OSMANLI

Description des gazas du gouverneur de Bosnie, Ya’qoub Basha, contre les grands seigneurs de Hongrie et l’opposition de Derencil.

 

(Al-Qassah) Événements survenus en 898 (1492-3) sur les gazas miraculeuses de Ya’qoub Basha, gouverneur de la Bosnie, qui gardait les frontières avec les terres de la Hongrie, des Francs et de l’Autriche avec beaucoup de courage.

 

Le Sultan ordonna au gouverneur de Semendere ‘Ali Beg Mihal de lancer la ghazwa et de marcher contre la Hongrie. Il rassembla donc les troupes et les akinci de Roumélie et avec environ 20000 hommes, ‘Ali Beg traversa la rivière Tuna. Il attaqua et dévasta certaines régions et les moujahidin recueillirent de grandes quantités de butin. Lorsque le Kral de Hongrie en fut informé, il rassembla une grande armée et l’envoya repousser les ghazi. Comme les ghazi étaient lourdement chargés de marchandises et de richesses, ils furent déroutés. De nombreux ghazi s’enfuirent, y compris plusieurs commandants célèbres, mais beaucoup furent tués ou faits prisonniers et tout le butin que les moujahidin avaient rassemblé retourna aux mains des mécréants.

 

Le Kral de Hongrie et ses émirs se réjouirent de ce succès et se mirent aussitôt à se venger des terres de l’Islam. Les commandants qui avaient participé à cette victoire, comme Derencil, qui était le neveu du Kral, se prépara à attaquer à nouveau les Musulmans. Un conseil fut tenu par tous les bans. On y dit que « selon les méthodes des troupes musulmanes, des raids furent menés à travers les frontières avec le Semendere et la Bosnie. Il est donc prudent de lancer également un assaut contre la frontière de la Bosnie. Si les forces musulmanes sont sur nos terres, nous les affronterons de la même manière, mais si elles ne sont pas là, nous attaquerons et pilleront leurs frontières et nous collecterons beaucoup de butin. » Avec ces pensées, ils envoyèrent des messagers aux Francs et en Autriche pour demander l’aide de leurs voisins et coreligionnaires. Ils envoyèrent de nombreuses forces pour des raisons de religion et ils marchèrent sur la Bosnie. L’armée des impies était composée de 12000 soldats hongrois en armure montés. Le roi d’Autriche leur envoya six mille cavaliers, le Pape de Rome envoya deux mille croisés et les rois des Francs envoyèrent aussi six mille soldats supérieurs, excellents épéistes. En conséquence, environ quarante mille soldats à cheval atteignirent Derencil, et sept bans de la Croatie se joignirent à leurs forces.

 

À cette époque, le gouverneur de la Bosnie était Ya’qoub Basha. La wilayah de Croatie, située entre la Bosnie et la Hongrie, et son gouverneur Kir Qarli contrôlait plusieurs forts. Comme elle se situait entre les terres des mécréants et de l’Islam, il se soumettait tantôt au Sultan de l’Islam et tantôt au Kral de Hongrie. À cette époque, ils s’étaient retournés contre le règne de Ya’qoub Basha et n’avaient pas payé le kharaj nécessaire et le tribut.

Par conséquent, Ya’qoub Basha obtint l’autorisation du député du Sultan de mener un ghazwa contre eux et marcha contre Kir Qarli. En Croatie, il y avait un autre ban appelée Kir Enca, qui en raison de sa bravoure avait sous son contrôle plusieurs autres bans de la Hongrie. Il commença à s’opposer contre le Sultan de l’Islam et prit quelques forts de Kir Qarli, qui était du côté du Kral de Hongrie. Kir Qarli se plaignit au Kral, qui envoya Derencil avec une grande armée en Bosnie pour l’aider. Kir Enca se rangea alors du côté du Sultan de l’Islam et se soumis à lui avec ses châteaux. Le Kral ordonna à Derencil de piller un château de Kir Enca. Un membre au service du Sultan étant attaqué, Ya’qoub Basha fut sollicité pour l’aide. Les forces de Derencil étaient bien plus importantes que celles des moujahidin, mais ces dernières comptaient sur l’aide d’Allah Exalté.

 

Au début, l’armée ottomane se tourna vers la forteresse Yayca et ses environs, qu’elles pillèrent et dévastèrent. Ces événements furent décrits et vérifiés par des camarades soldats qui étaient présents lors de la campagne. Lorsque les habitants de Yayca virent que l’armée des moujahidin avait envahi tout leur mamlakat, leur gouverneur, qui était un noble hongrois, envoya un moine avec de nombreux cadeaux et argent à Ya’qoub Basha, afin de présenter leurs demandes. Ils lui demandèrent de ne pas leur faire du mal ou piller la ville s’ils se rendaient et lui donnaient tout ce qu’il pourrait demander. La réponse de Ya’qoub Basha fut la suivante : « Il nous a été rapporté que le gouverneur de cette mamlakat s’est rangé à la demande du Kral pour s’opposer au peuple de l’Islam dans cette région, pour dévaster les terres de Bosnie et tuer le gouverneur de Bosnie. Maintenant que nous sommes devant sa porte, il nous fait des promesses et envoie un messager, et la puissance de sa main n’a pas été testée une seule fois avec ces moujahidin ». Le moine transmit ce message au gouverneur du château. Il rassembla son armée et fit une sortie, mais se retira et fit demi-tour. Ya’qoub Basha sortit à sa rencontre avec ses cavaliers, mais les impies furent effrayés par le nombre formidable de l’armée musulmane et rentrèrent dans la forteresse.

