OSMANLI

Mustafa Kemal réussit à rassembler les gens autour de lui sur la base de la libération du pays

 

C’est pourquoi Mustafa Kemal, sortit vainqueur car il réussit à rassembler les gens autour de lui sur la base d’une idée dont tout le monde était convaincu, à savoir l’expulsion des Alliés du pays et sa libération du cauchemar de leur occupation. Il réussit à évoquer en eux la possibilité de lutter contre l’occupation et d’entreprendre des actions contre elle. Par conséquent, il devint l’objet de l’espoir des masses et de l’admiration des officiers de l’armée, bien qu’ils nourrissaient tous des doutes sur ses intentions envers le calife, et ils considéraient ces intentions comme étant contre leur sanctification, parce que le poste de calife était pour eux une sainteté. Par conséquent, l’espoir des gens était que Mustafa Kemal s’accorde avec le calife afin que le poste sanctifié de calife reste intact et qu’ils puissent obtenir l’expulsion des ennemis occupants. Ce fut particulièrement le cas après avoir senti à travers l’empêchement des Britanniques d’occuper Samsun et les combats des Grecs, la possibilité de résister aux occupants. Ainsi ils s’accrochèrent à cet espoir dans lequel ils considéraient Mustafa Kemal comme héros tandis qu’ils ne pouvaient pas voir dans le calife cette possibilité.

 

Par conséquent, tous les yeux étaient rivés sur Mustafa Kemal. La majorité des gens ne pouvaient pas discerner les complexités de l’activité politique et de sa portée, et il était difficile pour l’homme ordinaire de les comprendre, et aussi difficile pour les officiers militaires s’ils n’entreprenaient pas d’activités politiques. Par conséquent, ils ne perçurent pas ces jeux britanniques. Ils n’étaient pas non plus familiarisés avec les relations internationales, ils ne pouvaient donc pas apprécier la persistance britannique à priver ses alliés du butin, même si cela signifiait les donner ou les garder entre les mains de l’état vaincu, de sorte que l’équilibre international des pouvoirs demeure en faveur de la Grande-Bretagne et pour qu’ils restent la puissance dominante. Ils ne savaient pas non plus que l’occupation par l’Italie ou la France d’une partie quelconque du littoral turc compromettrait l’influence britannique à l’est et ses forces en Méditerranée. Ainsi, ils ne leur permirent pas de prendre quoi que ce soit. Le peuple ne pouvait pas non plus discerner que la Grande-Bretagne n’avait pas éloigné les Italiens et les Français de sa propre force, ni par des actions manifestes, mais en incitant les autres et par des manœuvres et des tromperies.

En outre, aucun des Musulmans ne se rendit compte de l’ampleur de la peur dans le cœur de tous les états, en particulier des Britanniques, de la préservation du Califat qui était considéré comme une menace constante pour eux. Ainsi, les Musulmans ne réalisèrent pas la vile conspiration que les Britanniques complotaient à travers la rébellion de Mustafa Kemal pour abolir le Califat aux mains des Musulmans. Comme Mustafa Kemal prit la direction de la Turquie pour combattre les occupants, il fut considéré comme ayant remporté le premier tour.

 

Mustafa Kemal adopte Ankara comme centre

 

Ayant remporté cette victoire, Mustafa Kemal tenta une fois de plus de s’emparer du pouvoir par des moyens légitimes par le biais du Parlement. Les préparatifs des nouvelles élections parlementaires furent lancés, mais ils reposaient sur l’ancienne base, à savoir un parlement ottoman subordonné au gouvernement du calife. Cependant, le Premier ministre ‘Ali Ridha était faible et il sentit la dérive des gens vers Mustafa Kemal. Il jugea donc sage de s’entendre avec lui. En conséquence, il envoya Salih Bacha, le ministre de la Marine en Anatolie, où, le 18 octobre 1919, il tint avec la commission parlementaire une réunion qui devint plus tard connue sous le nom de Conférence d’Amasia. La conférence dura plusieurs jours et Salih Bacha réussit à se réconcilier entre les députés et le gouvernement. La première motion à être proposée à la conférence et à être immédiatement approuvée par les deux parties fut la « non-violation du Sultanat et du Califat. » Le délégué d’Istanbul approuva ensuite toutes les résolutions adoptées lors de la conférence Ardh-Roum et de la conférence de Sivas. Une discussion animée éclata concernant la question de la dissolution du Comité parlementaire, et après l’intensification du débat, la question resta en suspens et il fut décidé qu’elle resterait suspendue jusqu’à ce que les membres du nouveau parlement puissent se réunir pour le régler.

