BANU UMAYYAH

La bataille de Paykand[1]

 

L’ennemi approcha, et, lorsqu’ils furent vraiment proches, les Musulmans les engagèrent pour une courte durée de temps avant de se retirer avec un certain nombre de Musulmans tués. Puis, les Musulmans s’élancèrent à la bataille une seconde fois où ils persévèrent et les polythéistes furent battus. Ashras continua sa route avec ses troupes jusqu’à ce qu’ils aient campé à Paykand. Alors l’ennemi coupa leur eau et Ashras et les Musulmans restèrent dans leur camp ce jour et cette nuit. Au matin lorsque les réserves d’eux s’épuisèrent, ils creusèrent pour trouver de l’eau mais sans succès et devinrent assoiffés. Alors, ils partirent pour la ville d’où les eaux avaient été coupées. Qatan Ibn Qoutaybah qui commandait l’avant-garde des Musulmans rencontra l’ennemi et combattit jusqu’à l’épuisement à cause de la soif. Sept-cents d’eux furent tués et les troupes furent incapables de combattre. Et seulement sept hommes restèrent sur la ligne de front d’ar-Ribab. Dirar Ibn Houssayn épuisé fuit. Al-Harith Ibn Sourayj pressa et encouragea les Musulmans et leur dit :

– « O gens ! Etre tué par l’épée est plus noble dans ce monde et plus grand en récompense chez Allah Exalté que de mourir assoiffé ».

Alors al-Harith Ibn Sourayj, Qatan Ibn Qoutaybah, et Ishhaq, Ibn Waki le fils du frère de Muhammad, avancèrent avec les cavaliers des Banou Tamim et des Qays et ils combattirent jusqu’à ce qu’ils aient reconduit les Turcs qui gardaient l’accès de l’eau, après quoi les hommes se précipitèrent pour boire et étancher leur soif.

 

Thabit Qoutnah passa près de ‘Abdel Malik Ibn Dithar al-Bahili et lui dit :

– « O ‘Abdel Malik, suivez-vous les traditions relatives au combat dans la voie d’Allah (jihad fis-sabilillah) ? » Ce dernier lui répondit :

– « Attend-moi le temps de me laver et de me parfumer ! »

Thabit l’attendit jusqu’à ce qu’il revienne et ils rentrèrent ensemble. Thabit dit à ses compagnons :

– « Je suis bien plus bien informé que vous au sujet de comment combattre ceux-là », et il incita ses camarades au combat dans la voie d’Allah Exalté. Alors, ils attaquèrent l’ennemi avec férocité jusqu’à ce que Thabit fut tué avec plusieurs Musulmans dont :

– Sakhr Ibn Mouslim Ibn an-Nou’man al-‘Abdi,

– ‘Abdel Malik Ibn Dithar al-Bahili,

– Al-Wajih al-Khorassani et,

– Al-‘Aqqar Ibn al-‘Ouqbah al-‘Awdhi.

 

Qatan Ibn Qoutaybah et Ishaq Ibn Muhammad Ibn Hassan rassembla les cavaliers des Banou Tamim et des Qays, qui firent le serment de combattre jusqu’à la mort, et attaquèrent l’ennemi si férocement qu’il se retira. Les Musulmans les poursuivirent et les tuèrent jusqu’à ce que le manteau de la nuit les force à se retirer alors Ashras marcha sur Boukhara qu’il assiégea.

 

Foudayl Ibn Ghazwan rapporta que Wajih al-Bounani lui dit alors qu’ils effectuaient la circumambulation à la Maison sacrée : « Nous avons rencontré les Turcs qui ont tué un groupe d’entre nous. J’ai été moi-même abattu et je les ai regardés quand ils se sont assis et ont demandé de l’eau, jusqu’à ce qu’enfin l’un d’entre eux est venu à moi. L’un d’entre eux dit : « Laissez-le, car il a encore une action à entreprendre et une fin qu’il doit rencontrer ». L’action à entreprendre et celle-ci tandis que pour la fin, j’espère le martyr. » Puis il revint au Khorasan ou il trouva le martyr avec Thabit.

