OSMANLI

Description de l’intention du roi de Pologne d’envahir les terres du Sultan par zèle religieux contre les Musulmans

De la nomination de Bali Beg Malkochoglu et de quelques autres guerriers pour faire la ghazwa contre le roi de Pologne et de la victoire de l’Islam avec l’aide d’Allah Exalté. Si Allah, à Lui les Louanges et la Gloire le veut, ce Sultan glorieux et pieux de la Maison Ottomane, refuge de la religion, détruira les impies chaque fois qu’ils oppriment le peuple de l’Islam. Il y eut des informations selon lesquelles les troupes et les fantassins des terres des mécréants, venus du nord de Saqalibah, qui est la plus grande région de Pologne et des royaumes des Tchèques, de Hongrie, d’Italie et d’Autriche, perturbèrent constamment les frontières avec les domaines du Sultan.

 

(Al-Qassah) En 902 (1496-7), le roi de Pologne, qui est l’un des grands royaumes de Saqalibah qui se trouve au nord et dont la puissance militaire est de 100000 hommes voire plus, décida soudainement d’étendre sa grande puissance et de mener une campagne contre les terres de l’Islam. La distance entre son palais et les frontières du Sultan est de plus d’un mois de voyage. Il partit avec son armée, avec l’intention de piller et de ravager, de tuer et d’asservir les terres des Musulmans. Il souhaita passer par les terres de Bogdan, qui était un vieux vassal des Ottomans. Dès qu’il atteignit les frontières de Bogdan, le Kral de Pologne souhaita conclure un accord avec Bogdan basé sur leur religion commune et leur voisinage. Bogdan qui était un homme très rusé, savait que le Kral de Pologne n’était pas sincère mais qu’il serait dans son meilleur intérêt d’être en bons termes avec le Kral de Pologne et de lui permettre de traverser ses terres. Néanmoins, il était également conscient que ses terres étant proches des Musulmans, qu’ils attaqueraient les Polonais dans son domaine et que cela les détruirait totalement.

 

Dans tous les cas, il se montra amical envers le Kral de Pologne et l’informa de la conduite terrifiante des Musulmans et des histoires de batailles entre les Musulmans et les Hongrois et les Francs. Il l’informa également que la distance entre ses terres et les frontières de l’Islam était très longue et traversait de grandes rivières et d’épaisses forêts. Après que sa nombreuse armée les auraient traversés, la plupart de ses forces auraient été affaiblies par de telles difficultés. Bogdan informa immédiatement les émirs aux frontières musulmanes et demanda l’aide des Ottomans, afin que des ghazi viennent détourner l’armée polonaise de ses terres. Dans le même temps, Bogdan écrivit une lettre au Kral polonais, l’informant que l’avant-garde des troupes musulmanes avait traversé Tuna et était arrivée dans sa wilayah et d’innombrables autres devaient venir et demanda une aide d’environ 5 à 6000 personnes du Kral. Le Kral lui envoya 5000 hommes. Puis le gouverneur de Bogdan habilla 3-4000 de ses hommes comme des Musulmans et joignit environ 600 moujahidin.

Ils traversèrent la rivière Tuna et se cachèrent dans un col entre les montagnes. Lorsque les forces polonaises s’approchèrent, les soldats cachés apparurent et les attaquèrent. Les troupes de Bogdan et des moujahidin poursuivirent l’armée polonaise et tuèrent la plupart. Un millier seulement survécut sur les cinq mille. Ils se précipitèrent du côté du Kral et l’informèrent de l’arrivée de l’armée des moujahidin. Le Kral, alors incapable de faire face à toute l’armée ottomane, abandonna précipitamment la région et retourna dans son royaume. On rapporte que les troupes polonaises laissèrent derrière elles vingt mille chars de munitions, que les soldats de Bogdan et des moujahidin pillèrent après leur départ. Des cadeaux furent envoyés au Sultan à partir du butin.

