OSMANLI

Le Trente-quatrième Sultan Ottoman

 

Sultan ‘Abd al-Hamid II

 

Règne : 1293- 1327 (1876-1909)

 

Nom du Père: ‘Abd al-Majid.

Nom de la Mère : Kadinefendi Tirimoujgan.

Lieu et date de naissance : Istanbul, le 15 Sha’ban 1258 (21 septembre 1842).

Âge à l’accession au trône : 34 ans.

Cause et date de décès : Arrêt cardiaque. Le 28 Rabi’ ath-Thani 1336 (10 février 1918).

Lieu de décès et de sépulture : Istanbul. Il fut enterré dans la tombe de Mahmoud II sur le Divanyolu, Istanbul.

Héritiers : Muhammad Salim, Ahmed Nouri, Muhammad ‘Abd al-Qadir, Muhammad Bourhan ad-Din, ‘Abd ar-Rahim Khayri, Nour ad-Din Ahmed et Muhammad ‘Abid.

Héritières : Sultan Zakiyyah, Sultan Na’ima, le Sultan Naila, le Sultan Sa’diyah, Sultan ‘Ayshah et Sultan Rafi’a.

 

 

Bien qu’il soit peu probable que ‘Abd al-Hamid II devienne Sultan, l’exécution de son oncle ‘Abd al-‘Aziz et la déchéance de son frère aîné Mourad V l’amenèrent à être le trente-quatrième invité sur le trône ottoman.

 

La perte de sa mère à l’âge de onze ans laissa une marque indélébile dans l’esprit de ‘Abd al-Hamid. De plus, il apprit à faire face à la solitude spécifiquement après que son père, le Sultan ‘Abd al-Majid, se soit montré plus intéressé par son frère aîné Mourad V que par lui. L’étal du Palais ne lui accordait pas non plus le respect dû, principalement parce que personne ne l’avait prédit un jour Sultan. Il n’apprécia pas non plus la vie du Palais ni aima le personnel du Palais.

 

‘Abd al-Hamid II avait dix-neuf ans lorsque son père décéda. Enfant, il reçut des cours de Turc, d’Arabe, de Perse et de Français. Son oncle le Sultan ‘Abd al-‘Aziz a été le premier à réaliser son intellect supérieur et ses talents administratifs. ‘Abd al-‘Aziz le laissa grandir dans un environnement confortable et l’emmena dans ses voyages à l’étranger. Alors que son frère aîné Mourad V faisait preuve d’une personnalité calme et détendue, le jeune Shehzade ‘Abd al-Hamid II, préférait s’asseoir dans un coin, loin de la scène sociale. Les chemins de fer qu’il observa en Grande-Bretagne l’éclairèrent dans une large mesure. Il ne prenait pas plaisir à vivre dans le Palais et travaillait sur la terre de sa ferme à Maslak, Istanbul, élevait des moutons, exploitait des minéraux et échangeait des obligations à la bourse. Il semble que s’il n’avait pas été un Sultan, la richesse personnelle, plus de 100000 pièces d’or qu’il avait accumulées par un travail acharné, aurait pu lui fournir un niveau de vie confortable.

 

Après son accession au trône, le Sultan ‘Abd al-Hamid II fit don de ses biens personnels à l’armée. Fait intéressant, parce qu’il avait été loin du Palais et du public et très impliqué dans l’économie pendant ses années Shehzade, il avait été élevé comme les vieux Shehzades l’avaient été avec une expérience administrative de première main dans les provinces en tant que gouverneur avant d’assumer le trône.

 

Pendant la période du Sultan ‘Abd al-Hamid II, Midhat Bacha et ses amis s’efforcèrent d’influer sur l’établissement d’une monarchie constitutionnelle, ce qu’ils ne pouvaient pas faire au cours du règne de Mourad V. En fait, la parole de ‘Abd al-Hamid à ce sujet les fit prononcer le nouveau Sultan le 10 Sha’ban 1293 (31 août 1876).

 

‘Abd al-Hamid II prit le trône pendant les années turbulentes de l’Empire Ottoman. Il dût lutter contre les révoltes balkaniques, la question orientale» Russe et la réticence des banques européennes à prêter de l’argent aux Ottomans. Les impossibilités financières retardèrent la suppression des révoltes.

