OSMANLI

Description des raisons de l’inimitié et des conflits entre certains députés du Sultan Ottoman et du Sultan d’Égypte

 

Récit de certains événements de la lutte entre les deux parties, lorsque Hersekoglu Ahmed Basha fut envoyé en guerre contre l’émir kabir d’Égypte, Uzbeg, et fait prisonnier.

 

De ces divers événements, certains étaient liés à la compétition avec le souverain de l’Egypte, qui à l’époque était Qoutbay Cherkesi. Les raisons initiales de ces événements, au cours desquels de nombreux hommes perdirent la vie sur le champ de bataille, et du conflit entre ces deux états, c’est que feu Sultan Muhammad II, à la fin de sa vie, souhaitait subjuguer certaines villes arabes. Cela dura longtemps, et à cette époque, toutes les terres d’Égypte et de Syrie étaient sous le grand Sultan, et par conséquent beaucoup de ses compagnons étaient situés à Eregli et Antakya, aux frontières du Roum et de la Syrie.

 

Lorsque le feu Sultan (Muhammad II) décéda et l’actuel Sultan monta sur le trône de son père, son frère Jem Chalabi, qui suivit le chemin mal jugé de désirer s’opposer au Sultan, quitta d’abord ses terres et s’enfuit vers l’Égypte et la Syrie et pour la deuxième fois, il mena sa rébellion et revendiqua le royaume de Roum. Ces soulèvements dans ces terres eurent lieu avec le consentement du Sultan d’Égypte. S’il avait gardé la paix et était resté bon, Jem Chalabi n’aurait jamais osé ou pu répéter sa révolution irrévérencieuse et après son pèlerinage, il n’aurait pas marché contre le royaume de son père et le Sultanat de son frère aîné.

 

Une autre raison concerne le dirigeant de l’Inde, le Sultan Muhammad Shah. Il avait envoyé son grand Vizir au Sultan Ottoman avec des cadeaux, mais alors qu’il traversait l’Egypte, les cadeaux lui furent enlevés d’une manière irrespectueuse envers les Ottomans et l’Inde.

 

Une autre raison est que les commandants de la Syrie et d’Alep donnaient constamment des ennuis à Alaeddevlet Beg Zoul Qadr, qui avait prêté allégeance au Sultan Ottoman. Alaeddevlet demanda de l’aide et le Sultan envoya Ya’qoub Basha et toute son armée pour repousser les Syriens. Lorsque les troupes du Sultan rejoignirent celles de Zoul Qadr, le premier jour de la campagne, elles déroutèrent totalement l’armée des Syriens, et nombre d’entre eux furent tués, y compris les na’ib d’Alep. En conséquence, l’armée vaincue eut un grand désir de riposter. Quatre à cinq mille soldats personnels du Sultan égyptien arrivèrent pour soutenir les troupes syriennes. L’armée du Sultan qui avait gagné en confidence après sa première victoire les poursuivit. Le lendemain, ils rencontrèrent les Egyptiens prêts à se battre. Les moujahidin et l’armée de Zoul Qadr furent forcés de se battre à nouveau, mais lorsqu’ils furent dispersés, ils furent vaincus. Les hommes de Zoul Qadr fuirent vers leurs terres et nombre de ses hommes ainsi que de nombreux moujahidin furent tués.

 

Le Sultan ordonna la prise de force d’Adana et de Tarse, qui étaient alors sous le contrôle du Sultan d’Égypte. Le Sultan d’Égypte craignait que le Sultan des moujahidin ne ravive les vœux de son père et qu’il n’ait l’intention de punir pour leur soutien à Jem Chalabi. Pour cette raison, il envoya à Adana et Tarse l’émir kabir d’Egypte, Uzbeg, avec les émirs de Damas et d’Alep et d’autres commandants syriens, afin de protéger ces régions des Ottomans. Moussa Beg et Ferhad Beg, qui avaient été envoyés pour attaquer la région furent repoussés par les émirs d’Égypte et de Syrie, et tous deux furent tués. En représailles, le Sultan envoya à Adana et Tarse Ahmad Basha Hersekoglu, qui était l’émir al-Oumara d’Anadolu, avec toute l’armée de ces régions. Muhammad Basha Ibn Hizir Beg et Qaragoz Beg, l’émir al-Oumara de Karaman, furent envoyés pour l’aider.

