés à partir. Alors il atteignit Coron et ses habitants soumirent également le fort et demandèrent la clémence. Ils furent autorisés à partir, ce qu’ils firent, pour les pays européens avec leurs affaires et leurs familles. Le Sultan exalté retourna à Istanbul. ‘Ali Bacha eut l’intention de conquérir Istefe et, au moment où il s’apprêtait à partir, il fut informé que les mécréants avaient repris le château de Navarin, alors il les attaqua. Il informa les autorités ottomanes de ce qui s’était passé et demanda plusieurs galères afin de bloquer l’aide apportée par mer aux mécréants. Le Sultan, qui est le refuge du monde, envoya trente galères et le capitaine Kemal. Lorsqu’ils arrivèrent devant Navarin, ils attaquèrent les navires qui se trouvaient dans le port du château. Ils saisirent huit navires des mécréants lors de la première attaque et tuèrent ceux qui s’y trouvaient. Les héros qui vinrent avec le Bacha montèrent au sommet des tours et prirent leurs gardes prisonniers. Ils passèrent trois mille mécréants par l’épée et le château fut pris d’assaut.

 

La campagne militaire de Lesbos

 

Venise demanda l’aide du souverain de France pour se venger de la prise de Lépante, Moton et Coron. Le souverain de la France fournit quelques navires et les donna à la marine vénitienne sous le commandement du fils de son frère. Ils attaquèrent Lesbos avec un total de deux cents galères en Rabi’ al-Awwal 907 (septembre-octobre 1501). Quand le prince Korkut apprit cela, il envoya Aga et huit cents de ses hommes à Ayazmend, puis, avec l’aide du Beg de Karesi et de ses soldats, par une nuit noire avec les navires. Ils franchirent les lignes ennemies et entrèrent dans le château mais son aide fut martyrisé. Quand cette terrible nouvelle parvint au Sultan, il remplit les navires disponibles de soldats à cette heure d’hiver et nomma Hersekoğlu Ahmed Bacha commandant en chef de la marine. Sinan Bacha, qui était gouverneur général d’Anatolie, fut également désigné pour rejoindre la flotte avec les soldats de ses provinces. Quand Ahmed Bacha atteignit la zone près de Lesbos en Joumadah al-Oula (novembre-décembre 1501), les mécréants marchèrent vers le château. Au moment où le commandant français attaqua en premier et qu’il se trouvait devant ceux qui s’avançaient pour entrer dans le château, un courageux soldat musulman tua ce mécréant et dressa la tête sur la tour. Quand les soldats français virent la tête de leur commandant, ils commencèrent à s’enfuir. Les soldats vénitiens leur emboîtèrent le pas, montèrent à bord de leurs navires et s’enfuirent dans les terres près de leur pays. Le gouverneur général d’Anatolie reçut l’ordre de réparer le château et Ahmed Bacha retourna à Istanbul. Cet Ahmed Bacha était le Grand Vizir et il devint le commandant en chef de la marine en 912 (1506) et resta à ce poste pendant cinq ans. En 917 (1511), il devint Grand Vizir une fois de plus.

 

Les raisons pour les taxes spéciales

 

On dit que cette campagne militaire causa l’attribution de taxes spéciales (ces taxes spéciales étaient celles imposées aux personnes en raison de circonstances extraordinaires) aux rameurs et marins. Les sujets n’avaient pas été taxés avant cela et resta en vigueur après cela et furent recueillies auprès des sujets de l’empire une fois par an.

 

Cessez-le-feu

 

Les vaisseaux vénitiens ne pouvaient pas faire face aux navires musulmans, ils restèrent silencieux à contrecœur après la défaite à Lesbos et ne cherchèrent pas à se venger. D’autre part, le cessez-le-feu étant considéré comme préférable en raison des taxes spéciales, la marine cessa ses attaques sur terre et mer et limita ses activités à la protection du Royaume Ottoman. Dans le pays de l’est, l’État des Shah perses émergea. Le désordre causé par les Rafidis (chiites) et l’inactivité du Sultan Bayazid à cause de sa vieillesse firent que les hommes d’état devinrent indifférents aux affaires de l’état et à la détérioration de la situation de l’état.

Le Sultan Salim Khan donna la priorité aux choses les plus importantes après son accession au trône et dans ce contexte, il consacra la majeure partie de son temps à la destruction des chiites, plus nuisibles que les mécréants, la conquête de l’Égypte et de Grande Syrie. Par conséquent, il y eut un cessez-le-feu avec les mécréants pendant un moment. Les mécréants de Venise et de Hongrie furent soulagés par ce cessez-le-feu parce qu’il arrêtait les griffes des combattants musulmans, par conséquent, ils ne bougèrent pas. Lorsque le Sultan Salim Khan partit au royaume de l’au-delà, le Sultan Souleyman Khan arriva au pouvoir et commença la conquête des lieux qui étaient propres à ajouter au pays ottoman. Il ouvrit les portes de la guerre sur terre et sur les mers. Il abandonna donc le cessez-le-feu qui avait été mis en place à l’époque de ses ancêtres en raison de l’intérêt de l’état. Dans la deuxième guerre, il considéra la conquête de Rhodes, une dernière volonté.

 

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