BANU UMAYYAH

La campagne de Qoutaybah en Transoxiane

 

Ghoushtasban, le roi de Shouman, renvoya le gouverneur de Qoutaybah et refusa de payer le tribut en échange de la paix qu’il avait convenu avec Qoutaybah. Qoutaybah lui envoya ‘Ayyash al-Ghanawi, accompagné par un des ascètes du Khorasan, pour inciter le roi de Shouman à tenir ses engagements. Lorsqu’ils arrivèrent dans son pays, les gens sortirent et les accueillirent avec des pierres. L’ascète retourna d’où il venait tandis qu’Ayyash al-Ghanawi resta là où il était et demande : 

– « N’y a aucun Musulman ici ? ». Un homme sorti de la ville et lui dit :

– « Je suis un Musulman, qu’est-ce que tu veux ? » Ayyash dit : 

– « Je veux que tu m’aides à combattre dans la voie d’Allah Exalté ces gens ! ». L’homme répondit :

– « D’accord ». ‘Ayyash lui dit : 

– « Reste derrière moi pour protéger mes arrières ».

Le nom de cet homme était al-Mouhallab Ibn ‘Ayyish. Ayyash al-Ghanawi les chargea et les combattit et ils se sont enfuit devant lui. Alors al-Mouhallab attaqua ‘Ayyash par derrière et le tua. Ils comptèrent soixante blessures sur lui, et sa mort les chagrina et ils dirent : « Nous avons tué un homme courageux ».

Les nouvelles de ‘Ayyash parvinrent à Qoutaybah qui marcha en personne vers eux en prenant la route Balkh. Quand il atteignit Balkh, il envoya son frère ‘AbderRahmane en avant à la tête de l’avant-garde et laissa ‘Amr Ibn Mouslim sur Balkh. Le roi de Shouman était un ami de Salih Ibn Mouslim et Salih lui envoya à un homme pour lui ordonner de revenir à l’obéissance et lui garantir la satisfaction de Qoutaybah s’il revenait aux termes de la paix. Ce à quoi le roi refusa et dit au messager de Salih : 

– « Avec quoi m’effrayerez-vous de Qoutaybah ? Je suis parmi les rois, celui qui a la forteresse la plus forte. Quand je tire du sommet, je suis le plus fort au tir à l’arc et je ne crains pas Qoutaybah ».

 

Qoutaybah sortit de Balkh, traversa le fleuve et se rendit vers la forteresse ou le roi de Shouman s’était fortifié. Lorsque Qoutaybah arriva, il déploya aussitôt ses catapultes (al-majaniq) et bombarda la forteresse. Quand le roi craignit d’être vaincu, il rassembla tout l’argent et les bijoux qu’il avait et les jeta dans un puits dont nul ne connaissait la profondeur.

Quand Qoutaybah conquit la forteresse. Le roi sorti et combattit jusqu’à ce qu’il fut tué.

Qoutaybah prit la forteresse à force d’armes, tua tous les soldats qu’elle contenait et prit leur progéniture. Alors il revint à Bab al-Hadid (la Porte de fer), et marcha vers Kish et Nassaf. Al-Hajjaj lui avait écrit : « Leurre Kish, et fracasse Nassaf ». Il conquit Kish et Nassaf, mais Faryab lui résista et il la brûla si bien que la ville fut appelée « La Brûlée ». De Kish et de Nassaf, Qoutaybah envoya son frère ‘AbderRahmane Ibn Mouslim à Tarkhoun dans le Soughd. ‘AbderRahmane y alla et s’arrêta dans une prairie proche Tarkhoun à l’heure de la prière de l’après-midi.

‘AbderRahmane conclut un accord de paix avec Tarkhoun avant de rejoindre Qoutaybah qui se trouvait à Boukhara et ensemble, ils rentrèrent à Merv.

 

Les Soughdians dirent à Tarkhoun : 

– « Tu t’es satisfait de l’humiliation, et payer le tribut t’a paru agréable. Tu es un vieil homme, et nous n’avons nul besoin de toi ».

Ils nommèrent Ghourak à sa place et emprisonnèrent Tarkhoun. Tarkhoun dit

– «  Il n’y a rien de préférable que la mort après avoir été déchu de la royauté. Je préfère ma propre main plutôt que celle d’un autre et d’être moi-même à la charge qu’un autre le soit en respect pour moi. Il prit alors son épée et se l’enfonça dans le ventre si bien qu’elle ressortit de l’autre côté ». Ils firent ceci à Tarkhoun quand Qoutaybah partit pour le Sijistan.

 

D’autres ont rapporté que Qoutaybah assiégea le roi de Shouman et utilisa ses catapultes contre sa forteresse. Il déploya une catapulte surnommé « la Patte de Pigeon » et lança la première pierre qui frappa le mur de la forteresse, puis il en tira une un autre, qui atterrit à l’intérieur. Puis, les pierres se succédèrent les unes après les autres dans la forteresse. L’une d’entre elle atterrit dans la cour du roi et tua un homme. Les hommes de Qoutaybah ne cessèrent de bombarder jusqu’à ce que la forteresse fût conquise à force d’armes. Alors, il revint à Kish et Nassaf, et de là à Boukhara. Il s’arrêta dans un village dans lequel il y avait un temple du feu et une maison des dieux. Dans ce village il y avait des paons, et ils appelèrent le village « Le village des Paons ». Qoutaybah se rendit chez Tarkhoun dans le Soughd pour collecter le tribut que le roi s’était engagé à verser en échange d’un traité de paix.

