BANU UMAYYAH

La mort de Moughirah Ibn Mouhallab Ibn Abi Soufrah

 

Al-Moughirah Ibn Mouhallab Ibn Abi Soufrah al-Azdi décéda au mois de Rajab de l’année 82 de l’Hégire (701) et lorsque la nouvelle parvint à son père qui combattait les mécréants, il fut pris d’un immense chagrin. Certes chaque âme connaitra la mort mais l’ampleur de son chagrin était telle que les gens le sermonnèrent à cet égard.

Al-Mouhallab demanda à son fils Yazid de se préparer pour aller à Merv, la capitale du Khorasan, et tandis qu’il le conseillait, les larmes coulaient le long de sa barbe.

Pleurer est normal, mais les gens se sont étonnés qu’il puisse autant pleurer pour la perte de son enfant du fait qu’il était un redoutable guerrier général et qu’il avait plusieurs enfants.

Savez-vous combien d’enfants avait al-Mouhallab ?

Allah le Très Haut le gratifia de trois-cent garçons et nous ne parlons pas des filles. Trois-cent garçons et malgré cela, il pleura comme s’il n’avait aucun autre enfant ! Les historiens ont rapporté qu’al-Moughirah Ibn al-Mouhallab faisait partie des nobles arabes.

Yazid Ibn al-Mouhallab était aussi un homme redoutable et un noble parmi les Arabes qui allait avoir une grande renommée. Il a une histoire extraordinaire lorsqu’il se trouva prit à partie alors qu’il était en compagnie de soixante cavaliers par des bandits turcs au nombre de cinq-cents.

Yazid Ibn al-Mouhallab était en route pour prendre son poste de gouverneur à Merv en remplacement de Moughirah lorsqu’il tomba dans une embuscade préparée par les brigands turcs qui lui demandèrent de se rendre. Mais il refusa et avec ses compagnons les combattit avec un tel acharnement qu’il en tua un grand nombre avant que le reste ne s’enfuit.

 

 

Les recommandations d’al-Mouhallab à ses fils

 

Au mois de Dzoul Hijjah de l’année 83 de l’Hégire (702), al-Mouhallab tomba malade alors qu’il était en route pour Merv. Il réunit ses enfants présents avec lui et parmi eux Habib Ibn Mouhallab puis les conseilla et leur demanda de craindre Allah le Très Haut, de préserver les liens de famille et leur interdit le les couper.

Les historiens ont rapporté : « Lorsqu’al-Mouhallab devint malade, il appela ses fils, prit une poignée de flèches qu’il attacha entre elles et leur dit :

– « Est-ce que vous pensez qu’on eut les briser alors qu’elles sont réunies entre elles ? « 

– « Non » répondirent-ils !

– « Est-ce que vous pensez qu’on peut les briser lorsqu’elles sont séparées ? »

– « Oui ! »

Ainsi est le groupe s’il est attaché il est fort et s’il est défait, il est faible. Voici mes dernières recommandations pour vous : « Craignez Allah et respectez les liens familiaux car ceux-ci rallongent la vie, enrichissent et multiplient la quantité. Et je vous mets en garde contre la rupture des liens familiaux car elle rapproche du feu (de l’enfer), l’avilissement et la diminution des biens. Aimez-vous, assistez-vous et unifiez-vous et ne vous divisez pas. Entraidez-vous les uns et autres et faites-vous le bien mutuel. Je vous recommande l’obéissance et l’unité et que vos actes soient meilleurs que vos paroles. J’aime que l’homme soit plus actif physiquement que verbalement. Craignez les méfaits de la langue lorsque l’on vous questionne car si un homme glisse, il peut se retenir, mais si sa langue dévie, il peut être détruit ! Puis il continua : Reconnaissez à celui qui vous craint son droit et celui qui vient vous trouver, ses recommandations à votre égard suffisent. Soyez généreux et évitez l’avarice. Aimez les Arabes et soyez bon envers eux. A la guerre soyez patients et utilisez le stratagème car il est plus utile que le courage. Lorsque les armées se rencontrent, la prédestination descend. Je vous recommande la lecture du Qur’an, l’apprentissage de la Sounnah et les bonnes manières des pieux. Méfiez-vous de la légèreté et de l’abondance des paroles dans vos réunions ». Puis il dit : « J’ai nommé Yazid sur vous et Habib commandant des armées jusqu’à ce qu’il lui remettre le commandement. Et surtout ne vous opposez pas à Yazid ». Son fils al-Moufaddal lui dit :