 

Muhammad Basha était d’un rang plus élevé qu’Ahmad Basha Hersekoglu, mais le Sultan montra sa préférence à ce dernier et plaça l’armée sous son commandement. L’émir kabir Uzbeg et les émirs de Syrie et d’Alep furent envoyés pour les affronter. Au cours de cette rencontre, Muhammad Basha et Qaragoz Beg, par jalousie envers Ahmad Basha complotèrent contre lui, alors Ahmad Basha fut blessé et emmené captif alors que ces deux commandants ne se présentèrent pas pour combattre. En conséquence, l’armée fut vaincue et de nombreux commandants aux côtés d’Ahmad Basha furent capturés, tandis que l’émir kabir d’Égypte et les émirs de Syrie gardèrent le contrôle d’Adana et de Tarse. Lorsque le Sultan fut informé de cette nouvelle, il punit ceux qui défièrent son autorité et récompensa les émirs et commandants fidèles. Qaragoz Beg fut puni de manière appropriée, Muhammad Basha démit de ses fonctions et chaque émir qui se rangea avec eux furent également sévèrement puni.

 

Une fois de plus, le Sultan envoya le Grand Vizir Daoud Basha avec de nombreux janissaires, tous les gouverneurs d’Anadolu avec leurs armées et même certains de Roumélie, notamment l’émir al-Oumara de Roumélie, ‘Ali Basha. Daoud Basha arriva dans la région d’Ouch Kapili et d’Aladag. Alaeddevlet Beg Zoul Qadr y arriva également et, après avoir rendu hommage, une réunion du conseil eut lieu, au cours de laquelle il fut jugé inopportun que l’armée du Sultan pénètre sur les terres de Syrie. Comme l’un des plus anciens ennemis de cet état était Turgudoglu, qui était la raison des troubles entre les deux côtés et défendait la région montagneuse de Tashili, il fut décidé que tous les émirs, et en particulier Alaeddevlet Beg, devraient marcher contre Turgudoglu. ‘Ali Basha se dirigea vers Tarse avec l’armée de Roumélie, l’armée d’Anadolu se rendit dans une zone connue sous le nom de Yourat Walash et Daoud Basha avec les troupes du Sultan et les janissaires traversèrent les montagnes Bolkar, encerclant ainsi de toutes parts ces terres fortifiées qui servaient de refuge pour les ennemis. Les émirs et seigneurs de Varsak de la région se soumirent aux Ottomans, et Turgudoglu s’échappa en Syrie. Après que ces rebelles aient été maîtrisés, il y eut la paix et l’ordre à nos frontières. Daoud Basha autorisa l’armée à regagner ses bases, et il retourna lui-même dans la capitale, dans les quartiers d’été de Vize dans le Nahiye d’Istanbul. A cette époque, les pieuses fondations que le Sultan avait fondées à Edirne étaient achevées. Le Sultan s’occupait de l’aide aux ‘ulémas, aux pauvres et aux malades, qui se réjouirent de l’achèvement de ces fondations caritatives.

 

Récit des raisons de la campagne du Vizir ‘Ali Pacha contre l’Égypte et la Syrie, la rénovation et la réparation de certains châteaux aux frontières avec les pays arabes et des féroces batailles entre les deux parties.