Qoutaybah prit de Tarkhoun le tribut comme stipulé et revint à Boukhara ou il nomma un jeune homme Boukhara Khoudhah après avoir tué ceux dont ils craignaient l’opposition. Puis il revint à Merv par l’Amoul.

 

Cette même année, le sixième calife al-Walid nomma Khalid Ibn Abdillah al-Qasri, des Banou Bajilah al-Qahtaniyah, gouverneur de La Mecque.

Il est dit que lorsqu’il prit ses fonctions, il monta sur le Minbar et menaça les gens dans un discours ou il dit en t’autre : « O Gens ! Vous devez l’obéissance et le rattachement à la communauté. Méfiez-vous des suspicions. Par Allah si l’un d’entre vous m’est ramené pour avoir attaqué le calife, je le crucifierais au Haram (la Mosquée Sacrée). Si j’apprenais que vous hébergez un rebelle, je détruirais vos maisons sur vos têtes ».

 

 

Al-Walid Ibn ‘Abdel Malik visite Médine et sa rencontre avec Sa’id Ibn al-Moussayab

 

En l’an 91 de l’Hégire (709), après avoir guidé le pèlerinage des gens cette année, al-Walid Ibn ‘Abdel Malik visita Médine dont le gouverneur était ‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz.

Lorsqu’al-Walid voulut prier dans la Mosquée du Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) et voir l’avancée des travaux, les gardiens firent sortir tous les gens de la Mosquée qui resta vide excepté le grand Tabi’i[3] Sa’id Ibn al-Moussayab que nous avons déjà mentionné. Les gardiens furent incapables de le faire sortir de la mosquée.

Sa’id Ibn al-Moussayab était vêtu de manière misérable et le gardien lui dit :

– « Si tu pouvais te lever ».

– « Par Allah, je ne me lèverais pas avant que le temps où je me lève habituellement soit venu ».

Puis on lui demanda :

– « Salue au moins l’émir des croyants ! » 

– « Par Allah », leur répondit-il, « je ne me lèverais pas pour lui ! » Alors que ‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz faisait visiter la mosquée au calife et essayait de l’occuper de son mieux pour qu’il ne se rende pas compte de la présence de Sa’id al-Moussayab.

 

Lorsqu’al-Walid se retourna vers la Qiblah, il dit :

– « Qui est cet homme assis ? Est-ce le Sheikh Sa’id al-Moussayab ? »

Le calife le connaissait ! Et ‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz de dire :

– « Oui, émir des croyants ! » Puis il essaya de tempérer et lui dit :

– « S’il connaissait ton statut, il se serait certainement levé pour te saluer mais sa vue est faible ! »

Voyez ‘Omar ‘Abdel ‘Aziz qui essayait de trouver un prétexte au Sheikh par respect pour lui et pour lui éviter les problèmes !

Le calife lui répondit :

– « Allons donc le voir et le saluer ! »

Le calife ne s’arrêta pas à l’aspect d’extrême pauvreté du Sheikh. Il traversa la mosquée avec ses guides et se tint debout devant lui et lui :

– « Comment vas-tu ô Sheikh ? »

On a rapporté que Sa’id ne broncha absolument pas et répondit au calife :

– « Bien, Louanges à Allah. Comment va l’émir des croyants ? »

– « Bien et louanges à Allah (khayroun wal hamdoulillah) ».

Puis le calife le quitta et il dit à ‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz :

– « Celui-ci est ce qu’il reste des gens (sous-entendu : des hommes des anciens temps) ».

– « Oui ô émir des croyants », lui répondit ‘Omar !

 

 

En l’an 92 de l’Hégire (711), Maslamah Ibn ‘Abdel Malik et ‘Omar Ibn al-Walid conquirent trois nouvelles forteresses en terre des byzantins tandis que les gens de Sousanah partirent vivre en territoire byzantin.

 

Cette année, certains ont rapportés que Qoutaybah Ibn Mouslim fit campagne au Sijistan, et se dirigea vers le grand Zounbil et az-Zaboul. Quand il s’arrêta dans le Sijistan, les messagers du Zounbil vinrent lui proposer un accord de paix qu’il accepta et il nomma gouverneur sur eux ‘Abd Rabbihi Ibn ‘AbdAllah Ibn ‘Oumayr al-Leythi.

 

Cette même année, l’Andalousie fut conquise par le héros (batal) Tariq Ibn Ziyad. Nous n’avons toujours pas mentionné les conquêtes du Maghreb et de l’Andalousie mais nous le ferons plus loin, insha Allah.

 

 

En l’an 93 de l’Hégire (712), al-‘Abbas Ibn al-Walid Ibn ‘Abdel Malik Ibn Marwan fit campagne dans le territoire byzantin et Allah Exalté conquit Samastiyah par ses mains.

 

Marwan Ibn al-Walid attaqua aussi les Byzantins et atteignit Khanjarah.

 

Maslamah Ibn ‘Abdel Malik razzia le territoire byzantin et conquit Massah, et Hisn al-Hadid (le Château de fer), Ghazalah, et Tarhamah dans la région de Malatiyah.

 

Qoutaybah tua le roi de Kham Jird et renouvela la paix avec le roi de Khwarizm.

 

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