BANU UMAYYAH

La sédition de ‘AbderRahmane Ibn al-Ash’ath

 

Nous allons maintenant voir une autre importante sédition qui eut lieu lors du règne des Omeyyades et qui est appelée la Sédition d’al-Ash’ath. Ibn al-Ash’ath est ‘AbderRahmane Ibn Muhammad Ibn Ash’at Ibn Qays al-Kindi, un roi et un chef des Arabes d’Iraq.

Les relations étaient difficiles entre al-Hajjaj Ibn Youssouf et Ibn al-Ash’ath ‘AbderRahmane Ibn Muhammad Ibn Ash’at Ibn Qays Ibn Ma’dikarib Ibn Mou’awiyah Ibn Jabalah Ibn ‘Adiyy Ibn Rabi’ah Ibn Mou’awiyah Ibn Harith Ibn Mou’awiyah Ibn Harith Ibn Mou’awiyah Ibn Thawr Ibn Moulti’ Ibn Mou’awiyah Ibn Kinda Ibn ‘Outhayr Ibn ‘Adiyy Ibn Harith Ibn Mourra Ibn Oudad Ibn Zayd Ibn Yasjour Ibn ‘Ali Ibn Kahlan Ibn Thabab.

Kinda est Thawr Ibn ‘Outhayr. Nous avons déjà mentionné la généalogie des Kinda au début de ce livre et ‘AbderRahmane Ibn Muhammad Ibn Ash’at Ibn Qays al-Kindi des Banou Jabalah est ‘Adiyy Ibn Rabi’ah Ibn Mou’awiyah Ibn Harith et les Banou Mou’awiyah Ibn Harith est ceux qui sont connus chez les Arabes comme les Banou Mou’awiyah « les hospitaliers » (al-akramine).    

Les Banou Mou’awiyah sont des Banou Kinda de la maison d’Ash’af Ibn Qays, des Arabes renommés.    

Muhammad Ibn Ash’at Ibn Qays, le père de ‘AbderRahmane a pour oncle Abou Bakr as-Siddiq (qu’Allah soit satisfait de lui). Sa mère est Farwah Bint Qouhafa. Ainsi ‘AbderRahmane Ibn Muhammad Ibn Ash’at est une personne de haut rang parmi les siens.

 

Lorsqu’al-Ash’ath écrivit à al-Hajjaj pour l’informer de ce qui était arrivé au pays de Routbil, al-Hajjaj après l’avoir vilipendé lui demanda de retourner et de poursuivre ses conquêtes. Puis il lui écrivit une seconde lettre lui demandant de rester dans les terres qu’il avait conquis et de s’y établir avec ses soldats puisqu’elle était leur. Peu après, il lui envoya une troisième lettre lui demandant de résumer ses conquêtes sans quoi, il serait désisté et son frère Ishaq Ibn Muhammad Ibn Ash’at serait nommé nouveau commandant de l’armée.

Lorsqu’Ibn Ash’at reçut toutes ces lettres, il réunit les Musulmans et les informa du contenu des lettres d’al-Hajjaj et tous refusèrent de suivre les ordres d’al-Hajjaj et dirent :

– « Nous n’écouterons ni ne suivrons les ordres de l’ennemi d’Allah. Qu’est-ce que ça veut dire : « Nous devons nous habiter le pays et le cultiver ? Sinon que de rester chez les turques jusqu’à ce que nous avons conquis toutes leurs terres. Et que deviendrons nos familles en Iraq ? » »

Les armées doivent être régulièrement changées et ne peuvent pas rester toujours au même endroit sans quoi cela conduira à la désobéissance. Et la réponse des soldats d’Ash’at nous prouve ces vérités.

L’un d’entre eux ‘Amir Ibn Wathilah al-Kinani dit :

– « Al-Hajjaj se moque bien de ce qui peut vous arriver, si vous êtes vainqueur le pays et les biens sont pour lui et si vous mourrez, cela lui importera peut ! » Puis il poursuivit : « Elevez-vous contre l’ennemi d’Allah et portez allégeance à ‘AbderRahmane et je vous prends à témoin que suis le premier     à le faire ».

Les gens portés par leur colère se mirent à annoncer leur rébellion à al-Hajjaj et ‘Abdel Mou’min Ibn Shabath Ibn Rab’ih at-Tamimi leur dit :

– « Si vous vous rebellez contre al-Hajjaj, faites de ce pays le vôtre et ne retournez pas en Iraq et à vos famille sans quoi il y aura encore beaucoup de mort ».

Il leur demanda de porter allégeance à ‘AbderRahmane Ibn Muhammad Ibn Ash’at et de retourner en Iraq pour chasser al-Hajjaj et le renvoyer d’où il est venu.

Les gens se levèrent et portèrent allégeance à al-Ash’ath pour destituer al-Hajjaj et à le combattre jusqu’à le chasser d’Iraq et à ce stade, aucun d’entre eux ne parla de chasser aussi le calife des Musulmans ‘Abdel Malik Ibn Marwan.

