BANU UMAYYAH

L’accord de paix de Qoutaybah avec les gens de Badghis

 

Nizak Tarkhan avaient des prisonniers musulmans. Quand Qoutaybah fit la paix avec le roi de Shouman, il écrivit à Nizak, le menaça et lui demanda de relâcher les prisonniers musulmans. Nizak eut peur de lui, relâcha les prisonniers qu’il envoya à Qoutaybah. Qoutaybah lui envoya alors Soulaym an-Nassih, le Mawlah[12] de ‘Oubaydallah Ibn Abi Bakra, pour conclure un traité de paix et un sauf-conduit. Qoutaybah lui envoya aussi une lettre dans laquelle il fit le serment que si Nizak n’était pas venu à lui, il lui aurait fait campagne et l’aurait poursuivi ou qu’il soit sans jamais s’arrêter jusqu’à ce qu’il soit tué ou capturé. Soulaym apporta la lettre de Qoutaybah à Nizak qui lui demanda conseil et lui dit : « O Soulaym, je ne pense pas que ton ami à quelque bien en lui. Il m’a écrit une lettre qui ne devrait pas être écrite à quelqu’un comme moi ». Soulaym lui dit : « O Abou al-Hayyaj, cet homme est sévère dans son gouvernement, facile quand il est traité doucement, et difficile quand il est maltraité. Ne laisse pas la dureté de sa lettre t’empêcher d’aller à lui. Tu seras très bien traité tant par lui que par les gens de Moudar ». Nizak alla donc en conséquence avec Soulaym voir Qoutaybah et, les gens de Badghis firent la paix avec lui durant l’année 87 (705) sur la base qu’il n’entrerait pas Badghis.

 

Durant cette année Maslamah Ibn ‘Abdel Malik et Yazid Ibn Joubayr firent campagne dans le territoire byzantin. Ils rencontrèrent une grande force de Byzantins à Sousanah dans la région d’al-Massissah.

Al-Waqidi a dit : « Durant cette année Maslamah rencontra Maymoun al-Jourjoumani avec Maslamah il y avait approximativement mille combattants d’Antioche (antakiyah) à Touwanah. Il tua beaucoup d’ennemi, et par ses mains Allah Exalté conquit des forteresses.

 

D’autres ont rapporté que la personne qui fit campagne contre les Byzantins cette année fut Hisham Ibn ‘Abdel Malik, par qui Allah Exalté conquit la forteresse de Boulaq, la forteresse d’al-Akhram, et les forteresses de Boulous et Qoumqoum. Il tua approximativement mille combattants des tribus arabes chrétiennes alliées aux Byzantins (mousta’ribah) et prit leurs femmes et leurs enfants captifs.

 

Cette même année Qoutaybah fit campagne contre Paykand

 

 

La campagne de Qoutaybah contre Paykand

 

Quand Qoutaybah fit la paix avec Nizak, il resta inactif jusqu’à ce que le temps soit propice pour une nouvelle campagne, et alors en l’an 87 de l’Hégire (706), il partit en campagne contre Paykand.

De Merv, il alla à Merv ar-Roudh, puis à Amoul et Zamm, ou il traversa le fleuve et se dirigea vers Paykand (baykand) qui est la plus proche des villes près du fleuve de Boukhara et qui est appelé la « Ville des Marchands » proche du désert adjacent à Boukhara. Quand il s’arrêta dans la région environnante, les gens de Paykand demandèrent de l’aide au Soughdians et demandèrent des renforts à leurs voisins si bien qu’un très grand nombre de renforcements leur parvint de toutes les routes. Et durant deux mois complet, il resta sans nouvelles car aucun de ses messagers ne put être envoyé, ni même reçut.

Al-Hajjaj trouva que les réponses étaient trop lentes et il craignit pour l’armée si bien qu’il ordonna aux gens de faire des invocations pour eux dans les mosquées et envoya des ordres à ces fins. Qoutaybah et ses hommes, quant à eux, combattaient tous les jours.

