BANU UMAYYAH

L’Imam ash-Sha’bi, ‘Amir Ibn Sharahil ash-Sha’bi al-Hamdani

 

Voici ce qui arriva entre al-Hajjaj et le grand Imam de Koufa ‘Amir Ibn Sharahil ash-Sha’bi lors de la rébellion d’al-Ash’ath.

On a dit qu’al-Hajjaj Ibn Youssouf se rappela un jour de l’Imam ash-Sha’bi et combien il l’honorait et le respectait mais ash-Sha’bi prit part à la révolte contre lui et le combattit avec Ibn al-Ash’ath qui avait rejoint Qoutaybah Ibn Mouslim al-Bahili dans le Ray.

Al-Hajjaj écrivit à Qoutaybah et lui demanda de lui envoyer ash-Sha’bi ce qu’il fit.

Lorsque le grand Imam arriva chez al-Hajjaj, il lui dit :

– « Que la paix soit sur toi, ô émir ! Les gens m’ont conseillé de m’excuser auprès de toi et de dire ce qu’Allah sait ne pas être la vérité. Et par Allah, je ne dirais dans cet endroit que la vérité. Par Allah nous avons monté les gens contre toi et réunit tous nos efforts pour te combattre. Nous n’étions ni forts, ni pêcheurs, ni pieux et ni innocents. Allah Exalté t’a donné la victoire sur nous. Si tu nous punis, c’est à cause de nos pêchés et de ce que nos mains ont accompli et si tu nous pardonne, c’est par ton indulgence et par les preuves que tu possèdes contre nous ».

– « Par Allah », lui répondit al-Hajjaj, « tu nous es plus cher par ce que tu viens de nous dire qu’un autre que toi qui serait rentré et qui nous aurait dit, alors que son sabre ruisselle de notre sang, nous n’avons rien vu ni même rien fait. Va, la sécurité t’es garantie ô Sha’bi ! »

Alors que l’Imam ash-Sha’bi s’en allait al-Hajjaj lui dit :

– « Comment as-tu trouvé les gens après nous ? » Al-Hajjaj comme nous l’avons déjà mentionné, honorait grandement cet Imam.

– « Puisse Allah le Très Haut faire prospérer l’émir, notre habitation était quelconque et notre peur sans fin et nous n’avons pas trouvé meilleur remplacement pour l’émir ! »

 

 

Après, al-Hajjaj Ibn Youssouf revint à Koufa. A tous les gens qui vinrent lui porter allégeance,     il leur dit :

– « Est-ce que tu atteste que tu as apostasié ? »

Si l’homme acquiesçait alors il le laissait en vie mais qu’il affirmait le contraire, il ordonnait de le tuer.

Puis un homme d’âge avancé, de la tribu des Khath’am qui n’avait pas pris part à la révolte et dont avait été informé al-Hajjaj, vint lui porter allégeance. Et malgré cela al-Hajjaj le tyran lui demanda :

– « Est-ce que tu atteste que tu es un mécréant ? »

L’homme lui répondit :

– « Quel mauvais homme je serais si j’avais adoré Allah quatre-vingt années ans et que je témoignerais être un mécréant ».

Alors al-Hajjaj ordonna que la tête de ce Musulman innocent soit tranchée. Puisse Allah le très Haut lui faire miséricorde.

Lorsqu’ils vinrent avec Koumayl Ibn Ziyad an-Nakha’i, al-Hajjaj ordonna de le tuer.

L’Imam al-Hafiz Ibn Kathir a dit concernant Koumayl Ibn Ziyad : « C’était un homme redoutable, adorateur pieux et un ascète. Il était au côté de ‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait de lui) lors de la bataille de Siffin ».

 

Parmi les autre nouvelles rapportées sur cette révolte, il est dit que les soldats ramenèrent à al-Hajjaj un des rebelles et celui-ci dit :

– « Je vois ici un homme qui ne va pas témoigner contre lui-même qu’il est un mécréant ! » L’homme lui répondit :

– « Est-ce que tu veux me tromper ? Il n’y a pas de gens plus mécréant que moi sur cette terre et je suis encore plus mécréant que Pharaon l’homme aux épieux ! »

 

Al-Hajjaj se mit à rire et le relâcha ! Il était connu que si un homme dans une fâcheuse situation lui était amené, il lui pardonnait.

 

 

La bataille de Maskin et la fuite d’Ibn al-Ash’ath chez Routbil le roi des Turcs

 

Al-Hajjaj resta à Koufa pendant un mois avant de retourner combattre al-Ash’ath. Pendant ce temps ‘Oubaydillah Ibn ‘AbderRahmane Ibn Samourah Ibn Habib Ibn ‘Abd ash-Shams quitta Basra qui était aux mains de l’envoyé d’al-Hajjaj, Ayyoub Ibn Hakam ath-Thaqafi.

