BANU UMAYYAH

Al-Walid Ibn ‘Abdel Malik 

 

‘Abdel Malik fut enterré à Damas après que son fils al-Walid ait conduit la prière funéraire sur lui. Puis il alla à la mosquée, monta sur la chaire et dit : « A Allah nous sommes et à Lui nous retournerons. Qu’Allah nous assiste dans la perte de l’émir des croyants et à Lui la Louange en ce qu’Il nous a octroyé pour le califat. Levez-vous (qoumou) et portez allégeance (wa bahi’ou) ».

 

L’Imam at-Tabari a rapporté dans son « Tarikh ar-Roussoul wal Moulouk » d’al-Waqidi qu’il monta sur le Minbar et dit : « O gens ! Nul ne peut avancer ce qu’Allah a retardé et nul ne peut retarder ce qu’Allah a avancé. La mort fait partie des décrets d’Allah dans la prescience et ce qu’Il a décrété pour ses Prophètes et pour les anges porteurs de Son Trône. Celui qui est chargé des affaires de cette communauté a atteint le degré des honneurs, des pieux de cette communauté, ce qui justifie pour Allah quoi qu’Il leur attribue en bien ou en mal, pour les gens qui ont établi l’Islam et ses jalons comme Allah les a établi en faisant le pèlerinage à sa Maison, la garde aux frontières et le combat contre les ennemis d’Allah. Il ne fut ni nonchalant ni diviseur. O gens ! Vous devez l’obéissance et l’adhésion à la communauté car le diable est avec celui qui s’en écarte ».

 

L’Imam ad-Dahhabi a dit à propos d’al-Walid Ibn ‘Abdel Malik : « Qu’il finissait la lecture du Qur’an tous les trois jours et que pendant le mois de Ramadan, il le lisait dix-sept fois. Sous son règne l’empire[7] musulman s’élargit de l’est à l’ouest grâce aux conquêtes. Il y avait de la tyrannie en lui et il était assidu aux fonctions du califat. Il était préoccupé du sort des pauvres, des orphelins et des malades.

Il est unanimement reconnu qu’al-Walid était attentif aux affaires du califat et il est celui qui fit agrandir la mosquée des Omeyyades à Damas et la Mosquée du Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) à Médine.

Al-Walid voulut désister son frère Souleyman de la succession au califat et mettre à sa place son fils ‘Abdel ‘Aziz Ibn Walid mais ‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz s’opposa et lui dit :

– « Nous avons donné notre engagement en ce qui le concerne (c’est à dire promit à leur père ‘Abdel Malik Ibn Marwan) ».

Et Souleyman ne devait jamais oublier la prise de position de ‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz.

 

 

En l’an 86 de l’Hégire (704), au début du règne d’al-Walid, Maslamah Ibn ‘Abdel Malik Ibn Marwan le frère du calife, attaqua les Byzantins à l’ouest alors que leur empereur était Justinien II pour la deuxième fois. Il fut empereur une première fois entre 66 et 67 de l’Hégire (685-686) et la seconde fois entre l’an 86 et 92     de l’Hégire (704-710), soit jusqu’à sa mort.

 

Cette même année al-Hajjaj Ibn Youssouf ordonna l’arrestation de Yazid Ibn al-Mouhallab et désista son frère Habib Ibn al-Mouhallab de son poste de gouverneur à Kirmân. Et quatre ans après, soit en l’an 90 de l’Hégire (708), Yazid Ibn al-Mouhallab et ses frères réussirent à s’enfuir de prison et se réfugièrent auprès de Souleyman Ibn ‘Abdel Malik, le futur calife.

 

 

Qoutaybah Ibn Mouslim al-Bahili arrive au Khorasan

 

Toujours en l’an 86 de l’Hégire (704), le grand général Qoutaybah Ibn Mouslim al-Bahili arriva au Khorasan ou il venait d’être nommé gouverneur par al-Hajjaj. Et parmi ceux qui l’accompagnait se trouvait un autre commandant Nasr Ibn Sayyar al-Kinani des Bani Bakr Ibn ‘Abdel Manat al-Kinana, le dernier gouverneur des Omeyyades sur le Khorasan.

 

Qoutaybah Ibn Mouslim arriva alors qu’al-Moufaddal, qui avait projeté de faire campagne dans Akharoun et Shouman, passait en revue son armée. Qoutaybah s’adressa aux gens et leur conseilla vivement de combattre dans la voie d’Allah. Il dit : « Allah Exalté et Loué vous a permis de descendre dans cette place afin qu’Il puisse rendre Sa religion forte et protégez les choses sacrées par vous. Et en fonction du sévère traitement que vous infligez à l’ennemi, Il vous octroie et vous augmente l’abondance de richesse. Par une parole vraie dans un Livre clair, Il a promis à Son Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui), et a dit : « C’est Lui qui a envoyé Son messager avec la bonne direction et la religion de la vérité, afin qu’elle triomphe sur toute autre religion, quelque répulsion qu’en aient les associateurs[8] », et Il a promis à ceux qui luttent sur Sa voie la meilleure et la plus haute récompense. Il, Exalté et Loué et à Lui les Louanges et la Gloire a dit « Car ils n’éprouveront ni soif, ni fatigue, ni faim dans la voie d’Allah, ils ne fouleront aucune terre en provoquant la colère des mécréants, et n’obtiendront aucun avantage sur un ennemi, sans qu’il ne leur soit écrit pour cela une bonne action. En vérité Allah ne laisse pas perdre la récompense des bienfaiteurs. Ils ne supporteront aucune dépense, minime ou importante, ne traverseront aucune vallée, sans que (cela) ne soit inscrit à leur actif, en sorte qu’Allah les récompense pour le meilleur de ce qu’ils faisaient.[9] ». Allah Exalté et Loué nous a informé à propos de celui qui est tué sur Son chemin, qu’il est vivant et gratifié. Il a dit : « Ne pense pas que ceux qui ont été tués dans le sentier d’Allah, soient morts. Au contraire, ils sont vivants, auprès de leur Seigneur, bien pourvus et joyeux de la faveur qu’Allah leur a accordée, et ravis que ceux qui sont restés derrière eux et ne les ont pas encore rejoints, ne connaîtront aucune crainte et ne seront point affligés. Ils sont ravis d’un bienfait d’Allah et d’une faveur, et du fait qu’Allah ne laisse pas perdre la récompense des croyants[10] ». Alors accomplissez la promesse de votre Seigneur. Accoutumez-vous aux plus grandes distances et aux plus douloureuses peines et méfiez-vous de la facilité ».

