OSMANLI

La destruction du Califat

 

« Ils veulent éteindre avec leurs bouches la lumière d’Allah, alors qu’Allah ne veut que parachever Sa lumière, quelque répulsion qu’en aient les mécréants. C’est Lui qui a envoyé Son Messager avec la bonne direction et la religion de la vérité, afin qu’elle triomphe sur toute autre religion, quelque répulsion qu’en aient les associateurs. » At-Tawbah 32-33.

 

La lutte entre l’Islam et le koufr

 

La lutte acharnée entre les pensées islamiques et les pensées koufr (mécréantes, impies), et entre les Musulmans et les kouffar (mécréants, impies), est intense depuis l’aube de l’Islam. Lorsque le Messager d’Allah ((sallallahou ‘aleyhi wa sallam – Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) fut envoyé, la lutte n’était qu’une lutte intellectuelle et n’était associée à aucune lutte matérielle. Ce statu quo continua jusqu’à l’établissement de l’État Islamique à Médine, après quoi l’armée et l’autorité furent établies et depuis lors, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) combina la lutte matérielle avec la lutte intellectuelle. Les versets du Jihad furent révélés et la lutte continua. Cela continuera ainsi, une lutte sanglante aux côtés de la lutte intellectuelle, jusqu’à ce que l’Heure arrive et qu’Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, hérite de la Terre et de ceux qui s’y trouvent. C’est pourquoi le koufr est un ennemi de l’Islam et que les mécréants seront ennemis des Musulmans tant qu’il y aura l’Islam et la mécréance dans ce monde, Musulmans et mécréants jusqu’à ce que tous soient ressuscités. C’est un fait décisif et constant. Par conséquent, sa compréhension doit rester claire pour les Musulmans à tout moment tout au long de leur vie, et elle doit être considérée comme un critère pour juger des relations entre l’Islam et la mécréance et entre les Musulmans et les mécréants.

 

La lutte intellectuelle pure se poursuivit pendant treize ans et ce fut la lutte la plus dure et la plus féroce. Finalement, les pensées islamiques vainquirent les pensées koufr, et Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, fit triompher l’Islam. L’état qui protège l’honneur des Musulmans, qui est le bouclier de l’Islam et répand la direction parmi les gens par le biais du Jihad, fut établi à Médine. Les guerres les plus féroces et les plus dures entre l’Islam et le Koufr et entre les armées musulmanes et mécréantes éclatèrent au cours de batailles successives. La victoire dans toutes ces guerres revint aux Musulmans et bien que les Musulmans furent vaincus dans certaines batailles, ils gagnèrent toujours et ne perdirent pas de guerre pendant six siècles, restant plutôt victorieux dans toutes leurs guerres pendant cette période. L’État Islamique resta la nation dominante tout au long de cette période. En dehors des Musulmans, cela n’est jamais arrivé à l’humanité et fut exclusif à l’État Islamique.

 

Cependant, les mécréants, en particulier les états européens, restèrent conscients de l’Islam et voulurent l’attaquer, tout comme ils restèrent attentifs aux Musulmans et voulurent détruire leur entité. Ils tentèrent d’attaquer ou de conspirer contre les Musulmans chaque fois que l’occasion se présenta. Entre la fin du 6e siècle (9e siècle) et le début du 7e siècle Hijri (12e siècle), les pays européens sentirent la condition que le système au pouvoir dans l’État Islamique avait atteint la fragmentation concernant des wilayah ( provinces) du corps de l’état, et l’indépendance de certains walis (gouverneurs) dans des domaines clés concernant la politique interne tels que les forces armées, les finances, l’autorité, etc. En fait, ils ressemblaient davantage à une fédération d’états qu’à un seul état uni. L’autorité du calife fut réduite dans certaines wilayah à son invocation sur les chaires, la frappe de monnaie portant son nom et à lui envoyer une somme d’argent du Kharaj. Les états européens conscients de ce fait en profitèrent pour lancer les croisades contre les Musulmans et la guerre éclata. Les Musulmans furent vaincus dans cette guerre et les mécréants capturèrent l’ensemble d’Ash-Sham : la Palestine, le Liban et la Syrie. Ils occupèrent ces territoires pendant des décennies, conservant même certaines zones comme Tripoli pendant cent ans.

 

Bien que les batailles qui eurent lieu entre les croisés et les Musulmans furent continues tout au long des cent ans et bien que les tentatives des Musulmans de reprendre les terres qu’ils avaient perdues ne cessèrent pas, ces guerres cependant déstabilisèrent la Oummah Islamique, et rabaissèrent le statut de l’État Islamique. Les Musulmans perdirent la guerre et ils furent vaincus par les mécréants. Bien que la victoire de la mécréance contre l’Islam ne se soit jamais matérialisée, ni intellectuellement ni spirituellement, la honte et l’humiliation qui frappa les Musulmans dépassa l’imagination. Ainsi, l’ère des croisades, est considérée comme une ère de défaite pour les Musulmans, car malgré leur victoire finale contre les croisés avec leur expulsion d’ash-Sham, ils cessèrent les conquêtes et les guerres contre les mécréants.

