BANU UMAYYAH

Quand les forces furent rassemblées, al-Moussayab Ibn Bishr dit :

– « Vous allez arriver dans le territoire des Turcs, le territoire de Khaqan, et d’autres. La récompense, si vous êtes ferme, est le Paradis, et la punition, si vous fuyez, est l’enfer. Que ceux qui ont l’intention d’attaquer et d’être ferme s’avancent ».

Alors trois-cent hommes de ceux qui s’étaient engagés se retirèrent tandis que le reste avança vers Khaqan. Après avoir avancé six kilomètres, il s’arrêta et répéta ce qu’il avait précédemment dit et mille se retirèrent. Il s’arrêta de nouveau six kilomètres plus loin répéta de nouveau sa parole, et un autre mille se retira.

Alors, il avança de nouveau, guidé par al-Ashhab Ibn ‘Oubayd al-Hanzali jusqu’à ce qu’il fût à douze kilomètres de l’ennemi, ou     il installa le camp des Musulmans. Alors le Khaqan turc, le Roi de Qiyy, approcha les Musulmans et dit :

– « ‘Ali des dihqans à porter allégeance à d’autres Turcs, mais je commande trois-cents combattants qui sont à ta disposition. D’après mon information, les habitants de la forteresse ont conclu un pacte de paix avec les Turcs en échange de quarante-mille dirhams. Ils leur ont aussi remis dix-sept hommes pour faire office d’otages jusqu’à ce que le tribut soit payé. Mais quand les Turcs ont appris que vous marchiez vers eux, ils ont tués les otages.

Parmi les otages Nahshal Ibn Yazid al-Bahili, réussit à s’échapper sans être tué, ainsi qu’al-Ashhab Ibn ‘Oubaydillah al-Hanzali. Les Musulmans jurèrent d’attaquer les Turcs le lendemain ou de les laisser conquérir la forteresse.

 

Cette nuit, al-Moussayab envoya dehors deux cavaliers, un Arabe et un non-arabe et les instruit comme suit :

– « Quand vous approcherez la forteresse, attachez vos montures à un arbre et amenez nous des informations sur les gens ».

Les deux hommes sortirent par une nuit sombre, mais les Turcs avaient inondé la région autour de la forteresse pour empêcher quiconque de l’atteindre. Quand ils se sont approchés de la forteresse, la sentinelle les appela. Ils répondirent :

– « Restez silencieux et amenez-nous ‘Abdel Malik Ibn Dithar ».

La sentinelle obéit et les deux hommes dirent à ‘Abdel Malik :

– « Nous sommes envoyés par al-Moussayab, et la délivrance est proche ». Il demanda :

– « Où est-il ? »

– « A douze kilomètres d’ici. Pouvez tenir le reste de la soirée et demain ? » AbdelMalik répondit :

– « Nous avons juré de protéger nos femmes et les envoyer à leur mort en avant de nous afin que nous puissions tous ensemble mourir ».

Puis, les deux hommes revinrent chez al-Moussayab, qui a dit alors à ses gens :

– « Je vais marcher contre l’ennemi immédiatement. Si n’importe qui d’entre vous désire nous quitter qu’il le fasse ».

Mais pas une personne seule ne bougea et ils firent tous le serment de combattre jusqu’à la mort.

Le temps qu’al-Moussayab se mette en route, de l’eau supplémentaire fut relâchée autour de la forteresse pour la rendre inaccessible. Lorsqu’il ne fut plus qu’à trois kilomètres des Turcs, il descendit de son cheval et décida d’une attaque surprise de nuit. Il donna ses ordres à ses hommes. Ils sellèrent leurs chevaux, et il monta le sien. Il leur conseilla l’absolue fermeté et les incita et leur parla des immenses récompenses qu’ils recevront dans la vie future pour ceux qui ont accumulé les actions pieuses et qui restèrent fermes mais aussi l’honneur et le butin qu’ils recevront dans ce monde, s’ils sont victorieux. Il les instruits comme suit :

– « Muselez vos chevaux et avancez en silence. Quand vous approcherez de l’ennemi, montez et attaquez avec sincérité et d’un seul homme. Lancez le Takbir « Allah est le Plus Grand » et que votre cri de bataille et de ralliement soit « O Muhammad ». Ne poursuivez pas quelqu’un qui a tourné le dos et fui. Vous êtes responsable pour les chevaux, faites leur des légères plaies dans le dos et ils chargeront plus furieusement que vous espérez. Un petit nombre d’hommes fermes est préférable à un grand nombre de lâches et votre nombre n’est pas insignifiant. On ne peut frapper l’ennemi avec sept-cents épées sans l’affaiblir, à cause de son nombre.