 

(Al-Qassah (l’histoire)) En 893 (1487-8), le Vizir ‘Ali Basha, qui avait participé aux événements antérieurs en Égypte et avait acquis un grand pouvoir, fut chargé de la campagne contre le Sultan d’Égypte. Le Sultan d’Égypte s’était opposé à plusieurs reprises à l’autorité du Sultan Ottoman sur les terres de Syrie, qui avaient toujours appartenu aux rois de Roum (Seljouk). Le Sultan envoya l’armée des moujahidin dans ces terres, pour les libérer des Circassiens (Mamelouk) et les placer sous la lumière de son autorité.

 

Au début, ‘Ali Basha fut envoyé pour réparer quelques châteaux et fortifications dans les terres entre Roum et la Syrie. Tous les commandants des forces d’Anadolu et de l’armée de Karaman étaient sous ses ordres, l’ensemble des forces de cavalerie, ainsi que quelques émirs de Roumélie, réputés pour leur loyauté. Il partit pour cette campagne le mardi 3 Rabi’ ath-Thani 893 (17 mars 1488). Il se rendit d’Istanbul puis dans la région de Karaman et à Eregli, qui est aux frontières de Karaman et de la Syrie. Il continua à Adana, où il répara un château qui est le fort le plus éloigné sur cette frontière, et renforça Tarse. Ils annexèrent pacifiquement les châteaux d’Anavarza et de Kure et chassa les défenseurs d’Umur Basha du château d’Ayas et de là, ils continuèrent et subjuguèrent le reste des châteaux de la région. Ils prirent également les châteaux de Namroun et Melvane près des montagnes de Bolkar et nommèrent des gouverneurs dans chacun d’eux. Khalil Basha, l’émir al-Oumara de Roumélie fut envoyé pour conquérir Sis et ‘Ali Basha marcha également avec une armée nombreuse. Ils prirent Sis à l’aide de canons et d’armes à feu, et le commandant du château Sibay Beg, qui est aujourd’hui un mamelouk de l’émir de Syrie, fut emprisonné avec 2000 hommes et emmené à Istanbul. Toutes les fortifications de la région d’Adana furent réparées puis au premier jour du Ramadan de la même année, tous les émirs et commandants d’Égypte et de Syrie qui s’étaient rassemblés pour affronter ‘Ali Basha traversèrent les montagnes de Bagras.

 

L’armée de l’émir Kabir, qui est le deuxième Sultan, avait rejoint les grands émirs et commandants d’Égypte et de Syrie, tels que les émirs de Damas et d’Alep ; Timourtash le grand maître armurier, qui est le troisième Sultan ; Qansouh Hamsami’a le grand maître écuyer, qui est le quatrième Sultan, et est un émir d’un millier, les plus grands émirs et divers autres commandants d’un millier, et les na’ib de Tripoli , Safed et Ramla et les commandants des Turcomans syriens et autres émirs turkmènes, tels que le Ramadanoglu et le Turgudoglu. Un ordre fut donné à Ahmed Basha Hersekoglu, qui était gouverneur de Gallipoli, et en charge des navires, des détroits et des forces navales, de se déplacer vers le rivage par mer et d’atteindre les montagnes de Bagras, où il devait bloquer l’entrée des ennemies. En effet, à l’endroit où l’armée des Égyptiens traverserait se trouvait le col de la montagne de Bagras, mais personne n’osa le franchir, craignant les canons et les armes à feu des navires d’Ahmed Basha.

 

Comme Allah Exalté le voulait, cependant, au milieu de ces événements, il y eut soudain une violente tempête et toute la flotte fut dispersée. Il y avait des vents forts du sud, de sorte que la flotte fut obligée de retourner à Roum car les équipages étaient incapables de se déplacer vers le sud. Les ennemis réussirent à passer et ils campèrent au bord de la rivière Ceyhan puis, après avoir traversé sans délai Qaraca Irmaq, ils atteignirent le champ de bataille.

