BANU UMAYYAH

La campagne de Sa’id Khoudaynah contre Soughd

 

Cette même année, Sa’id Khoudaynah traversa la rivière Balkh et attaqua les Soughdians qui violèrent leur traité et aidèrent Turcs contre les Musulmans.

Il est rapporté que Sa’id envoya une expédition militaire parce que, après que les Turcs soient revenus à as-Soughd. Les combattants lui dirent :

– « Le fait que tu n’envoies plus aucunes expéditions militaires a permis aux Turcs de reprendre l’offensive et poussé les Soughdians à apostasier ».

Alors, il traversa la rivière et marcha sur as-Soughd. Il fut intercepté par les Turcs et un détachement de l’armée d’as-Soughd, mais les Musulmans réussirent à les faire fuir. Sa’id dit :

– « Ne les poursuivez pas, car as-Soughd est le jardin de l’émir des croyants et vous les avez déjà battus. Voulez-vous les annihiler ? O armée d’Iraq, vous avez combattu les califes plusieurs fois, mais est-ce qu’ils vous ont détruits ? »

Les Musulmans avancèrent jusqu’à ce qu’ils atteignent une gorge qui se trouvait entre eux et la prairie.     ‘AbderRahmane Ibn Soubh dit :

– « Ne laissez passer par cette gorge aucun homme vêtu d’une armure et ni aucun fantassin mais tous les autres peuvent traverser ».

Puis, ils traversèrent mais les Turcs qui les avaient vus arriver leur préparèrent une embuscade. La cavalerie musulmane arriva et les deux armées s’affrontèrent. Les Turcs s’enfuirent et les Musulmans les poursuivirent jusqu’à ce qu’ils pénètrent dans le champ de l’embuscade où les Turcs tombèrent sur eux. Les Musulmans poursuivis s’enfuirent à leur tour et retraversèrent la gorge. ‘AbderRahmane Ibn Soubh leur dit :

– Essayez de les battre sans traverser, car si vous traversez, ils vous détruiront.

Les turcs furent stoppés et se retirèrent sans être poursuivi par les Musulmans.

 

Certains ont dit : Shou’bah Ibn Zouhayr et ses forces furent tués ce même jour. D’autres ont dit : Les Turcs se retirèrent ce jour, accompagné par un détachement de l’armée d’as-Soughd après avoir été battu.

 

Le jour suivant, l’avant-garde des Musulmans, et l’avant-garde à cette époque était confiée aux Banou Tamim, sortit et fut surprit par les Turcs qui les ont attaqués de derrière un bosquet. Shou’bah Ibn Zouhayr qui était en charge de la cavalerie des Banou Tamim les combattit mais ils l’arrachèrent de sa monture et le tuèrent ainsi que cinquante autres combattants musulmans tandis que le reste de l’avant-garde réussit à s’enfuir.

Quand le cri à l’aide parvint au reste de l’armée, ‘AbderRahmane Ibn al-Mouhallab al- ‘Adawi dit :

– « Je fus le premier à les atteindre après que nous ayons reçu leurs nouvelles. Je montais un cheval rapide et aperçu     ‘AbdAllah Ibn Zouhayr à côté d’un arbre. Son corps était tellement couvert de flèches qu’il ressemblait à un porc-épic. Il avait été tué ».

Al-Khalil Ibn Aws al- ‘Abshami, un jeune homme des Banou Tamim monta sur son cheval et s’écria :

– « O Banou Tamim, je suis al-Khalil. A moi ! »

Un groupe de soldats le rejoignit aussitôt et ils attaquèrent l’ennemi et le repoussèrent loin des combattants tombés dans l’embuscade jusqu’à ce que les renforts arrive et que l’ennemi soit mis en déroute. Al-Khalil est devenu ce jour-là, le chef de la cavalerie des Banou Tamim et le resta jusqu’à ce que Nasr Ibn Sayyar soit nommé gouverneur du Khorasan. Alors son frère al-Hakam Ibn Aws, devint le chef du Banou Tamim.