Il les arrangea en ordre, donna le commandement de l’aile droite à Kouthayyir Ibn ad-Daboussi et le flanc gauche à un homme de la tribu de Rabi’ah connu sous le nom de Thabit Qoutnah. Puis, le crépuscule arriva et ils avancèrent silencieusement jusqu’à ce qu’ils fussent à une portée de deux lancées de flèches puis lancèrent le Takbir « Allah est le Plus Grand » si fort que les Turcs sursautèrent. Les Musulmans pénétrèrent jusqu’au milieu de leur camp mais les Turcs persévérèrent contre eux. Les Musulmans furent mis en déroute et ils se retirèrent vers al-Moussayab, poursuivi par les Turcs. Beaucoup de Musulmans descendirent de leur cheval pour combattre, y compris al-Bakhtari Abou ‘AbdAllah al-Moura’i, Muhammad Ibn Qays al-Ghanawi aussi connu sous le nom de Muhammad Ibn al-Qays al- ‘Anbari, Ziyad al-Isbahani, Mou’awiyah Ibn al-Hajjaj et Thabit Qoufnah al-Bakhtari combattit jusqu’à que son bras droit blessé alors il transféra son sabre dans sa main qui fut aussi entaillé et il se battit avec ses mains jusqu’à ce qu’il trouva le martyr.     Et tombèrent aussi avec lui, Muhammad Ibn al-Qays al-‘Anbari (al-Ghanawi) et Shabib Ibn al-Hajjaj at-Ta’i, puisse Allah Exalté leur faire miséricorde.

Alors les polythéistes furent mit en déroute et Thabit Qoutnah tua un de leur meilleur soldats jusqu’à ce que le héraut d’al-Moussayab cria :

– « Ne les poursuivez pas, car ils ne comprennent pas la signification de la peur, que vous les poursuiviez ou pas ! Dirigez-vous vers la forteresse, mais n’emportez aucunes marchandises excepté l’argent, et n’emportez personne qui ne peut marcher ». Puis al-Moussayab dit :

– « Quiconque emportera une femme, un jeune garçon ou une personne faible pour la cause d’Allah Exalté recevra son salaire chez Lui, et quiconque s’abstiendra recevra quarante dirhams et s’il y a quelqu’un dans la forteresse avec qui vous avez un pacte, prenez-le avec vous ».

Ils se sont tous dirigés vers la forteresse et ont emporté quiconque était dedans. Un homme des Banou Fouqaym atteignit une femme qui l’implora, en disant :

– « Aide moi Allah t’aidera ». Il s’arrêta et dit :

– « Saute sur le dos du cheval ».

Elle bondit et sur le dos du cheval elle montra qu’elle était plus habile sur un cheval qu’un homme. Al-Fouqaymi attrapa la main de son tout jeune fils et le mit dans les bras de la femme. Puis, les Musulmans retournèrent au Khaqan turc qui les emmena dans sa forteresse et leur apporta de la nourriture. Il dit :

– « Allez à Samarkand et ne revenez pas ».

Comme ils partaient pour Samarkand, le Khaqan turc leur demanda :

– « Avez-vous laissé quelqu’un dans la forteresse? » Ils répondirent :

– « Hilal al-Hariri ». Il dit alors :

– « Je ne l’abandonnerai pas ». Il le trouva, avec plus de trente blessures sur son corps     et l’emporta. Il se remit, mais il fut tué par la suite avec al-Jounayd lors de la bataille du Défilé.

Lorsque les Turcs retournèrent, le jour suivant dans la forteresse, ils ne trouvèrent absolument personne excepté les cadavres de leurs camarades et ils dirent :

– « Ceux qui sont venus n’étaient pas des humains ».

 

‘AbdAllah Ibn Muhammad qui était présent cette nuit à la forteresse d’al-Bahili dit :

– « Nous étions à l’intérieur de la forteresse, et quand les deux armées s’affrontèrent, nous pensâmes que le jour de Résurrection était arrivé à cause de ce que nous entendîmes des gémissements émis par les soldats, les heurts de fer, et le hennissement des chevaux ».

 

 

 

[1] Et lorsque nous parlons de l’Iraq, il s’agit seulement de Basra et de Koufa.

 

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