 

Le Sultan ‘Abd al-Hamid II visita et dîna avec les soldats dans leurs casernes et avec des marins dans leurs chantiers navals. Il offrit aux savants, aux commandants et aux soldats des iftars (dîners) pour rompre le jeûne du Ramadan. Il pria dans différentes mosquées parmi le public et il rendit visite dans les hôpitaux aux soldats vétérans blessés dans les guerres des Balkans. En particulier, il offrit aux soldats qui avaient perdu leurs pieds des cannes de sa propre marque. Tous ces petits gestes émouvants firent ressentir à l’armée et au public beaucoup d’affection pour le nouveau Sultan, remonta le moral de l’armée et le public ralluma ses bougies d’espoir.

 

Les Ottomans gagnèrent des guerres contre les Serbes dans les Balkans cependant, ils acceptèrent de signer une trêve de trois mois avec les Serbes à la suite d’une énorme pression de la part des Russes. En outre, une conférence était prévue à Istanbul. Sous la direction de la Grande-Bretagne, les pays participants discuteraient des moyens d’apaiser les événements turbulents dans les Balkans et d’améliorer les relations russe-ottomanes.

 

Pendant ce temps, un gang contre la paix avec la Serbie élabora un complot visant à assassiner Midhat Bacha et ses hommes et à détrôner le Sultan, mais leur plan fut découvert assez tôt et les coupables arrêtés.

 

La première constitution de l’histoire turque devait être légiférée et à cet effet, une commission de Musulmans et de non-musulmans fut créée. Midhat Bacha devint le nouveau Grand Vizir pour remplacer le récent retraité Roushdou Bacha.

 

Le premier jour de la Conférence d’Istanbul se concentra sur la situation politique des Balkans, et la constitution, Kanun-i Esasi (Loi Fondamentale), fut proclamée le 6 Dzoul Hijjah 1293 (23 décembre 1876). Désormais, la première ère de la monarchie constitutionnelle commença.

 

La constitution avait été annoncée à la hâte à la Conférence d’Istanbul principalement parce que les Ottomans pensaient que les pays occidentaux verraient la constitution et s’abstiendraient de faire de grandes demandes. Néanmoins, cela ne les intéressa pas. Les Européens préparèrent à l’ambassade de Russie une liste de demandes comme suit : la Bosnie et la Bulgarie devaient être indépendantes, l’armée ottomane devait quitter la Serbie et le Monténégro et des dizaines de réformes devaient être menées dans les Balkans. L’assemblée générale ottomane se réunit sous l’ordre du Sultan, débattit du contenu de la liste et rejeta les demandes à l’unanimité sur le motif que les clauses de la liste violaient la souveraineté intérieure ottomane. La Grande-Bretagne organisa ensuite une autre conférence à Londres cette fois. Le 28 Rabi’ al-Awwal 1294 (12 avril 1877), l’assemblée générale ottomane rejeta de nouveau les décisions prises à Londres simplement parce que les clauses étaient en violation directe des droits souverains ottomans.

 

Midhat Bacha, la véritable force qui amena le Sultan ‘Abd al-Hamid II sur le trône, exerça une pression constante sur lui. Conformément à son bellicisme, Midhat Bacha tenta de recruter une armée appelée le Millet Askeri (l’Armée de la Nation) pour être commandée par lui. Plus tard, il ajouta une croix sur le drapeau turc en Bosnie-Herzégovine et fit défiler une armée composée de Musulmans et de Chrétiens à Istanbul, portant le même drapeau. De plus, il déclara lors de soirées à boire qu’il abrogerait la dynastie ottomane et établirait une dynastie midhatienne. Tous ceci mis ensemble, suscita une réaction. Midhat Bacha avait réussi à promulguer la loi d’exil, qui autorisait l’envoi de certains criminels en exil et curieusement, il devint le premier à être exilé sur la base de cette loi.

 

Peu de temps après que le gouvernement ottoman déclara qu’il ne reconnaîtrait pas la résolution de la Conférence de Londres, la Russie eut l’occasion qu’elle attendait et déclara la guerre à l’Empire Ottoman le 10 Rabi’ ath-Thani de cette même année (24 avril 1877). Les Roumains, les Serbes, les Monténégrins et les Bulgares s’allièrent avec Russie. L’armée et les finances ottomanes étaient dans une mauvaise situation et pire, l’Empire Ottoman ne reçut aucune aide extérieure. Les résistances héroïques de ‘Uthman Ghazi Bacha à Pleven en Roumélie et de Ahmed Moukhtar Ghazi Bacha à Erzurum en Anatolie contre les envahisseurs ne put changer la fin inévitable. L’armée ottomane, impuissante en orient et en occident dû battre en retraite désespérément. Un autre drame, après la série de guerres perdues, fut vécu par des milliers de Musulmans qui vivaient sur des territoires récemment envahis et des millions furent injustement massacrés. L’histoire est totalement silencieuses sur les massacres des populations musulmanes par les Chrétiens mais virulente lorsqu’il s’agit du contraire, même s’il s’agit de fiction !