-« Si tu ne l’avais pas fait, nous l’aurions choisi de toute manière ! »

C’étaient les recommandations du grand guerrier arabe à ses enfants et qu’en est-il des nôtres à nos enfants ?

C’est pourquoi, il est important de connaitre l’histoire de nos prédécesseurs pieux afin de tirer des leçons et des enseignements que nous devrions appliquer au jour le jour et ces préceptes devraient figurer dans nos livres d’éducations.

Ces recommandations viennent d’un général soit d’un homme important dans la structure de l’état. D’après vous, que recommandent les généraux des pays musulmans, que l’on voit tous les jours sur les petits écrans de nos salons avec leurs ‘Imamas de « pieux musulmans » et leurs sombres têtes glacées brûlées par leur honnêteté, à leurs enfants ? De devenir avant tout un ennemi de la nation et des Musulmans, un ami des ennemis et le reste relativement simple, je vous laisse le deviner…

 

 

La mort d’al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah al-Azdi

 

Lorsqu’al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah al-Azdi décéda le poète des Bani Bakr renommé Nahar Ibn Tawsi’ah fit son eulogie et dit :

« Finis, les guerriers qui nous apportaient des trésors,

Après al-Mouhallab, la générosité et l’apparat sont morts.

Ils étaient à Merv ar-Roud, près de son tombeau, à témoigner,

Et de l’est et de l’ouest, ils se sont totalement absentés.

Si quelqu’un demande : Qui de tous les gens méritent le plus une bénédiction ?

On le nommera sans peur de contradiction.

Il a rendu disponible pour nous des territoires rugueux et plats,

Avec des cavaliers comme des troupeaux de rapides gangas.

Aux coups de lances les exposants,

Comme s’ils les honoraient avec du colorant rouge sang.

Il était entouré par Qahtan, qui, à lui, se sont attachés,

Et par les tribus de Bakr et de Taghlib ses alliés.

Les deux tribus de Ma’ad se refugièrent sous sa bannière,

Offrant pour sa rançon leurs mères et pères ».

 

 

Yazid Ibn al-Mouhallab et Ibn al-Ash’ath

 

Après la mort d’al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah, son fils, Yazid Ibn al-Mouhallab, prit sa succession sur les ordres d’al-Hajjaj qui était émir de l’Iraq et de l’est.

Quant aux soldats d’al-Ash’ath qui avaient réussi à fuir le champ de bataille après avoir été écrasé par l’armée de Syrie, ils se regroupèrent au Sijistan sous le commandement de ‘AbderRahmane Ibn ‘Abbas Ibn Rabi’ah Ibn Harith Ibn ‘Abdel Moutalib qui écrivit une lettre à Muhammad Ibn ‘AbderRahmane al-Ash’ath pour lui demander de venir les rejoindre.

Lorsque Muhammad Ibn ‘AbderRahmane al-Ash’ath les rejoignit, il se trouva à la tête d’une nouvelle armée de soixante-mille combattants et l’armée de Syrie sous le commandement de ‘Imarah Ibn Tamim al-Lakhmi les poursuivit.

 

Les soldats d’al-Ash’ath lui demandèrent :

– « Laisse nous partir au Khorasan ! »

Au début, al-Ash’ath qui craignait la force de Yazid Ibn al-Mouhallab refusa mais il finit par accepter et ils allèrent à Hérat (harat).