Puis, al-Ash’ath écrivit à Routbil, le roi des turcs, et lui dit que s’il était victorieux contre al-Hajjaj, le tribut qu’il devait payer serait totalement annulé. Et s’il était battu, il viendrait demander refuge chez lui. Maintenant il était question d’un arrangement entre lui et l’ennemi des Musulmans !    

Ibn Ash’at et ceux qui étaient avec lui retournèrent en Iraq pour combattre al-Hajjaj, et l’armée d’al-Ash’ath rencontra celle d’al-Hajjaj, et la victoire fut pour al-Ash’ath. Après cette victoire, il se dit que si al-Hajjaj devait être chassé, il devait en être de même pour le calife des Musulmans ‘Abdel Malik Ibn Marwan !

L’Imam Tabari a rapporté dans son « Tarikh » que l’allégeance pour al-Ash’ath fut spontanée pour : « Vous portez allégeance pour le Livre d’Allah et la Sounnah de Son Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui), pour la destitution des Imams de l’égarement et le combat contre ceux qui non ni parole et ni honneur (mouhilin)[10] ».

 

Regardez à quel stade sont rapidement parvenu ceux qui se sont rebellés contre l’état, de la simple destitution d’al-Hajjaj, on en est venu à celle du calife puis à la licité du sang des Musulmans et à leur combat !

Et qu’en est-il alors d’avoir quitté le champ de bataille pour d’obscures raisons et d’avoir fait ensuite un pacte avec l’ennemi d’Allah et des Musulmans, promettant de ne plus jamais lever le tribut ?

Quelle étrange jurisprudence ont ces gens-là ! Ils sont comme ces pseudo-savants mercenaires de nos jours pour qui les mécréants sont illicites à combattre tandis que les Musulmans le sont !

 

 

Al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah al-Azdi met en garde Ibn al-Ash’ath

 

Al-Hajjaj Ibn Youssouf écrivit à ‘Abdel Malik Ibn Marwan pour l’informer de cette nouvelle dangereuse révolte et pour lui demander de l’aider en lui envoyant des soldats de Syrie. Puis, il quitta Koufa pour Basra et al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah al-Azdi écrivit à ‘AbderRahmane Ibn Muhammad Ibn Ash’at Ibn Qays al-Kindi pour le mettre en garde contre la sédition, de ne pas se faire du tort à lui-même et de ne pas faire couler le sang des Musulmans, de ne pas quitter le groupe de la communauté et de ne pas résilier son allégeance.      

C’est là, une mise en garde très mesurée de la part du grand général des Musulmans al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah al-Azdi.

Certes on peut dire que les raisons de la révoltes de ‘AbderRahmane Ibn Muhammad Ibn Ash’at sont stupides mais il ne faut pas non plus sous-estimer la tyrannie d’al-Hajjaj qui est aussi une des cause de sa révolte. Et ceux sont là les deux principales raisons de la rébellion d’Ibn Ash’at : son idiotie et la tyrannie d’al-Hajjaj.

 

Al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah al-Azdi, qui était un stratège militaire, écrivit à al-Hajjaj pour lui montrer comment combattre les gens de l’Iraq et il lui dit :

– « Les gens d’Iraq sont montés contre toi. Leur avancée est semblable à celle d’un torrent venant d’un lieu élevé qui emporte tout sur son passage et que rien ne peut retenir. Les gens de l’Iraq sont forts lorsqu’ils s’élancent, désirant leurs femmes et leurs enfants. Rien ne les empêchera de revenir à leur famille et de renifler leurs enfants. Alors Combats les à ce moment et Allah Le Très haut te donneras la victoire sur eux ».    

Lorsque ‘Abdel Malik reçut la lettre d’al-Hajjaj, il descendit de son siège et ordonna l’envoi immédiat d’une troupe. Il fut extrêmement contrarié par ces nouvelles du fait qu’elles arriveraient du Khorasan, le pays des Turcs qui était très éloigné de lui.

Ces nouvelles méritaient toute l’attention de l’état et c’est pourquoi, il envoya aussitôt une armée de soutien à al-Hajjaj.    

Al-Hajjaj ne suivit pas les conseils d’al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah et le jour d’al-Adhah de l’année 81 de l’Hégire (700), les armées d’al-Ash’ath et d’al-Hajjaj se rencontrèrent et cette dernière connut une de ses pires défaites.

Pendant ce temps al-Hajjaj avait quitté Basra pour Toustar mais lorsqu’il reçut les nouvelles de la défaite de son armée il retourna à Basra dont l’émir était al-Hakam Ibn Ayyoub Ibn Hakam Ibn Abi ‘Aqil ath-Thaqafi, le fils de l’oncle d’al-Hajjaj.

 

Al-Hajjaj relut la lettre d’al-Mouhallab et dit :

– « Quel compagnon d’arme est-il ! Il nous a bien conseillé mais nous l’avons ignoré ! »

 

 

Views: 0