 

A peine les croisades terminées, les Mongols arrivèrent et le massacre de Bagdad eu lieu. Ce revers fut suivi par la chute de Damas aux mains des Mongols en 656 (1258). Puis vint la bataille de ‘Ayn Jalout le 3 septembre 1260 où les Mongols furent détruits. À la suite de la destruction des Mongols, le Jihad fut ressuscité dans l’âme des Musulmans et ils sentirent la nécessité d’une reprise de la transmission de la Da’wah dans le monde. Par conséquent, les conquêtes musulmanes contre les mécréants recommencèrent et le Jihad contre les Byzantins reprit.

 

Ce fut vers le septième siècle de l’Hijrah (13e siècle) que l’Oummah Islamique reprit les conquêtes. Les guerres se poursuivirent et plusieurs batailles successives eurent lieu ou les Musulmans émergèrent toujours victorieux et bien qu’ils aient été battus dans certaines batailles, ils avaient l’habitude de gagner les guerres et de conquérir les terres. L’État Islamique était la nation dirigeante et elle continua à occuper la première place pendant quatre siècles, jusqu’au milieu du 12e siècle de l’Hégire (18e siècle). Puis la révolution industrielle en Europe apparue d’une manière remarquable qui eut un impact profond sur les pouvoirs des états. Les Musulmans restèrent inactifs et confus par cette révolution, d’où l’équilibre des pouvoirs dans le monde changea et l’État Islamique débuta progressivement sa descente de la première place, jusqu’à ce qu’il devient finalement l’objet convoité des cupides. Par conséquent, il commença à évacuer les terres qu’il avait conquises et les terres qui étaient auparavant sous son autorité. Les pays impies commencèrent à lui usurper la terre de l’Islam morceau par morceau, ce qui marqua le début du reflux et la fin de la marée pour les Musulmans.

 

Depuis lors, les pays européens se concentrèrent sur le retrait de l’État Islamique de la scène internationale et sur le retrait complet de l’Islam des affaires de la vie et des relations entre les peuples. En d’autres termes, ils pensèrent à une nouvelle campagne de croisades. Cependant, contrairement aux premières croisades, les nouvelles croisades devaient être plus qu’une simple invasion militaire pour vaincre les Musulmans et l’État Islamique. Les nouvelles croisades furent plus horribles et eurent des conséquences plus profondes. Elles furent conçus pour déraciner l’État Islamique de manière à ne laisser aucune trace de celui-ci et à ce qu’aucune racine ne puisse repousser. Ils conçurent également pour déraciner l’Islam de l’âme des Musulmans afin que rien ne puisse subsister sauf une foule de rites cléricaux et les rituels spirituels.

 

Les complots des pays européens contre l’État Islamique

 

Malgré les divergences entre les mécréants sur la division des terres des Musulmans, ils furent pleinement d’accord sur l’idée de détruire l’Islam et ils suivirent plusieurs méthodes à cet effet. Au départ, ils suscitèrent des sentiments de nationalisme et d’indépendance dans les pays européens. Ils incitèrent les gens contre l’État Islamique et leur fournirent des armes et de l’argent pour se révolter contre lui, comme ce fut le cas en Serbie et en Grèce. De cette manière, les pays européens tentèrent de poignarder l’État Islamique dans le dos. La France envahit l’Égypte et l’occupa en juillet 1798, puis marcha sur la Palestine et l’occupa. La France voulut occuper le reste d’ash-Sham afin de porter le coup fatal à l’État Islamique, mais fut vaincue et fut plus tard contrainte de quitter l’Égypte et de rendre les terres de l’État Islamique qu’elle avait occupées.

 

La naissance des Wahhabi et la domination saoudienne

 

La Grande-Bretagne tenta par l’intermédiaire de son agent ‘Abd al-‘Aziz Ibn Muhammad Ibn Sa’oud de frapper l’État Islamique de l’intérieur. Les Wahhabi réussirent alors à établir une entité au sein de l’État Islamique, dirigée par Muhammad Ibn Sa’oud et plus tard par son fils Abd al-‘Aziz. La Grande-Bretagne leur fournit des armes et de l’argent et ils agirent sur une base sectaire pour s’emparer des terres islamiques qui étaient sous l’autorité du Califat. Constamment alimentées et ravitaillées par les Britanniques, ils prirent les armes contre le calife et combattirent les forces armées islamiques (l’armée de l’émir al-Mou’minin). Les Wahhabi voulurent s’emparer des terres gouvernées par le calife afin de gouverner ces terres selon leur Madhhab (école de pensée), et supprimer tous les autres Madhha’ib islamiques qui différaient des leurs par la force. Par conséquent, ils attaquèrent le Koweït et l’occupèrent en 1788, puis ils marchèrent vers le nord jusqu’à ce qu’ils assiègent Bagdad. Ils voulurent s’emparer de Karbala et du tombeau d’al-Hussein (qu’Allah l’agrée) pour le détruire et en interdire la visite. Puis en 1803, ils lancèrent une attaque contre La Mecque et l’occupèrent. Au printemps 1804, Médine tomba sous leur contrôle. Ils détruisirent les immenses dômes qui ombrageaient la tombe du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et les dépouillèrent de toutes les pierres précieuses et ornements précieux. Ayant achevé leur capture de l’ensemble du Hijaz, ils marchèrent vers la Syrie. Près de Hims en 1810, ils attaquèrent Damas une seconde fois ainsi qu’an-Najaf. Damas se défendit courageusement et glorieusement. Cependant, en assiégeant Damas, les Wahhabi se déplacèrent en même temps vers le nord et étendirent leur autorité sur la plupart des terres syriennes jusqu’à Alep.