A Hérat, ‘Oubaydillah Ibn ‘AbderRahmane Ibn Samourah se sépara d’eux et partit avec deux-mille de ses partisans. Après son départ, al-Ash’ath se rendit compte qu’il ne pouvait pas forcer les gens à rester avec lui et leur dit :

– « Je retourne chez Routbil. Quiconque veut me suivre est le bienvenu ». Puis, il s’en alla avec un groupe de ses compagnons tandis que le reste portèrent allégeance à ‘AbderRahmane Ibn ‘Abbas Ibn Rabi’ah al-Hashimi qui allèrent à Hérat ou ils tuèrent Raqad Ibn ‘Oubayd al- ‘Ataki al-Azdi.

 

Yazid Ibn al-Mouhallab marcha aussitôt sur eux avec son armée et les combattit avant de les battre. Une partie réussit à s’enfuir tandis que les autres furent capturés.

‘AbderRahmane Ibn ‘Abbas Ibn Rabi’ah s’enfuit au Sind[1] et ‘Oubaydillah Ibn ‘AbderRahmane Ibn Samourah al- ‘Abshami s’enfuit à Merv. Lorsque Yazid revint à Merv, il le captura et il pardonna à une partie des prisonniers. Puis, il envoya le reste à al-Hajjaj en Iraq qui ordonna de les tuer.

Parmi eux se trouvait : Muhammad Ibn Sa’d Ibn Abi Waqqas et Bi’shah Hamdan alias ‘AbderRahmane Ibn Harith, de la tribu des Hashim Hamdariyah, le célèbre poète. Al-Hajjaj le fit tuer parce qu’ils incitaient les gens à participer à la révolte.

Et au total, cette révolte entraina une nouvelle fois des dizaines de milliers de morts. Les historiens ont rapportés plusieurs versions de ces évènements que nous ne pouvons pas développer ici. Néanmoins, nous avons fait la synthèse de ces évènements et nous vous avons rapporté ce sur quoi tous les historiens s’accordent et Allah est Plus Savant !

 

 

En l’an 84 de l’Hégire (703), ‘AbdAllah Ibn ‘Abdel Malik Ibn Marwan mena une campagne contre les Byzantins au cours de laquelle il conquit al-Massissah.

 

Cette même année, al-Hajjaj écrivit à Yazid Ibn al-Mouhallab : « Fait campagne dans le Khwarizm[2] ». Yazid lui répondit : « O émir, ils ont de maigres ressources mais des chiens féroces ». al-Hajjaj lui écrivit à nouveau : « Nomme un adjoint et viens me voir ». Yazid lui répondit : « Je veux faire campagne dans le Khwarizm ». Al-Hajjaj ordonna : « Ne pars pas en campagne car c’est comme tu l’as décrit ». Yazid partit en campagne sans obéir à al-Hajjaj. Les gens de Khwarizm conclurent un accord de paix avec lui ; il ramena des captifs d’après les termes de paix et retourna durant l’hiver avant de stationner à Talastanah[3].

 

La peste affligea les gens de Marw ar-Roudh cette année. Al-Hajjaj lui écrivit et lui ordonna de venir. Lorsqu’il se mit en route, Il ne traversa pas une place sans que les gens ne lui jettent sur son passage des plantes aromatiques.

 

 

En l’an 85 de l’Hégire (704), al-Moufaddal attaqua et conquit Badghis.

Al-Hajjaj désista Yazid et nomma à sa place al-Moufaddal qui gouverna le Khorasan neuf mois. Il partit en campagne contre Badghis qu’il conquit et pilla avant de diviser le butin parmi les soldats. Chaque homme reçu huit-cents dirhams. Alors il attaqua Akharoun et Shouman[4] qu’il conquit aussi, pilla et partagea le butin entre les gens. Al-Moufaddal n’avait pas de trésorerie et il partageait simplement tout ce qui tombait entre ses mains, le butin comprit, entre ses soldats.

 

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