OSMANLI

Le Sultan Souleyman le Magnifique, qui n’avait mené aucune campagne importante depuis de nombreuses années, dirigea son armée pour la dernière fois en 974 (1566) contre Ferdinand d’Autriche, qui rompit l’accord de paix avec les Ottomans en attaquant la principauté de Transylvanie sous la suzeraineté ottomane. Malgré sa maladie et son âge de soixante-douze ans, le Grand Vizir Muhammad Bacha Sokullu le convint de commander personnellement l’armée ottomane au cours de cette campagne. Le Sultan était trop malade pour monter son cheval ; pire sa maladie devint critique après avoir passé Edirne. L’armée ottomane assiégea la forteresse de Szigetvar et environ un mois après avoir suivi le siège de son lit de malade, Souleyman le Magnifique décéda le 21 Safar 974 (7 septembre 1566). La mort du Sultan fut gardée secrète afin de ne pas distraire l’armée ottomane. Le fort fut conquis après un siège de trente-quatre jours et la marche vers Szigetvar s’avéra être la dernière campagne réussie de Souleyman le Magnifique.

 

Les conquêtes, les activités culturelles et une civilisation florissante marquèrent les quarante-six années de règne de Souleyman le Magnifique. Ses exploits, dont l’un d’eux est son incroyable parcours de cavalier à cheval d’environ 30000 milles lui valurent le titre mérité « le Magnifique, » qui lui fut attribué en Occident. Son orientation politique vis-à-vis de l’Europe et des pays méditerranéens changea considérablement, après que l’économie européenne ait été dynamisée par l’âge des découvertes au XVIe siècle.

 

Le Sultan Souleyman le Magnifique n’avait pas un caractère bénin comme son grand-père, ni nerveux et féroce comme son père. Il était prévoyant et agissait avec diligence. Son père lui laissa non seulement un trésor à part entière et une armée puissante, mais également un héritage sur lequel il bâtit ses compétences futures en matière de leadership et de commandement. Il mena son armée dans de nombreuses batailles tant à l’est qu’à l’ouest et il mourut non pas dans le Palais sur le champ de bataille, puisse Allah Exalté lui faire miséricorde.

 

Souleyman le Magnifique n’était pas seulement un brillant stratège et un homme d’état, mais également un législateur acclamé. Il dirigeait une administration d’état fonctionnant systématiquement et une armée moderne, puissante et assez mobile. Pendant son règne, il n’y avait pas d’armée ou de flotte plus forte que la sienne ; il avait une autorité absolue sur ses forces militaires. Parallèlement à ses grandes victoires en Occident et en Orient, le Sultan devint célèbre pour ses réformes administratives et juridiques qui lui valurent le nom de Qanouni, ou Législateur, qui assurèrent la survie de l’état longtemps après sa mort. Grâce à ses décisions infaillibles concernant la division du travail et à son talent impressionnant pour attribuer des tâches à la bonne personne ainsi que pour former son personnel, les affaires de l’état furent traitées avec beaucoup de succès pendant son règne.

 

Le règne de Souleyman le Magnifique, qui dura quarante-six ans, témoigna également du zénith de l’art et de la culture ottomans. Diverses sociétés artistiques impériales, appelées la Communauté des Talentueux, étaient administrées sous son patronage. Selon les registres du secteur artistique ottoman et de son organisation (encore conservés dans les archives du Palais de Topkapi), Souleyman le Magnifique inspecta personnellement les œuvres des artistes et les récompensa pour leurs réalisations exceptionnelles.

Au cours de cette période, les arts plastiques et décoratifs se développèrent, notamment la calligraphie, la peinture miniature, la peinture manuscrite, les gravures, la marbrure à l’eau, la sculpture sur bois et sur la pierre, la céramique, les carreaux et les textiles. Parmi les réalisations architecturales les plus remarquables de cet âge d’or figurent les mosquées des Salatin (pluriel du Sultan) construites par le Sultan et les membres de la famille impériale et conçues dans le cadre de kulliye, ensemble de bâtiments destinés à divers services de bienfaisance pour le bien public, comprenant les collèges, les écoles de médecine, les hôpitaux, les soupes populaires, les auberges et les bains publics. Le Sultan nomma Khoja Sinan Mimar, considéré comme l’un des plus grands architectes de l’histoire mondiale, en tant qu’architecte royal en chef. Son héritage s’élève à plus de trois cents structures dans différentes parties de l’empire, des Balkans au Hijaz, dont 57 collèges, 46 auberges, 35 palais et demeures, 42 bains publics, 22 tombes, 17 hospices, 3 hôpitaux, 7 aqueducs, 8 ponts, 8 et 135 mosquées. Les deux mosquées construites au nom de Souleyman le Magnifique à Istanbul et Damas sont considérés comme les monuments les plus remarquables des deux villes. Sa fille Mihrimah désigna aussi le célèbre architecte ottoman Sinan pour construire deux mosquées en son nom à Istanbul, une à Uskudar sur la rive asiatique de la ville et l’autre du côté européen à la porte Edirne des anciens remparts de la ville. Cette dernière mosquée rappelle la fondatrice avec son style élégant et sa décoration élégante.