 

L’année suivante Sa’id envoya des hommes des Banou Tamim en mission à Waraghsar. Ils dirent :

– « Peut être rencontrerons nous l’ennemi que nous puissions les attaquer ».

Mais à chaque fois que Sa’id ordonnait un raid et que l’armée musulmane revenait victorieuse, avec du butin et des prisonniers, il renvoyait les femmes et les enfants captifs et punissait les Musulmans qui les avaient ramenés.

 

Cette même année, le calife Yazid Ibn ‘Abdel Malik, désista son frère Maslamah de l’Iraq et du Khorasan et lui demanda de rentrer à Damas car il ne lui envoya aucun revenu pour le trésor public. Puis, il nomma à sa place ‘Omar Ibn Houbayrah al-Fazari qui était précédemment gouverneur d’al-Jazirah et qui avait attaqué l’Arménie en l’an 102 de l’Hégire (720).

 

 

En l’an 103 de l’Hégire (721), ‘Abbas Ibn Walid Ibn ‘Abdel Malik Ibn Marwan attaqua les Byzantins sur l’ordre du calife qui désista ‘Omar Ibn Houbayrah et Sa’id Ibn ‘Abdel ‘Aziz du Khorasan et nomma à sa place Sa’id Ibn ‘Amr Ibn al-Aswad al-Harashi al-‘Amiri, des Banou Harish Ibn Ka’b Ibn Rabi’ah Ibn ‘Amir Ibn Sa’sa’ah.

 

Cette même année, ‘AbderRahmane Ibn ad-Dahhak Ibn Qays al-Fihri[1] fut nommé gouverneur de La Mecque, en plus de Médine et de Taif, en remplacement de ‘Abdel ‘Aziz Ibn ‘Abdillah Ibn Khalid Ibn Assid Ibn Abi al-’Is Ibn Oumayyah Ibn ‘Abd ash-Shams.

 

Toujours cette même année, Sa’id Khoudaynah partit en expédition militaire près de la Porte de Samarkand.

 

Al-‘Abbas Ibn al-Walid attaqua les Byzantins et conquit Raslah.

 

Les Turcs envahirent Alan[2].

 

‘Omar Ibn Houbayrah nomma Sa’id al-Harashi Gouverneur de Khorasan

Quand Ibn Houbayrah fut nommé gouverneur d’Irak, il envoya à Yazid Ibn ‘Abdel Malik les noms des hommes qui démontrèrent leur bravoure lors de la bataille d’al-‘Aqr. Le nom d’al-Harashi n’était pas sur la liste et Yazid Ibn ‘Abdel Malik s’exclama : « Pourquoi est-ce qu’al-Harashi n’est pas mentionné ? » Yazid écrivit alors à Ibn Houbayrah, en lui ordonnant de nommer al-Harashi comme gouverneur de Khorasan ce qu’il fit.

Al Harashi envoya al-Moujashir Ibn Mouzahim as-Soulami prendre possession de son avant-garde et partit au Khorasan où il trouva l’armée face à face avec l’ennemi, après avoir déjà souffert une désastreuse défaite. Dans un discours aux soldats, il leur conseilla vivement de prendre part au combat dans la voie d’Allah en disant : « La lutte contre les ennemis de l’Islam n’est pas entreprise en fonction du nombre de soldats mais seulement sur la base du support d’Allah Exalté et pour la gloire de l’Islam. Dites : « Il n’y a aucun pouvoir excepté en Allah ». Puis, il récita les vers suivants :

« Je n’appartiens pas à l’émir si vous ne me voyez pas sur la ligne de front avec ma lance poignardé.

Je frapperai la tête de leur plus grand guerrier avec la lame d’un sabre tranchant et bien aiguisé.

Je ne suis pas celui qui se rend lors des combats car je ne crains pas l’engagement des guerriers ».

Alors que Sa’id Ibn ‘Amr al-Harashi arrivait au Khorasan, l’armée d’as-Soughd quitta sa terre pour Ferghana où le roi avait demandé de l’assistance contre les Musulmans.

 

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