BANU UMAYYAH

La mort de ‘AbderRahmane Ibn Muhammad Ibn al-Ash’ath

 

En l’an 85 de l‘Hégire (703), la révolte de Muhammad Ibn ‘AbderRahmane al-Ash’ath prit fin. Nous dirons qu’al-Hajjaj écrivit des lettres menaçantes à Routbil pour éviter de fâcheuse conséquence et lui conseilla de lui soumettre pacifiquement al-Ash’ath.

Les historiens ont rapporté différentes causes sur la mort d’al-Ash’ath.

Certains ont dit qu’il est mort de la tuberculose (soul) alors qu’il se trouvait chez Routbil et qu’après sa mort, on trancha et envoya sa tête à al-Hajjaj. Puis Routbil arrêta dix-huit hommes de sa famille qu’il emprisonna. Al-Hajjaj lui écrivit une lettre et lui demanda de les tuer et de lui envoyer leurs têtes.

Une autre version dit qu’al-Hajjaj envoya son commandant ‘Oumarah Ibn Tamim al-Lakhmi au Sijistan et lui demanda d’écrire à Routbil et de lui donner ce qu’il voulait : de lever les impôts durant dix années, ou sept années selon une autre version, et une somme d’argent, en échange d’al-Ash’ath. Lorsque le moment vint pour partir pour effectuer l’échange, al-Ash’ath réussit à grimper sur la terrasse d’une maison d’où il se jeta et trouva la mort. On trancha sa tête et on l’envoya à ‘Oumarah Ibn Tamim al-Lakhmi en compagnie de prisonniers à qui il ordonna de trancher aussi les têtes qu’il envoya par la suite à al-Hajjaj avec la femme d’al-Ash’ath.    

Al-Hajjaj Ibn Youssouf envoya sa tête à ‘Abdel Malik Ibn Marwan à Damas (dimashq) qui lui-même l’envoya à son frère ‘Abdel ‘Aziz Ibn Marwan qui était gouverneur d’Egypte. Ce qui poussa le poète à dire :

« Combien est loin le corps du mort par rapport à sa tête ;

Le cadavre à Rakhaji[5] et en Egypte la tête ».

 

 

Parmi les autres importants évènements survenus en l’an 85 de l’Hégire (703), il est que ‘Abdel Malik Ibn Marwan désista Yazid Ibn al-Mouhallab du Khorasan parce qu’al-Hajjaj Ibn Youssouf lui avait conseillé de le faire du fait qu’il le craignait.

‘Abdel Malik Ibn Marwan nomma à sa place son frère al-Moufaddal Ibn al-Mouhallab qui était un homme généreux. Il resta gouverneur neuf mois avant d’être désisté puis remplacé par le renommé grand général conquérant Qoutaybah Ibn Mouslim al-Bahili.

 

Cette même année fut tué Moussa Ibn ‘Abdillah Ibn Khazim as-Soulami, qui était un des Arabes courageux comme son père ‘Abdillah Ibn Khazim décédé en l’an 78 de l’Hégire (697) si vous vous rappelez, et qui vivait depuis la mort de son père avec un groupe de khawarije, rebelles à l’état, entre le Khorasan et l’Oxus.

Les Musulmans de ces régions ne les fréquentaient pas ni même ne s’approchaient d’eux.      

Moussa Ibn ‘Abdillah fut tué alors qu’il se trouvait à Tirmid après qu’al-Moufaddal Ibn al-Mouhallab lui ait envoyé une armée pour le combattre.

Moussa s’enfuit sur la monture de son serviteur mais il tomba et fut aussitôt encerclé par les soldats et Wassil Ibn Tayssalah al- ‘Ambari at-Tamimi le tua.

 

 

En l’an 85 de l’Hégire (703) mourut aussi ‘Abdel ‘Aziz Ibn Marwan le frère du calife alors que le calife avait décidé de le désister mais il mourut avant son remplacement.

