OSMANLI

Le Dixième Sultan Ottoman

 

Sultan Souleyman I. Le Magnifique

 

Règne : 926 – 973 (1520-1566)

 

Titres honorifiques et pseudonymes : Al-Qanouni (le législateur), Mouhtajem (le Magnifique, dont le règne fut l’un des plus brillants de l’histoire du monde), Ghazi (Guerrier pour la foi), Mouhibbi (Amant, son pseudonyme), Sahibkiran (Toujours -Le souverain qui a réussi) et Saibou’l-aserati’l-kamilet (Compléteur de la perfection – en tant que dixième Sultan ottoman).

Nom du Père : Sultan Salim I.

Nom de Mère : Hafsa Sultan Valide.

Lieu et date de naissance : Trabzon, le 6 Safar 900 (6 novembre 1494).

Âge à l’accession au trône : 26 ans.

Territoires : 14.983.000 km2.

Cause et date du décès : Cancer, le 7 septembre 1566.

Lieu de décès et de sépulture : Szigetvar, Hongrie. Sa tombe se trouve près de la Mosquée Süleymaniye, qu’il construisit à Süleymaniye, Istanbul.

Héritiers : Salim II, Bayazid, ‘AbdAllah, Mourad, Muhammad, Mahmoud, Jihangir et Mustafa.

Héritières : Sultan Mihrimah et Sultan Raziye.

 

Né comme le fils unique du Sultan Salim I à Trabzon, où son père passa ses années Shehzade comme gouverneur, Souleyman I reçut une très bonne éducation dans son enfance et grandit méticuleusement. Son éducation fut axée sur l’administration d’état et militaire et les sciences Islamiques. A treize ans, il déménagea à Sebinkarahisar et à Bolu l’année suivante où il fut affecté au poste de gouverneur de Kaffa. Souleyman soutint son père et participa à la marche de son père de Trabzon à Istanbul.

 

Souleyman vécut à Istanbul et à Edirne à l’époque où son père contestait ses oncles pour le trône. Il résida à Istanbul lorsque le Sultan Salim Ier monta sur le trône en 918 (1512). Il resta ensuite gouverneur de Saroukhan (aujourd’hui Manisa) dans l’Anatolie occidentale jusqu’à la mort de son père. Le 17 Shawwal 926 (30 septembre 1520), huit jours après que la triste nouvelle de la mort de son père lui soit parvenue, il arriva à Istanbul et monta sur le trône à la suite de la cérémonie au Palais de Topkapi.

 

Souleyman était un nouveau Sultan chanceux : son père lui avait laissé un trésor impérial plein à craquer, une armée loyale et forte, tant sur terre que sur mer, et aucun autre héritier de sexe masculin ne pouvait le contester pour le trône. La première loi de Souleyman I, qui sera connue plus tard sous le nom de « Législateur » ou Qanouni en turc, fut la levée de l’interdiction d’importer des bobines de soie.

 

Bien que son règne ait commencé avec d’énormes possibilités, Souleyman I fut contraint dans les premières années de faire face aux révoltes qui se multiplièrent en Anatolie et en Égypte. Plus important encore, il resta occupé par révolte du pro-shi’i Baba Zounnoun près de Yozgat en Anatolie en 932 (1526) et la révolte Kalenderoglu en 933 (1527) qui éclata près de Karaman en raison de problèmes liés aux Titres de Fief ou Timars. En Égypte, il dut mater les révoltes de Janberdi Gazali en 927 (1521) et d’Ahmed Bacha en 930 (1524), qui tous deux firent leur possible pour rétablir l’État Mamelouk. Ce n’est qu’alors que Souleyman I s’aventura davantage dans de nouvelles conquêtes.

 

Sous le règne de Souleyman le Magnifique, Charles V (1500-158) était l’Empereur du Saint-Empire romain des Habsbourg, ayant des liens familiaux avec la Hongrie et l’Autriche. La croissance de l’empire de Charles V, de l’Europe centrale et de la Méditerranée, amena le Sultan à marquer l’Europe comme la direction de ses futures campagnes. Pour cette raison, l’armée ottomane opéra en Occident pendant le règne de Souleyman le Magnifique, alors qu’elle avait mené des guerres en Orient et au Sud pendant le règne du Sultan Salim I.

 

Après avoir visité les tombes de ses ancêtres et d’Abou Ayyoub al-Ansari (également connu sous le nom Sultan Ayyoub, (radhiyallahou ‘anhou)) à Istanbul le 11 Joumadah ath-Thani 927 (19 mai 1521), le Sultan Souleyman le Magnifique installa ses quartiers militaires à Halkahpinar. Peu de temps après, son armée suivit son cours à travers Edirne, la principale base militaire de toutes les campagnes de conquête du XVIe siècle vers l’ouest de l’Europe, jusqu’au nord par Plovdiv, Sofia et Nis. L’armée finalement atteignit Belgrade, sa destination finale, et assiégea la ville pendant vingt-huit jours. Le siège prit fin avec la conquête de Belgrade en 927 (1521), la première conquête au crédit de Souleyman. Le Sultan fit la Prière du Vendredi dans la première mosquée de Belgrade, puis revint à Istanbul en tant que « conquérant de Belgrade, » ce dont son grand-père, le Sultan Muhammad al-Fatih, aurait été très fier. La conquête de Belgrade aggrava les relations entre les Ottomans et les Hongrois en laissant la voie largement ouverte aux Ottomans vers la Hongrie et en leur fournissant une base militaire vitale pour les conquêtes ultérieures en Europe.

