BANU UMAYYAH

La bataille d’at-Tawawis

 

Ils s’opposèrent à lui à Karminiyah le premier jour de Ramadan de l’année 113 de l’Hégire (731). Lorsqu’al-Jounayd quitta Karminiyah, Muhammad Ibn az-Zandi arriva à la fin de la nuit avec la cavalerie musulmane cuirassée. Alors qu’il était à la limite du désert de Karminiyah, il vit la faiblesse de l’ennemi et revint aussitôt en informer al-Jounayd.

Au matin, les gens sortirent et la bataille commença.

‘AbdAllah Ibn Abi ‘AbdAllah vint à al-Jounayd en riant et al-Jounayd lui dit :

– « Ce n’est pas un jour pour rire ! » Ce à quoi, il répondit :

– « J’ai ri d’émerveillement. Louanges à Allah Exalté qui ne t’a pas fait rencontrer les Turcs qui sont au sommet de la montagne, vous causant soif et fatigue, tandis que tu as un camp fortifié par une tranchée, et des ressources avec toi ».

 

Les Turcs combattirent seulement un peu puis se retirèrent. ‘AbdAllah Ibn Abi ‘AbdAllah dit à al-Jounayd pendant qu’ils combattaient :

– « Lève le camp immédiatement et part », après quoi Al Jounayd lui demanda :

– « Y a-t-il un chemin ? » ‘AbdAllah répondit :

– « Oui, part avec tes étendards à approximativement trois kilomètres ». Le Khaqan aurait souhaité que tu restes afin de t’encercler avec ses forces quand il l’aurait voulu.

Par conséquent, al-Jounayd donna l’ordre de partir tandis que ‘AbdAllah Ibn Abi ‘AbdAllah fut chargé de l’arrière garde. Il envoya un message à al-Jounayd et lui dit :

– « Fait le camp ». Al-Jounayd lui répondit :

– « Ferais-je le camp dans une place sans eau ? » ‘Abdallah lui renvoya un message :

– « Si tu ne fais pas le camp maintenant, tu perdras le Khorasan ». Sur ce il fit le camp, et ordonna aux hommes de faire une provision d’eau, après quoi l’infanterie et les archers firent deux colonnes et tirèrent de l’eau en quantité avant de passer la nuit. Quand le matin arriva, les Musulmans se mirent de nouveau en route. ‘AbdAllah Ibn Abi ‘AbdAllah dit :

– « Tu as quatre corps de troupe qui ne doivent pas avoir les mêmes fautes que les autres. Aucun des quatre ne doit abandonner sa place. Il y a une avant-garde qui est aussi le centre, deux ailes et un arrière garde. Si le Khaqan rassemble sa cavalerie et son infanterie puis attaque une de tes corps, comme l’arrière garde, ce sera votre destruction, et c’est possible qu’il fasse cela aujourd’hui. Par conséquent, fortifie l’arrière garde avec la cavalerie ».

 

Al Jounayd envoya la cavalerie des Banou Tamim et la cavalerie blindée en renfort à l’arrière et lorsqu’ils arrivèrent près d’at-Tawawis, les Turcs attaquèrent l’arrière garde et la bataille tourna à leur désavantage. Salm Ibn Ahwaz attaqua un des nobles Hirkis, et le tua.

Les Turcs tirèrent un mauvais présage du résultat de la bataille et s’en allèrent au-delà d’at-Tawawis. Les Musulmans poursuivirent leur chemin et arrivèrent à Boukhara.

 

 

‘Abdel Mou’min Ibn Khalid dit : « J’ai vu ‘AbdAllah Ibn Abi ‘AbdAllah après sa mort dans un rêve. Il me dit : « Parle de moi aux gens en leur racontant les bons conseils que j’ai donné le Jour du Défilé ».

Al-Jounayd disait pour le mentionner : « Un homme sans famille, le fils d’un homme sans famille ; un homme solitaire, le fils d’un homme solitaire ; un loup parmi les loups : une exception parmi les exceptions ».

 

 

Les troupes de Basra sous le commandement de ‘Amr Ibn Mouslim al-Bahili et celles de Koufa sous le commandement d’AbderRahmane Ibn Nou’aym al-Ghamidi arrivèrent alors qu’al-Jounayd était à as-Saghaniyan. Il envoya avec eux al-Hawtharah Ibn al-Yazid al- ‘Anbari accompagnés d’autres Musulmans, de marchands et leur ordonna d’emporter ailleurs les familles de Samarkand mais de laisser les combattants à leur place, ce qu’ils firent.

 

Il a aussi été rapporté que la bataille du Défilé entre al-Jounayd et le Khaqan eut lieu en l’an 113 de l’Hégire (731).