 

Après cette grande victoire, le Sultan récompensa Bali Beg Malkochoglu pour sa bravoure, le plaça en charge des ghazi et des akinci de Roumélie et ordonna d’attaquer et de piller le royaume de Pologne. De la wilayah de Silistrie, ils traversèrent la rivière Tuna et atteignirent la wilayah de Bogdan. Avec l’aide de guides locaux, ils atteignirent les frontières de cette wilayah, un grand fleuve appelé Turla (Dniestr). Ils durent faire un pont pour le traverser et après cela, ils marchèrent encore huit jours avant d’atteindre les frontières de la Pologne. Il plaça son fils aîné, ‘Ali Beg, à la tête de l’arrière-garde et son plus jeune fils, Tour ‘Ali Beg, à l’avant-garde. Bien qu’il y ait eu au total de nombreuses grandes conquêtes au cours de cette campagne, huit conquêtes majeures et des événements illustres d’assujettissement de villes et de forteresses importantes seront seulement rapportées ici.

 

Première conquête : Au début, ils tombèrent sur un grand fort et une colonie connue sous le nom de Kakova qui se trouvait près de la rivière. Les habitants gardaient les murs et le pont solide de la rivière avec de gros canons pour que les ghazi ne puissent pas le traverser. Ils trouvèrent un endroit où ils pourraient nager à travers la rivière et bientôt, tous traversèrent. Ils attaquèrent ceux qui gardaient le pont et réussirent ainsi à conquérir le fort qu’ils saccagèrent pendant une journées. Des deux hommes, qui étaient en charge de la ville, l’un fut tué dans la bataille et l’autre fait prisonnier. Après cela, ils mirent le feu au château et partirent car ils avaient encore un long et dangereux chemin à parcourir.

 

Seconde conquête : Les ghazwa se poursuivirent pendant quelques jours en passant par des zones prospères mais pas de villes considérables. Puis ils arrivèrent dans une vallée avec un lac, des champs cultivés et quelques villes. Lorsque le roi de Pologne fut informé de l’arrivée des moujahidin, il envoya 500 hommes dans chacune de ces villes, pour les protéger des troupes des Musulmans. Les ghazi, qui ne s’attendaient à aucune opposition, attaquèrent immédiatement la première ville et la conquirent. Après cela, ils attaquèrent une autre ville, plus grande que la première. Celui-ci était protégé par l’eau du lac et résista davantage mais les guides musulmans les conduisirent à travers un pont et ils l’attaquèrent. Comme c’était une ville grande et riche, de nombreux habitants sortirent pour repousser les ghazi. Les courageux moujahidin, cependant, se battirent avec eux dans et hors des murs et la conquirent.

 

Troisième conquête : Après cela, ils atteignirent un fort et une ville appelés Glagori et un autre fort connu sous le nom de Kalabali. Les habitants de ces deux-là, ayant entendu parler du pouvoir des ghazi, eurent peur que les ghazi prennent aussi leurs châteaux et les abandonnèrent avec tous leurs biens et familles. Le ghazi pillèrent et détruisirent les bâtiments de la ville.

 

Quatrième conquête : Ils atteignirent alors les quartiers d’été du roi, appelés Aylah. Cette ville était pleine de jardins et tous les notables et hauts fonctionnaires y vivaient et y gardaient leurs propriétés. Dès qu’ils entendirent parler de l’approche de l’armée de l’Islam, craignant pour leurs vies et leurs biens, ils commencèrent à fuir vers les montagnes en emportant toutes leurs familles et leurs biens. Certains de ces impies étaient encore dans la ville prenant leurs biens ou étaient encore sur le chemin des montagnes, quand soudain les ghazi tombèrent sur eux. Les ghazi rassemblèrent de grandes quantités de butin puis mirent le feu à la ville, qui était en grande partie en bois. Ils ramassèrent tellement de butin dans cette ville, que certains craignaient de ne plus pouvoir les emmener. Ils devinrent inquiets pour leur retour. Le fils de Malkoch Beg, un grand chef ghazi, qui avait fait preuve d’excellence dans de nombreux gaz, suggéra que s’ils se rendaient dans une ou deux autres villes importantes ou passaient, le roi pourrait essayer de les venger. Ainsi, puisque les troupes des ghazi prévoyaient d’attaquer davantage de régions, elles allégèrent leurs charges.

