OSMANLI

Quand Andrea Doria, l’amiral impérial des forces navales de de Charles V, captura Koroni dans le sud-ouest de la Morée des Ottomans, Souleyman le Magnifique se rendit compte que la rivalité pour la Méditerranée avait commencé. C’est pourquoi il assigna à Khayr ‘ad-Din Basha Barbaras, célèbre marin turc et libérateur de l’Algérie, le commandant général de la marine ottomane. L’insistance croissante des Français, qui avaient cherché une alliance officielle avec l’Empire Ottoman dès 937 (1531) dans le but de se mettre en sécurité, aboutit à l’alliance signée en 942 (1536).

 

Shah Tahmasp succéda à Shah Ismaël pour le trône safavide. Les shiites avaient subi une certaine défaite lors de la bataille de Qaldiran pendant le règne du Sultan Salim Ier et lorsque le nouveau Shah tenta de nouer des alliances avec le royaume autrichien et le Saint-Empire romain germanique, Souleyman le Magnifique marcha sur les shiites.

 

Shah Tahmasp avait également levé plusieurs Beys en Anatolie contre l’autorité ottomane et avait menacé la domination ottomane dans l’est et le sud-est de l’Anatolie, une autre raison pour laquelle Suleyman le Magnifique entama l’offensive contre la Perse shiite. Quelques mois après la mort de sa mère, le Sultan mena sa première expédition en Perse. Le Grand Vizir Ibrahim Bacha entra dans la capitale Tabriz avec son armée. Le Sultan Souleyman dirigea sa campagne vers Hamadan peu après avoir capturé l’Azerbaïdjan. Shah Tahmasp, qui ne pouvait pas risquer de défier l’Empire Ottoman, s’enfuit vers le centre de la Perse. Le Sultan s’installa dans le sud et conquit Bagdad en 940 (1534).

 

La conquête de Bagdad à la suite de cette campagne signifia que les six villes importantes de l’Islam, La Mecque, Médine, Jérusalem, Damas, Istanbul, et Bagdad passèrent sous domination ottomane. En outre, la campagne permit à Souleyman le Magnifique de placer sous contrôle ottoman une plus grande partie de la route de la soie.

 

Sur le théâtre méditerranéen Charles V avait capturé Tunis en 941 (1535). Les forces navales ottomanes sous la direction de Khayr ad-Din Bacha Barbaras (également connu sous le nom de Khayr ad-Din Barberousse en Occident) tourmentèrent plus tard les Européens en capturant plusieurs forteresses vénitiennes dans la Mer Égée et en procédant à un certain nombre de rafles le long des côtes italiennes (pour ceux qui ignorent ce fait comme nous l’avons mentionné dans nos précédents ouvrages, les Espagnols et les Portugais et un certain nombre de pays européens particulièrement la France procédaient à de fréquents enlèvements de populations civiles musulmanes habitants le long des côtes, et c’est particulièrement pour cette raison que Khayr ad-Din et plus tard d’autres Reis furent envoyés et procédèrent de même pour stopper ce piratage. Les populations civiles étaient vendues comme esclave sur les marchés européens et servaient aussi de rameurs). En conséquence, les trois états (Venise, Gênes et Malte) unifièrent leurs forces dans l’île de Corfou au large des côtes albanaises pour mettre fin à la domination ottomane en Méditerranée. A cette époque, une remarquable flotte croisée fut levée et soumise au commandement d’Andrea Doria.

 

Khayr ad-Din Bacha Barbaros apprit la nouvelle de la flotte croisée et dirigea sa flotte près de Prévéza, située à l’embouchure du golfe d’Arta, sur la Mer Ionienne. Les forces navales ottomanes, qui étaient dirigées par d’autres éminents amiraux turcs tels que Salih Reis, Seydi ‘Ali Reis et Tourgout Reis, réussirent à disperser l’armée des croisés, qui semblait initialement beaucoup plus puissante en taille et en effectifs. Le 4 Joumadah al-Oula 945 (28 septembre 1538), les Ottomans remportèrent l’une des plus prestigieuses victoires navales de l’histoire ottomane. Andrea Doria lui-même s’enfuit après avoir échappé de peu à la mort.

 

La victoire de Préveza scella la souveraineté ottomane en Méditerranée. Le 28 septembre, l’anniversaire de la victoire, est toujours célébré en Turquie comme « le jour des forces maritimes turques. » En outre, cette victoire obligea les Vénitiens à reconnaître le contrôle ottoman des forteresses de la Morée et des rives dalmates, et les régions que Khayr ad-Din Bacha Barbaros avait conquis.

 

Souleyman le Magnifique répondit aux envoyés de Charles-Quint qu’il ne signerait aucun accord de paix tant que les terres françaises ne seraient pas rendues aux Français. La France récolta en effet les fruits de l’alliance avec l’Empire Ottoman, la superpuissance de l’époque.

 

À la mort du roi hongrois Janos en 948 (1541) et à son remplacement par son fils Sigismond, Ferdinand d’Autriche annonça qu’il ne reconnaîtrait pas Sigismond comme le nouveau roi et envahit à nouveau la Hongrie. La mère de Sigismond, Isabella, demanda cette fois l’aide de Souleyman le Magnifique. Le Sultan répondit par une autre marche sur la Hongrie et adopta celle-ci comme province ottomane directe sous l’administration d’un gouverneur général, ou Beylerbeyi.