 

 

En l’an 114 de l’Hégire (732), le calife Hisham désista son oncle Ibrahim Ibn Hisham al-Makhzoumi qui était gouverneur de Médine, de La Mecque, de Taif et le remplaça par Khalid Ibn ‘Abdel Malik Ibn Harith Ibn al-Hakam Ibn Ali al-‘As al-Amawi à Médine et Muhammad Ibn Hisham al-Makhzoumi pour La Mecque et Taif.

 

Cette même année, il nomma le fils de son oncle Marwan Ibn Muhammad Ibn Marwan gouverneur d’Arménie et de l’Azerbaïdjan.

 

Cette année, Mou’awiyah Ibn Hisham attaqua le flanc gauche de Byzance et Souleyman Ibn Hisham le flanc droit. Mou’awiyah Ibn Hisham captura la ville d’Aqroun[1] tandis que ‘Abdallah al-Battal rencontra une force romaine sous le commandement de Constantin, qu’il écrasa avant de faire prisonnier le commandant.

 

Après avoir défait les Turcs, Maslamah Ibn ‘Abdel Malik revint à al-Bab qu’il reconstruisit et fortifia.

 

Une épidémie de peste toucha aussi les gens de la vile de Wassit en Iraq cette même année avant de se propager en Syrie pour deux années consécutives.

 

 

En l’an 118 de l’Hégire (735), Hisham Ibn ‘Abdel Malik désista du Khorasan, al-Jounayd Ibn ‘AbderRahmane car il se maria avec Fadilah Bint Yazid Ibn al-Mouhallab qu’il remplaça par ‘Assim Ibn ‘Abdillah Ibn Yazid al-Hilali et à qui il dit : « Si jamais tu le rencontres sur ton chemin tue le ! » Mais al-Jounayd Ibn ‘AbderRahmane fut pris d’une douleur au ventre et mourut avant l’arrivée de son remplaçant et avant de mourir, il nomma ‘Oumarah Ibn Houraym al-Mourri son successeur.

Lorsque ‘Assim Ibn ‘Abdillah arriva au Khorasan, il arrêta, emprisonna et tortura tous les servants d’al-Jounayd.

 

Cette même année à cause de la dureté de ‘Assim envers les serviteurs d’al-Jounayd, al-Harith Ibn Sourayj at-Tamimi se rebella contre lui avec ses partisans à Farayab. Il s’habilla de noir, comme allait le faire par la suite les Abbassides, et appela au Livre d’Allah Exalté, à la Sounnah de Son Messager (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) et à l’obéissance avant de partir à Balkh ou Nasr Ibn Sayyar al-Leyth al-Kinani était le gouverneur qui s’opposa à lui avec son armée mais il fut battu avant de s’enfuir.

Al-Harith Ibn Sourayj entra alors dans la ville, nomma un homme de sa tribu gouverneur de Merv avant de partir pour le Jawzajan qu’il conquit avec Talaqan et Mawrouroud. Puis, il décida de retourner vers Merv, la capitale du Khorasan, mais ‘Assim Ibn ‘Abdillah al-Hilali le rejoignit entre temps et une bataille eut lieu entre eux. Harith Ibn Sourayj fut battu et s’enfuit avec seulement trois-mille soldats.        

‘Assim Ibn ‘Abdillah al-Hilali ne saisit pas cette occasion en or pour se débarrasser définitivement de lui et Harith Ibn Sourayj allait plus tard revenir à l’attaque.

 

‘Assim écrivit alors au calife et lui dit : « Les affaires du Khorasan ne peuvent pas prospérer si l’émir de l’Iraq n’en prends pas le commandement ». Lorsque le calife lut la lettre, il écrivit des ordres pour le désister du commandement du Khorasan et il attribua à l’émir d’Iraq, Khalid Ibn ‘Abdillah al-Qasri, la charge supplémentaire du Khorasan. Alors, Khalid Ibn ‘Abdillah nomma son frère Assad Ibn ‘Abdillah sur le Khorasan.

Lorsque ‘Assim envoya sa lettre au calife les gens lui dirent : « Il va certainement envoyer Assad Ibn ‘Abdillah al-Qasri émir sur le Khorasan ». Et quand, ils furent informés de l’arrivée imminente d’Assad, ils dirent : « les nouvelles sont bien arrivées ». Alors qu’Assad était en route, les combats reprirent entre ‘Assim Ibn ‘Abdillah et Harith Ibn Sourayj at-Tamimi, ils décidèrent de s’allier contre Assad mais leur pacte échoua car Yahya Ibn Houdayn al-Moundir dit aux représentants des gens que cet accord s’il était scellé était une désobéissance au calife.

Alors les combats reprirent entre les deux partis et Harith Ibn Sourayj fut de nouveau battu quand Assad Ibn ‘Abdillah arriva au Khorasan ou il remit de l’ordre après avoir écrasé et terrifié les rebelles. Dès lors, il put se consacrer de nouveau au combat contre les Turcs.      

 

 

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