 

Lorsque son armée fut enfin prête, il examina complètement l’armement et les montures puis avant de partir, il nomma Iyas Ibn ‘AbdAllah Ibn ‘Amr responsable des affaires militaires et     ‘Uthman Ibn as-Sa’di responsable des revenus pour Merv. Quand il arriva à at-Talaqan, il fut accueilli par les dihqans de Balkh et quelques dignitaires. Quand Qoutaybah Ibn Mouslim traversa le fleuve, ils lui offrirent des cadeaux et une clef d’or de la part de Tish al-A’war, le roi d’as-Saghaniyan, qui l’invita dans son pays. Puis, il lui fut présenté des cadeaux du roi de Gouftan qui l’invita aussi. Qoutaybah alla à as-Saghaniyan et rendit son pays à Tish. Il se trouve que le roi d’Akharoun et Shouman était un mauvais voisin de Tish et l’opprimait. Qoutaybah marcha alors sur Akharoun et Shouman qui faisait partie du Toukharistan et de Ghoushtasban et le roi vint le trouver et fit la paix avec lui en échange d’un tribut que Qoutaybah accepta.

 

Avant de repartir pour Merv, il donna le commandement de l’armée à son frère, Salih Ibn Mouslim. Quand Qoutaybah retourna à Merv, Salih conquit Bassara. Salih était en compagnie de Nasr Ibn Sayyar qui montra sa valeur ce jour et à qui il donna un village appelé Tinjanah. Salih rejoignit Qoutaybah qui la nomma gouverneur de Tirmid.

Certains ont rapporté que Qoutaybah arriva au Khorasan durant l’année 85 de l’Hégire (703). Il passa en revue l’armée et comptabilisa un total de trois-cent-cinquante cottes de mailles. Puis Qoutaybah partit en campagne contre Akharoun et Shouman avant de revenir et de s’embarquer sur des navires pour descendre l’Oxus ou il laissa son armée qui prit la route de Balkh pour Merv. Ces nouvelles parvinrent à al-Hajjaj qui lui écrivit et le blâma d’avoir laissé son armée. Il lui dit : « Quand tu es en campagne reste en avant à la tête des gens et si tu reviens soit le dernier parmi l’arrière garde ».

 

Cette même année Maslamah Ibn ‘Abdel Malik fit une campagne dans le territoire byzantin.

 

Nous allons vous rapporter une histoire qui montre combien les Arabes étaient préoccupés par leur généalogie.

Il est rapporté que vers la fin de son combat dans la voie d’Allah, un enfant de Balkh dont la mère était de Barmaq[11], tomba entre les mains de Qoutaybah Ibn Mouslim al-Bahili. Sa mère faisait partie de la part du butin de ‘Abdallah Ibn Mouslim al-Bahili, le frère de Qoutaybah Ibn Mouslim al-Bahili, qui eut des rapports avec elle.

Lorsque la paix fut conclue entre les habitants de Balkh et les Musulmans, le général musulman Qoutaybah Ibn Mouslim ordonna que l’enfant soit rendu à sa mère. Lorsqu’on ramena l’enfant à sa mère, elle dit à ‘Abdallah Ibn Mouslim :

– « Je porte ton enfant ! »

‘Abdallah Ibn Mouslim avant sa mort et avant que la femme ne soit rendu à Barmaq fit savoir que cette femme portait son enfant et que lorsqu’elle enfanterait, l’enfant devrait lui être remit.

Après la chute de l’état des Omeyyades et sous le règne du troisième calife abbasside al-Mahdi Ibn Mansour en l’an 158 de l’Hégire (774), Khalid Ibn Barmaq (qui n’était pas l’enfant de ‘Abdallah Ibn Mouslim mais son demi-frère), qui était grandement renommée chez les Abbassides, vint à Ray et à cette époque, l’état islamique était si vaste qu’il était devenu un empire.    

Les descendants de ‘Abdallah Ibn Mouslim, voulurent lui annoncer qu’ils étaient apparentés pour profiter de sa position mais Mouslim Ibn Qoutaybah Ibn Mouslim, le fils de leur oncle leur dit :

– « Si sa généalogie rejoint la vôtre et qu’il l’accepte, vous devez obligatoirement le marier avec une de vos filles ».

Alors, ils abandonnèrent leur projet et s’en allèrent (sous-entendu qu’ils ne considéraient pas Khalid Ibn Barmaq comme un Arabe !).

 

 

En l’an 87 de l’Hégire (705), al-Walid Ibn ‘Abdel Malik ordonna la destitution d’Hisham Ibn Isma’il al-Makhzoumi à Médine et nomma à sa place ‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz qui était alors âgé de vingt-cinq ans.

 

Cette même année, Nizak vint trouver Qoutaybah, et Qoutaybah fit la paix avec les gens de Badghis sur la base qu’il n’entrerait pas dans leur pays.

 

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