OSMANLI

En 1747, Muhammad Ibn Sa’oud déclara son approbation et son acceptation des opinions et des pensées de Muhammad Ibn ‘Abd al-Wahhab et lui promit également son soutien. Avec cette alliance le mouvement wahhabite fut créé et il vit le jour sous la forme d’une Da’wah et sous la forme d’une règlementation et Muhammad Ibn ‘Abd al-Wahhab fut utilisé pour appeler et enseigner les gens à celle-ci, tandis que Muhammad Ibn Sa’oud l’utilisa et l’appliqua sur les personnes qui étaient sous son commandement et son autorité.

 

Le mouvement wahhabite se répandit dans les régions et les tribus voisines d’ad-Dir’iyyah. Le commandement de Muhammad Ibn Sa’oud se répandit en même temps jusqu’à ce qu’il réussisse en dix ans à soumettre une superficie de trente milles carrés à son autorité et au nouveau Madhhab. Cependant, ce fut une expansion réalisée grâce à la Da’wah et à l’autorité du Sheikh de ‘Anazah. Personne ne le défia et personne ne s’opposa à lui, même l’émir d’al-Ahsa qui avait expulsé Muhammad Ibn ‘Abd al-Wahhab de ‘Ouyaynah ne s’opposa pas à son ennemi dans cette expansion et ne rassembla ses troupes qu’en 1757 pour le combattre. Cependant, il fut vaincu, et Muhammad Ibn Sa’oud saisit ses territoires. Par conséquent, l’autorité de ‘Anazah, représentée par l’autorité de Muhammad Ibn Sa’oud et du nouveau Madhhab devenu l’autorité au pouvoir d’ad-Dir’iyyah et ses environs, ainsi qu’al-Ahsa.

Cependant, à la suite de son affrontement avec l’émir d’al-Ahsa et de la conquête de son dominion, le mouvement wahhabite s’arrêta. On ne sait pas très bien s’il se développa davantage ou poursuivit ses activités. Muhammad Ibn Sa’oud tout comme le Madhhab s’arrêtèrent aux frontières de cette zone et le mouvement se calma et stagna.

 

En 1765, Muhammad Ibn Sa’oud mourut et fut succédé par son fils ‘Abd al-‘Aziz au royaume de ‘Anazah. Son fils suivit les traces de son père et gouverna la zone sous son contrôle. Cependant, il ne mena aucune activité pour le mouvement, ni aucune expansion dans les zones environnantes. Par conséquent, le mouvement resta léthargique. On n’entendit presque plus parler de ce mouvement et aucun de ses voisins ne le mentionna ni ne craignit son invasion.

 

Cependant, 41 ans après le début du mouvement wahhabite, de 1747 jusqu’à 1788, et 31 ans après son arrêt (de 1757 à 1787), son activité reprit soudainement. Le mouvement adopta une nouvelle méthode pour diffuser le Madhhab et devint largement et fortement médiatisé au-delà de ses frontières, dans tout l’État Islamique ainsi qu’auprès des autres puissances. Ce mouvement commença à inquiéter et inquiéta ses voisins comme l’ensemble de l’État islamique.

 

En 1787, ‘Abd al-‘Aziz déménagea pour établir un siège de pouvoir et adopter un système de règle héréditaire ou de succession au trône, impliquant que ‘Abd al-‘Aziz confirmait son fils Sa’oud comme son successeur. Une foule immense dirigée par Sheikh Muhammad Ibn ‘Abd al-Wahhab se rassembla. ‘Abd al-‘Aziz s’adressa à celle-ci et déclara que le droit de commandement était limité qu’à sa famille et que le droit de lui succéder qu’à ses fils. Il déclara également que son fils Sa’oud avait été confirmé comme son successeur et cette immense foule fut d’accord avec lui et reconnut ses déclarations. Un siège de pouvoir pour un état plutôt qu’une tribu ou un ensemble de tribus fut donc été créé. Il semble également et Allah Exalté est Plus Savant, que la succession à la tête du Madhhab wahhabi se soit également limitée à la famille de Muhammad Ibn ‘Abd al-Wahhab. Une fois les questions de succession à l’émir et à la tête du Madhhab réglées, le mouvement reprit soudainement vie et reprit ses conquêtes et ses expansions. Il recourut une fois de plus à la guerre pour répandre le Madhhab.

