BANU UMAYYAH

La campagne d’al-Khoutal

 

En l’an 118 de l’Hégire (725), le dixième calife des Musulmans, Hisham Ibn ‘Abdel Malik désista Khalid Ibn ‘Abdel Malik Ibn Harith Ibn Harith Ibn al-Hakam de Médine et l’attribua à Muhammad Ibn Hisham Ibn Isma’il qui était déjà gouverneur de La Mecque et de Taif.

 

Les fils du calife, Mou’awiyah et Souleyman, toujours à la tête de leurs armées, poursuivirent leur luttes et leurs attaques contre les Byzantins et les polythéistes.

Mou’awiyah Ibn Hisham Ibn ‘Abdel Malik était le père de ‘AbderRahmane ad-Dakhil ou ‘AbderRahmane Ibn Mou’awiyah Ibn Hisham, le fondateur de l’état omeyyade en Andalousie[2], et un général musulman qui combattit sans cesse dans la voie d’Allah Exalté et qui mourut en tombant de son cheval alors qu’il chassait un renard.

Son père, le calife Hisham, fut grandement peiné par sa mort et les conditions de sa mort.

 

 

En l’an 119 de l’Hégire (726), al-Walid Ibn al-Qa’qa al-‘Absi attaqua le territoire des Byzantins.

 

Durant cette même année, Assad Ibn ‘AbdAllah mena une expédition contre le Khoutal, et captura le fort de Zagharzak d’où il partit pour Khidash, ou il captura des prisonniers et des immenses troupeaux de moutons tandis qu’al-Hanash s’enfuit en Chine.

A Khidash, Assad Ibn ‘Abdillah al-Qasri rencontra le Khaqan, le souverain des Turcs et le tua avec un grand nombre de ses troupes, avant de revenir indemne avec les Musulmans, des captifs et un immense butin.

 

Certains ont rapportés que : Ibn as-Sa’iji a écrivit au Khaqan Abou Mouzahim. Il lui attribua le patronyme d’Abou Mouzahim parce qu’il mettait toujours les Arabes en difficulté. Il lui écrivit alors qu’il était à Nawakith pour l’informer qu’Assad était entré dans le Khoutal, avait décimé ses troupes et qu’il était dans une très mauvaise situation.

Quand la lettre arriva, le Khaqan ordonna à ses troupes de se tenir prête. Le Khaqan stationnait dans une large prairie entourée de montagnes dans une région protégée que personne ne pouvait approcher. Il avait deux larges armées qui y campaient, s’entrainaient pour le combat en permanence et ou leurs troupeaux y paissaient librement. Il leur laissa trois jours pour se préparer et s’approvisionner en eaux et en armement, particulièrement des arcs et des flèches qu’ils stockaient dans des carquois fait de peaux de moutons tannés.

Le Khaqan demanda une selle et un cheval harnaché puis qu’une chèvre soit tuée et découpée en morceau qu’il attacha à des lanières de cuir. Alors il prit du sel, en le mettant dans un sac et l’attacha à sa ceinture et ordonna que ses soldats fasse la même chose et leur dit :

– « Ce sera votre ration jusqu’à ce que vous rencontriez les Arabes dans le (al) Khoutal ».

Puis, il prit la route de Khoushwaragh.

 

Quand Ibn as-Sa’iji perçut l’approche du Khaqan, il envoya un message à Assad et lui dit : « Partez d’al-Khoutal, parce que le Khaqan a jeté son ombre sur vous ». Assad maudit le messager et ne le crut pas. Sur ce le souverain d’al-Khoutal lui envoya un nouveau message : « Je ne vous ai pas menti. J’ai informé personnellement le Khaqan de votre arrivée, de la dispersion de mes troupes et lui ai demandé de l’aide en lui disant que c’était une occasion pour lui d’en finir avec vous. Tu nous as dépouillés et mis le pays à nu. Et de la manière dont tu es chargé, il triomphera certainement de vous. Les Arabes n’ont jamais été hostiles envers moi aussi longtemps que j’ai survécu, mais le Khaqan m’a accablé, sa sévérité a augmentée, et il me tient en son pouvoir par son dicton : « J’ai expulsé les Arabes de votre pays et vous ai rendu votre règne » ».

