BANU UMAYYAH

La campagne de Kharistan et la bataille de San

 

Assad continua sa route jusqu’à as-Sidrah, un village près de Balkh, ou il s’arrêta. Le commandement de la cavalerie des Ahl al-‘Aliyah[1] qui avait été donné à Rayhan al-‘Amiri al-‘Abdalli des     Banou ‘AbdAllah Ibn Ka’b fut donné à Mansour Ibn Salim. Assad Ibn ‘Abdillah quitta as-Sidrah, pour Kharistan ou il campa avant de repartir et de s’arrêter à huit kilomètres de la capitale al-Jouzjan.

Lorsque le matin arriva, les deux forces de la cavalerie furent en vue l’une de l’autre. Le Khaqan demanda à al-Harith :

– « Qui sont-ils ? »

– « C’est Muhammad Ibn al-Mouthannah et sa bannière ».

 

Il a été rapporté que les éclaireurs du Khaqan qui revirent à lui l’informèrent qu’un nuage de poussière était apparu de la direction de Balkh. Le Khaqan appela al-Harith et lui dit :

– « Ne m’avais-tu pas dit qu’Assad ne sortirait pas pour résister ? » Quel est ce nuage de poussière qui vient de Balkh ? Al-Harith lui dit :

– « C’est le brigand dont je t’ai parlé et qui est un de mes compagnons ». Sur ce le Khaqan envoya des scouts et leur dit :

– « Regardez si vous voyez des gens assit sur des sièges sur les chameaux ». Quand les éclaireurs revinrent ils lui confirmèrent qu’il s’agissait bien d’hommes montés et assis sur des chameaux. Le Khaqan dit :

– « Les Brigands ne voyagent pas sur des sièges élevés et des chaises. C’est Assad qui est en route contre nous ».

 

Assad continua sa route et peu après, Salim Ibn Jounah arriva et lui dit que l’ennemi était au nombre de quatre-mille hommes. Assad Ibn ‘Abdillah établit le camp près des montagnes et son armée s’arma de flèches et d’arcs tandis que le Khaqan campa dans une plaine ouverte ou il passa la nuit.

‘Amr Ibn Abi Moussa rapporta qu’Assad parti aussitôt avec avoir exécuté la prière matinale en compagnie des Musulmans. Il traversa al-Jouzjan que le Khaqan avait déjà dévasté et lorsque ses cavaliers atteignirent as-Shoubourqan, les forts d’al-Jouzjan étaient déjà conquis. Al-Miqdam Ibn ‘AbderRahmane Ibn Nou’aym al-Ghamidi, le gouverneur d’al-Jouzjan, rejoignit Assad avec ses guerriers et les forces d’al-Jouzjan et lui offrirent leurs services mais il leur dit :

– « Restez dans votre ville ». Cependant, Assad dit à al-Jouzjan Ibn al-Jouzjan :

– « Viens avec moi ».

Le commandement des opérations fut donné à al-Qassim Ibn Boukhayt al-Mouraghi. Il donna l’aile droite aux Azd, aux Banou Tamim et à al-Jouzjan Ibn al-Jouzjan avec ses hommes et leur alloua les troupes de Palestine (filistine) commandées par Mous’ab Ibn ‘Amr al-Khouza’i et les troupes de Qinnassrine commandées par Maghrah Ibn Ahmar. Al-Qassim donna le flanc gauche aux Banou Rabi’ah commandé par Yahya Ibn Houdayn, aux troupes de Hims sous le commandement de Ja’far Ibn Handalah al-Bahrani et les troupes de Jordanie (al-ourdoun) sous le commandement de Souleyman Ibn ‘Amr al-Mouqri des Bani Himyar.

L’avant-garde était sous le commandement de Mansour Ibn Mouslim al-Bajali joint par les forces de Damas sous le commandement de Hamlah Ibn Nou’aym al-Kalbi ainsi que la garde personnelle, les forces de sécurité et les serviteurs personnels d’Assad Ibn ‘Abdillah al-Qasri.

 

Le Khaqan plaça sur le flanc droit al-Harith Ibn Sourayj et ses partisans, le roi d’as-Soughd, le souverain d’as-Shash, Kharah Boughrah, le père de Khanakhourrah qui était le grand-père de Kawous, le souverain d’al-Khoutal, Jabghouyah et tous les Turcs.

 

Quand les armées furent en présence l’une de l’autre, al-Harith et ceux avec lui des troupes d’as-Soughd, al-Babiyah et d’autres chargèrent le flanc gauche des Musulmans des Banou Rabi’ah et des deux divisions de troupes syriennes et les mis en déroute, et rien ne les arrêta jusqu’à ce qu’il parvint devant la tente d’Assad. Alors, l’aile droite des Musulmans, des Azd, des Banou Tamim et des forces d’al-Jouzjan, vinrent à leur secours et à peine étaient-ils arrivés qu’al-Harith et les Turcs s’enfuirent. Alors les Musulmans d’un seul homme les poursuivirent et enfoncèrent leurs rangs et les turcs s’enfuirent dans toutes les directions. Les Musulmans les poursuivirent sur une distance de douze kilomètres et tuèrent tous ceux qui tombèrent sous leurs mains jusqu’à ce qu’ils arrivent dans leur camps et prirent un immense butin, plus de cent-cinquante-cinq-mille moutons et beaucoup de bêtes de transport.