 

En 1788, ‘Abd al-‘Aziz se lanca dans la préparation et l’équipement d’un énorme raid militaire. Il attaqua le Koweït, la conquit et le saisi. Les Britanniques avaient pour leur part tenté d’ôter le Koweït à l’État Ottoman mais avaient échoué du fait que d’autres états, comme l’Allemagne, la Russie et la France s’y étaient opposés, et parce que l’État Ottoman leur avait résisté. Par conséquent, la séparation du Koweït de l’État Ottoman et l’avancée vers le nord pour sa protection suffirent à captiver l’imagination des grands états tels que la Russie, l’Allemagne et la France, ainsi que l’État Ottoman. De plus, les caractéristiques de cette guerre, sectaire, suscitaient des émotions spirituelles.

De cette façon, les Wahhabi reprirent leurs activités soudainement après une accalmie qui avait duré plusieurs décennies. Ils reprirent ainsi leur activité à travers la guerre et la conquête en attaquant le Koweït et en s’en emparant ainsi que plusieurs tentatives d’expansion.

 

En conséquence, ils devinrent une source de préoccupation et une nuisance pour leurs voisins de la Péninsule Arabique, l’Irak, La Grande Syrie et l’État Ottoman en sa qualité d’État du Califat. Ils brandirent l’épée pour combattre les Musulmans, le Califat et conquirent les terres islamiques. Puis en 1792, Muhammad Ibn ‘Abd al-Wahhab mourut et son fils lui succéda à son poste tout comme Sa’oud succéda à son père ‘Abd al-‘Aziz. Les émirs saoudiens adoptèrent le Madhhab Wahhabi comme un outil politique pour frapper l’État Ottoman du Califat pour inciter à des guerres sectaires entre Musulmans.

 

La conspiration britannique contre l’État Islamique

 

Le courtage et la loyauté d’as-Sa’oud envers les Britanniques étaient une question bien connue de l’État Ottoman et des grandes puissances telles que l’Allemagne, la France et la Russie. On savait également qu’il était dirigé par les Britanniques. Les Britanniques eux-mêmes ne cachèrent jamais le fait qu’ils soutenaient les Saoudiens en tant qu’état. De plus, les énormes arsenaux et équipements qui les atteignaient via l’Inde et les finances pour couvrir l’effort de guerre et équiper les forces armées n’étaient que des armes et de l’argent britanniques. Par conséquent, les autres pays européens, en particulier la France, s’opposèrent à la campagne wahhabi car elle était considérée comme une campagne britannique.

L’État Ottoman tenta de frapper les Wahhabi, mais en vain, et ses walis à Médine et à Bagdad ne furent pas en mesure de les freiner. En conséquence, il chargea Muhammad ‘Ali, son wali en Egypte, d’envoyer un groupe de travail pour s’occuper d’eux. Muhammad ‘Ali hésita au début car c’était un agent français, et c’est la France qui l’avait aidé à organiser le coup d’état en Égypte, à s’emparer du pouvoir et puis forcé les Ottomans à le reconnaître. Ainsi, sur la base de l’accord et de l’incitation de la France, Muhammad ‘Ali, non pas pour faire plaisir aux Ottomans mais pour contrer l’influence des britanniques au Moyen Orient, répondit aux demandes du Sultan en 1811 et envoyé son fils Tosson combattre les Wahhabi. Plusieurs batailles eurent lieu entre l’armée égyptienne et les Wahhabi et l’armée égyptienne réussit à conquérir Médine en 1812.

Puis en 1816, Muhammad ‘Ali envoya son fils Ibrahim du Caire, qui écrasa les Wahhabi jusqu’à ce qu’ils se retirent dans leur capital d’ad-Dir‘iyyah ou ils se fortifièrent. Par la suite, Ibrahim les assiégea en avril 1818. Le siège se poursuivit tout au long de l’été jusqu’au 9 septembre 1818 lorsque les Wahhabi capitulèrent. Les armées d’Ibrahim détruisirent ad-Dir’iyyah et la rasèrent au sol. Il est rapporté qu’ils la labourèrent même pour qu’il n’en reste aucune trace. Cela marqua la fin de la campagne britannique.