 

Al-Hajjaj Ibn Youssouf marcha sur Mada’in tandis qu’al-Ash’ath descendit au lieu-dit Maskin, sur les rives du Tigre ou eut lieu une terrible bataille entre les deux parties qui dura vingt-cinq nuits au mois de Sha’ban de l’année 83 de l’Hégire (702).

Puis l’armée de Syrie, une nouvelle fois, pulvérisa leur homogénéité, divisa leurs rangs pour finalement les battre. Lors de la bataille de Maskin fut tué  Abou al-Bakhtari at-Tayyi et ‘AbderRahmane Ibn Abi Layla qui combattit jusqu’à ce qu’il fut tué disant cette célèbre parole : «  Fuir à chaque fois nous est pénible ».

Lors de cette bataille fut tué aussi Bistan Ibn Masqalah ash-Shaybani qui était entouré de quatre-mille combattants qui brisèrent leurs sabres et combattirent férocement repoussant assaut après assaut. Alors al-Hajjaj ordonna aux archers de s’avancer et de les couvrir d’une pluie de flèches si bien qu’ils réussirent à briser leur fermeté et que la plupart d’entre eux furent tués.

 

Muhammad Ibn ‘AbderRahmane al-Ash’ath s’enfuit une nouvelle fois avec les rescapés au Sijistan. Al-Hajjaj envoya à leur poursuite l’armée de Syrie sous le commandement de ‘Oumarah Ibn Tamim al-Lakhmi et son fils Muhammad Ibn al-Hajjaj. Les deux armées se rencontrèrent au lieu-dit Sous ou l’armée d’Iraq fut vaincu et s’enfuit à Sabour.

‘Oumarah Ibn Tamim al-Lakhmi les poursuivit à nouveau mais cette fois, il fut battu à son tour tandis qu’al-Ash’ath partit pour Kirmân.

L’armée de Syrie poursuivit al-Ash’ath qui s’était enfoncé dans le désert de Kirmân qu’il quitta pour Boust. L‘émir de Boust était un partisan d’al-Ash’ath mais il le saisit et l’emprisonna.

Lorsque Routbil fut informé, il marcha avec son armée sur Boust qu’il assiégea. Puis, il libéra al-Ash’ath après que l’émir de Boust, ‘Iyad Ibn Amyan as-Sadoussi des Bani Bakr Ibn Wahil, et ceux qui étaient avec lui ai demandé la sécurité et qu’elle leur lui fut accordée.                

Puis Muhammad Ibn ‘AbderRahmane al-Ash’ath alla chez Routbil, le roi des turcs, qui l’honora.

 

 

 

 

[1] Ancienne unité de distance correspondant à environ 5,6 km.

[2] Shourayh fait mention dans ces vers de sa vie parmi les polythéistes, de son âge avancé, puis de son Islam avec le Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui), Abou Bakr et ‘Omar (qu’Allah soit satisfait d’eux). Puis des événements douloureux de Siffin et de Narhawan, de la guerre avec les khawarije et enfin de la longue durée de sa vie.

[3] Ville approximativement à quatre-vingt kilomètres du sud de Samarkand.

[4] Une principauté de l’Oxus Supérieur du Turkménistan actuel.

[5] Rabinjan ou Arbinjan, entre Boukhara et Samarkand autrefois connu comme Faryab ou Qaryat qui fut brûlée par les forces de Qoutaybah Ibn Mouslim en l’an 91 de l’Hégire (709).

[6] Entre Kish et Samarkand.

[7] Soughdia dans la vallée de Zarafshan au nord de Kishand.

[8] Qur’an Sourate 3, verset 154.

[9] Qaliqalah en Asie centrale ou Erzurum de nos jours en Turquie.

[10] Il est interdit à un Musulman de tuer un autre Musulman (excepté pour des raisons juridiques qui sont l’apostat, l’adultère marié et le meurtrier d’un autre Musulman) et si un groupe de Musulman rend licite le sang et le bien d’un autre Musulman, il devient Mouhil, c’est-à-dire licite de tuer pour se préserver de son mal.

[11] Des adorateurs assidus, ascètes qui lisent beaucoup le Qur’an et qui réfléchissent sur le sens de ses versets.

[12] Des adorateurs assidus, ascètes qui lisent beaucoup le Qur’an et qui réfléchissent sur le sens de ses versets.

[13] Les mois du calendrier islamique sont : 1- Mouharram. 2- Safar. 3- Rabi’ Awwal. 4- Rabi’ Thani (ou Akhir). 5- Joumadah Awwal. 6- Joumadah Thani (ou Akhir). 7- Rajab. 8- Sha’ban. 9- Ramadan. 10- Shawwal. 11- Dzoul Qi’dah. 12- Dzoul Hijjah.

 

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