BANU UMAYYAH

Al-Mouhallab Ibn Ziyad al-‘Ijli fuit avec sept-cents hommes, dont Qouraysh Ibn ‘AbdAllah al-‘Abdi, vers une forteresse du nom d’al-Mourghab, où il combattit les gens. Al-Mouhallab Ibn Ziyad fut blessé, après quoi ils nommèrent al-Wajaf Ibn Khalid à leur tête.

Alors al-Ishkand, le souverain de Nassaf, arriva avec sa cavalerie et en compagnie de Ghouraq qui leur demanda :

– « O Wajaf, tu as un sauf conduit ». Qouraysh dit :

– « Ne leur fait pas confiance, mais dès que la nuit tombera nous sortirons malgré eux jusqu’à ce que nous atteignions Samarkand, car si nous restons jusqu’au matin, ils nous tueront ». Mais ils n’écoutèrent pas son conseil et restèrent. Alors les Turcs les conduisirent jusqu’au Khaqan qui dit :

– « Je n’autorise pas le sauf-conduit donné par Ghouraq ». Ghouraq dit à al-Wajaf :

– « Je suis un esclave du Khaqan de son Shakiriyah ». Les Musulmans demandèrent :

– « Pourquoi est-ce que vous nous avez trompés ? » Sur ce, al-Wajaf et ses compagnons les combattirent et tous furent tués à l’exception de dix-sept Musulmans qui sont entrés dans un jardin muré. Lorsque le crépuscule arriva, les polythéistes coupèrent un arbre et le mirent en travers de l’entrée du jardin. Qouraysh Ibn ‘AbdAllah al-‘Abdi vint, jeta l’arbre de côté et sortit avec trois hommes. Ils dormirent dans un caveau ou ils se dissimulèrent tandis que les autres qui n’osèrent pas sortir furent tous tués au matin.

 

 

Lorsque Sawrah fut tué, al-Jounayd, sorti du défilé, et se dirigea en hâte vers Samarkand. Khalid Ibn ‘Oubaydillah Ibn Habib lui dit :

– « Allez, Allez ! » Tandis qu’al-Moujashir Ibn al-Mouzahim as-Soulami disait :

– « Je t’en conjure, ne pars pas ! » Quand al-Moujashir vit qu’il était descendu de sa monture, il dit à al-Jounayd :

– « Par Allah ! Tu ne partiras pas mais tu vas certainement établir le camp ici que tu veuilles ou pas! Nous n’allons pas te laisser nous détruire après ce que t’as dit Hajari ». Mais le camp n’était pas encore fini quand les Turcs apparurent. Al-Moujashir dit :

– « S’ils nous avaient rencontrés en route, ils nous auraient exterminés ! »

Au matin, une bataille eut lieu. Un groupe des Musulmans fuit tandis que les armées se retirèrent. Al-Jounayd dit :

– « O gens c’est le feu de l’enfer ! » Et ce qui s’étaient enfuit revinrent à ce moment. Al-Jounayd ordonna à un homme d’appeler : « Tout esclave qui combattra sera libre ! » Alors, les esclaves sortirent et combattirent si férocement que les gens furent été étonnés. L’un d’eux prit une couverture de la selle, il coupa une ouverture au     centre pour sa tête puis la mit autour de son cou pour se protéger avec. Les troupes furent vraiment satisfaites de la persévérance des esclaves.

L’ennemi renouvela l’attaque, mais les Musulmans résistèrent jusqu’à ce que l’ennemi fût battu. Alors les Musulmans reprirent leur route. L’ennemi captura un homme des ‘Abdel Qays, l’attacha et passa autour de son cou la tête de Bal’a al-‘Anbari, le fils de Moujahid Ibn Bal’a. Quand les hommes trouvèrent l’homme des Banou Tamim, ils ôtèrent la tête et l’enterrèrent.

 

Al-Jounayd passa par Samarkand ou il prit les familles de ceux qui avaient été avec Sawrah à Merv, puis il resta dans as-Soughd quatre mois.

 

Les principaux commandants militaires du Khorasan étaient : Al-Moujashir Ibn Mouzahim as-Soulami, ‘AbderRahmane Ibn Soubh al-Kharaqi, et ‘Oubaydillah Ibn Habib al-Hajari. Al-Moujashir établissait le camp des soldats d’après leurs divisions et aussi les avant-postes. ‘Oubaydillah Ibn Habib était responsable de mobilisation pour les batailles.