 

Lorsqu’il fut clair qu’il avait remporté la victoire, Ya’qoub Basha se retourna contre Derencil et d’autres de ces sept bans. Il se dirigea vers le château Istar Sakha, dans les terres hongroises. Ils traversèrent une grande rivière connue sous le nom d’Ona et atteignirent une wilayah appelée Slovénie. Ils attaquèrent et pillèrent tout cette mamlakat. De là, ils allèrent contre les terres du roi d’Autriche, dont l’armée s’était alliée à Derencil. Ils atteignirent un fort appelé Qarwa et une grande rivière appelée Kawhi, qu’aucun Musulman n’avait encore traversée et personne ne savait à quoi elle ressemblait. Ils se rendirent à la wilayah de Qawrtan, dans laquelle même les hommes les plus âgés n’avaient vu des Musulmans que dans des dessins et en avaient entendu parler dans des histoires. Ils saccagèrent cette région pendant environ 15 jours et rassemblèrent beaucoup de butin. Après cela, ils se rendirent dans une wilayah, qui appartenait à Derencil et était la base de son gouvernement, y mirent le feu et rassemblèrent encore plus de butin. Dans cette région se trouvait un grand monastère, que les moujahidin pillèrent et tuèrent ou asservirent tous ses habitants.

 

Pendant ce temps, Derencil assiégea les châteaux de Kir Enca. Lorsque Ya’qoub Basha fut informé que de nombreux châteaux de Kir Enca étaient sur le point de se rendre, il alla immédiatement rejoindre tous les hommes qui étaient divisés dans les châteaux de Kir Enca. Lorsque Ya’qoub Basha atteignit le col connu sous le nom de Sadar, leur chemin fut bloqué par des arbres coupés et des pierres et ils furent encerclés par les ennemis. Dans la soirée, Derencil tint une assemblée avec les autres chefs, au cours de laquelle on supposa qu’en cas de bataille avec Ya’qoub Basha, il est certain qu’il serait vaincu car après tout le butin que les moujahidin avaient recueilli, ils seraient épuisés et à court de munitions. Lorsque Derencil fut informé de l’arrivée de Ya’qoub Basha avec ses moujahidin victorieux et leur butin, il fut confus. Il encouragea ses hommes en leur disant que bien que les moujahidin aient accumulé beaucoup de butin, ils n’avaient pas assez de munitions pour affronter l’ennemi, et que dans l’armée de leurs ennemis il y avait beaucoup de prisonniers qui ne pouvaient pas combattre, mais qu’ils pouvaient être vaincu comme le furent les hommes de ‘Ali Beg Mihal. Mais il ne savait pas que les moujahidin ne lâcheraient jamais leurs armes car ils savaient qu’ils ne pourraient pas s’échapper ou être secourus au milieu des terres des mécréants.

 

Dans la matinée, Ya’qoub Basha organisa ses troupes pour la bataille et encouragea ses soldats devant les nombreuses forces de l’ennemi. Dans cette confrontation entre les pieux et les mécréants, il y eut des signes particuliers : D’abord trois grands oiseaux comme des aigles aux griffes de fer apparurent dans le ciel au-dessus des troupes des Musulmans, volant d’un côté à l’autre, et sept autres, avec la même apparence, au-dessus des troupes des impies.

Avant la bataille, ces deux groupes d’oiseaux s’attaquèrent. Les trois aigles des Musulmans prévalurent sur ceux des impies. Ils poursuivirent les oiseaux du côté des ennemis avec une telle force que tous les sept oiseaux furent chassés. Pour tous ceux qui le virent, le message était clair. Les Musulmans furent très encouragés et allèrent bravement à l’encontre des ennemis. Une bataille féroce et sanglante suivit qui dura toute la journée.

 

Derencil fut capturé et emmené devant Ya’qoub Basha. Ils voulurent confirmer son identité, mais chaque fois que le Basha lui demandait s’il était Derencil, il ne le reconnaissait pas. L’ingénieux Basha amena alors devant lui le bourreau et dit que puisqu’il n’était pas Derencil, ils l’exécuteraient. L’un des hommes de Ya’qoub Basha, d’origine du mamlakat de Derencil, l’identifia et craignit lui-même d’être exécuté le confirma. Derencil devait être envoyé au Sultan, comme cadeau et preuve de la conquête. Ya’qoub Basha ordonna que Derencil soit placé sur un cheval et joint à lui pour compter les morts et les survivants de son armée.

Après cela, ils envoyèrent des messages de la bonne nouvelle de cette victoire au Sultan. Derencil et d’autres seigneurs captifs furent donnés au Sultan en cadeau ainsi que le cinquième du butin qui appartient au Sultan (au Bayt al-Mail). Tous ceux qui avaient fait preuve de bravoure sur le champ de bataille furent signalés au Sultan et, avec tous les détails de cette victoire, de nombreux cadeaux riches furent envoyés au Sultan. Le butin fut divisé et les Basha augmentèrent le salaire et les provisions des soldats.

 

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