 

Mustafa Kemal déménagea alors à Ankara pour y résider et l’utiliser comme centre. Des dispositions furent prises pour l’accueillir et le matin de son arrivée prévue, les résidents locaux se levèrent tôt et toute la ville attendit avec impatience. Les fermiers quittèrent leurs fermes pour participer à son accueil et les derviches sortirent dans une grande procession, portant de grandes banderoles vertes portant des versets Qur’aniques exaltés. Quand il arriva, les gens applaudirent, les femmes crièrent, et les Takbir et acclamations retentirent ; Le traitre entra dans la ville en héros et y élut domicile pour poignarder l’Oummah .

 

De nouvelles élections eurent lieu et Mustafa Kemal fut élu député d’Ankara. Plusieurs députés affluèrent alors à Ankara et tinrent une réunion préliminaire pour discuter de leurs affaires. Au cours de la réunion, il fut proposé de convoquer le parlement dans la capitale et de dissoudre la conférence maintenant que ses membres étaient devenus des députés officiels. Cependant, Mustafa Kemal s’opposa aux deux idées avec véhémence et obstination en disant : « La conférence doit se poursuivre jusqu’à ce que le degré d’adhésion du Parlement à la justice devienne manifeste et jusqu’à ce que sa politique devienne claire. Quant à déménager dans la capitale, cela ne peut être considéré que comme une pure idiotie. Si vous faites cela, vous serez sous la merci de l’ennemi occidental car les Britanniques contrôlent toujours le pays et l’autorité interférerait dans vos affaires, et vous pourriez être arrêté. Par conséquent, le Parlement devrait être convoqué ici en Ankara, pour qu’il reste libre et indépendant. »

 

Néanmoins, tous les députés insistèrent pour que l’inauguration du parlement ait lieu dans la capitale Istanbul et dans la chambre du parlement, afin qu’ils puissent être là sous l’aile du dirigeant légitime du pays, le Sultan Wahid ad-Din, le calife des Musulmans. Sur ce, Mustafa Kemal garda le silence et accepta. Cependant, il n’alla pas à Istanbul mais resta à Ankara. Auparavant, il avait tenu une réunion parlementaire avec les députés d’Ankara et leur avait donné les instructions nécessaires. Il leur demanda de voter pour lui comme président du parlement en son absence.

 

Le 11 novembre 1919, le parlement fut inauguré par un discours du trône puis l’élection d’un président eut lieu. Les députés refusèrent d’élire Mustafa Kemal comme président et optèrent pour Raouf Bek à la place. Puis, le 28 janvier 1920, le parlement ratifia la charte nationale connue sous le nom de fameuse Charte Milli, qui confirmait les résolutions des conférences Ardh-Roum et Sivas. La charte appela à l’indépendance et à la liberté totale de toutes les provinces habitées par une majorité turque, y compris Istanbul et sa banlieue, s’étendant le long de la Mer de Marmara, à condition que le sort de toutes les parties de l’empire soit décidé par référendum.

Pendant ce temps, les pays européens informèrent le gouvernement ottoman par un mémorandum officiel qu’Istanbul et les détroits devaient rester à la disposition du Sultan. Les partisans de Mustafa Kemal interprétèrent cela comme une victoire de leur politique et qu’il serait possible de s’entendre avec les Européens sur des conditions de trêve plus équitables. Par conséquent, Mustafa Kemal commença à travailler pour faire tomber le gouvernement de ‘Ali Ridha Bacha et pour le remplacer par un gouvernement nationaliste pur et simple. Il persista et pressa les députés avec véhémence d’entreprendre cette initiative et épuisa tous ses efforts, mais les députés reculèrent et refusèrent d’écouter Mustafa Kemal. Ainsi, il devint furieux et se rendit compte que son plan pour prendre le pouvoir par des moyens légitimes et pour remplacer le système du Califat par un système républicain de koufr était inévitablement voué à l’échec. Alors, il entreprit de raviver la rébellion afin de s’emparer du pouvoir par la force.

