OSMANLI

Le Trente-troisième Sultan Ottoman

 

Sultan Mourad V

 

Règne : 1293 (1876)

 

Nom du Père : ‘Abd al-Majid.

Nom de la Mère : Shevkefza Kadinefendi.

Lieu et date de naissance : Istanbul. Le 25 Rajab 1256 (22 septembre 1840).

Âge à l’accession au trône : 36 ans.

Cause et date du décès : Diabète. Le 17 Joumada ath-Thani 1322 (29 août 1904).

Lieu de décès et de sépulture : Istanbul. Il fut enterré dans une tombe à son nom dans la Mosquée Yeni d’Istanbul.

Héritiers : Souleyman Efendi, Sayf ad-Din Efendi et Muhammad Salah ad-Din Efendi.

Héritières : Sultan Khadija, Sultan Fahima, Sultan Fatma et Sultan ‘Aliya.

 

 

Le Sultan Mourad V, dont le nom de naissance était Muhammad Mourad, fut élevé avec beaucoup de soin par son père pendant ses années de Shehzade (prétendant au trône). Il fut le Sultan dont le règne dura le plus court de l’histoire ottomane. En tant que futur Sultan, il reçut une éducation impressionnante et occupa des postes de direction dans les cérémonies impériales.

Il accompagna son oncle lors de voyages en Égypte et en Europe et resta en contact avec les Jeunes Ottomans, un groupe d’intellectuels influencés par les penseurs occidentaux et la Révolution française et qui défendaient la monarchie constitutionnelle comme forme idéale de gouvernement. Il rencontra Sinasi, Kemal Namik et Ziya Bacha et reçut leur remarquable soutien. (Nous rapportons l’histoire officielle qui sera suivie par l’histoire non officielle dans un chapitre spécial)

 

Sous le règne du Sultan ‘Abd al-’Aziz, les événements tumultueux de Salonique, qui coûtèrent la vie à deux ambassadeurs, incitèrent les Européens à intervenir dans les affaires intérieures ottomanes et les adversaires du Sultan détrônèrent le Sultan ‘Abd al-’Aziz et le remplacèrent par Mourad V. Contrairement à ses prédécesseurs, l’intronisation de Mourad V ne fut pas célébrée par l’habituelle cérémonie dans la Mosquée Sultan Ayyoub.

Sous la pluie, le Sultan Mourad V fut transporté à la hâte à la Porte du Bureau du Commandant Général (la porte principale de l’actuelle Université d’Istanbul), et les principaux hommes d’état lui portèrent allégeance en tant que nouveau Sultan. La même cérémonie d’allégeance se reproduisit au palais de Dolmabahce.

Pendant ce temps, un conflit amer éclata entre ceux qui avaient amené Mourad V sur le trône et les idées libertaires de Midhat Bacha n’attirèrent pas l’attention et les préoccupations des autres.

Le Commandant Général Huseyin Avni Bacha, qui aida le Sultan Mourad V à monter sur le trône, décida qu’il allait sélectionner avec vigilance ceux qui verraient le Sultan en personne.

Alors qu’il prenait son petit-déjeuner le cinquième jour de son Sultanat, le Sultan Mourad V apprit que l’ex-Sultan ‘Abd al-’Aziz avait été retrouvé mort dans sa chambre du Palais Fer’iye et il s’évanouit sous la fureur du choc. Onze jours plus tard, le Major Principal Hassan Cherkez Bey, beau-frère de l’ancien Sultan, fit une descente lors d’une réunion du Cabinet des Ministres et assassina Huseyin Avni Bacha pour le meurtre présumé du mari de sa sœur.

 

Le Sultan Mourad V déjà malade fut profondément touché et finalement affligé par les récents événements. Lors de la visite de ses frères, le Sultan leur révéla que son état de santé était mauvais et se plaignit de terribles maux de tête qu’il avait récemment commencé à avoir.

La façon dont le Sultan Mourad V agit lors de sa première cérémonie de Prière du Vendredi montra qu’il avait perdu sa conscience. Bien que le Sultan ait été transféré au Palais Yildiz, à Istanbul, conformément aux conseils des médecins, il se jeta dans la piscine dans un moment de folie et peu de temps après, il devint évident qu’il avait perdu sa santé mentale. Après cela, il cessa d’assister aux cérémonies de Prière du Vendredi et refusa de rencontrer quiconque.

 

Bien que le gouvernement ait voulu couvrir la vérité, la nouvelle que le Sultan était devenu fou se propagea rapidement de bouche à oreille. Le public critiqua le Grand Vizir Rouchdou Bacha pour avoir tenté de gouverner l’Empire Ottoman en l’absence d’un Sultan.

 

Le lendemain de son retour d’une cérémonie de salutations, le Sultan brisa une vitre du Palais et tenta de se suicider. Les médecins entrèrent et l’examinèrent et convinrent à l’unanimité que ses chances de guérison étaient très minces. Midhat Bacha alla voir ‘Abd al-Hamid II, l’héritier de facto du Sultan, et lui dit qu’ils le proclameraient nouveau Sultan à condition qu’il prononce la nouvelle constitution, appelée Kanun-i Esasi (Loi Fondamentale) écrite par des membres des Jeunes Ottomans, en particulier Midhat Bacha (la cinquième colonne).

 

Suite au décret religieux du Grand Juge du 9 Sha’ban 1293 (30 août 1876), le Parlement décida de détrôner le Sultan Mourad V et de le remplacer par ‘Abd al-Hamid II.

 

Le Sultanat de fait accompli de Mourad V prit fin après quatre-vingt-treize jours.

Sous le règne du Sultan ‘Abd al-Hamid II, Mourad V et sa famille furent transférés au Palais de Chiragan et ses soins médicaux suivirent.

 

Parce que la loge maçonnique et un certain nombre de groupes dissidents poursuivirent la propagande selon laquelle l’ex-Sultan était en bonne santé mais pris par l’injustice et la corruption, le Sultan ‘Abd al-Hamid II fit examiner son frère par un comité médical de médecins locaux et étrangers. Le comité souligna le fait que l’ex-Sultan était toujours atteint de troubles mentaux et que son traitement n’était pas dans les limites des possibilités.

 

Des groupes dissidents, y compris les maçons, osèrent enlever trois fois l’ex-Sultan cependant, ils étaient toujours pris et punis. Ces tentatives d’enlèvement dérangèrent le plus Mourad V et sa famille. Il dû vivre la vie d’un prisonnier pendant ses vingt-huit années restantes car il devait être protégé sous haute surveillance des ravisseurs.

 

Le plus court invité du trône ottoman, le Sultan Mourad V était très intéressé par la peinture, la menuiserie et l’architecture. C’était un compositeur de génie ; il écrivit plus de 550 compositions dans le style européen, appelées a-la-franga. Son caractère et son image étaient très différents de ceux de ses frères dans la manière dont il défendit un style de vie a-la-franga depuis ses années Shehzade. Il devint membre de la loge maçonnique car il pensait que la politique d’état en bénéficierait. Cependant, Mourad V semblait considérer la loge comme un club de sport sans savoir en quoi consistait réellement l’organisation de cette société secrète. 

 

Dawlah al-‘Ouliyah al-‘Uthmaniyyah

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