BANU UMAYYAH

Le Khaqan attaqua la caravane des bagages lourds dans la matinée. Ibrahim avait creusé une tranchée de fortification que le Khaqan vint voir tandis que les Musulmans étaient sur leur garde. Il ordonna aux hommes d’as-Soughd de commencer le combat mais quand ils s’approchèrent des Musulmans, ils se levèrent et les chassèrent en tuant un de leurs hommes. Le Khaqan grimpa une colline ou il scruta en bas pour trouver une faille dans la direction de la bataille. Et ainsi, il dirigeait la bataille en envoyant ses hommes là, ou il y avait une faille dans la défense des Musulmans. Il vit derrière le camp des Musulmans un passage. Il appela quelques-uns des commandants et leur ordonna de contourner le camp par un chemin qu’il leur indiqua pour parvenir au passage qu’il devait emprunter pour parvenir au camp des Musulmans et les prendre par surprise dans leur dos. Il ordonna aux autres d’attaquer les perses et les troupes d’as-Saghaniyan et laisser les autres, qui étaient des Arabes identifiables à leurs tentes et à leurs étendards. Puis il leur dit : «  Si l’ennemi reste dans leur tranchée mais se rapproche de vous, alors pénétrez la tranchée et s’il rentre dans la tranchée, attaquez les par derrière ».

Le détachement turcs attaqua les Musulmans du côté des perses et tuèrent le Saghan Khoudhah et la totalité de ses forces puis prirent possession de leurs marchandises. Ils entrèrent aussi dans le camp d’Ibrahim, en prenant tout qui était dedans. Les Musulmans abandonnèrent leur ordre de bataille et se rassemblèrent dans une autre position persuadé qu’ils n’allaient pas finir la journée en vie lorsque soudainement, un nuage de poussière apparut à l’horizon en la personne d’Assad et de ses troupes qui venaient à leur aide.

Les Turcs commencèrent à se replier vers la position du Khaqan et Ibrahim fut stupéfait de les voir partir après qu’ils aient tué et prit ce qu’ils voulurent, après avoir eu aucun espoir de survie ni même de l’arrivée d’Assad.

 

Assad hâta son voyage, et avança jusqu’à parvenir à une colline surplombant celle ou le Khaqan se trouvait. Le Khaqan se retira dans la direction de la montagne. Ceux qui survécurent parmi ceux qui étaient avec les bagages lourds rejoignirent Assad. Beaucoup de Musulmans furent tués ce jour et parmi eux Barakah Ibn Khawli ar-Rassibi, Kathir Ibn Oumayyah, avec des hommes âgés des Banou Khouza’ah. La femme du Saghan Khoudhah sortie à Assad en pleurant pour son mari, et Assad pleura avec elle jusqu’à que ses pleurs devinrent bruyant. Le Khaqan se retira conduisant les prisonniers des troupes d’Assad dans des nœuds coulants, les chameaux, chargé du butin et les filles des serviteurs.

 

Certains ont rapportés que : Le Khaqan vint pour récupérer les bagages lourds. Assad partit à sa poursuite pour les récupérer. Quand le Khaqan regarda en bas des montagnes alors qu’il était au sommet, il vit les Musulmans mais s’abstint de les attaquer. Ils vinrent contre les perses qui étaient avec les Musulmans, les combattirent et capturèrent leurs enfants. Chaque homme parmi eux mit un garçon ou une fille sur son cheval derrière lui. Puis, ils apparurent près du camp d’Assad au crépuscule.

Assad partit avec les hommes jusqu’à ce qu’il campa avec les bagages lourds. Les Turcs attaquèrent Assad le lendemain matin qui était le début du Ramadan et les empêchèrent de jeuner. Puis les Turcs partirent et Assad poursuivit sa route jusqu’à Balkh ou il campa dans sa plaine jusqu’à l’arrivée de l’hiver. Alors les troupes rentrèrent chez eux tandis qu’Assad entra dans la ville.

 

Al-Harith Ibn Sourayj était dans le Toukharistan et rejoignit le Khaqan. La veille d’al-‘Id al-Adhah (Fête du Sacrifice), Assad Ibn ‘Abdillah al-Qasri fut informé que le Khaqan campait à Jazzah. Assad ordonna d’allumer les feux de signal et lorsqu’ils furent visibles de la ville, les hommes des régions avoisinantes vinrent à Balkh.

Le lendemain, après avoir conduit la prière d’al-‘Id, Assad fit un sermon ou il dit aux gens : « L’ennemi d’Allah al-Harith Ibn Sourayj a amené son tyran pour éteindre la lumière d’Allah Exalté et changer Sa religion mais Allah Glorifié l’humiliera, s’Il le veut. Votre ennemi, le chien, a pris de vos frères ce qu’il a pris. Mais si Allah souhaite vous aider, alors votre nombre petit ou grand ne vous fera aucun mal. Par conséquent, recherchez Son aide ». Il dit aussi : « Il m’est parvenu que l’adorateur est au plus proche du Seigneur quand il se prosterne[4]. Je vais descendre de la chaire pour me prosterner, faites de même, rendez grâce au Seigneur et invoquez Le sincèrement ».