Le Khaqan s’enfuit par une route secondaire, protégé par al-Harith Ibn Sourayj. A midi, Assad Ibn ‘Abdillah al-Qasri Assad les avaient écrasés.

 

Le camp des Turcs fut trouvé plein de vaisselles d’argent. Assad envoya les filles des esclaves turques au dihqans du Khorasan, secourut les Musulmans qui s’y trouvaient et Assad retourna à Balkh neuf jour après sa sortie ou il ordonna aux Musulmans de jeuner pour rendre grâce à Allah Exalté pour leur avoir accordé la victoire.

 

Le Khaqan revint dans son propre pays et commença les préparatifs pour la guerre et le siège de Samarkand. Il transporta al-Harith et ses forces sur cinq-mille chevaux et distribua aussi des chevaux à ses commandants.

 

Assad envoya Sayf Ibn Wassaf al-‘Ijli à as-Shoubourqan où Ibrahim Ibn Hisham était responsable d’une garnison. Puis Sayf partit d’as-Shoubourqan pour l’Iraq chez Khalid Ibn ‘AbdAllah à qui il donna les nouvelles. Quand Allah Exalté lui donna la victoire, Assad envoya al-Qassim chez le calife Hisham Ibn ‘Abdel Malik pour l’informer. Lorsqu’al-Qassim Ibn Boukhayt arriva à la porte, il cria « Allahou Akbar ». Alors il entra en criant, « Allah est le Plus Grand » et Hisham répondit à son cri en criant, « Allahou Akbar » jusqu’à ce qu’al-Qassim fut devant lui et dit :

– « Victoire, ô émir des croyants ! » Puis, il lui raconta les nouvelles. Hisham descendit de son siège et se prosterna pour remercier Allah Exalté de Ses bienfaits pour Ses serviteurs.

 

Assad envoya une délégation à Khalid Ibn ‘AbdAllah concernant la débâcle des Turcs le jour de la Bataille de San. Il envoya avec eux les tentes rondes du Khaqan et les têtes des Turcs tués que Khalid envoya à Hisham.

 

 

Après sa défaite contre les Musulmans, le Khaqan[2] entra en conflit avec Koursoul[3] et une bataille eut lieu entre les deux partis ou Koursoul fut tué.

 

 

En l’an 120 de l’Hégire (737), Souleyman Ibn Hisham Ibn ‘Abdel Malik captura Sindirah tandis qu’Ishaq Ibn Mouslim al-‘Ouqayli, le lieutenant de Marwan Ibn Muhammad en charge de l’Arménie, captura le fort de Toumanshah et dévasta sa terre.

 

Marwan Ibn Muhammad attaqua la terre des Turcs.

 

Cette même année mourut le gouverneur du Khorasan Assad Ibn ‘Abdillah al-Qasri, le héros de la bataille de San. Qasr est de la tribu des Banou Bajilah al-Kahlaniyah al-Qahtaniyah. Lorsque Assad devint malade, il nomma Ja’far Ibn Handalah al-Bahrani à sa succession. La tribu des Bahrah est de la tribu des Qouda’ah.

 

Durant cette année, le calife Hisham Ibn ‘Abdel Malik Ibn Marwan désista Khalid Ibn ‘Abdillah al-Qasri de l’Iraq et du Khorasan parce qu’il devint un oppresseur, qu’il amassa d’immenses sommes d’argent qu’il n’envoya pas au calife et qu’il causa du tort à un homme des Bani al-‘As Ibn al-Oumayyah. Hisham écrivit à son homme de confiance au Yémen Youssouf Ibn ‘Omar ath-Thaqafi et lui dit : « Va en Iraq ou je t’ai nommé gouverneur sans que personne ne le sache et charge toi du fils de la Chrétienne (Khalid Ibn ‘Abdillah al-Qasri) et de ses servants et libère moi d’eux (littéralement guéris moi d’eux) ».    

Khalid Ibn ‘Abdillah al-Qasri resta vingt-cinq années gouverneur d’Iraq et du Khorasan.

 

Puis le calife nomma Nasr Ibn Sayyar al-Leythi al-Kinani gouverneur du Khorasan et, comme l’ont rapporté les historiens, sa gouvernance fut une des meilleures mais sous son règne aussi l’appel pour la gouvernance des Abbassides prit de l’ampleur.

 

En l’an 121 de l’Hégire, Maslamah Ibn ‘Abdel Malik attaqua Byzance et conquit Matamir.

Muhammad Ibn Marwan, razzia le pays et captura la forteresse du Seigneur du Lit d’Or (sahib sarir ad-dahab) qui se soumis à Marwan, après avoir consentit à lui payer mille esclaves comme Jizyah et qu’il reste dans le contrôle de son territoire.

 

Nasr Ibn Sayyar mena plusieurs attaques contre les turcs au-delà du fleuve de l’Oxus.

 

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