OSMANLI

Le ressentiment du peuple envers le Sultan pour son soutien aux mesures britanniques

 

Le Sultan soutint les mesures que les Britanniques avaient prises et le gouvernement publia un communiqué public dans lequel il exhorta les gens à observer le calme, déclarant qu’il était de leur devoir de le faire. Le gouvernement débuta le communiqué en disant : « Le devoir le plus important de tout citoyen turc est de se conformer aux ordres du Sultan. » Par conséquent, les masses et les soldats turcs furent plongés dans une atmosphère de terreur qui à son tour conduit au ressentiment de la population à l’égard du Sultan et à l’intensification de toutes parts des attaques contre lui. Puis le parlement fut officiellement dissous.

 

Le 5 avril 1920, Salih Bacha démissionna et Damad Farid Basha forma le nouveau gouvernement à la demande des Britanniques et commença à diriger le pays de manière despotique. Une fois le parlement dissous, il devint le seul intermédiaire du pouvoir et prit ouvertement en compte les intérêts britanniques qui tentèrent de le convaincre par divers moyens, jusqu’à ce qu’il devienne presque plus britannique que les Britanniques eux-mêmes. Le Sultan n’était pas trop loin derrière dans sa tentative de gagner les Britanniques et dans son attaque contre les partisans de Mustafa Kemal. Il incita Sheikh al-Islam à émettre une fatwa contre eux et il le fit. La fatwa déclara que tous les nationalistes étaient parmi les maudits et parmi ceux qui se sont égarés, et que les croyants parmi les serviteurs d’Allah devraient déclarer la guerre à ces insurgés révoltés. Un décret sultanesque fut publié simultanément approuvant cette fatwa et condamnant Mustafa Kemal et ses partisans à la peine capitale.

 

Quand Mustafa Kemal en entendit parler, il arrêta le petit nombre de Britanniques qui restaient en Anatolie et qui n’avaient pas évacué quand ils avaient reçu l’ordre de le faire. Puis il ordonna à la garnison turque d’attaquer les Britanniques et d’assiéger la ville d’Eskisehir où un peloton britannique était stationné. A cette époque, les Britanniques attendaient une garnison italienne se dirigeant vers Konie. Par conséquent, les troupes turques attaquèrent les Britanniques et réussirent à assiéger la ville. Ils attaquèrent également la garnison italienne alors qu’elle se rendait à Konie. Les Italiens cependant réussirent à rejoindre Konie après avoir subi de lourdes pertes. En conséquence, la garnison italienne fut forcée de se déplacer vers l’ouest et de rejoindre les Grecs à Izmir. Les Britanniques évacuèrent Eskisehir tandis que les Italiens évacuèrent Konie. Par conséquent, pas un seul soldat des forces alliées ne fut laissé en Anatolie ; la vérité est cependant qu’aucun affrontement n’eut lieu avec les Britanniques, tandis qu’une seule escarmouche eut lieu avec les Italiens alors qu’ils se rendaient à Konie pour rejoindre les Britanniques. Puis ils évacuèrent tous.

 

Mustafa Kemal annonce de nouvelles élections parlementaires

 

À la lumière de ces opérations, la situation devint évidente dans la mesure où deux camps dominaient le pays : les Britanniques d’un côté, soutenus par le calife qui ignorait bien sur tous du complot entre les Britanniques et le traitre Kemal, et le gouvernement et, le parti de Mustafa Kemal de l’autre côté, soutenu par tout le peuple. Par conséquent, Mustafa Kemal s’opposa au gouvernement et les gens le considérèrent comme leur chef contre les Britanniques. L’opinion publique était donc en sa faveur et la plupart des officiers de l’armée et des fonctionnaires étaient de son côté. Ainsi, dans cette ambiance favorable, il saisit l’occasion d’annoncer au nom de la commission parlementaire, toujours en place et jamais dissoute, que de nouvelles élections auraient lieu et que le nouveau parlement n’aurait aucun lien avec l’ancienne assemblée. De plus, ce ne serait pas un parlement ottoman, mais une institution législative nationaliste dotée de pouvoirs exceptionnels. Ankara fut choisie comme centre où se tiendraient les sessions de cette institution nationaliste.