 

C’est un fait bien connu que cette campagne wahhabi fut initiée par les Britanniques, car as-Sa’oud étaient un de leurs agents. Ils exploitèrent le madhhab wahhabi, qui était islamique et dont le fondateur était un moujtahid, dans des activités politiques visant à combattre l’État Islamique et à se heurter aux autres madhhab, afin d’inciter des guerres sectaires avec l’État Ottoman. Malheureusement les adeptes manipulés de ce madhhab n’étaient pas au courant du complot contrairement à l’émir saoudien et les Saoudiens qui étaient pleinement conscients. En effet, il n’y eut aucune relation entre les Britanniques et Muhammad Ibn ‘Abd al-Wahhab, mais entre les Britanniques et ‘Abd al-‘Aziz Ibn Muhammad Ibn Sa’oud, puis avec son fils Sa’oud. Lorsque les Wahhabi se rendront finalement compte de la traitrise des Sa’oud, ils seront tous exécutés par l’aviation britannique.

 

Avant de poursuivre, j’affirme que je n’ai rien contre le Sheikh Muhammad Ibn ‘Abd al-Wahhab et qu’Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, sait exactement ce que contient le cœur de Ses serviteurs. J’évite donc de prononcer un jugement sur l’affaire et je défends à chaque fois le Sheikh contre ses détracteurs sur le fait que je n’existais pas à l’époque et que je n’ai pas la science nécessaire qui me permet de juger les autres. Allah est leur Maitre et Il est Seul le Juge Suprême.

Allah Exalté dit de manière claire et nette : « Voilà une génération bel et bien révolue. A elle ce qu’elle a acquis, et à vous ce que vous avez acquis. On ne vous demandera pas compte de ce qu’ils faisaient. » Al-Baqarah 134

 

Muhammad Ibn ‘Abd al-Wahhab qui était Hanbali, fit l’ijtihad dans une foule d’affaires et estima que les Musulmans qui suivaient d’autres madhhab partageaient son opinion sur ces questions. Par conséquent, il se mit à prêcher ses opinions, à les mettre en œuvre et à attaquer férocement les autres opinions islamiques. Il fut confronté à un barrage d’opposition et de rejet de la part des divers érudits, émirs et personnalités éminentes, qui considéraient que ses opinions différaient de ce qu’ils avaient compris du livre d’Allah et de Son Messager (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). Par exemple, il avait l’habitude de dire que visiter la tombe du Messager Muhammad (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) était Haram et un péché. Il alla même jusqu’à dire que quiconque partait en voyage pour visiter la tombe du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), ne serait pas autorisé à abréger sa prière en voyageant, car le but du voyage était de commettre un acte coupable, faisant référence au Hadith dans lequel le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) at dit : « Les voyages ne devraient être effectués que vers trois mosquées : ma Mosquée, la Mosquée Sacrée et la Mosquée al-Aqsa. »

 

Muhammad Ibn Abd al-Wahhab comprit de ce Hadith que le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) avait interdit de voyager ailleurs que dans les trois mosquées. Par conséquent, si quelqu’un devait voyager pour visiter la tombe du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), il se rendait ailleurs que dans les trois mosquées, par conséquent, ce serait haram et un péché. D’autres madhhab considèrent la visite de la tombe du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) comme étant la Sounnah et une action Mandoub qui rapporte une récompense, parce que le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) a dit : « Je vous avais interdit dans le passé de visiter les tombes, mais vous pouvez maintenant leur rendre visite. »

De même, les adeptes d’autres Madhhab jugèrent ses opinions fausses et contradictoires avec ce qu’ils avaient compris du Livre et de la Sounnah. Bientôt, la différence entre lui et eux s’intensifia et il fut banni du pays.

 

En 1740, il chercha refuge auprès de Muhammad Ibn Sa’oud, le Sheikh de la tribu de ‘Anazah, qui était en désaccord avec le Sheikh de ‘Ouyaynah et qui vivait à ad-Dir’iyyah, qui n’était qu’à six heures de route de ‘Ouyaynah. Muhammad Ibn ‘Abd al-Wahhab fut bien accueilli et reçut avec hospitalité. Il commença à répandre ses opinions et ses pensées parmi les gens d’al-Dir’iyyah et des environs. Après un certain temps, ses pensées et ses opinions gagnèrent des aides et des partisans. Muhammad Ibn Sa’oud s’inclina vers ces pensées et opinions et approcha le Sheikh.

 

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