 

Qoutaybah avait un espion non-arabe du nom de Tidhar, à qui les gens de Boukhara donnèrent de l’argent pour qu’ils les débarrassent de Qoutaybah. Tidhar vint à Qoutaybah et lui dit : « Laisse-moi seul avec toi ». Les gens présents se levèrent et sortirent mais Qoutaybah rappela Dirar Ibn Houssayn ad-Dabbi. Tidhar dit : « Il y a un nouveau gouverneur qui arrive pour te remplacer car al-Hajjaj a été renvoyé. Tu dois retourner à Merv ». Qoutaybah appela Siyah, son Mawlah, et lui dit « Tranche-lui la tête » et il le tua. Alors il dit à Dirar : « Personne ne connait ce fait hormis toi et moi. Je fais le serment que si cette histoire sort avant la fin de notre guerre, je te ferai joindre Tidhar. Contrôle ta langue car la transmission de cette information affaiblira les (avant-bras des) gens ».

 

Alors ceux qui avaient été présents revinrent et furent alarmés par la mort de Tidhar. Ils restèrent silencieux, les yeux abattus, et Qoutaybah dit : « Ne soyez pas alarmés par le meurtre d’un esclave qui a été détruit par Allah Exalté ». Ils dirent : « Nous pensions qu’il nous était un sincère conseiller ». Il dit : « Au contraire, il conseillait hypocritement. Allah l’a châtié pour ses œuvres. Allez et combattez vos ennemis et rencontrez-les avec quelque chose d’autre que ce avec lequel vous les avez rencontrés ».

Les gens sortirent, se préparèrent et formèrent leurs lignes pour le combat. Qoutaybah les rejoignit, encouragea les porte-étendards et il y eut quelques combats préliminaires avant que les deux armées ne s’affrontent et que les sabres soient utilisés à bon escient. Allah Exalté raffermit Ses serviteurs et les Musulmans combattirent jusqu’au coucher du soleil avant qu’Allah Exalté ne leur donne l’avantage et leurs adversaires fut mis en déroute. Ils se sauvèrent en se dirigeant vers la ville harcelés par les Musulmans qui les empêchèrent d’entrer. Les ennemis s’éparpillèrent et les Musulmans tombèrent sur eux et un grand nombre d’entre eux furent tués et autant furent capturés.

 

Ceux qui avaient réussi à rentrer dans la ville se fortifièrent à l’intérieur et Qoutaybah ordonna à ses sapeurs de démolir les fortifications. Les gens de la ville demandèrent alors la paix et Qoutaybah Ibn Mouslim accepta et nomma sur eux l’un de ses fils. Alors il partit en projetant de revenir au Khorasan, mais, à peine fut-il à quelques kilomètres que les habitants de la ville renièrent le pacte, tuèrent le gouverneur et ses compagnons et leur coupèrent leurs nez et leur oreilles. Quand Qoutaybah fut informé, il revint aussitôt sur ses pas et assiégea la ville durant un mois. Alors il ordonna de nouveau à ses sapeurs de détruire les enceintes de protections. Ils creusèrent sous les murs et tout en le maintenant avec des poutres de bois. Lorsque le travail fut achevé, Qoutaybah voulut mettre le feu au bois mais le mur s’effondra pendant qu’ils le soutenaient encore, et quarante des ouvriers furent tués. Les gens de la ville cherchèrent de nouveau à faire la paix, mais il refusa, les combattit, pris la ville de force et tua tous les soldats qu’il trouva à l’intérieur. Parmi ceux qui furent capturés, il y avait un homme borgne qui mobilisa les Turcs contre les Musulmans, et il dit à Qoutaybah :

– «  Je me rançonnerai ». Soulaym An-Nassih lui dit :

– «  Que donneras-tu ? » Il dit : 

– « Cinq-mille rouleaux de soie chinoise de valeur d’une valeur d’un million de dirhams ».

– « Qu’en pensez-vous » demanda Qoutaybah à ses hommes ?

– « Nous pensons que sa rançon augmentera le butin des Musulmans. Quelle malice cet homme peut-il bien caché ? » Qoutaybah dit à l’homme :

– « Non, par Allah Exalté, aucune femme musulmane ne sera jamais plus effrayée par toi » et il donna l’ordre de le tuer.