Le 8 du Ramadan, ils atteignirent un endroit près d’Adana du côté de Tarse, connu sous le nom d’Aga Chayiri, où les deux armées se firent face. Dans les rangs des moujahidin du Sultan se trouvaient ‘Ali Basha, à la tête de la cavalerie et des janissaires, Qizil Ahmed Beg Ibn Isfendiyar, Umur Beg Durhanoglu et Mahmoud Beg Moustansar, qui étaient de grands émirs, célèbres pour leur bravoure. Il y avait aussi des émirs des forces d’Anadolu et de Karaman, en particulier Sinan Beg et Ya’qoub Basha, l’émir al-Oumara de Karaman, Souleyman Beg et Ahmed Basha Wali ad-Din oglu. À l’avant-garde se trouvaient Iskandar Beg, un esclave personnel du Sultan, et les fils d’Evrenos Beg, en particulier ‘Issa Beg et Souleyman Beg ainsi que des forces de Roumélie de Houssayn Beg.

 

Dans les rangs de l’armée d’Égypte et de Syrie se trouvaient l’émir Kabir Uzbeg avec les forces personnelles du Sultan d’Égypte, les émirs de Damas avec les Turcomans et les Circassiens de Syrie, les émirs d’Alep et de certaines régions environnantes, ainsi que Timourtash et le na’ib d’Alep avec quatre mille gardes du corps sélectionnés du Sultan d’Egypte. Les ennemis attaquèrent les armées d’Anadolu et de Karaman avec une telle force que ‘Issa Beg Evrenosoglu et son frère Souleyman Beg furent tués. L’émir al-Oumara de Karaman, Ya’qoub Basha fut mis en déroute. L’aile droite de l’armée rumillienne alla à leur secours, mais ils furent déroutés par les forces de Timourtash, des Turgudoglu et des Ramadanoglu et coupés de toute aide. Les deux parties centrales des deux armées sous ‘Ali Basha et Uzbeg se combattirent et Yahya Basha vint à leur aide. Finalement, Uzbeg se retira et traversa la rivière.

 

Quand ‘Ali Basha retourna dans leur propre camp, il découvrit que les forces d’Anadolu et de Karaman avaient fui, que les survivants des navires d’Ahmed Hersekoglu Basha avaient été mis en déroute et capturés. Ses propres troupes étaient anxieuses et d’accord avec les autres commandants, ils décidèrent de se retirer la même nuit. Dans la nuit, l’armée traversa la rivière et décida de se rendre à Adana, où elle organiserait sa défense. Au matin, les Egyptiens virent que l’armée des fidèles s’était déplacée. Ils pensèrent d’abord que les Ottomans se préparaient à leur tendre une embuscade, alors ils envoyèrent des hommes des Turgudoglu, qui connaissaient bien la région. En fait, lorsque ‘Ali Basha partit, des hommes de la tribu Varsak le rapportèrent aux forces égyptiennes, mais quand ils traversèrent la rivière et arrivèrent dans le camp ottoman, ils le trouvèrent désert. Le lendemain, ils se rendirent à Adana et commencèrent à assiéger le château avec des canons. ‘Ali Basha défendit le château pendant longtemps, mais soudain, les réserves de poudre à canon prirent feu et explosèrent dans le château. Le gouverneur d’Adana fut tué et quelques jours plus tard, les défenseurs du château furent forcés de céder.

 

‘Ali Basha fut autorisé à se rendre à Eregli, d’où il informa le Sultan de la situation. Peu de temps après son retour, il reçut un ordre du Sultan : Qaragoz Beg ; le gouverneur de Kayseri, Sinan Beg ; le gouverneur de Karesi, Ishaq, fils du Kral de Bosnie ; Iskandar Chalabi Ibn Qaraja Basha ; et le gouverneur de Kanaqouri, Chakiri Sinan Beg, et tous les autres déserteurs devaient être faits prisonniers par ‘Ali Basha et emmenés dans la capitale. Ils y furent transportés avec environ 200 de leurs hommes, tous ensemble, et gardés à Yenihisar. Qaragoz Beg, le gouverneur de Karaman, fut exécuté et les autres graciés, mais pendant longtemps ils furent démis de leurs hautes fonctions.

 

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