OSMANLI

Mustafa Kemal présenta à l’Assemblée un décret enjoignant l’abolition du Califat, l’expulsion du calife et la séparation de la religion de l’état puis, il s’adressa aux députés en colère en disant : « Nous devons à tout prix sauvegarder la république menacée et la faire monter sur des bases scientifiques solides. Le calife et l’héritage de la « famille ottomane » doivent disparaître, les tribunaux religieux sont délabrés et leurs lois doivent disparaître et être remplacées par des tribunaux et des lois modernes, et les écoles de clercs doivent céder leur place aux écoles laïques gouvernementales. »

Des débats animés eurent lieu et des disputes âpres éclatèrent mais n’aboutirent à rien. Le deuxième jour, l’Assemblée nationale se réunit de nouveau pour revoir ce décret ; la session dura toute la nuit jusqu’à 6h30 du matin avec une dispute acharnée et un débat sans relâche.

Dans la matinée du troisième jour de mars 1924, il fut annoncé que la Grande Assemblée nationale avait approuvé l’abolition du Califat et la séparation de la religion de l’état. La même nuit, Mustafa Kemal envoya un ordre au gouverneur d’Istanbul stipulant que le calife ‘Abd al-Majid devait quitter la Turquie avant l’aube du lendemain. Il se rendit donc avec une garnison de la police et de l’armée au palais du calife au milieu de la nuit et le calife fut contraint de monter à bord d’une voiture qui l’emmena à travers les frontières vers la Suisse, après avoir reçu une valise contenant des vêtements et de l’argent. Deux jours plus tard, le maudit Mustafa Kemal rassembla tous les princes et princesses du trône et les expulsa hors du pays. Toutes les fonctions religieuses furent annulées et les « Awqaf » (dotations) des Musulmans devinrent la propriété de l’état. Les écoles religieuses furent transformées en écoles civiles sous les auspices du Ministère de l’éducation.

 

De cette manière, Mustafa Kemal remplit les quatre conditions que Curzon, le Ministre britannique des Affaires étrangères avait exigées, et l’obstacle empêchant la convocation et le succès de la conférence de paix n’existait plus. Le 8 mars 1924, le ministre des Affaires étrangères d’Ismat Bacha, le chef de la délégation turque, envoya une lettre à la conférence demandant la reprise des négociations et les Alliés acceptèrent. Le 23 avril 1924, la conférence fut de nouveau convoquée et les participants se mirent d’accord sur les conditions de paix. Le Traité de Lausanne fut signé le 24 juillet 1924. Les états reconnurent l’indépendance de la Turquie, la Grande-Bretagne évacua Istanbul et le Détroit et Harrington quitta la Turquie. En conséquence, l’un des députés britanniques protesta contre Curzon à la Chambre des communes pour avoir reconnu l’indépendance de la Turquie. Curzon lui répondit en disant : « Le point en litige est que la Turquie a été détruite et ne se relèvera plus jamais, parce que nous avons détruit son pouvoir spirituel : le Califat et l’Islam. »

 

C’est ainsi que le Califat fut complètement détruit ainsi que l’Islam en tant que constitution d’état, source de législation de l’Oummah et mode de vie. Tout cela fut l’œuvre des Britanniques par l’intermédiaire de leur collaborateur et agent, le perfide Mustafa Kemal. Les Britanniques réussirent à détruire le Califat et l’Islam à travers Mustafa Kemal malgré les Musulmans du monde entier en général et malgré les Musulmans en Turquie en particulier. Par conséquent, la règle par ce qu’Allah a révélé s’est éloignée de la surface de la terre et la règle par autre que ce qu’Allah a révélé est restée. La règle de Koufr est restée. La règle de Taghout est restée seule dominante sur tous les peuples et a été mise en œuvre dans le monde entier. Mais, ils ne l’ont fait que par la permission d’Allah Exalté à Lui les Louanges et la Gloire.