 

Des élections eurent effectivement lieu, mais il ne s’agissait pas d’élections authentiques, c’était plutôt un exercice nominal visant à créer l’apparence d’élections légitimes. L’humeur générale était que le statu quo ne nécessitait que l’élection des kémalistes, à l’exclusion de tous les autres, de sorte qu’ils deviennent les représentants de la nation. C’était effectivement le cas et aucun autre député en dehors des kémalistes ne fut élu.

Le 23 avril 1920, la conférence nationaliste se tint à Ankara. La session inaugurale fut délibérément programmée un vendredi. Ainsi, après la prière du vendredi à la mosquée de Hajj Birem, les députés sortirent en hissant les drapeaux et se dirigèrent vers le lieu de la réunion. Ils abattirent deux moutons au seuil puis entrèrent dans la salle et tinrent la séance inaugurale. Pendant ce temps, des célébrations similaires eurent lieu dans chaque mosquée d’Anatolie, même dans le plus petit des villages.

Lors de sa préparation à l’Assemblée nationale et à son inauguration, Mustafa Kemal amena les fonctionnaires à Ankara. Les résidents locaux furent témoins d’un afflux de migrants affluant dans leur ville, parmi lesquels se trouvaient des officiers, des enseignants et des hauts fonctionnaires. Ils ne savaient pas au début la raison de leur arrivée mais ils se rendirent compte par la suite qu’ils faisaient partie du personnel du gouvernement.

 

Mustafa Kemal crée un appareil gouvernemental à Ankara

 

Et ainsi, le diable en personne, malédiction d’Allah sur lui, établit un appareil gouvernemental à Ankara. Il créa également une armée régulière et plusieurs départements gouvernementaux. Il amena également la presse et une équipe de journalistes. Un journal appelé Hakmit Milla fut publié et Mustafa Kemal prépara Ankara à devenir le centre du gouvernement et la capitale du pays. Il entreprit de jeter les bases de la république turque. Cependant, il entreprit cette initiative avec une extrême prudence et le plus grand secret en prétendant que sa lutte était une lutte contre l’occupation étrangère et que sa guerre était une guerre contre les occupants. Il avait l’habitude de justifier ses actions en affirmant qu’il défendait le pays et qu’il s’adressait aux Européens par des déclarations officielles dans lesquelles il disait, leur offrant les terres Islamiques : « Vous pouvez occuper tous les pays arabes et occuper la Syrie, mais je ne vous permettrai pas d’occuper la Turquie. » Nous revendiquons seulement un droit dont chaque nation devrait jouir. Nous voulons être une nation libre à l’intérieur de nos frontières nationales naturelles. Nous n’acceptons pas un carat de moins que cela. »

 

Pendant et après l’inauguration de l’Assemblée nationale, l’ennemi d’Allah déclara : « Toutes les mesures à prendre viseraient à maintenir le Califat et le Sultanat et à débarrasser le Sultan et le pays de l’esclavage occidental. » Il fit ensuite une déclaration dans laquelle il déclara : « Puisque le Sultan est prisonnier des pays occidentaux qui contrôlent la capitale à leur guise, il n’est donc pas un souverain libre et ne jouit d’aucune souveraineté. Par conséquent, l’Assemblée nationale suprême va assumer temporairement la direction des affaires du pays. »

En conséquence, un comité exécutif fut mis en place et chargé de gérer les affaires du pays. Il était composé de onze ministres élus par l’Assemblée nationale et Mustafa Kemal fut élu bien sur président tout comme auparavant, il avait été élu président de l’Assemblée nationale, après quoi le colonel Ismat Bacha rejoignit le gouvernement.

 

L’Assemblée nationale commença à tenir ses réunions et à adopter des résolutions. Elle adopta une série de résolutions très importantes, dont l’une était de considérer tous les accords et traités commerciaux signés entre le gouvernement d’Istanbul et les pays étrangers comme nuls et non avenus. Une autre résolution stipulait que tous les revenus de l’état, même ceux provenant des actifs des Sultans, des domaines et des Awqaf (dotations), devaient être mis à la disposition du gouvernement d’Ankara.