‘AbdAllah Ibn ‘Abdel Malik Ibn Marwan, le fils du calife fut nommé gouverneur d’Egypte après lui. Tandis qu’al-Hajjaj avait vainement suggestionné de nommer son fils al-Walid Ibn ‘Abdel Malik Ibn Marwan.

Et lorsque al-Walid Ibn ‘Abdel Malik Ibn Marwan devint calife par la suite, il nomma Qourrah Ibn Sharik al-‘Absi gouverneur d’Egypte et Qourrah était un homme injuste (zaliman), têtu (‘atiyan), pervers (fasiqan), braillard (jahiran), inique (‘assoufan) et un tyran (jabbar) comme l’a rapporté l’Imam ad-Dahhabi.

Il est rapporté du calife omeyyade juste, ‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz, qu’il a dit : « Al-Walid en Syrie, al-Hajjaj en Iraq, ‘Uthman (Ibn Hayyan) al-Mourri au Hijaz, Qourrah en Egypte, le monde s’est remplit d’injustice (jawrah) ».

 

 

Sa’id Ibn al-Moussayab

 

‘Abdel Malik Ibn Marwan fit porter allégeance à son fils Walid comme successeur après lui et après Walid à son frère Souleyman Ibn ‘Abdel Malik Ibn Marwan mais Sa’id Ibn Moussayab[6] refusa de lui porter allégeance et dit : « Je n’ai pas porté allégeance à son père et ne le ferait pas tant qu’il sera vivant ». Le gouverneur de Médine Hisham Ibn Isma’il al-Makhzoumi ordonna de le fouetter soixante fois, de l’exhiber dans les rue de la ville et de l’emprisonner.

Lorsque Hisham Ibn Isma’il al-Makhzoumi informa le calife de ce qu’il avait fait, il le blâma et dit :

– « Puisse Allah enlaidir Hisham ! Il aurait dû l’inviter à porter allégeances. S’il refuse qu’il frappe son coup ou qu’il lui pardonne ».

 

Dans une autre version, il est dit que lorsque lui parvint le refus de Sa’id Ibn Moussayab de porter allégeance et du châtiment que lui infligea Hisham, il lui écrit une lettre et lui dit :

– « Par Allah ! Tu aurais dû être miséricordieux envers lui plutôt que de le frapper ».    

 

Sa’id Ibn Moussayab est le célèbre grand Imam compagnon (tabi’i) des Compagnons (ashab) du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui). Il est Sa’id Ibn Moussayab Ibn Hazm Ibn Abi Wahn Ibn ‘Amr Ibn ‘Ahil Ibn ‘Imran Ibn Makhzoumi al-Qourayshi et il (qu’Allah lui fasse miséricorde) décéda à Médine l’Illuminée (madina al-mounawwarah) en l’an 94 de l’Hégire (712).

 

Lorsque Jabir al-Aswad Ibn ‘Awf az-Zouhri al-Qourayshi fut nommé gouverneur de Médine et que les gens lui portèrent allégeance pour ‘AbdAllah Ibn Zoubayr (qu’Allah soit satisfait de lui), Sa’id Ibn Moussayab refusa de le faire et lui dit : « Je ne porterais pas allégeance avant que les gens ne soient d’accord ».

Az-Zouhri ordonna de le bâtonner soixante coups et lorsque ces nouvelles parvinrent à ‘Abdallah Ibn Zoubayr (qu’Allah soit satisfait de lui), il écrivit à Zouhri et le blâma pour ce qu’il avait fait.

 

 

La fin de ‘Abdel Malik In Marwan

 

A la mi-Shawwal de l’année 86 de l’Hégire (704) décéda le cinquième calife omeyyade (amawi) ‘Abdel Malik In Marwan Ibn Hakam Ibn Abi al-‘As Ibn Oumayyah Ibn ‘Abd ash-Shams Ibn ‘Abdel Manaf alors qu’il était âgé de 60 ans.

Sa mère était une Qourayshite omeyyade : ‘Ayshah Bint Mou’awiyah Ibn Moughirah Ibn Abi al-‘As Ibn Oumayyah.