 

Assad sut alors qu’il avait dit la vérité. Il ordonna aussitôt que les précieux et lourds bagages soient envoyés en avant sous la garde d’Ibrahim Ibn ‘Assim al-‘Ouqayli al-Jazari qui plus tard gouverna le Sijistan. Assad envoya avec lui les vieux hommes, parmi eux Kathir Ibn Oumayyah, le père de Souleyman Ibn Kathir al-Khouza’i, Foudayl Ibn Hayyan al-Mahri et Sinan Ibn Daoud al-Qouta’i.

Le commandement des tribus de Moudar fut donné à Sinan al-A’rabi as-Soulami, tandis que celui des revenus fut donné à ‘Uthman Ibn Shabab al-Hamadani, le grand-père du fameux juge de Merv.

 

Assad Ibn ‘Abdillah écrivit à Daoud Ibn Shou’ayb et al-Asbagh Ibn Dou’alah al-Kalbi, qu’il avait déjà envoyé dans deux directions différentes et leur dit : « Le Khaqan est en approche ; par conséquent, rejoignez la caravane des bagages lourd avec Ibrahim Ibn ‘Assim ». Daoud et al-Asbagh rencontrèrent un Daboussi qui leur dit que le Khaqan avait battu les Musulmans et tué Assad. Al-Asbagh dit :

– « Même si Assad et ceux qui étaient avec lui ont été tués, Hisham est encore avec nous, et nous pouvons nous retirer chez lui ». Mais Daoud Ibn Shou’ayb dit :

– « Qu’Allah Exalté rende la vie difficile aux gens du Khorasan! » Al-Asbagh lui dit :

– « Al-Jarrah et ceux qui étaient avec lui ont été tués, et les Musulmans n’ont pas beaucoup eut à souffrir malgré cela. Même si Assad et les forces du Khorasan ont péri, Allah Exalté n’abandonnera pas Sa religion. Allah Exalté est le Vivant, l’Absolu qui ne meurt point. L’émir des croyants (le calife) est toujours en vie et les troupes musulmanes nombreuses ». Ce à quoi Daoud répondit :

– « Ne devrions-nous pas voir ce qu’Assad Ibn ‘Abdillah al-Qasri a fait, afin que nous puissions partir avec des informations exactes ? » Les deux hommes partirent jusqu’à ce qu’ils aperçurent soudainement des feux de camp. Daoud dit :

– « Ce sont les feux de camp des Musulmans car ils sont proches les uns des autres tandis que les feux de camps des turcs sont toujours éparpillés ».

– « Ils sont dans une étroite place ». Ils se rapprochèrent et entendirent le braiement d’ânes. Et Daoud demanda à al-Asbagh :

– « Ne sais-tu pas que les Turcs n’ont pas d’ânes ? »

– « Ils ont dû les capturer hier et n’ont pas eu le temps de tous les manger ».

– « Envoyons deux hommes près d’eux et crier « Allahou Akbar » ». Quand les cavaliers arrivèrent à proximité du camp, ils crièrent « Allah est le Plus Grand » et le camp leur répondit avec le même cri. Alors ils approchèrent le camp ou se trouvaient Ibrahim, les forces d’as-Saghaniyan, le Saghan Khoudhah et les bagages lourds. Ibrahim Ibn ‘Assim leva aussitôt le camp.

 

Assad vint d’al-Khoutal vers Jabal (la montagne) al-Milh (de sel), projetant de traverser le fleuve de     Balkh. Ibrahim Ibn ‘Assim l’avait déjà traversé avec les captifs et ce qu’il avait pris comme butin. Alors qu’Assad regardait le fleuve, le Khaqan, qui avait quitté Souyab dix-sept nuits auparavant, arriva.

Assad ordonna le départ le lendemain et ils traversèrent le fleuve en vingt-trois colonnes là ou l’eau arrivait à la selle de leur monture. Assad demanda à chacun des Musulmans de prendre un mouton avec lui et il fit de même. ‘Uthman Ibn ‘AbdAllah Ibn Moutarif Ibn ash-Shikhir lui dit :

– « Ces moutons nous font perdre notre temps et déconcentre les hommes tandis que les turcs sont prêt à fondre sur nous ». Par conséquent, Assad ordonna d’abandonner les moutons et les hommes traversèrent mais, les Turcs chargèrent en masse ceux qui n’avaient pas eu le temps de traverser et les Musulmans se jetèrent dans la rivière pour leur échapper.