Par conséquent, un gouvernement fut établi à Ankara, qui avait un parlement, des départements gouvernementaux et une armée régulière. Elle adopta une foule de résolutions très sérieuses. Ainsi, il devint impératif pour le Sultan soit d’abolir ce gouvernement, soit de s’y abandonner. Une confrontation armée entre les deux camps devint inévitable.

 

Le Sultan dépêche un groupe de travail pour abolir le gouvernement d’Ankara

 

Le Sultan dépêcha un groupe de travail à Ankara dirigé par des officiers qui lui étaient fidèles. Les troupes marchèrent vers le nord-ouest de l’Asie Mineure. De nombreux volontaires rejoignirent le groupe de travail et le Sultan envoya certains de ses partisans au Kurdistan afin d’inciter les tribus de cette région. Puis il exhorta toute l’Oummah à défendre le trône et le Califat. La loyauté envers le calife était encore forte au point que ses ordres furent accueillis avec respect et son obéissance était considérée comme une obéissance à Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, tandis que sa désobéissance était considérée comme une désobéissance à Allah, à Lui les Louanges et la Gloire. Ainsi, toutes les provinces rejoignirent le calife tandis que certaines d’entre elles se révoltèrent contre le gouvernement d’Ankara. L’armée du Califat réussit à prendre toute une division kémaliste prisonnière.

 

Les batailles entre les deux armées se poursuivirent tout au long du mois de mai 1920 et l’armée du Sultan réussit à mettre en déroute les forces de Mustafa Kemal partout. Toutes les provinces rejoignirent le calife et les masses étaient de son côté, à l’exception d’Ankara, qui était le centre de la rébellion. Ankara elle-même était sur le point de tomber, car les villages voisins passaient les uns après les autres sous la bannière du Sultan et rejoignaient l’armée du Califat. Mustafa Kemal et ses partisans à Ankara étaient dans une situation désespérée, et à Ankara même, le désespoir s’insinua dans le cœur de ceux qui étaient avec lui et ils envisagèrent de se rendre au calife et de le rejoindre. La vie de Mustafa Kemal ne tenait qu’à un fil et il était sur le point d’être détruit.

 

La diffusion des termes de la trêve fit pencher la balance en faveur de Mustafa Kemal après sa défaite

 

A ce moment précis, les termes de la trêve qui avait été signée un an et demi auparavant à Paris, connu sous le nom de Traité de Sèvres que le Sultan avait accepté et que le premier ministre Damad Farid Bacha avait signé, furent diffusés. Ces conditions avaient été tenues secrètes et le peuple turc n’en savait rien. Ils furent maintenant diffusés dans toute la Turquie. L’opinion publique fut donc indignée dans toutes les régions du pays, contre le calife et contre le Premier ministre Damad Farid Bacha. Alors que l’indignation était à son plus haut, le Premier Ministre britannique Lloyd George, fit une annonce à la Chambre du Parlement en disant : « Le but des Alliés est de libérer les nations non turques du joug turc. » Cette annonce fut également diffusée parmi les masses, provoquant une intensification de l’indignation, et le ressentiment se dirigea contre les Britanniques et leurs marionnettes, le calife et son Premier ministre Damad Farid Bacha.

 

De cette façon, la situation changea totalement et les gens commencèrent à s’éloigner du calife et à rejoindre Mustafa Kemal. Les zones qui se sont révoltèrent contre Mustafa Kemal furent toutes purgées de l’armée du Califat et de ceux qui s’opposaient à Mustafa Kemal. L’armée du Califat fut lourdement vaincue et le pouvoir du Sultan fut diminué. Les gens juraient de se venger de Damad Farid Bacha qui avait signé le traité et rendu le pays. En conséquence, Ankara reprit le contrôle de la situation et toutes les personnes se rangèrent du côté de Mustafa Kemal. Ils considérèrent le traitre comme le sauveur de l’occupation et il fut rétabli en tant que chef du pays. Ce traité exaspéra les Turcs car il signifiait la fin de l’Empire Ottoman et sa division entre les Européens, ou sa fragmentation en plusieurs wilayas indépendantes, transformant ainsi la Turquie en un petit pays d’Asie Mineure et amenant Istanbul, la capitale de la Turquie et son seul passage en Europe sous mandat international, le Traité transforma également l’autorité du Sultan en des formes insignifiantes et grâce à Kemal, la Turquie réduite à des zones d’influence pour la Grande-Bretagne, la France et l’Italie.