 

La tentative de la France de frapper l’État Islamique

 

La France tenta ensuite de frapper l’État Islamique des Ottomans dans le dos par l’intermédiaire de son agent Muhammad ‘Ali, le wali d’Égypte. La France le soutint ouvertement internationalement et politiquement, et il affirma son indépendance des Ottomans et leur déclara la guerre. Dans le but de conquête, il marcha sur la Grande Syrie en 1831 et occupa la Palestine, le Liban, la Syrie et commença à s’infiltrer en Anatolie. Cependant, les Ottomans envoyèrent une puissante armée pour le combattre.

 

La Grande-Bretagne, la Russie et deux des états allemands se retournèrent contre Muhammad ‘Ali. En juillet 1840, la Grande-Bretagne, la Russie et deux états allemands organisèrent ce qui est devenu connu sous le nom d ‘«Alliance quadrilatérale», selon laquelle ces ils s’engageraient à défendre l’unité de l’État Ottoman et obliger Muhammad ‘Ali, par la force si nécessaire, à rendre la Syrie. Cette prise de position des pays européens tourna la situation internationale en faveur des Ottomans. Cela les aida à résister à Muhammad ‘Ali et à le chasser de la Syrie, de la Palestine et du Liban. Muhammad ‘Ali retourna en Egypte et accepta d’être un wali sous l’autorité des Ottomans. Cependant, comment faire confiance à un traitre ?

 

L’éveil du chauvinisme nationaliste et des tendances séparatistes

 

Les tentatives des pays européens, en particulier la Grande-Bretagne, la France et la Russie, de d’anéantir définitivement l’État Califal des Ottomans se poursuivirent. Cependant, leurs tentatives visaient principalement à frapper l’état dans le dos, par le biais de guerres organisées, d’armées et de batailles mais elles échouèrent. Cet échec n’était pas exclusivement dû aux capacités défensives des Ottomans mais principalement à la situation internationale et aux divergences sur le partage du butin (les terres islamiques du califat) entre ces états.

 

Quant aux tentatives entreprises en Europe par les états européens, principalement en Serbie, en Hongrie, en Bulgarie, en Grèce et d’autres, elles furent couronnées de succès parce que les pays européens agirent en incitant le chauvinisme nationaliste et les tendances séparatistes qu’ils appelaient « indépendance. » Ainsi, les pays européens adoptèrent ce style (incitation au chauvinisme nationaliste et aux tendances séparatistes) dans toutes les terres ombragées par la bannière de l’Islam et gouvernées par le calife des Musulmans. Ils concentrèrent spécifiquement leur travail sur les Arabes et les Turcs. Les ambassades britannique et française à Istanbul et celles des principales régions des terres islamiques lancèrent cette nouvelle vague de division. Leur travail fut particulièrement notable principalement à Bagdad, Damas, Beyrouth, Le Caire et Jeddah. Deux centres principaux furent créés pour mener à bien cette mission :

Istanbul, pour frapper l’État Ottoman dans son centre principal, et Beyrouth, pour le frapper dans les provinces, notamment dans les pays habités par des Musulmans arabophones.

 

Le rôle du centre de Beyrouth dans la lutte contre les Ottomans

 

Quant au centre de Beyrouth, il fut créé comme un centre de la mécréance pour frapper l’Islam et l’État Islamique et son plan était conçu pour fonctionner sur une base à long terme qui donnerait des résultats d’une grande portée. Quant au centre d’Istanbul, un plan à court terme fut conçu pour lui, de sorte qu’il donna des résultats rapides mais aussi de lourdes conséquences. Par conséquent, le centre de Beyrouth fut utilisé comme un poison mortel, qui convertit des milliers de fils musulmans en mécréants et transforma les relations islamiques en général en relations conduites selon les règles de la mécréance. En effet, l’effet du centre qui frappa l’État Islamique lors de son affrontement avec les mécréants pendant la Première Guerre Mondiale fut dévastateur.