Il y avait aussi des hommes sages et clairvoyants responsables des conseils, spécialisés des techniques de guerres, qui étaient eux même des vétérans et des hommes d’expériences, tant parmi les hommes libres que les serviteurs comme al-Fadl Ibn Bassam, le Mawlah des Banou Leyth, ‘AbdAllah Ibn Abi ‘AbdAllah, le Mawlah des Banou Soulaym et al-Bakhtari Ibn Moujahid, le Mawlah du Banou Shayban.

 

Quand les Turcs repartirent dans leur pays, al-Jounayd envoya Sayf Ibn al-Wassaf al-‘Ijli de Samarkand au calife Hisham mais Sayf eut trop peur et comme il craignait le chemin, il demanda à ce qu’un autre que lui soit nommé alors al-Jounayd envoya Nahar Ibn Tawsi’ah, des Banou Taym Ibn al-Lat, et Zoumayl Ibn Souwayd al-Mourri, des Banou Mourrah du Ghatafan. Al-Jounayd écrivit à Hisham pour l’informer des évènements et Hisham convoqua Nahar Ibn Tawsi’ah et le questionna au sujet de la véracité de ces nouvelles et il lui confirma qu’il y avait assisté en personne.    

Hisham écrivit alors à al-Jounayd : « Je viens juste de t’envoyer vingt-mille hommes en renfort, dix-mille hommes de Basra sous le commandement de ‘Amr Ibn Mouslim, dix-mille homme de Koufa sous le commandement de ‘AbderRahmane Ibn Nou’aym, trente-mille lances et autant de boucliers. Enrôle autant que tu peux d’hommes au-delà de quinze-mille ».

 

Il a aussi été rapporté qu’al-Jounayd envoya une délégation à Khalid Ibn ‘AbdAllah, qui lui-même envoya ne délégation à Hisham Ibn ‘Abdel Malik Ibn Marwan pour l’informer que : «  Sawrah Ibn al-Hour partit chasser avec ses compagnons furent assaillis par les Turcs et tous tués. » Quand Hisham fut informé de la calamité de Sawrah, il dit :

– « Nous sommes à Allah et à Lui nous revenons! Le désastre de Sawrah Ibn al-Hour au Khorasan et celui d’al-Jarrah à Al Bab! »     

 

Le jour du Défilé, al-Jounayd entra dans celui-ci pensant que personne ne viendrait contre lui des montagnes. Il envoya Ibn ash-Shikhir à l’avant à la tête de l’avant-garde, tandis qu’il commandait lui-même l’arrière et il ne disposa pas d’ailes du tout. Le Khaqan approcha, écrasa l’avant-garde et arriva du côté gauche d’al-Jounayd tandis que le Jabghouyah[6] arriva sur sa droite. Les Azd et les Banou Tamim furent aussi écrasés et Turcs capturèrent les bagages d’al-Jounayd. A la tombée du crépuscule, al-Jounayd, ordonna à un homme de sa propre maison : « Marche parmi les rangs des soldats et leurs machines de guerre et rapportent ce qu’ils disent et comme ils sont ». Après un certain l’homme revint et lui dit :

– « Ils sont confiants, se récite des poésies les uns aux autres tandis que d’autres lisent le Qur’an ». Cela satisfit al-Jounayd, qui loua Allah Exalté.

 

Il est rapporté aussi que le jour du Défilé, les esclaves prirent position près du camp et quand les Turcs et les Soughdians s’approchèrent d’eux, les serviteurs se jetèrent sur eux avec les piquets de tentes et tuèrent neuf d’entre eux si bien qu’al-Jounayd leur donna leur butin.

 

 

 

 

[1] Paykand ou Baykand en prononciation arabe, près de Boukhara.

[2] Non musulmans vivant avec les musulmans et sous leurs protections.

[3] A l’est de Balkh.

[4] Il y a deux niveaux juridiques pour le combat dans le sentier d’Allah (jihad fis-sabilillah) : Le Jihad Fard Kifayah qui dispense une partie des musulmans de son accomplissement si l’autre partie s’en charge. Ce Jihad se situe en période de paix et de calme, lorsque les terres musulmanes et les musulmans sont en sécurité.

Si les musulmans sont attaqués ou leur pays envahit, on passe à la seconde catégorie qui est le Jihad Fard ‘Ayn. Pour ce Jihad, tous les musulmans, hommes, femmes, enfants, vieillards qui peuvent tenir des armes sont requis et ils n’ont besoin de la permission de personne pour le faire ! C’est donc un Jihad obligatoire pour tous qui s’étend du pays concerné à tous les musulmans de la terre. Donc dans le cas de ce jeune homme, ou l‘ennemi est en face, le choix ne se pose pas.        

[5] Seul Allah Exalté, à Lui les Louanges et la Gloire, sait qui de Ses serviteurs atteint véritablement le martyr.

[6] Le roi du Toukharistan

 

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