Le Traité contenait une foule de clauses les plus horribles, parmi lesquelles :

  1. Les pays arabes: la Turquie fut dépouillée de tous les pays arabes qui faisaient autrefois partie de son empire. Quant au royaume du Hijaz, il fut reconnu comme un état indépendant et la Turquie renonça à sa domination sur la Palestine, la Syrie et la Mésopotamie dont l’avenir devait être décidé par les Alliés.
  2. La Turquie européenne : L’ouest de Damas fut remis à la Grèce jusqu’à la ligne Catalca. Dans le même temps, la Grèce reçut des Alliés l’héritage d’al-Gharbiyyah et étendit ainsi ses frontières à environ 20 miles de la capitale turque.
  3. Smyrna et les îles de la Mer Égée, ainsi que la ville de Smyrna, furent placées sous l’administration grecque pendant cinq ans, après quoi les habitants pouvaient choisir de rejoindre le royaume de Grèce par voie de référendum. Quant aux îles Jambros et Tinides, elles furent offertes à la Grèce en plus d’autres îles de la Mer Égée. Les îles Dodicaniz, qui comprennent l’île stratégique de Rhodes, furent été offertes à l’Italie.
  4. L’Arménie : La Turquie reconnut l’Arménie comme étant un état indépendant et accepta l’arbitrage du président Wilson concernant la question des frontières entre les deux pays.
  5. Le Kurdistan : la Turquie accepta d’accorder une autonomie aux terres kurdes situées à l’est de l’Euphrate et d’accepter tout plan relatif à cette question soumis par un comité restreint international représenté par la Grande-Bretagne, la France et l’Italie. La Turquie accepta également d’approuver certaines modifications de ses frontières avec l’Iran dans la région kurde, en plus d’approuver qu’un an après l’exécution de ce traité, les Kurdes pourraient demander l’indépendance qui serait accordée si le conseil de la Société des Nations jugeait les Kurdes dignes de cette indépendance. La Turquie devrait donc renoncer à toute son autorité sur ces terres. Les textes de cette renonciation formeraient un nouvel accord entre les Alliés et la Turquie.
  6. Les détroits et Constantinople : la Turquie accepta de placer les détroits sous administration internationale et de démilitariser les zones environnantes. Quant à Constantinople, (Istanbul), elle resterait sous souveraineté turque. En plus de cela, l’armée turque fut limitée à 50000 soldats et soumise à se conformer aux directives et recommandations des Alliés. La Turquie accepta également d’autoriser le contrôle à long terme de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Italie sur ses affaires financières, en plus de maintenir les anciennes concessions et d’ajouter une foule de clauses humiliantes. En plus de la Turquie acceptant d’accorder aux minorités ethniques une foule de droits et privilèges, en particulier les Arméniens, les Grecs et les Kurdes, et tous les Chrétiens en général.

 

Ce traité humiliant pour détruire le calife et le Califat fut fomenté de toutes pièces par les Britanniques et Mustafa Kemal afin de pousser le malheureux Sultan à le signer pour qu’il devienne injustement l’anathème des Musulmans et que le traitre mécréant prenne le pouvoir à sa place. Quelle terrible injustice ! Quelle terrible injustice que le traitre s’est vu élevé un palais après sa mort pour être visité alors qu’il est le destructeur de la nation musulmane. Cependant nulle n’échappera jamais à la Justice Divine.

 

La diffusion d’un traité aussi horrible et humiliant suffit à déclencher la rébellion en Turquie contre le Sultan, qui avait accepté le traité et l’avait signé. Par conséquent, le courant se déplaça rapidement en faveur d’Ankara et tout le pays se rangea du côté du nouveau gouvernement en lui donnant une force militaire et populaire. Le gouvernement d’Ankara alla jusqu’à menacer la capitale Istanbul elle-même occupée par les Alliés. Ainsi, Mustafa Kemal remporta la deuxième phase et réussit à établir un deuxième gouvernement dans le pays, avec Ankara comme centre, et à prendre le dessus sur le pays et l’armée.

 

Soldats Ottomans. Ou sont nos jeunes Subhanallah !

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