 

Quand Qoutaybah conquit Paykand, il trouva une innombrable quantité de récipients en or et en argent. Il donna la charge du butin et son partage à ‘AbdAllah Ibn al-A’la al-‘Adawi, des Banou al-Malakal que Qoutaybah appelait « le digne de confiance, fils du digne de confiance », et à Iyas Ibn Bayhass al-Bahili. Les récipients et les idoles furent fondus et présenté en lingot à Qoutaybah. Ils lui remirent aussi les rebuts de ce qu’ils avaient fondu, et il le leur donna en plus de quarante-mille dirhams. Puis Qoutaybah changea d’avis et leur ordonna de fondre le rebut. Ils firent ainsi, et ils purent récupérés cent-cinquante-mille mithqals, ou cinquante-mille mithqals[13].

 

Ils acquirent bien plus de Paykand ou le butin fut tellement immense qu’il n’y eut jamais de précédent dans tout ce qu’ils obtinrent au Khorasan. Qoutaybah revint à Merv, et les Musulmans devinrent forts. Ils achetèrent des armes, des chevaux et des montures. Ils rivalisèrent les uns avec les autres dans les vêtements de qualités et l’armement et ils achetèrent des armes à hauts prix. Le prix d’une lance atteignit jusqu’à soixante-dix dirhams. Al-Koumayl Ibn Zayd al-Assadi dit : « Et le jour de la bataille de Paykand, les merveilles ne purent être énumérées, et Boukhara n’est pas en moindre ».

Dans les arsenaux, il y avait beaucoup d’armes et beaucoup de matériel de guerre. Qoutaybah écrivit à al-Hajjaj pour lui demander l’autorisation de distribuer ces armes aux troupes, et il lui donna son accord. Ils sortirent une immense quantité de matériel de guerre et de voyage qu’il divisa entre ses soldats dont ils s’équipèrent. Quand le printemps arriva, il appela les gens et leur dit : « Je vais vous emmener en campagne maintenant, avant que vous ayez besoin de porter des vivres, et je ramènerais avant que vous ayez besoin de vêtements chauds ». Puis, il partit lourdement équipé de montures et d’armes. Il alla à Amoul, traversa à Zamm pour Boukhara puis marcha sur Toumoushkath, dans territoire de Boukhara, et les gens firent la paix avec lui.

 

Ou était la dernière base arrière des Musulmans ?

Bien loin en arrière à des milliers de kilomètres ! Nous sommes allés si loin.

 

Quel était ce pays et qui étaient ces habitants ?

Le fleuve était celui de l’Oxus (jaykhoun) et le pays était celui des Khwarizm, des Sash, Ferghana, Samarkand et Boukhara. Les habitants étaient les Turcs et on peut dire que ces terres, la Transoxiane, allaient représenter une grande partie du territoire musulman qui allait devenir la futur Russie actuelle.

 

 

Au mois de Joumadah Thani de l’année 88 de l’Hégire (706), Allah à Lui les Louanges et la Gloire, permit pour les Musulmans dont une partie de Médine, sous le commandement de Maslamah Ibn ‘Abdel Malik et al-‘Abbas Ibn al-Walid Ibn ‘Abdel Malik, la conquête d’une des forteresses des Byzantins, appelé Touwanah, ou ils passèrent l’hiver. Les Musulmans infligèrent une défaite initiale à l’ennemi ce jour-là. Puis les Byzantins allèrent à leur église puis revinrent et les Musulmans souffrirent une lourde défaite dont ils pensaient ne jamais se remettre. Al-‘Abbas resta avec un groupe d’hommes dont Ibn Mouhayriz al-Joumahi. Al-‘Abbas lui demanda :

– «  Où sont les gens du Qur’an qui désire le Paradis? » Ibn Mouhayriz lui dit :

– « Si tu les appelle, ils viendront à toi ». Al-‘Abbas appela alors : 

– « O gens du Qur’an ! » et ils sont tous venus en avant. Alors Allah Exalté battit l’ennemi jusqu’à dans leur forteresse à Touwanah.

 

Cette année Maslamah conquit trois autres forteresses : la forteresse de Constantin (qoustantin), la forteresse de Ghazalah, et la forteresse d’al-Akhram. Il tua un nombre important d’Arabes chrétiens alliés aux Byzantins, prit leurs enfants captifs et leurs richesses.

 

Cette même année Qoutaybah fit campagne contre Toumoushkath et Ramithanah.

 

Nous voyons que les enfants du calife à la tête des armées avaient un crucial impact sur la bravoure des soldats en donnant eux même l’exemple.

 

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