 

Les plus grands projets furent cependant entrepris dans les terres saintes pendant l’administration du Sultan Suleyman. D’abord, des abris furent construits pour accueillir les pèlerins qui passeraient la nuit à La Mecque autour des locaux de la Grande Mosquée (Masjid al-Haram), puis un grand bain turc fut construit, en 974 (1566), pour le bain et le nettoyage, empêchant la foule immense de pèlerins de souiller la Grande Mosquée. C’est également à cette époque que les toits en bois du portique autour de la Ka’bah furent remplacés par des dômes en pierre qui se dressent encore aujourd’hui. À la Mecque, la plus ancienne Madrassah encore connue à ce jour fut également bâtie, en 973 (1565), sous le règne du Sultan Souleyman. Le plan de construction de la Madrassah fut conçu par le grand architecte Sinan avec un budget alloué de 30 000 pièces d’or. La Madrassah fut construite avec un cahier des charges adapté aux besoins des quatre principales écoles de droit Islamique.

 

Les pèlerins avaient été menacés à Medina à plusieurs occasions par des attaques d’assaillants bédouins pendant la saison des pèlerinages et les murs existants autour de la ville ne pouvaient pas décourager les attaques. Pour cette raison, les habitants de Médine soumirent une demande au Sultan Souleyman le Magnifique. L’ordre du Sultan qui s’ensuivit entraîna la fortification et l’élévation des murs en fonction de l’expérience de construction de l’armée ottomane. Après sept années de travail acharné, de nouveaux murs solides et hauts émergèrent autour de la ville de Médine en 940 (1533). Des tours de guet furent ajoutées aux murs qui incluaient le cimetière Jannat al-Baqi’.

De plus, une forteresse intérieure fut construite à l’intérieur des murs et quatre-vingt-dix soldats ottomans furent placés dans cette forteresse ; de ce fait, la ville du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) fut placée sous protection.

 

Dans l’histoire ottomane, la tradition de la construction de la Mosquée du Prophète (Masjid an-Nabawi) commença avec Souleyman le Magnifique lorsqu’il envoya des ingénieurs et des artisans d’Istanbul. Ces experts réparèrent et rénovèrent la Mosquée du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) en partant des murs occidentaux de la tombe du Prophète (Houjra as-Sa’adah) en 947 (1540). Toujours à Médine, les érudits qui enseignaient dans la Mosquée du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) occupaient des postes permanents tandis qu’un budget annuel fut alloué pour payer les personnes servant dans la Mosquée.

 

Le Sultan Souleyman le Magnifique rénova ensuite la tombe de ‘Aishah (radhiyallahou ‘anha), l’épouse du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), localisée dans le cimetière Jannat al-Baqi’ et procéda, dans la Mosquée al-Qiblatayn, dans Médina, au projet de construction le plus complet depuis l’époque du calife Abbaside, ‘Umar Ibn Abd al-‘Aziz (Calife entre 717-720). Le Sultan ordonna également la construction des remparts entourant Jérusalem, ainsi que les fontaines et les grandes portes d’entrée de Jérusalem.

 

Mihrimah la fille du Sultan, Souleyman le Magnifique, dépensa une fortune pour faire venir de ‘Arafat à La Mecque le réservoir d’eau d’Ayn az-Zoubaydah, construit par Zoubaydah, l’épouse du calife abbasside Haroun ar-Rashid (calife entre 786-809). Depuis le règne de Souleyman le Magnifique, la parure extérieure de la Ka’bah fut préparée en Egypte et son tissu intérieur à Istanbul.

 

Le Sultan n’a pas limité ses services à la Terre Sacrée ; il construisit également une série de forteresses avec des réservoirs d’eau sur la route des caravanes pour les pèlerins au cours de leur long et difficile voyage à travers le désert de Damas à La Mecque. Pour cela, il construisit une forteresse et creusa de nouveaux puits d’eau à Ma’an, en Jordanie et sur la route vers La Mecque, leur offrant un lieu d’arrêt en toute sécurité au cours de leur voyage solitaire du désert qui était pleine de risques d’épuisement, d’attaques, de peu de nourriture et d’eau. De même, il construisit d’autres chaines de puits et érigea une forteresse ottomane à Dhat al-Hajj dans la région de Tabouk en Arabie.

En louant la forteresse construite par le Sultan à Ouhoud, près de Médina, les pèlerins perses déclarèrent un jour que « les matériaux de construction de cette forteresse ne se trouvaient même pas à Istanbul. »

 

Après cela combien est étrange que les livres d’histoires saoudiens qualifient les Ottomans d’envahisseurs après tout ce qu’ils ont sacrifiés pour les Musulmans en général et en particulier les habitants du Hijaz quand Laurence d’Arabie le mécréant est qualifié de libérateur, lui qui trahit les Musulmans en général, détruisit l’armée d’Ibn Séoud et finalement contribua à la chute de l’Empire Ottoman. On verra la place de ces derniers le Jour du Qiyamah !

 

 

Views: 0