 

Le roi de France François Ier fit appel à Souleyman le Magnifique après avoir échoué dans ses poursuites contre Charles V. Le Sultan dépêcha en France la flotte ottomane commandée par Khayr ad-Din Bacha Barbaros. Barbaros ancra à Marseille en 950 (1543) puis il captura le Fort de Nis et le donna aux Français. La même année, le Sultan fit une expédition à Esztergom, sur la rive droite du Danube, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale hongroise, car les états européens étaient intervenus dans les affaires intérieures de la Hongrie. Il conquit Esztergom et Stolni Belgrade (maintenant Fehervar), mais la joie bien méritée de sa victoire fut interrompue par la triste nouvelle de son fils, la mort de Sehzade Muhammad. Il demanda à ce que le corps de son fils, gouverneur de Manisa, soit amené à Istanbul. Il conduisit également la prière funèbre avec le public dans la Mosquée Bayazid, située sur la place Bayazid. Le Sultan ordonna à Khoja Sinan Mimar (le grand architecte Sinan) de construire la mosquée Shehzade à la mémoire de son fils.

 

Les Safavides lancèrent une contre-attaque contre les Ottomans alors que Souleyman le Magnifique se battait en Europe centrale. C’est ainsi que le Sultan déclara une deuxième campagne contre la Perse shiite en 955 (1548). Les batailles qui suivirent et qui durèrent sept années de suite se terminèrent avec la signature d’un accord à Amasya en 962 (1555). Le traité d’Amasya, signé par Souleyman le Magnifique et Shah Tahmasp, fut le premier accord ottoman-perse de l’histoire. Il stipulait que les Ottomans conservaient la possession de l’Anatolie orientale, de l’Azerbaïdjan, de Tabriz et de la Mésopotamie, y compris Bagdad, donnant aux Ottomans l’accès au golfe Persique.

 

Charles V pris un grand nombre de chevaliers de Saint-Jean de Rhodes et les plaça à Tripoli, qui leur fut assignée comme base d’opération navale en Méditerranée. Souleyman le Magnifique autorisa ensuite l’amiral ottoman Tourgout Reis (connu sous le nom de Dragout en Occident) à frapper Tripoli. Tourgout Reis attaqua Tripoli et conquit cette ville portuaire stratégique en l’intégrant au domaine ottoman au mois de Sha’ban 958 (août 1551).

 

Les croisés voulurent se débarrasser des Ottomans en Afrique et bloquèrent les avancées de Tourgout Reis en Méditerranée ; Tourgout Reis assiégea donc Djerba, la plus grande île d’Afrique du Nord dans le golfe de Gabès, qui appartenait aux Espagnols. Quand Andrea Doria, l’amiral génois, entendit parler du siège, il navigua avec sa flotte près de Djerba, forçant Tourgout Reis à demander des renforts. La flotte ottomane de l’amiral général Piyale Bacha affronta la flotte des croisés et battit une seconde fois les croisés. Djerba fut conquise par les Ottomans en 967 (1560) ; En outre, l’Europe reconnut la domination ottomane sur la Méditerranée occidentale ainsi que la présence ottomane en Afrique du Nord, qui dura quatre siècles. 

 

Le Sultan Souleyman le Magnifique ordonna le siège de Malte en 973 (1565). Tourgout Reis fut affecté à la conquête de Malte, mais le siège en cours de Malte fut suspendu après sa mort martyre pendant le siège et les Ottomans ne tentèrent pas de reprendre Malte. L’année suivante, l’île de Chios, dans la Mer Égée, brandissait le drapeau ottoman.

La flotte ottomane acquit assez de force pour rivaliser avec les états européens sous le règne de Muhammad al-Fatih et passa un âge d’or sous le règne de Suleyman le Magnifique, qui remporta de grandes victoires contre les formidables ennemis de l’Empire Ottoman.

 

Les conquêtes d’Istanbul et de l’Egypte permirent le contrôle ottoman des routes commerciales vitales. Les Européens voulurent donc briser le commerce musulman et commencèrent donc à attaquer le réseau ottoman pour faciliter leurs activités commerciales. Les Portugais naviguèrent vers l’océan Indien, établirent des colonies en Inde et prirent les routes maritimes commerciales indiennes sous leur contrôle. De plus, ils exercèrent une pression sur les états musulmans en Inde et pillèrent les navires des marchands musulmans. En réponse à tout cela et à l’appel à Souleyman le Magnifique de l’état du Gujarat en Inde, l’Empire Ottoman procéda à quatre expéditions successives en Inde.

 

La première expédition sous le commandement de Souleyman Khadim Bacha en 645 (1538) ajouta le Yémen, Aden, le Soudan, et quelques étendues de l’Ethiopie au domaine ottoman. La deuxième expédition navale menée en 958 (1551) sous le commandement de Piri Reis entraîna la conquête de Muscat dans le sud-est de la Péninsule Arabique. Les troisième et quatrième expéditions de Mourad Reis en 959 (1552) et de Seydi ‘Ali Reis en 960 (1553) ne donnèrent aucun résultat tangible. Globalement, les expéditions navales en Inde permirent de remplir la responsabilité ottomane de détenir le Califat.

 

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