BANU UMAYYAH

D’autres sources ont dit : Le commandement fut donné à son fils, Khalid Ibn Yazid, à qui il dit :

– « Tu peux être privé de la vie mais pas de la mort (sous-entendu : ne laisse pas la peur de la mort miner ton courage). Qu’Allah vous assiste, si je vous vois en ma présence après avoir fui ! » Et il envoya Jahm Ibn Zahr avec lui.

Yazid demanda à al-Hayyaj :

– « Quand les atteindrez-vous? » Il répondit :

– « Demain à midi, dans l’intervalle entre les deux prières ».

Puis Yazid leur dit :

– « Allez, avec la bénédiction d’Allah Exalté, je m’efforcerai de les engager demain à l’heure de la prière du midi ». Et ils partirent.

Le lendemain, peu avant le temps de la prière de l’après-midi, Yazid ordonna à ses hommes de mettre le feu à des piles de bois qu’il avait rassemblé au cours du siège. Ils les incendièrent et avant que le soleil eût décliné du méridien, son armée était entourée par des montagnes de feu. Quand l’ennemi vit le feu, il fut effrayé par la magnitude des flammes et sortit pour s’informer. Quand le soleil eut décliné du méridien, Yazid ordonna à ses hommes de prier, de joindre les deux prières de Zouhr et de ‘Asr et puis de marcher vers l’armée ennemie et de les combattre.

 

Pendant ce temps, le groupe d’al-Hayyaj marcha le reste de ce jour et le lendemain puis attaqua l’armée des Turcs peu avant le temps de la prière de l’après-midi.

Les Gorgans attaquèrent les Musulmans confiant de leur position, jusqu’au moment où ils entendirent le Takbir dans leur dos. Ils tournèrent aussitôt le dos à la bataille et paniqués retournèrent dans leur forteresse poursuivit par les Musulmans. Ils durent se rendre peu après et se soumettre au jugement de Yazid. Il captura leurs femmes et leurs enfants et tua tous les soldats et les crucifia aux arbres sur une distance de deux parassanges (farsakhs[4]),     à gauche et à droite de la route. Il en conduisit aussi douze-mille à al-Andarhaz, le fleuve de Gorgan, et dit :

– « Quiconque cherche vengeance du sang de nos frères qu’ils ont versé peut en tuer autant qu’il souhaite ».

Un Musulman seul en tua quatre ou cinq et bientôt l’eau du fleuve prit la teinte du sang. Il y avait un moulin, le long du fleuve et Yazid put mélanger le sang dans le blé moulu. Il pétrit le blé moulut avec l’eau ensanglanté, fit cuire le pain, le mangea et se libéra de cette façon de son serment avant d’ordonner de construire la ville de Gorgan. Il n’y avait précédemment en ces lieux aucune ville.

Puis, il retourna au Khorasan en laissant Jahm Ibn Zahr al-Jou’fi gouverneur de Gorgan.

 

Certaines sources ont dit : Yazid tua quarante-milles personnes entre les prières de midi et de l’après-midi.

Ces faits ont été rapportés par l’Imam at-Tabari dans son « Tarikh ar-Roussoul wal Moulouk».

 

D’autres ont dit : Yazid appela Jahm Ibn Zahr et le dépêcha avec quatre-cents hommes. Yazid les instruits comme suit : « Quand vous atteindrez la forteresse, attendez jusqu’au lever du jour, puis lancez le Takbir et dirigez-vous vers la porte de la forteresse. Vous me trouverez là, ayant déjà expédié tous les hommes à la porte ».

Par conséquence, quand Ibn Zahr entra dans la forteresse, il attendit jusqu’à l’heure convenue puis passa à l’attaque. Ils tuèrent tous les gardes qu’ils rencontrèrent sur leur chemin jusqu’à la porte ou ils lancèrent le Takbir qui terrifia les habitants de la ville d’une terreur aveugle, prix de leur trahison. Allah Exalté plaça la terreur dans leur cœur tant et si bien qu’ils ne surent où tourner de la tête. Cependant, un groupe d’entre eux, pas en très grand nombre, avança vers Jahm Ibn Zahr, et s’affrontèrent quelques temps. La main de Jahm se cassa, mais lui et ses hommes maintinrent leur position fermement ; et bientôt, ils vinrent à bout de tous leurs ennemis. Quand Yazid Ibn al-Mouhallab entendit le Takbir, il conduisit les soldats vers la porte qu’ils trouvèrent, ouvertes après que les gardes ait été tués.