 

Les mécréants occidentaux commencèrent leurs activités politiques à Beyrouth immédiatement après le retrait d’Ibrahim Basha de Grande Syrie. En 1842, un comité fut formé dans le but de créer une association scientifique sous les auspices de la mission américaine et selon son programme. Le comité procéda selon son programme pendant cinq ans, jusqu’à ce qu’il parvienne en 1847 à créer une association connue sous le nom d’Association des Sciences et des Arts (toujours des noms trompeurs). Cette association était dirigée par deux collaborateurs chrétiens, connus comme les plus dangereux des collaborateurs britanniques : Boutros al-Boustani et Nassif al-Yaziji, soutenus par Churchill parmi les Britannique ainsi qu’Eli Smith et Cornilos Van Dick.

 

Les objectifs de l’association étaient au départ vagues, elle donnait cependant l’impression qu’elle visait à diffuser diverses sciences parmi les adultes, comme le feraient les écoles avec les enfants, et à motiver les adultes, tout comme les enfants seraient motivés, à se cultiver avec la culture et la pensée occidentale en les orientant vers une direction spécifique. Cependant, malgré l’activité des travailleurs de l’association et leurs efforts considérables, sur une période de deux ans, seuls cinquante membres actifs dans l’ensemble de la Grande Syrie y adhérèrent. La plupart étaient Chrétiens et de Beyrouth et personne parmi les Musulmans ne rejoignit l’association.

Ainsi, une autre association fut créée en 1850 sous le nom d’Association Occidentale. Il fut établi par les jésuites, sous la tutelle du père jésuite français Henri Debrenier, et tous ses membres étaient Chrétiens.

 

En 1857, une autre association fut créée. Cette association adopta cependant un nouveau style et offrit son adhésion exclusive qu’aux Arabes et aucun étranger ne fut autorisé à adhérer ; les fondateurs étaient également des Arabes. Par conséquent, ils réussirent à persuader certains Musulmans et certains Druzes de se joindre à eux en leur qualité d’Arabes. Un grand nombre les rejoignirent et ils  atteignirent 150 membres. Parmi son conseil d’administration se trouvaient des personnalités « éminentes » telles que Muhammad Arsalan des Druzes, Hussein Bayham des Musulmans, Ibrahim al-Yaziji et le fils de Boutros al-Boustani des Chrétiens arabes. Ce sont ces deux derniers qui adoptèrent l’idée et s’efforcèrent d’y travailler. Le succès de l’association encouragea les mécréants à adopter une approche directe en incitant au chauvinisme nationaliste et aux tendances à l’indépendance sans avoir à recourir au stratagème de diffusion de la science et, à travailler de manière ouverte et non par intrigue et tromperie.

 

En 1875, l‘Association Secrète fut créée à Beyrouth par cinq jeunes hommes parmi les diplômés du Collège Protestant de Beyrouth. Ils étaient tous Chrétiens et ils réussirent à rassembler un petit nombre de personnes. L’association entreprit de se concentrer sur une idée politique. Elle fut établie en tant que parti politique et construit sur la base du nationalisme arabe. Cette association est considérée comme le premier parti politique à s’être établi dans les terres islamiques sur la base du nationalisme arabe. L’association faisait appel aux Arabes, à l’arabisme et au nationalisme. Il incitait à la haine contre l’État Ottoman et l’appelait l’État Turc. Elle travailla à séparer la religion de l’état, à établir le nationalisme arabe comme base de l’unité et à faire évoluer la loyauté des Musulmans du Dogme Islamique vers une appartenance exclusive au nationalisme arabe. Ce parti avait l’habitude de publier des tracts et de les distribuer en secret. Certains de ses tracts avaient l’habitude d’accuser la Turquie, selon eux, d’avoir usurpé le Califat aux Arabes, violé la noble Shari’ah Islamique et abusé de la Religion, malgré le fait que ceux qui supervisaient et dirigeaient les affaires de l’association étaient tous des Chrétiens qui nourrissaient la haine contre l’Islam. Les mouvements nationalistes commencèrent à se répandre et le chauvinisme nationaliste se propagea. Cependant, les activités des pays européens au centre de Beyrouth furent conçues pour recruter des espions et mener des activités visant à détruire les pensées et les âmes. Par conséquent, le statut politique de cette association était rétrograde, bien que ses effets aient été intellectuellement dévastateurs.

 

Combattants pour le Taghout

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