 

Les questions vitales et la mesure de la vie et de la mort

 

Ici, on peut se demander : « Est-ce avec une telle facilité que les mécréants réussirent à détruire le Califat et à anéantir l’Islam de la scène politique, et alors que les Musulmans sont des centaines de millions ? »

La réponse à cela est : « Oui ! Ce fut aussi facile pour les mécréants de renverser le Califat et d’éliminer l’Islam de la scène politique car les Musulmans ne l’ont pas défendu excepté une poignée d’hommes. La raison pour laquelle cela s’est produit était que ces questions vitales n’étaient pas perçues par l’Oummah comme celles qui nécessitaient des mesures de vie ou de mort à prendre. Ainsi, l’Oummah reçut ce coup fatal sans un effort complet pour le repousser Cela était dû au fait que l’Oummah ne considérait pas ce qui s’était passé comme une question vitale dont dépendait sa survie ou sa disparition. Par conséquent, elle ne voyait pas cette calamité avec l’importance avec laquelle elle considérerait normalement les questions dont dépend sa survie. Par conséquent, elle n’entreprit pas de résoudre cette calamité avec l’urgence de la vie ou de la mort.

 

L’instinct de survie fait qu’il incombe à chaque nation du monde et à chaque peuple sur terre d’avoir ses propres problèmes vitaux, pour lesquels une nation ou un peuple donnerait son sang avec le consentement et avec la plus grande ferveur, sans aucune hésitation ni aucun argument ou débat. Ces problèmes sont ceux liés à la mort ou au maintien en vie, ou liés au retrait d’un peuple de l’existence ou à la sauvegarde de sa survie. Ces mesures sont uniques et presque identiques pour toutes les personnes et les mesures prises à leur égard sont similaires ou très similaires pour toutes les personnes, car elles mettent réellement la vie en danger. Par conséquent, les problèmes sont les mêmes et les mesures sont également les mêmes. Cependant, les questions liées à l’instinct de survie ne composent pas toutes les questions vitales, pas plus que les questions vitales ne sont uniquement celles liées à l’instinct de survie ; car il y a d’autres problèmes vitaux liés à l’instinct spirituel et à l’instinct de procréation. Cependant, les gens diffèrent sur ces questions en fonction de la différence de leur point de vue sur la vie ; ils diffèrent donc dans les mesures prises à leur égard ; il en est ainsi parce que ce qui rend ces questions vitales, c’est le point de vue spécifique sur la vie ; ils diffèrent donc et les mesures qu’ils entreprennent diffèrent également. Par conséquent, certaines questions vitales diffèrent entre les peuples et les nations en fonction de la différence de leur point de vue sur la vie. Les Musulmans sont une Oummah et ils ont sans aucun doute une foule de problèmes vitaux. Les questions vitales de l’Oummah, qu’elles soient liées à l’instinct de survie ou à l’instinct spirituel ou à l’instinct de procréation, devraient être en fonction de leur point de vue sur la vie.

Leur point de vue sur la vie est déterminé par l’Islam seul. C’est donc l’Islam qui détermine les questions vitales et détermine également les mesures à prendre.

 

L’Islam explique aux gens quels sont les problèmes vitaux et fait de la mesure de la vie et de la mort à leur égard une obligation. Par conséquent, les Musulmans n’ont pas le choix de déterminer leurs problèmes vitaux. Ce qui est considéré par l’Islam comme une question vitale doit être considéré par les Musulmans comme tel. De même, ils n’ont pas le choix dans la mesure de la vie ou de la mort entreprise face à de telles questions ; parce que lorsque l’Islam détermina les questions vitales, il détermina également la mesure que les Musulmans devraient entreprendre à leur égard.