 

Alors que l’Empire Ottoman traversait une période de turbulence en raison des résultats complexes d’une grande guerre avec les Russes, les représentants de différentes ethnies s’occupèrent d’un programme différent au sein de l’assemblée parlementaire, le principal organe exécutif de l’empire. Au lieu de prendre des décisions sur la guerre russo-turque (1294-1295/1877-1878), l’assemblée débattit massivement des mouvements d’indépendance des minorités ainsi que du désir de donner à leurs langues un statut officiel, ce qui bouleversa le Sultan dans une certaine mesure.

 

Les Ottomans signèrent un accord d’armistice avec les Russes à Edirne. Lors de la réunion du palais au cours de laquelle les conditions de paix seraient négociées, Kethudasi Ahmed Efendi, l’un des représentants des participants, déclara que non pas l’assemblée mais le Sultan était responsable de la régression des événements. En réponse à cette incrimination déplacée, le Sultan ‘Abd al-Hamid II souligna qu’il n’était pas coupable d’avoir fait de son mieux en sa qualité. Quand Ahmed Efendi releva son ton accusateur, le Sultan fit clairement savoir qu’il était prêt à continuer à combattre la Russie pour le reste de sa vie s’il le fallait et confia à l’assemblée de remettre Ahmed Efendi à sa place pour son comportement méprisant contre l’autorité du Sultan.  

 

Le Sultan ne céderait pas la souveraineté aux hommes d’état qui agissaient clairement dans leur propre intérêt. Ses propres mots, « Je suis maintenant obligé de suivre les traces du Sultan Mahmoud » annonçaient ce qui allait se passer. Sur la base de l’autorité que lui conférait la constitution, le Sultan ‘Abd al-Hamid II dissout l’assemblée le 10 Safar 1295 (13 février 1878), tout comme son grand-père, le Sultan Mahmoud II, dissout il y a bien longtemps le corps des janissaires.

 

À la suite de la guerre russo-turque de 1294-1295 (1877 à 1878), les Ottomans signèrent avec la Russie le Traité de San Stefano, également connu sous le nom de Traité de Yegilkoy. La Grande-Bretagne et d’autres pays européens firent entendre leur voix dissidente après avoir découvert que la Russie était déterminée à partitionner les terres ottomanes (connue sous le nom de « la question orientale» dans l’histoire européenne) simplement par elle-même. Finalement, toutes les parties concernées voulurent discuter plus avant de la question et programmèrent une conférence à Berlin. Pendant ce temps, le 3 Joumadah ath-Thani de cette même année (4 juin 1878), la Grande-Bretagne signa un accord secret avec la Russie, tout en acquérant également l’administration de Chypre de l’Empire Ottoman avec la promesse d’aider les Ottomans pendant les négociations. Le Sultan ‘Abd al-Hamid II ne voulut pas approuver ce traité, que les Britanniques avaient déjà fait signer par le gouvernement ottoman au fait accompli, néanmoins, les coercitions militaires l’obligeaient.

 

Le gouvernement ottoman avait abandonné Chypre, en supposant que la Grande-Bretagne les soutiendrait à la conférence de Berlin cependant, cela ne se produisit pas et pour cause. Le Sultan ‘Abd al-Hamid II était bien conscient du fait que la conférence avait pour but de partager les terres ottomanes. Le traité de Berlin, le (13 Rajab 1295/13 juillet 1878), accorda l’indépendance à la Serbie, à la Roumanie et au Monténégro ; força la Russie à payer une indemnité de guerre ; sécession des villes de Kars, Ardahan et Batum à la Russie ; divisa la Bulgarie en trois sphères et rattacha la Bosnie-Herzégovine à l’Autriche. En 1298 (1881), la France envahit Tunis, la Grande-Bretagne occupa l’Égypte en1299 (1882) et la Bulgarie marcha sur la Roumélie orientale en 1302 (1885).

 

Dawlah al-‘Ouliyah al-‘Uthmaniyyah

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