Il n’y eut personne pour empêcher Yazid d’entrer et de lui résister sérieusement. Il entra dans la forteresse puis fit sortir les soldats à l’extérieur, et après avoir fait érigés des troncs de palmiers sur une distance de douze kilomètres, sur les deux côtés de la route, et les fit crucifier sur un total de vingt-quatre kilomètres. Puis Yazid captura alors les habitants de la forteresse et pris possession de son contenu.

Yazid leur octroya un tel châtiment pour avoir trahit leur pacte et pour avoir tué quatre-milles Musulmans dont Assad Ibn ‘Abdillah al-Azdi qu’il avait laissé en garnison. Et aussi comme exemple pour tous ceux qui seraient tentés de rompre les pactes qu’ils avaient avec les Musulmans.

Puis Yazid Ibn al-Mouhallab écrivit au calife Souleyman Ibn ‘Abdel Malik, le septième calife omeyyade, pour l’informer de cette grande victoire sur les Turcs du fait de l’accès difficile à ses régions et l’invulnérabilité de leurs forteresses et qu’il allait lui envoyer le montant du butin s’élevant à six-millions de dirhams. Mais son scribe al-Moughirah Ibn Abi Qourrah, le serviteur des Bani Sadous, le conseilla et lui dit :

– « Ne fais pas mention de la somme d’argent car le calife va te demander soit de la lui envoyer ou il va te demander de la garder. Et de peur que par la suite, il ne se contente pas de ce que tu lui envoie à cause de l’énormité de cette somme. Mais il se peut aussi que Walid, qui te déteste, vienne et qu’il te demande cet argent ou une somme d’argent similaire ».

Mais Yazid Ibn al-Mouhallab refusa d’écrire cela au calife Souleyman Ibn ‘Abdel Malik et cette lettre allait lui causer des problèmes comme nous allons le voir par la suite.

 

 

La mort du calife al-Walid Ibn ‘Abdel Malik et la succession de Souleyman ‘Abdel Malik

 

‘Abdel Malik Ibn Marwan avait fait promettre de donner la succession après lui à ses fils al-Walid et Souleyman et que s’il s’ensuivait un conflit entre eux de porter allégeance à Yazid Ibn ‘Abdel Malik et à son frère Marwan après lui. La mère de Yazid Ibn Marwan est ‘Atikah Bint Yazid Ibn Mou’awiyah Ibn Abi Soufyan.

 

Nous avons vu que ‘Abdel Malik voulut priver son frère ‘Abdel ‘Aziz du califat mais comme ‘Abdel ‘Aziz mourut avant le problème ne se posa pas. Puis nous avons vu qu’al-Walid voulut aussi priver son frère Souleyman du califat pour son fils ‘Abdel Aziz mais al-Walid mourut avant d’avoir pu procéder. Et maintenant Souleyman voulut faire exactement la même chose avec ses frères et fit porter allégeance à son fils Ayyoub Ibn Souleyman et l’ont dit que Souleyman espéra la mort de son frère Yazid Ibn ‘Abdel Malik, ou qu’il y lui arrive quelque chose de fâcheux. Mais Allah Le Très Haut voulut qu’Ayyoub Ibn Souleyman meure durant le règne de son père en l’an 98 de l’Hégire (716). Et de ce fait Yazid Ibn ‘Abdel Malik devint le nouveau prétendant au califat.

Et nous voyons ici comment les gens désirent certaines choses mais qu’Allah le Très Haut en a décidé d’autres, louanges à Lui ! Et Allah fait ce qu’Il veut.

 

 

 

 

[1] Le dihqan était le chef de village et un membre de la moindre noblesse féodale des Sassanides perses qui, après la conquête musulmane, a continué à être responsable pour les administrations locales et la collecte du tribut. En Transoxiane, les dirigeants locaux étaient désignés par le terme dihqan.

[2] Le roi du Tabaristan.

[3] Une région du Khorasan contenant les villes de Nawqan et Tabaran.

[4] 12 kilomètres.

 

 

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