 

Il a aussi été rapporté que les Azd et les Banou Tamim commandaient l’arrière garde ou se trouvaient les faibles de la troupe. Assad rentra dans le fleuve et ordonna que les chameaux soient menés du côté de la Transoxiane, afin qu’ils puissent être chargés avec les bagages lourds. Un nuage de la poussière approcha de la direction d’al-Khoutal et c’était le Khaqan qui attendit que la majeure partie de ses troupes soient près de lui pour attaquer les Azd et les Banou Tamim qui se replièrent. Assad Ibn ‘Abdillah al-Qasri galopa jusqu’à ce qu’il atteignit son camp. Il envoya un message à ceux qui étaient avec les bagages lourds qu’il avait déjà envoyé avant et leur dit : « Faites le camp et fortifiez votre place au le milieu de la vallée ».

Le Khaqan approcha. Les Musulmans supposèrent qu’il ne traverserait pas le fleuve qui les séparait. Quand le Khaqan vit le fleuve, il ordonna à al-Ishkand, qui était à cette époque l’Ispahbad de Nassaf, d’aller le long de la ligne de bataille jusqu’à ce qu’il ait atteint le point le plus lointain, puis, il demanda aux cavaliers et aux stratèges de guerre :

– « Peut-on traverser la rivière et supporter une attaque en même temps ? » Les gens lui répondirent :

– « Non cela ne peut ! » Jusqu’à ce qu’al-Ishtikhan[3] dit :

– « Oui, nous pouvons faire cela, sachant que nous sommes cinquante-mille cavaliers, si nous chargeons d’une seule masse, nous renverrons l’eau d’un côté et de l’autre et le courant cessera ».

Alors ils battirent leurs tambours de guerre, tandis qu’Assad pensait n’être seulement qu’une menace pour eux et chargèrent les Musulmans qui se replièrent dans leur camp. Les Turcs traversèrent et soulevèrent un immense nuage de poussière si bien que les gens ne pouvaient même pas distinguer leurs voisins et leurs montures. Les Musulmans entrèrent dans leur camp et demandèrent à ceux qui étaient encore à l’extérieur de se dépêcher. Les jeunes esclaves se couvrirent de laines et armés de piquets de tentes frappèrent les faces des turcs qui revinrent en arrière.

 

Assad passa la nuit en veille jusqu’au lever de l’aube avec les soldats en état d’alerte de peur d’une traîtrise du Khaqan. Et lorsqu’il fit jour, il ne vit rien alors il appela les principaux commandants pour les consulter. Ils lui dirent :

– « Puisses-tu être en bonne santé ! » 

– « Ce n’est pas de la bonne santé mais plutôt une calamité ! » Le Khaqan a triomphé de nous hier, en capturant nos hommes et nos armes et ils ont dû lui donné l’emplacement des bagages lourds si bien qu’il a renoncé à nous affronter par avidité pour lui. Par conséquent, Assad leva le camp, en envoya ses scouts en avant dont l’un revint pas longtemps après pour lui rapporter qu’il avait vu les couvre chefs verts des Turcs en petit nombre.

 

Assad trouva un nouveau terrain de camp puis il consulta les hommes pour voir s’ils devaient faire le camp ou continuer. Mais Nasr Ibn Sayyar resta silencieux et Assad lui dit :

– « Quel est ton problème ô Ibn Sayyar, tu es silencieux, et tu ne parles pas ? » Nasr dit :

– « Tu as deux solutions. Si tu continues, tu aideras ceux qui sont avec les bagages lourds, en les secourant. Mais si tu découvres qu’ils ont déjà péri, tu auras exécuté une dure tâche qui devait être exécutée ». Assad accepta son point de vie et marcha tout au long de ce jour.

Assad appela Sa’id as-Saghir, le Mawlah des Banou Bahilah, un cavalier qui connaissait la terre d’al-Khoutal. Assad Ibn ‘Abdillah al-Qasri écrivit une lettre à Ibrahim et lui ordonna de se préparer pour bataille : « Le Khaqan est parti dans votre direction ». Assad dit alors à Sa’id :

– « Pars avec la lettre là où il se trouvait la nuit dernière ».

Quand il passa près des turcs, ils envoyèrent après lui des scouts qui le suivirent jusqu’au camp d’Ibrahim puis, ils retournèrent au Khaqan pour l’informer.

 

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