 

Le retour de Mustafa Kemal à la rébellion à travers une deuxième phase

 

C’est Mustafa Kemal qui appela à l’élection de nouveaux membres et reconnu la constitutionnalité de l’assemblée. Il approuva les députés choisis et promit de se conformer aux résolutions de l’assemblée, qui avait dissous l’ancien gouvernement et accepté le gouvernement actuel, avec les demandes que le pays devrait être gouverné par la règle constitutionnelle. Malgré tout cela, il décida de déclarer à nouveau la rébellion, après avoir perdu tout espoir de prendre le pouvoir par le Parlement. Par conséquent, il équipa les troupes et à prépara au combat. Des armes et des fonds commencèrent à affluer vers lui depuis Istanbul en toute connaissance de cause du Haut-Commissaire britannique et du Haut-Commissaire français qui avaient tous deux l’habitude d’exprimer nominalement leur objection à cela, mais se taisaient généralement et refusaient de révéler quoi que ce soit ; même lorsqu’un incident bien plus important que celui-ci se produisit, c’est-à-dire lorsque Mustafa Kemal rassembla des camions pleins d’armes et de munitions dans la péninsule de Gallipoli, juste sous le nez du Haut-Commissaire britannique et malgré sa surveillance, une autre preuve.

 

Une guérilla maquillée éclata contre les Alliés, et Biria fut assiégée et forcée de capituler, ainsi les rebelles permirent à la garnison italienne d’évacuer. Puis le côté est de la Cilicie fut attaqué et la garnison française évacuée. Londres et Paris appelèrent à un arrêt absolu des opérations militaires, mais celles-ci se poursuivirent. Ainsi, le 7 mars 1920, les Alliés forcèrent ‘Ali Ridha à démissionner qui présenta sa démission et fut remplacé par Salih Bacha, qui était le Ministre de la marine, et qui avait dans le passé conclu un accord avec Mustafa Kemal à Amasia. Par conséquent, il agit au sein du gouvernement tout en essayant de dissiper et de pacifier la situation.

Cependant, le 10 mars 1920, Lord Curzon prononça un discours à la Chambre des Lords dans lequel il déclara : « Les Alliés ne peuvent plus tolérer le niveau de dépréciation que les Européens doivent endurer à Istanbul, alors que les Chrétiens y sont persécutés et massacrés (un odieux mensonge comme d’habitude). »

 

Les Britanniques occupent Istanbul

 

À la suite de cette déclaration, le port de la Corne d’Or se remplit de navires de guerre britanniques. Le personnel britannique évacua l’Anatolie et des ordres furent donnés à la garnison britannique restante d’évacuer le plus tôt possible. Les Britanniques vivant à Ankara quittèrent la ville à la hâte.

Le président du parlement à Istanbul, Raouf Bek, déclara que les Britanniques avaient l’intention d’arrêter les députés nationalistes et de restaurer le gouvernement de Damad Farid Bacha. Par conséquent, Mustafa Kemal télégraphia à ses adjoints les exhortant avec véhémence à fuir et à ne pas se rendre aux Britanniques, mais ils refusèrent de fuir.

 

Aux premières heures du 16 mars 1920, toutes les mesures visant à occuper militairement Istanbul et à resserrer l’emprise sur les résidents locaux furent prises. Cette tâche fut déléguée au général britannique Henri Wilson, qui avait été nommé auparavant commandant en chef des forces alliées.

Paris et Rome convinrent que les trois gouvernements britannique, français et italien devraient participer à l’imposition des sanctions. Cependant, c’est la Grande-Bretagne seule qui envoya sa marine. Lorsque la France et l’Italie réalisèrent que la Grande-Bretagne avait réussi à occuper Istanbul, elles intervinrent une fois de plus pour bloquer l’initiative catégoriquement britannique afin de préserver l’équilibre international des forces et exigèrent donc de participer à la direction du pays mais les Britanniques ne leur permirent pas de le faire et agirent seuls.

Puis sans plus tarder, les troupes britanniques patrouillèrent les rues principales de la ville, exhibant fièrement, occupant la poste et tous les principaux bâtiments du gouvernement, après avoir terrorisé les habitants et même les soldats turcs eux-mêmes. Ils arrêtèrent un certain nombre de députés du parti de Mustafa Kemal, parmi lesquels Raouf Bek et Fathi Bek. Ils arrêtèrent également l’ancien Premier ministre Said Halim, les emmenant tous en prison. Le lendemain matin, ils furent embarqués dans un bateau qui les emmena à Malte. Par conséquent, certains des députés et officiers de l’armée fuirent Istanbul pour Ankara. Et ainsi, les alliés prirent le contrôle total d’Istanbul et la dirigèrent comme ils l’entendaient. La loi martiale fut déclarée à Istanbul et une censure stricte fut appliquée à la presse, aux communications postales et télégraphiques et au gouvernement.

 

Soldats Ottomans. Ou sont nos jeunes Subhanallah !

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