 

Cinquième conquête : Par la suite, ils se rendirent dans une région montagneuse avec des villages, des colonies et de nombreux arbres et après l’avoir traversé, ils atteignirent une zone dégagée où il y avait une belle ville à travers laquelle une grande rivière coulait. Il y avait aussi un grand pont menant à la ville, qui était bien gardé par de nombreux cavaliers et fantassins. D’innombrables canons et armes à feu au bord du fleuve empêchèrent les moujahidin de traverser le fleuve. Une fois de plus, les ghazi traversèrent ce grand fleuve de toutes les manières possibles, ils attaquèrent les mécréants et les dispersèrent.

 

Sixième conquête : L’armée des musulmans se déplaça vers une ville appelée Radimin. Ils passèrent la nuit dans ce quartier, et le matin, ils réalisèrent qu’elle ne serait pas facile à maîtriser, alors ils poursuivirent leur route. Ils atteignirent une ville entourée de champs cultivés. Les ghazi s’arrêtèrent dans cette place calme et (Bali Beg) donna la permission de piller pour le butin. Il envoya son fils Tour ‘Ali Beg dans une direction, l’émirzade Bah Beg Ibn Yahya Basha, qui était un grand guerrier, dans une autre tandis que lui-même alla dans une autre direction avec le reste des ghazi. Tour ‘Ali Beg arriva pour la première fois dans une ville appelée Prevorsk, où il tua et asservi les impies, pilla la ville et y mit le feu. Deux ou trois jours plus tard, il retourna au camp de son père avec d’innombrables butins. Bali Beg Ibn Yahya Basha se rendit également dans une ville prospère. Quatre jours plus tard, il retourna au camp, chargé de butin.

 

Septième conquête : Une fois tous réunis à nouveau, les moujahidin marchèrent encore deux jours et se dispersèrent de nouveau dans une autre zone pour le pillage. Malkoch Beg envoya les ghazi dans une direction avec l’un de ses commandants, Hassan Aga. Ils atteignirent un champ, où ils rencontrèrent 700 bovins, qu’ils emportèrent avec eux. Après quelques jours, ils retournèrent et rejoignirent les autres moujahidin.

 

Huitième conquête : Les ghazi pensèrent qu’il serait très difficile de transporter plus de butin et dangereux de traverser les terres des ennemis alors, ils décidèrent de retourner. Ils furent informés de deux dangers sur le chemin : le premier était une grande rivière ou le roi avait brûlé le pont qui la traversait. Plus bas, il y avait un passage inaccessible à travers les montagnes, qui avaient été bloquées par des arbres sur l’ordre du Kral. Malkochoglu Beg envoya Hassan Aga vers le pont, avec des fournitures pour le réparer. Ils traversèrent ainsi la rivière en direction du col. Bien qu’ils aient trouvé l’entrée et la sortie du col bloquées par du bois, ils réussirent à le traverser et, ayant échappé à ces dangers, ils continuèrent. Après cela, ils traversèrent de beaux champs jusqu’à ce qu’ils arrivent devant quelques forces du Kral de Pologne. Les ghazi se battirent avec eux et les vainquirent et après cette victoire, ils menèrent une grande ghazwa dans cette région. Malkoch Beg envoya Mustafa Beg Ibn Qasim Beg avec 500 hommes pour piller la région. Il quitta les troupes principales et dû se battre à deux reprises contre les mécréants. Dans les deux cas, avec l’aide d’Allah Exalté, il sortit victorieux. Il atteignit une zone dégagée avec quelques villes et une grande rivière. Mille cinq-cents mécréants gardaient son pont. Les 500 entrèrent dans la bataille avec eux, les vainquirent et se déplacèrent vers d’autres régions.

 

Ils atteignirent une ville appelée Jaroslav avec un grand monastère, qui était fortifié et la population avec ses propriétés s’y était réfugiée. Les ghazi l’attaquèrent et réussirent à le conquérir. Puis ils rejoignirent leurs compagnons et, ayant échappé à tous les dangers, ils retournèrent dans les domaines du Sultan. Bien qu’ils aient rassemblé beaucoup de butin, ils devaient se dépêcher et allégèrent considérablement leurs fardeaux, mais il restait encore beaucoup de butin entre leurs mains. À Kilia, près de la rivière Tuna, Malkoch Beg soumit un cinquième du butin comme la part du Sultan et de là, les soldats retournèrent dans leur patrie.

 

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