 

Souleyman le Magnifique entra dans sa première guerre navale l’année suivante ; En conséquence, il visita l’île de Rhodes, une autre région revendiquée par son grand-père Muhammad al-Fatih afin de prendre le contrôle des Mers Ottomanes. Située à onze milles à l’ouest des côtes anatoliennes, l’île de Rhodes était devenue notoirement une île de pirates. Les chevaliers de Saint-Jean à Rhodes avaient piraté les Mers Ottomanes, entravant le commerce ottoman en Méditerranée et menaçaient la sécurité de la côte ouest anatolienne. La conquête de l’île, le 22 Safar 928 (21 janvier 1522), renforça un peu plus la sécurité de la route maritime qui partait de l’Égypte et longeait la Syrie jusqu’en Anatolie.

 

François Ier de France fut fait prisonnier à Pavie par Charles Quint lors de la guerre qui éclata entre la France et le Saint Empire romain germanique. En dernier recours, les Français décidèrent de demander de l’aide aux Ottomans et la mère de François I, Louise de Savoie, demanda à Souleyman le Magnifique de sauver son fils. François Ier pensait que Charles Quint le libérerait si les Ottomans marchaient vers la Hongrie.

 

Le 21 Dzoul Qi’dah 932 (29 août 1526), l’armée ottomane commandée par le Sultan Souleyman le Magnifique écrasa l’armée hongroise à Mohács, sur la rive droite du Danube, lors de l’une des plus courtes batailles acharnées de l’histoire. Le roi français fut libéré. La déclaration de François Ier à l’ambassadeur de Venise, Giorgio Gritti, selon laquelle il considérait l’Empire Ottoman comme le seul pouvoir permettant de protéger les pays européens contre l’expansion belligérante de Charles Quint illustre la manière dont les Européens perçurent le Sultan Souleyman le Magnifique.

 

Après la grande victoire sur le terrain des Mohács, la Hongrie tomba sous la suzeraineté ottomane. Le Sultan savait qu’il serait trop difficile d’intégrer directement le territoire hongrois aux territoires ottomans, qui se trouvaient très loin du centre ottoman au-delà du Danube. Par conséquent, il décida de maintenir la Hongrie sous la suzeraineté ottomane avec une autonomie limitée et désigna l’aristocrate hongrois Janos Zapolya comme nouveau roi de Hongrie.

 

Ferdinand, le frère de Charles Quint et l’Archiduc des Habsbourg d’Autriche, revendiqua le trône hongrois et ne reconnut donc pas Janos Zapolya comme le nouveau roi de Hongrie. Il se mit donc en route pour s’emparer de la capitale hongroise de Buda, exila Janos, et se proclama nouveau roi hongrois. Ces actes conduisirent Souleyman le Magnifique à une autre campagne en Hongrie. Le Sultan repris Buda et proclama Janos roi de Hongrie le 4 Mouharram 936 (8 septembre 1529). Janos accepta de payer un tribut annuel aux Ottomans ; en retour, le Sultan laissa une garnison de janissaires dans le fort Hongrois.

 

Bien que la saison des campagnes s’acheva, le Sultan Souleyman continua de diriger son armée jusqu’à Vienne et assiégea la capitale autrichienne en 936 (1529) afin d’intimider Ferdinand l’Archiduc des Habsbourg. Puisque l’objectif principal n’était pas un siège durable pour la conquête de Vienne, les préparatifs militaires furent courts. Ferdinand dû être soulagé au début de l’hiver lorsque les Ottomans levèrent le siège qui dura trois semaines.

 

Ferdinand d’Autriche envoya son mandaté au Sultan Souleyman le Magnifique et lui demanda de le reconnaître et de le soutenir au lieu de soutenir Janos. Pendant ce temps, il attaqua Buda (Budapest) un territoire ottoman. Cette fois, Souleyman le Magnifique prépara une campagne militaire contre les Habsbourg. Une fin réussie de la campagne signifierait la fin de l’Empereur des Habsbourg Charles V, le soutien de Ferdinand. Le Sultan marcha vers l’intérieur de l’Autriche et l’Europe centrale ; En dépit de ses invitations incessantes à venir l’affronter sur le champ de bataille, ni Ferdinand ni Charles Quint n’osèrent relever le défi. La campagne non seulement garantie Sultan Souleyman l’État Hongrois, mais aussi contraignit Ferdinand à demander une trêve. Le Sultan, qui devait également faire face à la menace croissante de la Perse shiite à l’est, accepta l’offre de paix de Ferdinand en 939 (1533). Ainsi, Ferdinand d’Autriche reconnut la supériorité de Souleyman le Magnifique, Janos comme le roi, renonça à sa réclamations de la Hongrie et promis de payer trente mille duchés d’or par an aux Ottomans.

 

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