BANU UMAYYAH

La perfidie de Nizak et pourquoi il fut vaincu

 

Qoutaybah quitta Boukhara accompagné de Nizak alarmé par les conquêtes qu’il vit et qui craignait Qoutaybah. Nizak dit à ses compagnons et à leurs intimes parmi eux : « Je suis avec ce type et je ne me sens pas sûr avec lui, car l’Arabe est comme un chien : Si tu le bat, il aboie, et si tu le nourris, il remue la queue. Si vous faites campagne contre lui puis lui offrez quelque chose, il est satisfait et oublie ce que vous lui avez fait. Tarkhoun le combattit plusieurs fois, et quand il lui offrit le tribut, il l’accepta et fut satisfait. Il est une brute débauchée. La meilleure chose pour moi est de le quitter et de retourner ». Ils lui dirent : « Demande lui la permission », et, quand Qoutaybah était à Amoul, Nizak lui demanda la permission de revenir au Toukharistan.

Qoutaybah lui donna la permission, et, quand Nizak quitta son camp et se dirigea vers Balkh, il dit à ses compagnons : « Dépêchez-vous », et ils partirent au galop jusqu’à ce qu’ils aient atteint an-Nawbahar d’où il arrêta de prier et considéra l’abandon de la prière comme une bénédiction. Il dit à ses compagnons : « Je ne doute pas que Qoutaybah a regretté de m’avoir donné la permission de partir sitôt notre départ et qu’en ce moment son messager est sur le point de parvenir à al-Moughirah Ibn ‘AbdAllah, lui ordonnant de me détenir. Installez un poste de guet, et si vous voyez que le messager traverser la ville et sortir par la porte, il n’atteindra pas al-Barouqan avant que nous atteignions Toukharistan. Al-Moughirah enverra un homme, mais il ne nous rattrapera pas avant que nous avons atteint le défilé de Khoulm ».

 

Sitôt après son départ, Qoutaybah envoya un messager à al-Moughirah lui ordonnant d’arrêter Nizak. Quand le messager passa pour aller trouver al-Moughirah, qui était à al-Barouqan, la ville de Balkh qui était en ruine à cette époque, Nizak et ses compagnons prirent le départ. Le messager délivra son message à al-Moughirah qui partit en personne à la recherche de Nizak. Mais il découvrit que celui-ci avait déjà traversé le défilé et filé.

Après cela, Nizak désavoua ouvertement Qoutaybah. Il écrivit à l’Isbahbadh de Balkh, à Badham, le roi de Merv ar-Roudh, à Souhrak, le roi de Talaqan, à Toussik, le roi d’al-Faryab, et à al-Jouzjani, le roi d’al-Jouzjan et leur demanda de renier Qoutaybah. Ils lui répondirent positivement, et décidèrent d’unir leurs forces au printemps pour combattre ensemble Qoutaybah. Il écrivit aussi au Shah de Kaboul, pour lui demander de l’aide et lui envoya ses bagages et ses biens tout en lui demandant un sauf-conduit dans son pays s’il était contraint de fuir. Le Shah de Kaboul accepta et retint ses bagages.

 

Jabghouyah, le roi du Toukharistan, nommé ash-Shadh, était un homme faible. Nizak le captura et l’enchaina avec une chaine en or de peur qu’il sème la division parmi eux. Jabghouyah qui était le roi du Toukharistan, et Nizak un de ses esclaves ! Quand il fut sûr que Jabghouyah serait incapable de lui causer des problèmes, il le fit garder et expulsa le gouverneur de Qoutaybah, Muhammad Ibn Soulaym an-Nassih, des territoires de Jabghouyah. Ce n’est que lorsque l’hiver approcha, que les troupes de Qoutaybah s’en étaient retourné et qu’il était seul avec les gens de Merv, qu’il apprit les nouvelles de la perfidie de Nizak. Il envoya son frère ‘AbderRahmane dans la région de Balkh, à al-Barouqan, avec une armée de douze-mille hommes, et lui dit : «  Restes-y et n’entreprends rien. Quand l’hiver sera fini, rassemble l’armée et va à Toukharistan et sache que je ne serais près de toi ». ‘AbderRahmane     parti et s’arrêta à al-Barouqan. Qoutaybah prit son temps jusqu’à la fin de l’hiver ou écrivit aux gens d’Abrashahr, d’Abi Ward, de Sarakhs et les gens d’Herat et leur ordonna de venir le trouver. Ils obéirent et vinrent cette année plus tôt qu’ils en avaient l’habitude.

Cette année Qoutaybah fondit sur les gens d’al-Talaqan et les massacra, d’après un des collecteurs de rapports historiques (ahl al-akhbar). Il les crucifia sur deux lignes droites parallèles sur une distance de quatre parassanges[1].

 

 

En l’an 91 de l’Hégire (709), ‘Abdel ‘Aziz Ibn al-Walid conduit la campagne d’été contre les Byzantins.

De même Maslamah Ibn ‘Abdel Malik fit campagne contre les Turcs jusqu’à ce qu’il atteint al-Bab en Azerbaïdjan ou il conquit villes et forteresses.

 

 

 

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