 

Il était inévitable que l’Islam affronte des événements qui le menaçaient et que les Musulmans se soient heurtés à ce qui menaçait leur existence, en leur qualité de Musulmans. Il va de soi que tout mouvement de la vie ferait face à ce qui menace son existence, en particulier les mouvements de réforme et plus particulièrement les mouvements justes. Depuis l’aube de l’Islam, la lutte est féroce entre l’Islam et le koufr. Cette lutte porte sur le sort du Koufr et le sort de l’Islam. La lutte sanglante qui s’ajouta à la lutte intellectuelle depuis la création de l’État Islamique à Médine était pour la défense des questions vitales. Par conséquent, l’existence de questions vitales était pour les Musulmans inévitable et axiomatique, et leur entreprise de la mesure de la vie et de la mort à leur égard était également inévitable et axiomatique. C’est une question pour laquelle le Jihad fut rendu l’un des devoirs les plus importants, dans lequel le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam)  a dit : « La tête de l’affaire est l’Islam, son pilier est la Salat et son sommet le Jihad. »

C’est aussi une question pour laquelle le Jihad continuera jusqu’à ce que l’Heure vienne, car il (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) a dit : « Et le Jihad a été constant depuis qu’Allah m’a envoyé jusqu’à ce que la dernière génération de ma Oummah combattre le Dajjal, il ne sera pas révoqué par la tyrannie de un tyran ni par la justice d’un juste. » Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) a aussi dit : « Le Jihad est constant avec les pieux et les débauchés. »

 

Par conséquent, les Musulmans ne se sont pas relâchés un seul instant pour défendre les questions vitales, ni n’ont jamais hésité à entreprendre la mesure de la vie et de la mort face à chaque question vitale.

Par conséquent, lorsqu’ils furent confrontés à ce qui menaçait leur destin en tant qu’Oummah et en tant qu’état pendant les croisades, les Musulmans prirent des mesures qui nécessitèrent la vie ou la mort. Ainsi, ils engagèrent les croisés dans une guerre féroce pendant plus d’un siècle. L’Oummah Islamique réussit à repousser le coup fatal qui la menaçait. De même, les Musulmans agirent de la même manière lorsque les Mongols envahirent les Terres Islamiques. L’Oummah Islamique considérait cette invasion comme une question qui menaçait son existence, elle entreprit donc à son égard la mesure de la vie et de la mort, et les Musulmans engagèrent les Mongols dans une guerre dans laquelle ils sacrifièrent leur vie sans rechercher aucun gain mondain jusqu’à la victoire décisive.

 

Ainsi, les Musulmans avaient l’habitude de percevoir les questions vitales et d’entreprendre à leur égard ce qui leur était obligatoire, c’est-à-dire la mesure de la vie et de la mort. Il en était ainsi parce que ce que l’Islam a expliqué en termes de questions vitales était considéré comme des faits par les Musulmans, qu’ils tenaient fermement et que la perception de tout danger leur était clairement manifestée. Il était donc inconcevable pour eux de faire face à une situation qui menaçait leur existence sans entreprendre à son égard ce que l’Islam leur a imposé, c’est-à-dire la mesure de la vie et de la mort. Ni l’Oummah Islamique, ni l’État Islamique n’ont jamais échoué dans le passé à percevoir et à prendre conscience des problèmes vitaux, manquant ainsi de percevoir et d’être conscient des mesures, et donc de les négliger. Cependant, lorsque la perception de l’Islam régressa au niveau de la déviation et que la piété dans les âmes s’affaiblit au niveau du silence sur le koufr flagrant, ces questions vitales perdirent leurs considérations vitales et la mesure de la vie et de la mort ne fut pas entrepris envers eux. Par conséquent, la menace pesant sur l’existence se profilait et les Musulmans n’ont pas donné généreusement leur sang et leur vie pour repousser cette menace. Par conséquent, le Califat fut détruit, le système de l’Islam aboli et l’ensemble de l’Oummah Islamique menacé d’extinction.

 

Il est donc impératif de percevoir les questions vitales du point de vue islamique comme l’Islam décrété dans le Livre et la Sounnah. Il est également impératif de percevoir les mesures obligatoires qui doivent être prises à leur égard, telles que décrites par le Qur’an et par les Hadiths du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). Ce n’est qu’alors que la prise de conscience des questions vitales et de la mesure obligatoire à leur égard sera générée et que leur négligence deviendra alors inconcevable.

 

 

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