Puis, ils se relevèrent persuadés de la victoire. Alors Assad sortit, sacrifia son ‘Id et consulta les Musulmans pour combattre le Khaqan. Quelques-uns dirent :

– « Tu es un jeune homme qui n’a jamais craint de faire un raid. Tu prendras certainement un risque si tu sors ». Il répondit :

– « Par Allah le Très Haut, je vais sortir pour la victoire ou le martyr ! »

 

Il a été rapporté : Lorsque le Khaqan reçut le support de Transoxiane, des habitants de Toukharistan, de Jabghouyah at-Toukhari, avec leurs princes et leurs gardes, soit trente-mille hommes, ils descendirent à Khoulm où se trouvait une garnison commandée par Abou al- ‘Awja’ Ibn Sa’id al-‘Abdi. Il effectua un certains nombres de raids contre eux sans que les Turcs ne puissent remporter une seule victoire. L’ennemi quitta les lieux et marcha en état défensif sur la route de Fayrouz Bakhshin du Toukharistan. Abou al-‘Awja’ écrivit aussitôt à Assad pour l’informer de leur départ.

Assad rassembla les hommes et leur lut la lettre d’Abou al-‘Awja’ et la lettre d’al-Fourafissah, le commandant de garnison de Jazzah, qui lui écrivit lorsque le Khaqan passa près de lui. Alors Assad demanda leurs avis aux Musulmans. Quelques-uns dirent :

– « Tu dois fortifier les portes de la ville et écrire à Khalid et au calife, pour leur demander de l’aide ». D’autres dirent :

– « Prends la route de Zamm et combat le Khaqan à Merv ». Puis d’autres dirent :

– « Sort contre eux en cherchant l’aide d’Allah Exalté contre eux ». L’avis de ces Musulmans lui plut et il décida de rencontrer les ennemis d’Allah et de Son Messager (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) dans la bataille.

 

Il a aussi été rapporté que lorsque le Khaqan fut séparé d’Assad, il alla jusqu’au Toukharistan, le pays de Jabghouyah. Lorsque le milieu de l’hiver arriva, il repartit et passa par Jazzah pour aller à Dorhgan al-Jouzjan ou il envoya des détachements faire des razzias dans la région car al-Harith Ibn Sourayj lui dit qu’Assad ne résisterait pas car il n’avait pas de grande force avec lui. Al-Bakhtari Ibn Moujahid, le Mawlah du Banou Shayban, dit à Assad :

– « Envoie plutôt la cavalerie jusqu’à al-Jouzjan ». Ce qu’il fit.

Assad prit cent-vingt-mille dirhams de Jabalah Ibn Abi Rawwad et ordonna que vingt-mille soit donné à chacun des Musulmans. Son armée était composée des troupes du Khorasan et de Syrie soit sept-mille hommes. Il laissa la charge de Balkh à al-Kirmani Ibn ‘Ali et lui ordonna de ne laisser personne sortir même si les Turcs frappaient à la porte de ville.

 

Nasr Ibn Sayyar al-Leythi, al-Qassim Ibn Boukhayt al-Mouraghi al-Azdi, Salim Ibn Souleyman, ‘Arar Ibn Mouslim Ibn ‘Amr, Muhammad Ibn ‘Abdel ‘Aziz al-‘Ataki, ‘Issa al-A’raj al-Hanzali, al-Bakhtari Ibn Abi Dirham al-Bakri, Sa’id al-Ahmar, et Sa’id as-Saghir, le Mawlah des Banou Bahilah demandèrent à faire partie de l’avant-garde et Assad les autorisa à aller en avant. Puis, il sortit lui-même et campa près de l’une des portes de la ville où un pavillon constitué de deux tentes de deux piquets chacune fut installé pour lui. Il y conduisit les troupes dans une longue prière de deux unités (rak’a). Il fit face vers La Mecque et dit aux Musulmans : « Implorez votre Seigneur avec ferveur pour la victoire ». Puis il invoqua le Seigneur et les gens dirent « Amine » à chacune de ses invocations.     Lorsqu’il eut finit, il se retourna vers ses soldats et leur dit trois fois :

– « Par le Seigneur de la Ka’bah et par Sa permission, la victoire sera notre (noussirtoum war-rabil-ka’bah)[5] ».

 

Alors Assad Ibn ‘Abdillah al-Qasri ordonna le départ et lorsqu’il arriva au Pont de ‘Ata’, il ordonna à Mas’oud Ibn ‘Amr al-Kirmani de garder le pont avec cinquante hommes et de ne laisser personne le traverser jusqu’à son retour. Quand Assad traversa le pont, il campa dans une place convenable, ou il resta jusqu’au matin avant de reprendre sa route. Il donna le commandement de l’avant-garde à Salim Ibn Mansour al-Bajali avec trois-cents hommes qui rencontrèrent un détachement de trois hommes envoyé en mission de reconnaissance par le Khaqan. Salim captura leur chef et sept autres turcs tandis que le reste s’échappa. Le chef fut conduit à Assad et se mit à pleurer. Assad lui demanda :

– -Qu’est-ce qui te fait pleurer ?- Il répondit :

– -Je ne pleure pas pour moi mais je pleure à cause de la destruction du Khaqan ».

– « Comment cela ? »

– « Parce qu’il a dispersé ses troupes entre lui et Merv ».

 

 

 

 

[1] Aqroun : Akroinos ou Afyonkarahisar en Turquie centrale de nos jours.

[2] Voir le prochain volume.

[3] Un gouverneur local.

[4] Hadith rapporté par l’Imam Mouslim dans son Sahih, chapitre « Kitab as-Salat ».

[5] Parmi les moments propices pour une réponse positive à l’invocation, il y a : l’imminence du combat, comme l’a mentionné le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) dans un Hadith.

 

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