 

Al-Wazi’ Ibn Ma’iq a rapporté qu’al-Wajih est passé près de lui menant deux mulets le jour d’Ashras. Je luis dit :

– « Comment te sens-tu ce matin, ô Abou Asma ? » Il répondit :

– « Je me suis levé entre la perplexité et le fait d’être rassemblé de nouveau ensemble. O grand Seigneur joint les deux armées dans la bataille ! » Alors, il passa son arc et son sabre autour de ses épaules et s’enveloppa dans un capuchon, puis il attaqua les ennemis jusqu’à ce qu’il trouva le martyr et al-Haytham Ibn al-Mounakhal al-‘Abdi trouva aussi le martyr.

 

‘AbdAllah Ibn al-Moubarak a rapporté : « Quand Ashras rencontra les Turcs, Thabit Qoutnah dit :

– « O Grand Seigneur, comme j’étais l’invité d’Ibn Bistam hier, faites que je sois Votre invité aujourd’hui ! Par Allah, les Banou Oumayyah ne me reconnaitront que bardé de fer ! »

Alors il chargea en avant, comme on fait ses compagnons, mais ses compagnons ont été prouvés être faux, tandis qu’il resta ferme. Son coursier reçut une flèche et partit en zigzag mais Thabit le frappa et il s’élança à nouveau en avant. Thabit fut touché et il retourna du combat blessé. Alors qu’il était prosterné, il dit :

– « O Grand Seigneur, je me suis levé ce matin, l’invité d’Ibn Bistam et suis entré parvenu au soir en étant le Votre. Recevez-moi dans le Paradis de votre récompense considérable ! »

 

On a rapporté aussi qu’Ashras traversa l’Oxus et campa à Paykand, mais il ne trouva pas d’eau. Ils partirent donc au matin et lorsqu’ils furent près de la forteresse de Boukhara Khoudah qui était à ce moment à un mille d’eux, mille cavaliers les encerclèrent et soulevèrent tellement de poussière qu’un homme ne pouvait pas voir son voisin.

Six-mille Musulmans, y compris Qatan Ibn Qoutaybah et Ghouraq furent séparés. Ils atteignirent une forteresse parmi les forteresses de Boukhara pensant qu’Ashras avait péri, alors qu’il était à l’intérieur d’un des forts de Boukhara. Durant deux jours, les deux forces ne se sont pas retrouvées tandis que Ghouraq rejoignit les Turcs dans la bataille. Il était entré dans la forteresse avec Qatan, mais quand Qatan lui envoya un homme, les troupes de Ghouraq crièrent après lui et Ghouraq rejoignit les Turcs.

Il est dit que Ghouraq tomba ce jour sur une force de la cavalerie turque et qu’il n’eut aucun choix excepté de les joindre. Il est aussi dit qu’Ashras envoya un message à Ghouraq et lui demanda une coupe d’eau mais qu’il répondit au messager d’Ashras : « Rien ne m’a été laissé hormis cette coupe par conséquent, laissez-la moi ! » Alors Ashras lui envoya à nouveau un message : « Boit d’une outre et envoie moi la coupe ». Alors Ghouraq le quitta.

 

Nasr Ibn Sayyar fut nommé gouverneur de Samarkand et ‘Oumayrah Ibn Sa’d ash-Shaybani     responsable du revenu alors qu’ils étaient assiégés et ‘Oumayrah était parmi ceux qui sont venus avec Ashras.

 

Il est rapporté qu’Ashras campa près de la ville de Boukhara, à quatre kilomètres d’un lieu appelé al-Masjid mais il n’y resta pas et alla camper dans une prairie verdoyante du nom d’al-Bawadirah.

 

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