Il laissa derrière lui :

– Al-Walid, Souleyman, ‘Ayshah et leur mère était des Bani ‘Abs : Walladah Bint ‘Abbas Ibn Jaz Ibn Harith Ibn Zouhayr Ibn Jadimah al-‘Absi.

– Yazid, Marwan, Oumm Koulthoum et leur mère était une Qourayshite omeyyade : ‘Atikah Bint Yazid Ibn Mou’awiyah Ibn Abi Soufyan (qu’Allah soit satisfait d’eux).    

– Hisham et sa mère était une Qourayshite makhzoumiyah : Oumm Hisham Bint Hisham Ibn Isma’il Ibn Hisham Ibn Walid Ibn al-Moughirah.

– Abou Bakr Ibn ‘Abdel Malik. Sa mère était une Qourayshite taymiyah des Bani Taymim Ibn Mourrah : ‘Ayshah Bint Moussa Ibn Talha Ibn ‘Oubaydillah.

Puis des mères d’enfants (oumm al-walad) :

– ‘AbdAllah, Maslamah, al-Moundir, ‘Ambassah, Muhammad, Sa’id al-Khayr et al-Hajjaj.

 

Enfin si vous vous souvenez, lorsque nous avons vu la généalogie des Arabes, à propos des Banou Ghayd Ibn Mourrah, de la tribu Dzoubyan al-Ghatafaniyyah, nous avons mentionné à propos des Bani Ya’bour Ibn Ghayd Ibn Mourrah que ‘Aqil Ibn ‘Oullafah était un Arabe dont son orgueil le rendait parfois idiot. En fait, il était un idiot du profond désert et il est rapporté plusieurs histoires à son sujet.

Néanmoins, ‘Abdel Malik Ibn Marwan alla lui demander la main d’une de ses filles pour la marier à un de ses fils et il accepta. Et al-Walid Ibn ‘Abdel Malik se maria avec la fille de ‘Aqil Ibn ‘Oullafah al-Mourri ad-Dzoubyani al-Ghatafani.

 

L’Imam ad-Dahhabi a surnommé ‘Abdel Malik Ibn Marwan, le calife savant (faqih) et il a rapporté : « C’était un homme habile et al-Hajjaj représentait ses pêchés ». Et il a rapporté dans son livre « A’lam an-Noubalah » d’Ibn Sa’d auteur du livre « at-Tabaqat » qu’avant d’être calife, ‘Abdel Malik Ibn Marwan était un adorateur pieux qui vivait à Médine.

 

Certains ont rapporté sans aucun fondement ni aucune preuve et cela est bien entendu faux que lorsque ‘Abdel Malik fut sur le point d’être nommé calife, il ferma le Moushaf (Qur’an) qu’il avait en main et dit : « Ceci est notre dernière engagement avec toi (sous-entendu le Qur’an) ».

 

Sous ‘Abdel Malik, les pièces de dirhams apparurent et il réussit à venir à bout de toutes les séditions qui secouèrent l’état durant le temps où il resta calife. Il est reconnu comme un des plus puissants califes omeyyades.

Malgré toutes les révoltes qui secouèrent la stabilité de l’état, le combat dans la voie d’Allah (jihad fis-sabilillah) et qui est considéré comme un des piliers de l’état continua par l’envoi régulier de troupe combattre tant les Byzantins, les Turcs que les gens du Maghreb arabique (actuel) communément appelé à l’époque l’Ifriqiyah.

A sa mort, l’extension de l’empire musulman s’était largement accrut. Il réussit incontestablement à rapporter la stabilité et la fermeté après la période agitée de Yazid Ibn Mou’awiyah ou l’état des Omeyyades connut une faiblesse extrême et était sur le point d’être perdu.

 

Ainsi les historiens ont divisé le règne des Omeyyades en deux périodes distinctes :

– L’ère de Soufyan Ibn Mou’awiyah (Soufyaniyah) et,    

– L’ère de Marwan (Marwaniyah) qui renforça les structures de l’état.

 

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